RUGBY. L'ancien toulonnais et palois Carl Hayman souffre de démence précoce
Carl Hayman est touché par une maladie neurodégénérative.

Soutenez le Rugbynistère pour le prix d'une pinte !

L'ancien All Black et joueur de Toulon ou encore Pau Carl Hayman souffre de démence précoce. Il a rejoint l'action judiciaire contre World Rugby.

Passé par Toulon ou encore Pau en Top 14, Carl Hayman a confié ce mercredi via la presse néo-zélandaise qu'il souffre de démence précoce et probablement d'encéphalopathie traumatique chronique (qui ne peut être confirmée qu'après la mort, NDLR.). Âgé de 41 ans, celui qui a porté le maillot des All Blacks à 45 reprises a parlé via thespinoff de "la désorientation qu'il a ressentie alors que sa carrière touchait à sa fin, des maux de tête incessants qui l'ont tourmenté et l'ont envoyé dans une spirale d'abus d'alcool et de fréquentes pensées suicidaires, jusqu'à cette peine de prison avec sursis en France pour des violences domestiques." Hayman a pensé qu'il devenait fou, notamment à cause des migraines et des problèmes de mémoire. Il raconte qu'un jour il a notamment oublié le prénom de son fils.
70 anciens joueurs veulent poursuivre leurs fédérations suite aux commotions70 anciens joueurs veulent poursuivre leurs fédérations suite aux commotionsCe diagnostic, même s'il est terrible, vient un peu comme un soulagement pour le Néo-Zélandais. L'ancien pilier a notamment rejoint le groupe d'anciens joueurs qui a entamé une procédure judiciaire contre plusieurs instances du monde de l'ovalie. Hayman est le premier ancien All Black à se joindre à un procès en cours de préparation au nom de 150 anciens joueurs de rugby professionnels, dont le talonneur anglais vainqueur de la Coupe du monde Steve Thompson ou l'ancien n°8 gallois Alix Popham et Michael Lipman, qui a joué 10 tests en tant que flanker pour l'Angleterre. "Cette procédure historique affirme que les instances dirigeantes du rugby, y compris World Rugby, n'ont pas réussi à protéger les joueurs contre les risques causés par les commotions cérébrales et les sous-commotions cérébrales, bien qu'elles soient armées des connaissances et des preuves pour le faire." Récemment, Thompson a annoncé qu'il fera don de son cerveau après sa mort pour aider à mieux comprendre cette maladie neurodégénérative.RUGBY. Atteint de démence, Steve Thompson fera don de son cerveau pour aider la rechercheRUGBY. Atteint de démence, Steve Thompson fera don de son cerveau pour aider la rechercheIl a rejoint l'action en partie pour avoir accès aux tests et souhaite également tester tout nouveau traitement qui pourrait devenir disponible dans le but de ralentir les ravages de la démence. Mais aussi avec un objectif pédagogique. Selon lui, les jeunes joueurs doivent savoir dans quoi ils s'embarquent. "Il doit y avoir plus de soutiens et une meilleure surveillance au sujet des blessures à la tête et des charges de travail". Il confie avoir rencontré de jeunes rugbymen qui étaient déjà sujets à des problèmes alors qu'ils ont seulement joué au niveau scolaire. Les commotions ne sont pas les seules responsables de l'encéphalopathie traumatique chronique. Selon Hayman, ce sont tous ces chocs à répétition durant les matchs et les entraînements qui mènent jusqu'aux problèmes cérébraux. "Depuis l'âge de 15 ans, lorsque j'ai rejoint les moins de 16 ans de Nouvelle-Zélande, j'ai joué un nombre phénoménal de matchs et pris un nombre phénoménal de coups à la tête." A 41 ans désormais, il a encore beaucoup d'années devant lui, mais en raison de sa condition, chaque jour est désormais un défi.

Vous devez être connecté pour pouvoir participer aux commentaires

C’est tout d’abord très triste pour lui.
Je n’ai évidemment pas la solution pour stopper ces dérives mais je me dis que le rapport poids/puissance est exponentiel depuis plusieurs années et j’y vois une corrélation. Peut être faut il repenser ce jeu. Favoriser l’évitement au détriment de la destruction qui a vu par exemple les Springboks devenir les derniers champions du monde en date avec un jeu favorisant presque uniquement l’affrontement.

