''Siège'', rucks, ''Bridgeur'' : en mode Professeur, Galthié décrypte le match face au Japon
Fabien Galthié n'a pas que les lunettes, du Professeur...
Comme narré par le Midol, c'est dans un Hilton de Nagoya que Galthié a livré une belle analyse du 1er test des Bleus. En espérant que vous aimiez les chiffres.
C'est, selon les échos sur place, une véritable masterclass à laquelle ont pu assister les journalistes ayant la chance d'être présents sur place en ce moment, au Japon. Comme relayé par un de nos confrères du Midi Olympique, c'est dans un hôtel de Nagoya - au nord-ouest de la même province d'Aichi où ont joué les Bleus samedi - que Fabien Galthié et quelques membres de son staff ont débriefé le premier test victorieux face aux Nippons. De celle-ci, plusieurs éléments majeurs peuvent être retirés : en premier lieu, la stratégie quelque peu différente d'accoutumée. Si le plan de jeu et les rouages furent sensiblement les mêmes, il fallait bien sûr s'adapter à la fournaise de Toyota et ses 80% d'humidité. Et c'est en ce sens que l'idée, plus encore que d'habitude, était de bannir les fameux "états de siège" lors de phases de possession. Comprenez ces séquences trop longues et trop demandeuses d'énergie pour finalement bousculer une défense.
"On constate que l’attaque éclair est plus efficace que le siège et qu'au-delà de 22 secondes de possession, nous ne sommes plus dans la fulgurance", expliquait Galthié. En clair, un ruck trop long, une mauvaise transmission ou un choix peu efficient peuvent rapidement faire passer la séquence de l'autre côté de la barrière. Ce qui, avec une équipe en manque de repères collectifs et sous les 35 degrés d'Aichi, se produisit quelquefois samedi, notamment durant les 40 premières minutes.
Dans le même registre des choses qui n'ont pas parfaitement fonctionné, le sélectionneur tricolore relevait aussi le nombre de fautes dans les zones dites "interdites". À savoir entre ses propres 22 mètres et les 22 mètres adverses. Pourquoi ? Galthié s'explique avec brio et chiffres, encore : "On dénombre huit fautes dans cette zone et là encore, c’est trop. Parce que des pénalités à cet endroit du terrain se transforment forcément en pénaltouche et qu’au niveau international, 70 % de celles-ci se transforment en essais". CQFD.

Autre point : la défense. C'est encore une fois en première période notamment que le manque de vécu commun de cette équipe et l'absence en présentiel de Shaun Edwards, touché par le Covid, se sont fait ressentir.

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Galette toujours : "Lors de ce premier test, nous avons attaqué 30 rucks sur 76 et c’est beaucoup trop. L’équipe qui joue d’habitude (on rappelle que Alldritt, Fickou, Dupont, Marchand et consorts sont absents) sait cibler les rucks qu’elle doit attaquer ou pas. Là, par faute d’expérience, on a combattu trop souvent au sol pour récupérer seulement cinq ballons, ce qui a ensuite desservi notre jeu d’attaque et notre défense en ligne". Pas un hasard si les Brave Blossoms trouvèrent l'essentiel des failles autour des rucks...

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Reste qu'au-delà des 42 points inscrits et des 5 essais marqués, d'autres cases du tableau noir furent cochées. En premier lieu celle de la vitesse, où malgré les conditions, quelques maladresses et 6 water-breaks, ce match fut le plus rapide du mandat, puisque les Bleus ont parcouru en moyenne 123 mètres par minute. Mais aussi celle des "cellules" composées de trois joueurs et complétées d’un "bridgeur" situé dans le dos, vecteur sine qua none de l'organisation du jeu au niveau professionnel aujourd'hui. L'idée ? Être capable de reconstituer ces groupes de 3+1 partout et dans n'importe quelle situation afin d'offrir plusieurs solutions au premier receveur, mais aussi de destabiliser plus facilement la défense. 
"A Toyota, analysait Galthié, on a eu un "bridgeur" dans 71 % des cas de possession. S’il existe une marge de progression là-dessus, ce chiffre est néanmoins satisfaisant". Et comment ! Imaginez un peu que dans 7 cas sur 10, vos possessions soient organisées de sorte à pouvoir lancer le jeu comme sur une attaque placée... ça vous change une vie. Et il n'y encore une fois rien d'anodin au fait que 2 essais des Bleus (en plus de 2 occasions franches) découlèrent de ces fameux soutiens axiaux, toujours cachés dans le dos...
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Au bout de 22 s la défense aussi commence à fatiguer ... parlons en aux irlandais qui s'amusent à faire des séquences longues. Efficace ou pas ? Question de choix.
Après les bridgeurs ne sont pas les soutiens axiaux cachés dans le dos. C'est des attaques appelées "verticales" où les attaquants restent dans l'axe du porteur et se décalent au dernier moment pour prendre l'intervalle ou faire leurre si le défenseur extérieur monte pour boucher l'intervalle. (Cf 1er essai ) Bon après , c'est pas non plus une révolution ... Ca s'est déjà fait en top 14, il y a, et depuis, quelques années ...

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