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Fédérale 1 Circus - Prix des places, infrastructures : pourquoi le championnat est-il à la croisée des chemins ?
Fédérale 1 Circus : prix des places, infrastructures, pourquoi le championnat est-il à la croisée des chemins ? Crédit photo : Flickr tiffany terry
Dans ce nouvel épisode, retour sur les grandes disparités autour des stades de la division.

Il est peu dire que les infrastructures accueillant les joutes de Fédérale 1 sont des plus hétéroclites. Un des révélateurs ? Rouen. Le club normand est un des favoris à l'accession. Résidant du stade Mermoz - petit écrin avec sa piste cendrée à l'ancienne - les Lions doivent déménager chez les cousins du foot (Stade Diochon, 8000 places) pour les matchs de gala et/ou télévisés, et portent en même temps un projet de construction d'une enceinte dédiée au rugby en périphérie rouennaise. Une solution "couteau suisse" qui permet aux Normands d'ajuster la jauge, selon l'attractivité du visiteur. 

Chez l'autre favori, Roval Drome, on se partage deux stades, suite à la fusion entre Valence et Romans. Mais un des deux stades prendra très certainement le dessus pour des critères d'homologations. Et dans ce registre, c'est Valence et son terrain de Pompidou qui tiennent la corde.

À Chambéry, on mature un projet sportif à l'horizon 2020, avec au cœur de ce projet un nouveau stade appuyé par des fonds publics, qui permettra au club de pouvoir aller au bout de ses ambitions. Dans le courant de l'automne, un espace réceptif est sorti de terre, et le SOC attend avec impatience de pouvoir exploiter cet outil en Fédérale 1. Ou dans quelques années, qui sait, en Pro D2. Raphaël Merancienne, joueur de Chambéry la saison passée, peut en témoigner : "c'est vraiment un beau projet global ; qu'ils sont en train de mettre en place là-bas. C'est vraiment cool pour ce coin de France si accueillant. ».

Sur le plateau de Lannemezan, dans ce fief du « Rugby Garbure », on voit encore le match du samedi à la sauce Fédérale 2, avec le petit ticket d'entrée format billet de tombola, et le chapiteau géant servant de lieu de convivialité, tant pour les grands de ce monde que les « petites gens ». Au pied des Pyrénées, c'est le melting pot. Pour tout fan du "rugby terroir," il n'y a qu'un credo : « voir un macth du CAL et mourir ».

Les anciens de Pro D2 trop normés ?

Aux antipodes du rugby à papa à la mode du « Plateau », les anciens pensionnaires de Pro D2, eux, sont encore trop souvent dans le rugby ultra normé de l'élite : agents de sécurité en nombres, guichets multiples... Habitués à un haut niveau d'exigence, ils en oublient parfois qu'ils sont au pays du rugby à la bonne franquette ! Un constat qu'a tiré un président de la poule 3, lors de son déplacement à Narbonne en début de saison : « Ils sont fous, il faut qu'ils redescendent : on est en fédérale ».

Alors que ce président est allé s'en émouvoir auprès de son homologue audois, Jean-Louis Caussinus, le Racing « redescend » petit à petit de son nuage PROD2. Il y a quelques jours, comme on tire un trait sur une époque faste, les dirigeants narbonnais ont vendu aux enchères l'écran géant du Stade (qui n'a pas trouvé preneur), tandis qu'à une grosse centaine de kilomètres de là, Albi étrennait le sien. En quête de nouveaux revenus publicitaires, le regard toujours tourné vers la division au-dessus. Deux courbes qui se croisent, mais qui pourraient un jour se rejoindre. Telles sont les dures réalités du rugby moderne.

L'exemple Blagnac

D'autres clubs, que l'on qualifiera d'hybrides, ont décidé d'opter pour des solutions évolutives qui leur permettent d'utiliser les stades comme de vrais levier de développement. Siège historique du club, réaménagé (loges/brasseries) et homologué Catégories B, le Stade Ernest Argelès de Blagnac détonne par son exploitation. Les dirigeants du club, Benoit Trey (président) et Frédéric Michalak (actionnaire principal), dans le cadre du projet local « Cap 2022 », ont développé une convention de délégation de service public AOT (Autorisation Occupation Temporaire) pour la gestion et l'entretien de l'enceinte. Le club supporte les charges de fonctionnements, de maintenances et de logistiques tandis que le gros entretien et la gestion des pelouses restent à charge de la mairie. Le club loue donc ses loges, mais aussi son antre aux cousins « Treiziste » du Toulouse Olympique, organise des séminaires, et tout autres événements ou activité pouvant gênèrer des ressources (la brasserie par exemple, qui loue son emplacement, mais dont le club est actionnaire dans un donnant-donnant fructueux). 

Le stade, est devenu un vrai lieu de vie, ou se côtoient les féminines de Blagnac (étendard du club), le Toulouse Olympique, mais aussi des Blagnacais qui viennent consommer dans l'enceinte. Blagnac qui fait actuellement 2000 entrées en moyenne, avec un pic à 4 500 personnes lors du derby face à l'avenir castanéen: tente de faire grandir ses infrastructures au gré de la fédérale1 pour faire du stade, un véritable levier économique. Mais le club de la périphérie toulousaine, qui est en SAS, n'en oublie pas de regarder, subtilement vers l'étage au-dessus, en préparant « Argelès » à d'autres cieux.  

Disparités des tarifs

Arrivons maintenant à un des sujets tabous de la Fédérale 1. Que vous alliez à Dijon, à Lannemezan, Albi ou Rouen, vous trouverez une disparité du simple au triple du prix des places. Beaucoup de supporters jaugent le tarif de la fédérale à ceux des sanctuaires du TOP 14 ! Et parfois, certains de ces tarifs sont - au goût des aficionados - bien trop ressemblant à ceux de l'élite du rugby français. Bernard Laporte avait déclaré que « la FFR n'a pas vocation à se mêler du prix des places : c'est du ressort des clubs ! ».

Mais l'établissement de fourchettes ou de plafonds pourrait éviter que certains présidents trop gourmands ne fassent payer aux supporters la facture d'un championnat sans ressources économiques. Car les clubs ayant souvent le plus d'adhésions populaires sont bien sûr ceux qui sont en dynamiques sportives et qui draînent un territoire large ! La Fédérale 1 est un championnat de la base ovalienne, et doit nécessairement se tourner vers ses racines populaires et/ou rurales. À défaut, une partie regardera le vrai rugby bling-bling, le Top 14 et le reste ira voir - pour 2€ - la Fédérale 2 dans les entrailles du rugby terroir !

Cette Fédérale1 d'entre deux et fourre-tout, aux identités diverses en manqueparadoxalement. Résultat, les habitués du rugby cassoulet regardent en chien de faïence dans l'incompréhension la plus totale la clientèle VIP, peu adepte des entrées générales à tarif unique. Certains parlent développement économique et stratégique du rugby, quand les autres s'enquièrent du prochain « Grilladin » pour la kermesse du club. Deux mondes, deux visions, deux rugbys qui sans se croiser coexistent de façon quasi-insoluble. La Fédérale 1 est à la croisée des chemins ! 

Les épisodes précédents : 

Fédérale 1 circus : le gros chantier de la FFR !Fédérale 1 Circus : des gilets jaunes, des Métropoles et des bastionsFédérale 1 Circus : les droits TV ''bradés'', quelle réaction des clubs face au manque à gagner ?


Loïc Colombié
Loïc Colombié
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