Rencontres, histoires folles, Clément Gasca va vous donner envie de jouer au rugby à l'étranger
Clément Gasca a joué en Nouvelle-Zélande et en Espagne. Crédit photo : misfotosderugby

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En ce mois d'août, nous avons décidé de prendre des nouvelles de Clément Gasca. Il faut dire que sa carrière ne ressemble à aucune autre.

Les 1000 vies de Clément Gasca de Tarbes au Ranfurly Shield en Nouvelle-ZélandeLes 1000 vies de Clément Gasca de Tarbes au Ranfurly Shield en Nouvelle-ZélandeEn ce mois d'août, nous avons décidé de prendre des nouvelles de Clément Gasca. Par le passé, nous lui avions consacré deux articles. Il faut dire que sa carrière ne ressemble à aucune autre. La dernière fois que nous lui avions parlé en 2019, il jouait en Nouvelle-Zélande. Depuis, il a roulé sa bosse et vient de signer dans un club en Asie. L'occasion pour nous de reprendre contact pour savoir ce qu'il a fait entre temps et ce que lui réserve son avenir. Après mon passage en Nouvelle-Zélande, le joueur de 25 ans nous avoue qu'il avait pour objectif de revenir jouer en France en tant que joker médical. "J’avais deux opportunités avec un club de Pro D2 et un club de nationale qui ne s’est jamais concrétisé, je me suis donc retrouvé sans club." Mais vous l'avez compris, Clément n'est pas du genre à rester les bras croisés. Il reprend alors ses études à Toulouse tout en travaillant sur son temps libre. Il ne délaisse pas le rugby pour autant puisqu'il rentre en contact avec le club de Balma (Fédérale 2 près de la Ville rose). Une "très bonne expérience avec le recul qui m’a beaucoup apporté après la déception de me retrouver sans clubs. Même si je n’ai fait qu’une paire de matchs avec eux, ça reste un très bon souvenir et c’est un super club avec des mecs au top."PORTRAIT. Entre le rugby et l’haltérophilie de haut niveau, Clément Gasca a choisiPORTRAIT. Entre le rugby et l’haltérophilie de haut niveau, Clément Gasca a choisiDe Balma à Seville, il n'y a qu'un pas. Après une autre expérience de vie à l’étranger, un club espagnol de première division l'a contacté pour terminer la saison 2020/2021. "Je me retrouve donc à Séville (Ciencias sevilla rugby) par hasard dans un championnat que je ne connaissais pas du tout. Très bonne surprise de trouver un championnat engagé avec de super joueurs venant du monde entier qui évoluent dans les meilleurs championnats mondiaux." Selon lui, il y a cependant encore beaucoup de marge de progression, car le rugby espagnol est encore en apprentissage, notamment en ce qui concerne la formation des jeunes qui sont trop peu représentés dans le championnat. "Ce qui amène une différence de niveau entre les joueurs natifs et les recrues étrangères. Cela n’empêche pas d’avoir des équipes professionnelles, avec des supporters, des téléspectateurs et de grands sponsors nationaux et internationaux qui investissent." Arrivé à mi-saison, il prolonge à Séville pour la saison 2021/202 et avec un groupe plus compétitif, il atteint la finale de la coupe du roi ainsi qu'un quart de finale du championnat. Une saison qui laissera quelques regrets, mais qui a été très enrichissante pour lui. "Cette dernière saison fut importante sur le plan personnel. Je me sentais bien et j’avais beaucoup de confiance sur le terrain, notamment grâce au groupe, ce qui m’a permis de faire de bonnes prestations."Crédit photo : Juan Carlos Ogazon

En confiance, il espère alors pouvoir évoluer en France. Deux opportunités s'offrent alors à lui. Une dans l'Hexagone en Nationale et l'autre à Hong-Kong. "La France m’a encore une fois déçu, car au dernier moment, comme d’habitude… il y a toujours quelque chose et c’est souvent un étranger qui passe devant." Direction l'Asie pour notre globe-trotter malgré une autre opportunité en Nouvelle-Zélande très intéressante. "Le club de Sandy Bay à Hong-Kong m’a tout de suite mis dans de bonnes conditions, en montrant un vrai intérêt de m’avoir avec eux. C’est un club très professionnel avec des valeurs anglo-saxonnes très familiales. J’ai immédiatement été séduit par le staff, l’expérience de vie et le projet du club après de nombreux appels vidéos." Chose qu'il n'a jamais vraiment connu en France, à son grand désarroi.

Quand j’ai repris le rugby après ma parenthèse haltérophilie (2017) j’étais très motivé et je voulais tout faire pour voir de quoi j’étais capable dans le rugby. Le club de Béziers m’a beaucoup apporté, mais aussi beaucoup déçu, notamment le fait de ne pas m’avoir laissé ma chance. Je n’ai jamais resigné en France depuis alors qu’à l’étranger, on m’estime beaucoup plus, je me sens plus en confiance, je suis au cœur des projets et l’on me donne des responsabilités. Si j’avais eu des opportunités concrètes en France, je serais rentré, mais le destin en a choisi autrement et j’adore cette vie-là.

