Un constat inquiétant pour le XV de France
Qu'importe le résultat ce samedi face à l'Australie, cette tournée sera très riche d'enseignements. Pour les joueurs comme pour le staff qui a pris conscience que tout n'était pas forcément acquis pour tout le monde. Parmi les points à corriger en vue du 6 Nations, Galthié aura très certainement coché les sorties de balle dans les rucks. Les chiffres révélés par Midi Olympique sont sans appel. Nos confrères n'hésitant pas à parler de point noir.
14 matchs, 3 défaites et fin de saison, l'Australie, l’adversaire parfait pour remettre du liant dans le jeu du XV de France ?
Seulement 43 % des rucks tricolores aboutissent à une libération en moins de 3 secondes, le standard international pour produire un jeu fluide et menaçant. Une lenteur qui surprend tant les Tricolores nous avaient habitués à beaucoup mieux. Et ce n’est pas tout : les Bleus doivent engager 2,5 joueurs en moyenne dans chaque zone de ruck, quand leurs futurs adversaires n’en mobilisent que deux sur les deux premiers matchs.
"Si les Bleus ne progressent pas au sol, ils risquent d’y laisser le match."
Dans le même temps, l’Australie affiche une efficacité presque clinique : 75 % de leurs rucks sont joués en moins de 3 secondes. Un chiffre bien plus conforme au niveau mondial, où l’Afrique du Sud libérait 70 % de ses ballons dans ce timing face aux Français, et les Fidji... 88 % ! Selon L’Équipe, lors du trou d’air bleu entre la 20e et la 50e minute, le ratio fidjien a même grimpé à 94 %. Côté français, seuls 38 % des rucks ont offert une sortie rapide (21/55). Des stats qui piquent, et qui posent clairement le décor du choc face aux Wallabies : si les Bleus ne progressent pas au sol, ils risquent d’y laisser le match.
Crédit image : L'Equipe
Pourquoi ce problème est si pénalisant ?
La lenteur des rucks tricolores ne relève pas du hasard. Elle découle d’un enchaînement de micro-détails : arrivée parfois tardive du premier soutien, positionnement trop haut sur l’impact, manque d’agressivité dans le nettoyage, et surtout, consommation excessive de joueurs dans la zone de combat. À chaque ruck où trois ou quatre Bleus sont engagés, c’est une fraction de ligne défensive en moins pour le repli. Un risque majeur face à une équipe australienne qui possèdent des éléments capables de faire la différence comme les centres Len Ikitau et Joseph Sua'ali'i.
"Avec des ballons lents, la France se prive de ses meilleurs atouts offensifs."
Autre élément clé : en ayant des ballons lents, la France se prive de ses meilleurs atouts offensifs. Quand les sorties dépassent 3 secondes, on tombe mécaniquement dans un jeu plus prévisible, où la défense a le temps de se replacer et d'anticiper. Résultat : moins de surnombres, moins de vitesse, et plus de pression sur le porteur. Cela explique en partie les difficultés observées dans la continuité du jeu lors des deux premiers matchs.
''Pas clair sur le plaquage, pas clair sur la redistribution'' : Galthié balance (enfin) tout sur les vrais problèmes des Bleus
À l’inverse, l’Australie n’a pas le même problème. Leur vitesse au sol leur permet de jouer debout, de varier les zones d’attaque et de maintenir les défenses sous pression. Si les Bleus leur offrent des rucks propres, rapides et constants, les Wallabies n’hésiteront pas à enchaîner les phases pour étirer le rideau défensif... avant de frapper au large.
Le piège australien : comment les Wallabies peuvent étouffer les Bleus
Face à une équipe plus structurée que les Fidji, le danger est réel. Les Wallabies auront sans doute une meilleure geste des temps forts et une exploitation des ballons rapides plus précises. Et c’est là que les chiffres français deviennent inquiétants : se consommer dans les rucks, c’est s’exposer à être en retard en défense. Or, l’Australie pourrait jouer sur les décalages créés par un simple retard de montée d’un troisième ligne ou d’un centre. Un défenseur qui arrive une demi-seconde trop tard, et le surnombre est enclenché.
"Si les Bleus ne ralentissent pas les sorties australiennes, ils subiront le rythme du match."
Le constat est simple : si les Bleus ne ralentissent pas les sorties australiennes, ils subiront le rythme du match. Et s’ils ne gagnent pas en efficacité dans leurs propres zones de combat, ils joueront constamment sous pression.
Comment les Bleus peuvent inverser la tendance
Ce match se jouera sur des détails, mais des détails cruciaux. D’abord, la discipline : éviter les fautes au sol pour ne pas offrir des munitions gratuites. Galthié l'a rappelé en conférence de presse : les Bleus ont concédé un nombre record de pénalités concédées sur hors-jeu. Ils ne peuvent pas se permettre de refaire les mêmes erreurs d'une semaine à l'autre.
