XV de France - Mais que se passe-t'il dans la tête du XV de France ?

XV de France - Mais que se passe-t'il dans la tête du XV de France ?
Personne ne comprend ce qu'il s'est passé
On connaît déjà toutes les réactions et analyses du match perdu du XV de France. Mais que s’est-il passé dans la tête des joueurs durant cette semaine ? Récit.

La veille, le XV de France affrontait le Pays de Galles au Stade de France. Après une belle première période, les Français se sont écroulés avant de concéder une nouvelle défaite face à une équipe qui a quand même un poireau comme emblème. Un peu comme Christine, la fervente supportrice qui t’effleure le nez avec. Une telle chute est compliquée à expliquer à ce niveau, la victoire est collective et l’échec te laisse seul. Mais que s’est-il passé dans la tête des joueurs le lendemain de cette défaite ? 

Samedi  

Les joueurs se lèvent avec la gueule de bois. Pour certains, c’est une métaphore et pour d’autres une réalité. Jacques Brunel, dans son lit une place (Morgan Parra l’a viré de la suite impériale de Marcoussis depuis son retour), se demande si c’était un rêve ou un cauchemar. Mais les détails sont bien trop flagrants dans sa tête et il compte bien noter tout ce qu’il a retenu de son rêve pour ne pas reproduire les mêmes erreurs ! Parce que comme il le dit, on a le 6 Nations qui commence ce week-end contre le Pays de Galles. C’est à ce moment que Baptiste Serin tape à la porte avec un petit-déjeuner, lui racontant un match entre la France et le Pays de Galles qu’ils auraient perdu. « Tout le monde semble avoir fait ce rêve », se dit Jacques. Sous le bol de Nesquick, se trouve un petit mot : « Où était ton 15 sur la bourde de Huget ? Fantomas Heraultais. » Pas de réaction, il jette le mot à la poubelle qui se trouve à ses pieds, mais même ça, il le rate.

Il s’en va réveiller ses enfants en commençant par la chambre « l’exorciste », celle de Yoann Huguet. Maxime Medard n’a pas dormi avec lui la veille, expliquant que Yoann a perdu la tête en criant « marque » ou « désolé ». Il est même allé jusqu’à pousser le lit pour revivre la scène en glissant sur la moquette, tout en relisant les fiches d’astrophysique collées sur le mur de sa chambre. Jacques continue sa tournée de réveil même s’il croise Mathieu Bastareaud dans les couloirs capuche sur la tête sans un bonjour, mais un regard appuyé. Il ouvre la chambre « Tom & Jerry » qu’il referme de suite en voyant Morgan Parra et Camille Lopez se chamailler assez violemment : 

- Pourquoi t’es sorti, tu fais toujours ça !, lance Lopez
- Quoi t’es pas capable de gérer 40 minutes tout seul ?
- Bla bla bla bla j’entends rien et va surveiller ta piscine le maître nageur ! 

Fin du réveil par la chambre « Dan Carter d’huile », celle de Sébastien Vahaamahina, qui s’étonne du réveil et ne savait même pas qu’il dormait. 

Vivement dimanche

C’est une vraie scène de guerre que cette salle de petit-déjeuner. Le staff a coupé le chauffage, et sur les tables il n’y a que du pain de la veille, un peu d’eau et quelques oranges. Ils ont décidé de changer complètement de stratégie et de ne plus les chouchouter grâce à l’intervention de Pascal Papé Le Grand Frère. Camille Lopez avait prévu le coup ! Hop, un coup d’application et 5 vélos Uber Eats arrivent. Malheureusement, ils se feront attaquer sur la route par un joueur qui ressemble à un All Black, mais ce n’est pas Geoffrey Doumayrou. Camille trouve l’attitude d’un Uber douteuse. Il se rapproche. Lui enlève le bonnet et découvre une bonne connaissance.  

- Fall ? Tu fais quoi là ?
- Ah bah un peu de vélo, c’est la trêve en ce moment. J’aime bien me tenir en forme, regarde Camille Chat, ça arrive vite. Il est dans le coin Jacques ? 

C’est l’heure de l’échauffement et comme à son habitude, Jacques Brunel se retire. Il observe ses joueurs et ne comprend pas leurs attitudes. Comme il le dit, ils ne sont pas prêts à jouer le premier match de 6 Nations face au Pays de Galles. Son staff n’ose pas le reprendre et ne comprend pas. 