  • vevere
    64748 points
  • il y a 1 mois

Cette démarche est salutaire 👏👏👏

Triste apres-carrière pour ce joueur 😕😕😕

Améliorer cette situation, cela est une évidence. Mais à quel prix ? Les clubs sont juges et parties, le joueur est, entre carrière et santé, World rugby entre spectacle et pérennité de ce sport, le débat est vaste et mérite que l on s y attarde. Mais le pire reste le manque de suivi pour les joueurs diagnostiqués. Comment ne pas être en alerte rouge, quand un joueur plusieurs fois traumatisés s adonne à l'alcool et devient violent ?

  • vevere
    64748 points
  • il y a 1 mois
@Passovale

Le temps du débat devrait être révolu depuis longtemps...ne serait-ce qu'au regard des "données" du football américain...connues et archi-connues.

Seulement, en se professionnalisant, ce sport est devenu avant tout un "spectacle" à l'économie très fragile dont la principale composante repose sur des hommes...et leurs capacités physiques (limitées) pour des règles...aux limites floues pour protéger leur intégrité!!!🤬🤬🤬

De toute façon, la fuite en avant risque de durer encore de nombreuses années (WR a la capacité financière à faire durer les procédures)...jusqu'au "drame" en temps réel à la TV 🤬🤬🤬 (décès en direct d'un joueur en match international)...

  • oc
    17073 points
  • il y a 1 mois

Dans le cas ou ma démence est un peu plus précoce que celle des autres et donc , non imputable à la responsabilité des administrateurs ,
Aurai je encore la permission de me taper la tête contre le mur du vestiaire ?

North et Sexton ne devraient pas tarder à les rejoindre. 🤕

Sérieusement, même si c'est terriblement triste, beaucoup de sports de combat comportent des risques potentiels.

Concernant les micro-traumatismes la boxe en est le meilleur exemple.
Cependant, les sports de combat ne sont pas les seuls sports à risques.
Les sports motorisés, entre autres.
Ce que je veux dire, c'est que dès qu'on fait un sport, on a le risque de se blesser ou de mourir.
Le mec qui fait l'ascension de l'Everest le sait, mais il y va quand même. Parce que c'est sa passion et que c'est plus fort que tout.

Pour reprendre le cas des 2 compères North et Sexton, ils sont conscients des risques, mais il ne respectent pas les protocoles.
Comme diraient les Dupondt, ce sont les risques du métier. On n'est pas obligé de les accepter.
Combien de joueurs (euses) ont arrêté leur carrière, conscients de ce qui pouvait leur arriver.

Donc, oui c'est triste. Oui il faut faire quelque chose pour empêcher ça.
Mais je pense que tous ces sport "dangereux", rugby, ski, boxe, VTT de descente, F1... Continueront d'exister.
Donc, ne vaut il pas mieux éduquer les joueurs, comme Tekori et consorts et évoluer vers un rugby d'évitement, plus léger, comme la tendence le laisse penser actuellement.

@RUGBYDEOUF

Le problème ce n'est pas le risque que tu décris, ce son les cadences des match, le fait que les protocoles ne soient pas suffisamment stricte malgré ce que l'on sait des commotions à répétition. Néanmoins ce sont des compétiteurs et ils veulent jouer, ce n'est pas leur responsabilité de connaitre et faire respecter le protocole, c'est celui du médecin du club, des ligues et des fédérations. Donc attaquer World Rugby ca veut dire faire changer le système par le haut pour que tout le monde profite.

Je suis d'accord avec toi que c'est choquant de voir North ou Sexton revenir relativement rapidement après une commotion, mais sur le coup, ils se sentent bien physiquement et veulent jouer. Le médecin les check et s'il passe le protocole mis en place par la fédé ou la ligue, ils peuvent y aller.

La comparaison avec les sports de combat n'a pas lieu d'être, simplement parce que ce sont des sports différents. Par contre s'il y a des protocoles plus encadré qui on de meilleur résultat, oui il faut s'en inspiré et les adapter à notre sport.