Discipline, mauls piégés et hors-jeu : les Bleus sous surveillance stricte samedi face à l'Australie
Ensuite, l’agressivité : imposer le plaquage dominant, gagner la collision, obliger les Wallabies à jouer de "mauvais" ballons. Le rôle du premier soutien sera déterminant. Arriver vite, bas, et fort pour sécuriser le cuir ou nettoyer efficacement sans surconsommer. Un domaine où les leaders de combat comme Alldritt, Jelonch ou Marchand devront sonner la charge. Enfin, ralentir les ballons adverses ne veut pas dire se jeter dans tous les rucks. Il faudra choisir les bons moments, gratter intelligemment, piquer un ballon ici, tout en restant dans l’interprétation arbitrale du jour. L’équilibre est subtil… mais vital.
Ce match contre l’Australie n’est pas qu’un test. C’est aussi un révélateur. Réussir à tenir le rythme au sol serait un signal fort envoyé aux futurs adversaires de l'équipe de France : celui d’une équipe capable d’imposer un standard international dans le combat et la vitesse. Pour le staff, c’est aussi une validation — ou non — des ajustements de début de tournée. Pour les joueurs, c’est l’occasion de montrer une montée en puissance et de corriger ce qui leur coûte aujourd’hui des points, du terrain et de la confiance.

ULYSSE 689
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9479 pointsDe l'importance d'avoir une troisième ligne mobile, versus une troisième ligne puissante mais peu mobile. Le mieux étant bien entendu, comme les sudaf, une troisième ligne puissante et mobile😄, don l'archétype est Stef Dutoit
Jak3192
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91616 points1ère phrase de l'article :
"Qu'importe le résultat ce samedi... "
c'est beau l'enthousiasme. 😄
De plus, les Australiens ont " même" perdu contre les Italiens,
alors si "les nôtres"...
Ça pourrait être drôle 🤭
lebonbernieCGunther
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62366 pointsCa sort pas vite des rucks, en effet, mais de toute façon, nos mecs derrière n'ont pas le droit de se faire des passes avant les 40 adverses! Autour des 50, on monte systématiquement une quille et en-deçà de nos 40, c'est un gros coup de pompe au fond du terrain ou en touche. Alors à quoi bon...
gjc
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16806 pointsDepuis 5 ans la France est un des pays avec le meilleur % de rucks sous les 3 secondes (avec l'Ecosse).
Donc la baisse de cette stat dans les 2 derniers matches est intéressante, même si ce n'est pas la seule stat qui compte.
Mon explication est que la tactique d'envoyer Atonio ou la 2e ligne percuter pour lancer une série de pick and go rapides est devenue trop prévisible. Meafou par exemple est souvent attendu au tournant par les défenses adverses et gagne peu de mètres pour son gabarit. Peut-être aussi Lucu est plus facile à lire dans ses choix de passe que Dupont, qui a cette capacité hors normes de partir au ras et crée l'incertitude pour la défense.
Uther
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5735 pointsD'une part le % ne dit pas grand chose.
D'autre part, ce qui est primordail c'est de jouer vite quand c'est important.
Et c'est important quand tu as gagné la ligne d'avantage par rapport au dernier Ruck pour une raison très simple : La défense recule et toi tu es dans l'avancée ce qui peut offrir de bonnes opportunités notamment si tu réussis à conserver la continuité du jeu (Les fameux off-load).
Dans ce cadre des joueurs puissants sont importants (Meafou et/ou Atonio que tu cites) mais il faut qu'ils prennent le ballon dans de bonnes conditions, c'est à dire en étant pas trop loin de la ligne d'avantage mais pas trop près non plus sinon ils sont arrêtés et les plaquer devient beaucoup plus facile.
Et effectivement, ce qui est important également c'est que les défenses aient plusieurs options à couvrir : Le joueur puissant qui arrive lancé, le 9 qui peut partir au ras du Ruck mais également un jeu plus au large qui va obliger les défenses à surveiller sur la largeur ce qui se passe soit via un jeu classique vers le 10 et des 3/4 qui ont pris de la profondeur mais également via un jeu plus rapide vers l'aile en sautant un ou deux centres.
Dit comme ça, ça paraît simple, à exécuter sur le terrain Ruck après Ruck, c'est autrement plus compliqué.
Uther
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5735 pointsC'est quoi ces chiffres ?
Si l'on en croit Ruby Pass, contre les Fidji, les deux équipes ont sorti le ballon en moins de 3 secondes dans 56% des cas (Le même % pour les deux équipes).
Contre l'Afrique du Sud, c 'était 65% pour la France et 61% pour les Sud-Africains.
Pour avoir des % supérieurs au 80%, il faut aller du côté d'Angleterre (86%) vs Nouvelle Zélande (88%).
Après, c'est pas l'alpha et l'oméga du jeu : Les Irlandais étaient à 48% contre 64% pour les Australiens et pourtant...
jujudethil
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14613 pointsL’équipe a ses statistiques, moi les miennes, c’est que je trouve que le trou d’air du XV de France se situe entre la première et la 80e minute. 😢