Que faut-il retenir du symposium de World Rugby qui s'est déroulé à Marcoussis ?

Que faut-il retenir du symposium de World Rugby qui s'est déroulé à Marcoussis ?
Les dirigeants de World Rugby ont discuté sur plusieurs propositions de règles.
Plusieurs membres de la Fédération internationale se sont rassemblés au CNR du 18 au 20 mars pour réfléchir sur l'avenir du rugby et la sécurité des joueurs.

Un nouveau cycle va démarrer pour World Rugby. L'organisation s'est positionnée sur plusieurs objectifs pour les quatre prochaines années, qui auront pour priorité d'améliorer la sécurité des joueurs. Des médecins, des scientifiques, des directeurs de performance de différents pays, mais également des joueurs, comme un certain Conrad Smith, étaient ainsi conviés à Marcoussis du 18 au 20 mars, à l'occasion d'un symposium accueilli par la Fédération Française de Rugby. Ce mardi, plusieurs membres de World Rugby à savoir Martin Raftery (responsable des services médicaux), Brett Gosper (PDG), Bill Beaumont (président) et Mario Ledesma (sélectionneur de l'équipe d'Argentine) ont expliqué devant la presse les décisions qui ont été prises. Serge Simon et Didier Retière se sont également exprimés en fin de conférence pour apporter quelques précisions. Voici ce qu'il faut retenir:

Un constat : le nombre de blessures n'augmente pas

C'est le premier point qui a été abordé lors de cette conférence et qui a même été martelé ! Contrairement aux idées reçues, les blessures dans le rugby n'augmentent pas ! De plus, les commotions, en raison de la prise de conscience effectuée ces dernières années, ont baissé de 14% depuis la saison 2017-2018. Autre élément significatif, aujourd'hui, « seulement 8% des commotionnés retournent sur le terrain », a précisé Martin Raftery. Des chiffres dont se félicite l'organisation internationale, même si le travail est loin d'être terminé.

Le plaquage à la ceinture et l'interdiction du plaquage à deux testés en France la saison prochaine

8 pistes explorées par World Rugby

Après plusieurs réflexions, l'instance internationale a décidé de tester 8 nouvelles règles. Le but étant d'aller vers « toujours plus d'espace sur le terrain », pour reprendre les mots de Bill Beaumont, président de World Rugby.

Si l'ensemble de ces points n'a pas été détaillé, certains d'entre eux ont malgré tout été évoqués comme celui de la montée de la ligne défensive sur les phases de rucks (qui pourrait ne s'effectuer qu'après la première passe) ou celui de la touche indirecte. Venant du XIII, cette règle permettrait à l'équipe qui tape indirectement en touche de garder la possession, si le coup de pied a été effectué entre sa propre ligne des 22 mètres et la ligne des 50. « Cela va obliger la défense à mieux organiser son troisième rideau pour couvrir le bord des lignes de touche, ce qui va ainsi permettre de libérer de l'espace pour les attaquants », a analysé Didier Retière, le DTN de la Fédération.

La France en cobaye pour le plaquage

Pour ce qui est du cas français, la FFR a hérité du plaquage. Dès la rentrée, le plaquage à la ceinture et l'interdiction du plaquage à deux seront donc testés dans les catégories amateures. Pour ce qui est de la catégorie Espoirs et de la Fédérale 1, une réflexion doit encore être menée. Un test qui va s'effectuer sur la saison 2019-2020 et qui aura pour objectif de laisser place à plus d'espace et plus de jeu. L'organisation défensive devant être complètement revue.

L'instauration du High Tackle Warning

C'est la grande nouveauté au niveau professionnel. La saison prochaine, World Rugby va instaurer le High Tackle Warning, un nouveau système qu'elle a déjà testée lors de la Coupe du monde U20 l'été dernier et qui avait permis une réduction de 50% du nombre de commotions. Comment cela fonctionne-t-il ? C'est très simple. Si un joueur plaque haut, il est averti une première fois par le commissaire vidéo. S'il récidive, il peut être une nouvelle fois alerté, et en cas de troisième faute, le joueur peut être carrément exclu du terrain, même si son plaquage ne semble pas particulièrement violent. Ce système rentrera en vigueur après la Coupe du monde 2019 au Japon.

Des objectifs techniques à mettre en œuvre pour préserver la santé des joueurs

Si aucun objectif chiffré n'a été mentionné par l'instance internationale, elle a malgré tout insisté sur sa volonté de modifier les comportements. Ce qui se passe par un rugby plus éducatif, en priorité sur les phases de contact (mêlées, plaquages, rucks). Il s'agit ainsi d'éradiquer toutes les attitudes néfastes comme foncer tête dans la première dans un duel, offensif ou défensif. L'objectif pour Word Rugby sur ces quatre prochaines années étant de baisser le nombre de plaquages par match, mais aussi de tenter de mettre de moins en moins de joueurs dans les rucks. « Le comportement des joueurs doit être modifié, mais également celui des coachs ! » a tenu à souligner Serge Simon, le vice-président de la FFR. Lors du colloque organisé en hommage à Nicolas Chauvin début janvier, Didier Retière avait notamment appuyé sur le fait qu'aujourd'hui, les entraîneurs doivent parfois admettre que dans certaines situations, pour préserver la sécurité du joueur, le plaquage peut être irréalisable.

Didier Retière : « Je suis responsable de ma sécurité et de celle de mon adversaire

Le rôle de l'arbitre amené à évoluer

Tous ces changements vont aujourd'hui inciter l'arbitre à être de plus en plus vigilant sur les phases de contacts, comme cela est déjà le cas depuis le début de la saison. Des informations claires seront alors communiquées aux différents arbitres très prochainement, comme l'ont expliqué les membres de World Rugby, à l'image de ce qui est fait aujourd'hui avec le plaquage cathédrale. Si le joueur retombe sur la tête, c'est carton rouge, autrement, c'est jaune. Au niveau du carton jaune justement, une nouvelle façon de fonctionner pourrait voir le jour. En effet, lorsqu'un joueur recevra un carton jaune, l'arbitre vidéo visionnera les images pendant ses 10 minutes de repos. Si ce dernier juge l'action plus grave, il aura comme possibilité d'alerter l'arbitre de champ et dans ce cas-là, le joueur fautif pourrait ne plus réapparaître sur le terrain.

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