@RUGBYDEOUF

Je suis comme @Yonolan , le rugby est un sport de contacts , pas un sport de combat
Les sports de combats sont généralement individuels ( boxe, arts martiaux,MMA...)
On ne vient pas sur un terrain de rugby pour mettre des poires et faire tomber son adversaire par KO...du moins plus de nos jours 😉

@pascalbulroland

Je suis bien d'accord (cf mon dernier paragraphe). Le rugby doit se diriger vers un jeu d'évitement.
Mais les joueurs sont tout aussi responsables de leurs actes et de leurs choix.

  • vevere
    64748 points
  • il y a 1 mois
@RUGBYDEOUF

C'est bien connu que c'est eux qui choisissent/définissent le "schéma de jeu" 🙄🙄🙄

  • vevere
    64748 points
  • il y a 1 mois
@pascalbulroland

👏👏👏 mais il est vrai qu'à l'heure des "golgoths", le rugby devient (malheureusement) un réel sport de combat collectif 😕😕😕

Je ne vois pas très bien à quoi ces plaintes peuvent aboutir en terme de sanctions
ou d'indemnisations mais elles ont le mérite de rendre public le problème et donc d'alerter les joueurs ou futurs joueurs des risques qu'ils encourent. Mais ça risque d'être plus dissuasif pour les parents que pour les actuels pratiquants.

@lelinzhou

Outre les points qui ont été évoqués par les autres commentaires, il y a surtout au rugby, malgré la prise de conscience de ces dernières années, un véritable laissez aller au niveau des commotions et des chocs à la tête. C'est une chose d'être conscient des risques et de privilégié sa carrière, c'en est une autre d'être lucide vis-à-vis de ceux-ci quand ils s'attaquent à l'opportunité, au rêve, d'une vie.

Les conséquences sont désormais bien connues, elles dépassent le simple joueur et affectent son entourage. Les affaires de violences, allant jusqu'au meurtre, ayant touchées la nfl en sont un bon exemple, et il y a donc une portée juridique.

Alors où peut mener une telle action ? Je ne saurais dire mais, peut-être qu'une prise en charge dans le long terme des joueurs, professionnels et amateurs, est une piste. Le risque est de voir des décisions dénaturant le sport de "combat" qu'est le rugby.

Une mesure que je vois comme très importante à court terme: l'allongement des protocoles de reprise. Il est anormal que pour un boxeur le protocole soit, je cite: "Pour un KO survenu en match, le boxeur doit observer un mois de repos obligatoire. Pour deux KO en moins de trois mois, l’arrêt est de quatre-vingt-dix jours et de un an en cas de troisième KO."

Tandis qu'un rugbyman pourra dans certains cas retourner sur le terrain la semaine suivante. Et encore cela ne prend pas en compte les KO à l'entraînement.



Tout ça pour dire que le chantier est énorme et que cette action arrive relativement tôt, car je pense qu'il y aura une avalanche de joueurs avec de fortes séquelles dans les prochaines années (coucou sexton, coucou north).

@kesna7531

Le gros problème en ce domaine provient de l'insuffisance des connaissances médicales : si la responsabilité des commotions semble bien établie dans l'apparition d'encéphalopathies traumatiques chroniques il semble qu'on n'ait pas beaucoup de connaissances sur le rôle de traumatismes mineurs (et donc passés inaperçus) mais très souvent répétés, comme c'est le cas pour des joueurs avec une assez longue carrière. S'occuper de prévenir des commotions graves et d'en réduire les effets est indispensable quoiqu'on n'en supprimera totalement jamais le risque ni les conséquences, mais pour autant on restera avec cette problématique de chocs répétés tout au long d'une carrière tant que des études sérieuses n'auront pas apporté d'éclaircissement sur le sujet.
Et par ailleurs on ne voit guère comment lutter contre l'augmentation constante de l'énergie cinétique portée par des joueurs dont poids et vitesse moyenne augmentent régulièrement.

