ITALIE : Jayden Hayward, le diamant azzurro venu du pays des All Blacks

ITALIE : Jayden Hayward, le diamant azzurro venu du pays des All Blacks
Jayden Hayward, de la Nouvelle-Zélande en Italie.
Le Kiwi d'origine s'est offert un destin d'international en rejoignant l'Italie et le Benetton Trévise en 2014.

Six, c'est le nombre de joueurs italiens sélectionnés par Conor O'Shea grâce la règle 8 de World Rugby, permettant à un étranger de jouer pour un autre pays, après trois ans de résidence. Soit le plus grand total parmi les nations engagées dans la compétition ! Si Sergio Parisse, David Sisi, Jake Polledri et Sebastian Negri sont aussi nés à l'étranger, eux sont sélectionnables via le critère de parenté.

Reste donc Chérif Traoré (Guinée), Dean Budd (Nouvelle-Zélande), Braam Steyn (Afrique du Sud), Jimmy Tuivaiti (Nouvelle-Zélande), Ian McKinley (Irlande), et Jayden Hayward (Nouvelle-Zélande).

6 Nations 2019 - Quelle équipe aligne le plus grand nombre de joueurs nés à l'étranger ?A 32 ans, le dernier nommé a déjà pas mal bourlingué, au fil d'une carrière somme toute classique. Trois-quart polyvalent capable d'évoluer au centre, et à l'arrière, c'est avec le n°12 qu'Hayward se révèle en Air New Zealand Cup - l'ancêtre de l'actuelle Mitre 10 Cup - soit la 1ère division du pays au long nuage blanc. Sous le maillot de Taranaki, il dispute 8 matchs, inscrit 3 essais, et reçoit le trophée du joueur le plus prometteur de l'année. Le tout, à seulement 20 piges... Suffisant pour intégrer le squad des Highlanders, en 2009.

Hayward découvre donc le Super Rugby. Mais pas de bol, la marche semble trop haute. En deux saisons, il ne dispute que neuf rencontres - pour quatre titularisations - avec la franchise d'Otago... et n'est pas renconduit en 2011. Rien n'est perdu, pourtant : Hayward continue d'impressionner dans le championnat local, désormais appelé ITM Cup. Il décroche même un record, inscrivant un essai dans une série de 10 matchs consécutifs... Bien joué : les Hurricanes lui proposent de venir venir jouer à Wellington. Pour quinze rencontres en deux ans... mais toujours pas d'essais.

Direction l'Australie... et l'Italie !

A-t-il vu son avenir bouché en Nouvelle-Zélande, lui qui n'a jamais joué pour les Baby Blacks ou l'équipe nationale de rugby à 7 ? En 2014, il file chez le voisin australien. A Perth, d'où est originaire sa femme, au sein d'une Western Force pas vraiment brillante, mais encore engagée dans le Super Rugby...

Rejoindre la Force me permet de prendre un nouveau départ. Je suis très motivé pour saison cette chance, j'ai hâte de m'entraîner pour gagner ma place. Je pense que je peux amener mon expérience après quatre saisons de Super Rugby. Sur le terrain, j'aime voir les espaces et y envoyer mes coéquipiers, les faire marquer des essais... - via News.com

Là-bas, il commence aussi à buter, enchaîne surtout les titularisations et inscrit (enfin) des essais. Avant un nouveau départ, direction l'Europe. Et l'Italie.

Se voyait-il un destin d'international ? Il a 27 ans quand il débarque dans la Botte, à l'été 2014. Et l'histoire récente de la Squadra Azzurra peut lui permettre de rêver. Appelés par Jacques Brunel depuis la dernière Coupe du monde, le Canadien Robert Barbieri, les Australiens Luke McLean et Kris Burton, les Sud-Africains Tobie Botes, Corniel Van Zyl et Quintin Geldenhuys, et le Fidjien Manoa Vosawai ont tous démarré leur carrière à l'étranger, avant de porter le maillot italien. Et face au manque de réservoir évident, les Transalpins ont tout intérêt à continuer cette politique pour tenter d'exister tant bien que mal dans le 6 Nations.

Très vite, c'est un Hayward passé à l'arrière qui s'impose sous le maillot du Benetton Trévise, en Pro 12/14 comme en Champions Cup. Sélectionnable à l'été 2017, il débute dès l'automne, contre les Fidji, à Catane. Et voilà comment un joueur a priori sans histoire peut s'offrir un destin d'international.

Le meilleur Italien dans ce 6 Nations

Depuis, Hayward n'a plus lâché le maillot tricolore. Avec 16 sélections, il est un des hommes de base d'O'Shea, et rend largement la confiance de son sélectionneur. Depuis le début du 6 Nations 2019, le Kiwi d'origine affiche des statistiques offensives affolantes :

  • 301 mètres gagnés, soit le meilleur total italien
  • 4 franchissements, soit le deuxième meilleur total italien
  • 13 défenseurs battus, soit le meilleur total italien
  • 6 offloads, soit le meilleur total italien

Bref, l'un des rares Italiens à se mettre au niveau. Face au XV de France, il représente la principale menace d'une Squadra Azzurra qui voudra éviter la cuillère de bois.

Crédit vidéoGuinness Six Nations