Lundi - Vidéo gag 

Les équipes de Jacques Brunel ont préparé une séance vidéo du match de la veille. Le sélectionneur ne comprend pas car il n’a jamais vu ce match, mais bon, pour lui ça doit encore être une des défaites de Guy Novés. Bref, il fera la vidéo sur cette rencontre pour préparer le match d’ouverture des 6 Nations face au Pays de Galles de ce week-end. Il rigole en voyant la 2e mi-temps et la sautée de Vahaamahina : « Tu n’es pas un centre, peut être que mon prédécesseur voulait que tu fasses des passes sautées (rires) mais l’apesanteur en a décidé autrement Seb. » À la fin de la vidéo, il a l’impression d’avoir déjà vu ses images, mais oui ! C’était dans son cauchemar cette nuit. 

Mardi - Télé pas trop réalité

Pascal Papé le grand frère décide de prendre en main les blessés du XV de France, ceux qui ont des souvenirs et des peurs : Yoann Huget et Sébastien Vahaamahina. Guilhem Guirado voudra se joindre à l’exercice, mais le grand frère lui expliquera qu’il n'est pas magicien non plus. Il commencera par une séance de boxe en leur demandant de crier toute la haine qu’ils ont en eux, toutes les peurs, toutes les appréhensions. Sébastien Vahaamahina commencera en criant qu’il ne savait pas qu’il était capitaine et qu’il a toujours voulu jouer 10. Il finira en pleurs, la tête entre les mains sanglotant qu’il était mieux quand il faisait des fautes.

Le plus triste reste Yoann Huget. Malgré sa bourde, son match a été très complet. Pascal Papé invitera un autre joueur pour une confrontation et l'aider : Maxime Médard. Les deux se diront des choses que personne n'attendait, allant jusqu'à installer un moment de gêne.

Mercredi - Atelier 

Serge Simon, docteur avant tout, fait intervenir les meilleurs psychologues de France en cette journée néfaste pour le rugby. C’est une équipe de 5 psychologues qui vont tout au long de l’après-midi suivre nos joueurs du XV de France. Mais les maux les plus profonds ressurgissent pour la plupart. Les conclusions de ces Expendables de la psychologie sont bouleversantes :

  • Guilhem Guirado souffre d’une dépression chronique depuis un peu moins d’un an entre les défaites avec le XV de France, celle de son club Toulon et le sort de l’USAP. De plus, le rugby évolue, et il est comme un quinquagénaire jouant à Tetris dans une Start-up parisienne. 
  • Louis Picamoles n’est atteint de rien. C’est rare, mais le psychologue qui l’a examiné n’a rien sorti de son bilan, hormis un goût notable pour la destruction et le défi qu’il a remarqué quand Louis a essayé d’enfoncer le mur à côté de la porte ouverte au moment de partir.
  • Wesley Fofana est hypocondriaque. Mais cette tendance à la maladie et à la blessure est souvent associé à la défaite. Dans ton club de 3e série, tu crierais déjà « échappé ! » 
  • Romain Ntamack n’a tout simplement pas réglé son problème d’Oedipe. Et les médias ne l’aident pas non plus. Pour preuve, il vit encore dans l’ombre de son père qui a été interviewé 2 fois plus sur le dernier mois. Le David Hallyday du ballon ovale. Damien Penaud n’a pas ce souci-là : même s’il explique qui est son père à la psychologue, elle ne le connaît pas.
  • Pour l’occasion, Teddy Thomas a été invité à la séance de psychologie. Après des heures de séances et de canapé, l’équipe de psychologues en déduira qu’il est sûrement atteint de phobie sociale. Cette conclusion est venue après son analyse de jeu : peur de toucher les autres en défense, peur de toucher un ballon qui vient des airs, peur que les autres l’attrapent quand il a le ballon. Il dira qu’il s’en doutait, car il a entendu une phrase un jour à un cocktail parisien d’une boîte spécialisé dans « le sleeping » (on appelle ça la sieste en temps normal) : « L’enfer, Selesio. »
  • Jacques Brunel, l’élément central de ce XV de France, a passé des heures avec les psychologues qui se sont rendus compte qu’il ne sait pas vraiment où il est et ce qu’il doit faire. Il parle d’un rêve récurrent où il est sélectionneur de l’équipe de France, et le dernier rêve où il perd contre le Pays de Galles. C’est un peu Shutter Island cette histoire. Bernard Laporte dira aux psychologues de ne rien dire, il ne peut pas se permettre un arrêt maladie ou autre maintenant.

