À un peu plus d’un mois du début du Tournoi des 6 Nations 2026, Dimitri Yachvili, ancien numéro 9 des Bleus, aujourd’hui consultant pour France Télévisions, a livré une analyse sans langue de bois sur la charnière tricolore. Entre le retour d’Antoine Dupont, les états de forme contrastés de Matthieu Jalibert et Romain Ntamack, et une Irlande vieillissante mais toujours redoutable, Yachvili appelle Galthié à faire des choix forts. “Si l’on suit la politique de l’homme en forme, Jalibert est au-dessus”, lâche-t-il dans un entretien qui fera réagir.
Dupont-Jalibert pour le 6 Nations ?
Depuis plusieurs mois, Matthieu Jalibert marche sur l’eau avec l’UBB avec de nombreux coups d'éclat. De son côté, Romain Ntamack est moins dans la démonstration et se fond plus dans le collectif toulousain. “Il connaît visiblement quelques difficultés à remonter la pente sur le plan physique”, estime Yachvili via Sud Ouest. Le consultant insiste : si l’on suit la logique prônée par Galthié – à savoir titulariser “l’homme en forme” – alors Jalibert doit être le 10 du XV de France en ouverture du Tournoi, face à l’Irlande.
''C’est devenu un monstre physique'', les éloges pleuvent sur Matthieu Jalibert avant le 6 Nations
Et ce, malgré la complémentarité historique du duo Dupont–Ntamack. “Quand il y a Antoine Dupont et Romain Ntamack, c’est le chaud et le froid, ça s’équilibre un peu.” Mais Jalibert a progressé, et c’est surtout mentalement qu’il est attendu. “Quand tu viens en équipe de France, tu t’adaptes. Et je pense qu’il en est capable.”
Le vrai défi de Jalibert
Ce que pointe Yachvili, au-delà des stats et des highlights, c’est la capacité de Jalibert à “réguler” le jeu. En clair, moins de fulgurances, plus de contrôle. Là où Ntamack excellait dans la gestion des temps faibles, le placement au pied ou l’alternance, Jalibert doit encore progresser. “Il faut peut-être qu’il soit un peu plus dans la gestion, le jeu au pied, pour que la charnière soit là où il faut.” Techniquement, le Bordelais a tout : feinte de passe, vista, coup de pied d’occupation ou rasant… Mais c’est dans les choix, sous pression, qu’on jugera s’il peut prétendre à plus qu’un rôle de doublure chez les Bleus. Ce que Galthié attend de lui désormais, c’est un leadership de jeu comparable à celui qu’il affiche à Chaban.
La vérité du terrain, c’est maintenant
Derrière ce débat, il y a un contexte : le Tournoi 2026 s’annonce comme une vraie rampe de lancement en vue de la Coupe du monde. Et le premier match contre l’Irlande à Saint-Denis n’aura rien d’un galop d’essai. “Je pense qu’on est au même niveau”, estime Yachvili. Mais attention : l’Irlande reste un monstre d’intensité, même si “on a l’impression qu’ils baissent un peu, qu’il y a un petit renouvellement d’effectif”. Le XV du Trèfle a perdu Sexton et d’autres cadres, mais conserve sa structure ultra-rodée. C’est précisément là qu’un 10 moins structuré peut perdre le fil. Jalibert saura-t-il s’imposer face à des Irlandais déterminés à prendre leur revanche après le revers de 2025 à Dublin ?
Yachvili n’oublie pas non plus les Anglais. Loin du fiasco de 2015, ils viennent d’enchaîner 11 victoires au niveau international. On n'a pas oublié que c'est le XV de la Rose qui a pris la France du Grand Chelem l'an passé. “Ils n’ont pas révolutionné leur jeu, mais physiquement ils répondent présent.” Le sélectionneur Steve Borthwick s’appuie sur une base solide et une mentalité clinique. Et cela se reflète aussi en Premiership, avec des clubs comme Bath, Northampton ou les Harlequins qui imposent leur tempo. La France aura l’avantage de recevoir trois fois dans ce Tournoi – un détail qui pourrait peser lourd. Mais pour en profiter, encore faut-il une charnière au diapason dès la 1ʳᵉ minute.
Jalibert a les cartes en main
Ce Tournoi pourrait rebattre les cartes. Si Jalibert s’impose, c’est toute la hiérarchie des ouvreurs qui pourrait être chamboulée. Ntamack, jusque-là indiscutable, devra se réinventer. Le staff des Bleus pourrait aussi revoir son projet de jeu afin que Jalibert puisse s'exprimer comme le fait à Bordeaux. Et derrière, cela impacte aussi les profils des centres retenus et même du banc des finisseurs. Avec le retour de Moefana, un Depoortère qui est rarement décevant, sans oublier Penaud et Bielle-Biarrey aux ailes, il y aurait une vraie connexion bordelaise chez les Bleus.
« Tu ne tournes pas un porno ! » excellent avec l'UBB, Jalibert peut-il encore avoir sa place dans le système Galthié ?Le retour d’Antoine Dupont, lui, ne fait aucun doute. Mais sa complémentarité avec Jalibert reste à valider en test réel. Galthié aura-t-il le courage de miser sur l’homme en forme, au détriment du cadre ? Ce serait un signal fort, à la fois pour Jalibert et pour le groupe. Comme le dit Yachvili, tout n’est pas affaire de talent : “Là, on parle de dispositions mentales.” Et dans un Tournoi aussi dense, chaque détail compte. Jalibert, en pleine confiance, peut offrir une nouvelle dynamique aux Bleus. Mais la pression est là, et le choc face à l’Irlande sera un révélateur. Avec un titre à défendre, une charnière à trancher, et deux nations majeures en embuscade, le Tournoi des 6 Nations 2026 s’annonce déjà brûlant. Et comme souvent avec le XV de France, tout commence à la charnière.

MAKABIAU
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5080 pointsLe problème n'est pas les joueurs, et vous savez bien où il se trouve le blème........
Si on a deux charnières de haut niveau c'est très bien, maintenant il faudrait les laisser jouer....
lebonbernieCGunther
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62160 pointsTant que Galthié prônera un jeu aussi restrictif derrière, je ne vois pas l'intérêt d'appeler Jalibert. C'est un joueur qui a besoin de liberté et se nourrit d'impro et de prises d'initiative, tout ce genre de choses que refuse catégoriquement FG. Si Jalibert est appelé pour faire du Galthié, il va jouer contre nature et à côté de son potentiel. Alors le problème, c'est pas Jalibert ou NTK, mais Galthié et son rugby Champomy!
potemkine09
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47358 pointsEt si on avait deux paires de charnières? Suivant les matchs, la toulousaine ou la bordelaise. Et on fait jouer les deux au 6 nations, dans l'idée d'avoir une alternance.
jujudethil
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14581 pointsC’est aussi ce que je pensais, parce que l’avantage d’avoir c’est deux types de charnières, c’est que les gars ont l’habitude de jouer ensemble et ce n’est pas rien.
stef7
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151103 pointsLe problème reste : prendre le meilleur à chaque poste ne fait pas une équipe, prendre la ligne complète de 3/4 à l' UBB donne une garantie de collectif. Prendre une charnière Dupont-NTK idem. On a bien vu qu'une charnière Jalibert (qui a ses qualités il ne faut pas le nier) -Dupont fonctionne moins bien, la guerre Jalibert-NTK est un produit de la presse pseudo spécialisée car on oublie de parler purement rugby, au delà des querelles Clubs ou autres...