  • Yonolan
    127034 points
  • il y a 1 mois
@lelinzhou

Je pense que les victimes reproduise exactement le modèle de lutte des joueurs de foot américain; la NFL à l'époque niait tout lien entre la pratique de ce sport et les dégénérescences cérébrales des victimes ; experts médicaux à l'appui... si si
Attitude classique chez les industriels ( voir par exemple l'amiante en France)
La seule solution est qu'effectivement , au delà de la reconnaissance scientifique, il y ait une reconnaissance de ce lien juridiquement
Là le risque devient financier pour les institutions ( la NFL ayant négocié pour les victimes et versé 675 millions USD dans un premier temps et quasiment 1 Milliard au final)
A partir de cette reconnaissance, tu ne peut plus minimiser les problème ni même appliquer des mesurettes ou être constamment dans des études ...
Pour moi cette action est décisive pour éviter la force d'inertie des institutions rugbystiques et l'écran de fumée des mesures prises...
Parce que la différence avec les joueurs de foot c'est que le lien est incontestable aujourd'hui mais qu'à ce jour, aucune instance de justice ne l'a reconnu à ce jour pour le rugby
Alors bien sur les 150 joueurs espèrent toucher des indemnités mais je pense que leur action est aussi salutaire pour le rugby à long terme
Parce que ce sport doit regarder en face ses dérives possibles et prendre les mesures qui s'imposent
En 2013 Barack Obama avait estimé que le football américain devait accepter que les règles de ce sport changent pour réduire la violence des chocs entre joueurs
Le rugby devra faire de même
Je sais que beaucoup pensent que le rugby est un sport de combat ( pas moi ) et qu'il perdrait son âme à aseptiser cette composante
Mais il perdra beaucoup plus à détruire la vie post rugby de ces hommes sans même évoquer une forme de morale et d'éthique qui pourraient paraitre désuète ou naïve à certains
Ces actions judicaires sont pour moi un accélérateur vers un rugby plus respectueux de l'intégrité des hommes même si la composante d'indemnités financières des plaignants est réelle et au final pas si contestable que ça

@Yonolan

Voir ma réponse à beberarverne
Compte tenu de l'impact financier possible la bataille juridique sera longue et âpre d'autant plus que cette action concerne non seulement WR mais aussi des fédérations et des clubs.
En France deux actions isolées (Cudmore en TOP 14 et Garcia en Fed 1) sont encore à l'instruction mais ne concerne que leur club. Les plaintes ont été déposées dans deux juridiction différentes et là-aussi la bataille juridique sera longue, et si à l'issue de cette saga une nouvelle jurisprudence apparaît en faveur des joueurs, il faudra encore la faire étendre à l'encontre de la FFR et de WR, ce qui est loin d'être évident et nécessitera sans doute de nouvelles actions spécifiques.
À noter qu'une action collective a également été également menée par des joueurs de XIII en Angleterre contre leur fédération en octobre 2021.
Bien entendu je considère que cette démarche, si elle fera apparaître de nombreux problèmes en cas de réussite est tout à fait motivée, nécessaire et salutaire.

@lelinzhou

Sorry,
-"ne concernENT".
- JuridictionS différentes

@lelinzhou

Comme toute maladie dite professionnelle, ça peut aboutir sur des indemnisations style rentes. Après, quelques anciens professionnels de ce jeu trouveront peut à redire... On est bien payés, on n'a pas à se plaindre... Ca fait partie du jeu...

@beberarverne

C'est là ou est le hic : la première étape sera que ce soit officiellement reconnu comme maladie professionnelle...

  • Yonolan
    127034 points
  • il y a 1 mois
@lelinzhou

@beberarverne
Et je pense que ce sera très difficile d'obtenir un statut de maladie professionnelle
Le rugby ne cessera de tenter de montrer que la bonne pratique et le respect des règles et des comportements ad hoc protègent de ces risques
Donc tout au plus un accident de travail pour eux
Et j'avoue qu'à chaque nouvelle évolution des règles, je me pose la question de savoir si c'est vraiment pour le respect de l'intégrité du joueur et de l'homme qu'il sera après le rugby ;ou si c'est juste pour définir un cadre qui diminue la responsabilité des "employeurs"

Quelle tristesse...

  • cahues
    145623 points
  • il y a 1 mois

Depuis que le rugby est professionnel la dureté des chocs sont à l'origine de plus en plus de commotions. Il en sera ainsi pour les prochaines années. Des micro traumatismes qui feront inévitablement énormément de dégât sur le long terme.

Derniers articles

News
News
News
News
News
Vidéos
News
Vidéos
News
News
News