Jeudi - Chacun chez soi

Les joueurs peuvent se prendre un jour de repos avec leurs familles et amis. Mais Jacques ne comprend toujours pas pourquoi donner un jour de repos alors que nous sommes à quelques jours de l’ouverture des 6 Nations face au Pays de Galles. Il continuera de travailler, dans sa chambre de Cité Universitaire, où il marquera toutes les choses à ne pas faire. Notamment dans le choix de l’équipe et les changements risqués en plein match. Pour l’aider, il ira sur Twitter vérifier ce qui se dit. Il y verra que le XV de France féminin a perdu 24 à 19 face aux Galloises avec une super première mi-temps, quel dommage ! En jetant la main dans sa poche, il découvre un discours, avec son écriture. Ce discours félicite les joueurs et leurs gros travail, avant d'attaquer tout ceux qui critiquaient le XV de France avant cette défaite. Mais quelle défaite ? Jacques pense que c'est encore un coup de ce clown de Yoann Huget et jette le mot.

C’est la fin de journée pour Jacques Brunel. Comme à son habitude, il fait un tour de Marcoussis pour fermer les portes et éteindre les lumières. C’est dans le bureau de Bernard Laporte qu’il y trouve un journal du jour, avec en photo Yoann Huget avec le maillot des Bleus. Il lit les articles, et découvre que son rêve n’était pas qu’une fiction : il a bien perdu contre le Pays de Galles. Journal à la poubelle, il ne faut pas que Bernard le découvre. Tous les souvenirs remontent ! Cette premiere mi-temps de folie, ces essais, ce public en transe et même les réactions Twitter. Mais voici que son discours à la mi-temps ressurgit dans sa tête, et il comprend mieux ce revirement de situation. Avec le bruit des 50 000 supporters, les klaxons de joies autour du stade avec des drapeaux bretons et surtout des travaux qui avaient pris du retard dans la pièce d'à côté, son discours n’a pas bien été compris par les joueurs :

Séb ! Si une passe de 30 mètres est à faire, ne la fais pas ! D'ailleurs ! Tu vas passer capitaine ok ? Baptiste, comme d’habitude, accélère le jeu. Vigilant, le ballon glisse pour les arrières. On est en train de gagner de 16 points les gars, alors on va gérer maintenant, c’est pas à nous de faire le jeu c’est eux qui doivent revenir. On doit pas le perdre, vous avez compris ? Ils doivent revenir ! 

Vendredi - Le train à destination de ?

C'est l'heure de l'annonce de l'équipe. Première nouvelle pour Jacques qui a été pris au dépourvu par la presse et par lui-même. Il n'a eu qu'une soirée pour faire l'équipe qui affrontera le XV de la Rose dimanche à 16h. Vous avez dit Mission Impossible ? Que nenni. Jacques découvre que pas mal de ses joueurs sont blessés, notamment Maxime Médard. Il cherche dans ses fiches un joueur pouvant le remplacer, mais encore une fois un problème survient quand il s'aperçoit que toutes les photos des 3/4 ont été remplacées par celle de Benjamin Fall avec différentes perruques : je vous laisse imaginer la fiche de Yoann Huget. Pour le reste, Jacques Brunel est en Segway sur l'autoroute du doute. Thread de sa conférence de presse : 

"- L'équipe qui affrontera le XV de la rose est la même sans les blessés." annonce Jacques aux journalistes
- Mais Bamba et Lambey ont fait une bonne rentrée quand même ?, lance un journaliste.
- Oui. Bah... Ils sont titulaires.
- Qui pour remplacer Maxime Médard ? 
- Ils s'entendent bien en dehors du terrain, alors ça sera Yoann Huget ! 
- Et Wesley Fofana ? Il faut un joueur capable de créer des décalages !
- Ah, bah, alors Geoffrey Doumayrou ! 
- Oui, mais en attaque monsieur Brunel.
- Trop tard, je viens de le dire.
- Et pour Romain Ntamack ? Pourquoi pas Gaël Fickou ?
- J'ai lu qu'il avait mal joué, et Gaël est un très bon ailier.
- Vous ne confondez pas avec Pépito Elhorga ?"

C'est la phrase de trop pour Jacques Brunel. Il s'en va et laisse son staff finir l'annonce de l'équipe. Dans un travail de groupe à la Fac, il était déjà le mec qui arrive le jour de l'examen en faisant croire qu'il avait travaillé. Le devoir accompli, encore une fois, il s'assoit dans sa chambre, se demandant ce qu'il fait ici, avant d'appeler le numéro rouge qui se trouvait dans son répertoire à "Appel d'urgence" : 

Salut ! Dis-moi, je n'ai jamais voulu t'appeler, mais je crois que c'est le bon moment. Rappelle-moi pour savoir comment t'as fait toi. Merci Guy.