Certains pourraient voir en lui un globe-trotter de l'ovalie. Mais s'il est vrai qu'il a beaucoup voyagé, son envie première a toujours été d'évoluer dans un bon club français et de faire carrière "mais le destin fait que je suis plus sollicité à l’étranger que dans mon propre pays." Avec un peu de recul, il considère que c’est un mal pour un bien. Et pour cause, il vit des expériences uniques aux quatre coins du monde "et ça vaut n’importe quelle carrière en France pour moi. Je me sens vivre, je découvre le monde et ses cultures et je me découvre à moi-même à la fois tout en jouant au sport que j’aime." Pour l'heure, il ne se donne donc pas de limite dans la découverte et dans les nouvelles expériences de manière à n'avoir aucun regrets lorsqu'il faudra raccrocher les crampons. Au moment de faire le bilan, il se souviendra de ces instants magiques passées en Nouvelle-Zélande comme "le titre du Citizen Shield gagné avec mon club Maheno, qui n’avait pas gagné le titre depuis de longues années, un moment inoubliable avec cette ferveur très particulière qui là-bas fait vivre tout le pays. Ainsi que la finale du Ranfurly Shield contre Otago qui m’a permis de jouer contre une équipe très compétitive dont la majorité des joueurs jouent dans les meilleures franchises NZ de Super rugby."Crédit photo : misfotosderugby 

Il y a eu aussi des passages plus compliqués, notamment en Espagne avec des rencontres difficiles en fin de saison. "Car chaque match (les 4 derniers) étaient potentiellement ceux de la descente en cas de défaite. On les a tous gagnés dont le dernier d’un petit point il me semble." Des moments très durs où la pression est énorme. Mais avec le recul, il sait qu'ils ont été riches d'enseignements "et ça crée des relations et des moments inoubliables." Si lui garde un excellent souvenir de ses rencontres, nul doute que les joueurs avec qui il a joués se souviendront aussi de lui, particulièrement en Espagne. "Anecdote drôle sur mes débuts en Espagne : premier match, beaucoup de motivation, beaucoup d’attentes du club qui me fait confiance en me recrutant. Premier ballon à 1 min de jeu je sors avec 10 points de suture au visage… 2e match, je joue avec un masque/strap à la Harinordoquy, première action, je m’en vais inscrire mon premier essai après une longue course en solo et j’aplatis 5 mètres avant la ligne… ils ont dû me prendre pour un fou." Quelque-chose nous dit qu'il aura encore des belles histoires à nous raconter la prochaine fois. Le rendez-vous est pris.

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  • alan75
    1807 points
  • il y a 1 semaine

Je suis ravi pour lui. Je ne le connais pas et n'ai aucun jugement à porter sur ce qu'il fait.
Mais quand je lis "La France m’a encore une fois déçu, car au dernier moment, comme d’habitude… il y a toujours quelque chose et c’est souvent un étranger qui passe devant." je me dis qu'à Hong Kong ou ailleurs il y a au moins un mec qui pense exactement pareil...

Article très sympa qui illustre au passage le problème du rugby élite en Espagne.
Très rares sont les bons joueurs issus de la formation dans les clubs espagnols à avoir une trajectoire professionnelle dans le championnat en 1ère division. Les très bons vont en général voir ailleurs parfois dès l'âge de 15 ou 16 ans (exemple : Samuel Ezeala). Les autres pratiquent le rugby en plus de leurs études avec parfois des cursus aménagés (proposés par certains clubs, en particulier ceux liés à une université). Pour compléter les effectifs, les clubs vont faire signer - souvent pour une année - des joueurs étrangers en renfort. D'où, indirectement, l'imbroglio Gavin van der Berg, le fameux joueur qui ne pouvait pas jouer avec les Leones.

  • dusqual
    36343 points
  • il y a 1 semaine
@Do-go-let

oui, parce que le rugby reste un sport émergeant en espagne. je pense que petit à petit ça va se construire. la présence du foot est tellement énorme...
mais on connait les qualité des espagnols en sport co. comme partout, ça viendra pas en claquant des doigts, mais un jour, il feront partie des équipes qui pourront prétendre à la coupe du monde régulièrement et d'y figurer.
ezeala est encore jeune, il a pas mal été blessé et finalement a toujours pas de sélection, si je ne m'abuse. galthié a fait sans lui quid de la suite? pour l'instant il aurait choisi la france mais je crois qu'à part un stage avec france 7 il a rien fait en bleu.
donc c'est pas fermé, si je me trompe pas.

@dusqual

Les blessures ont en effet freiné la progression d'Ezeala qui avait montré son intérêt pour jouer avec la France. Maintenant, il ne semble pas dans le radar de Galthié et vu les titulaires et les postulants actuels, c'est un peu bouché pour lui. Donc il pourra jouer avec l'Espagne quand il dira oui au sélectionneur des Leones (Santos ou son possible successeur). Il a bien joué un tournoi de rugby à 7 avec la France mais un tournoi mineur qui ne le bloque pas pour une autre sélection que la France.
Pour revenir à la formation au rugby en Espagne, les clubs progressent et cela se voit surtout par le nombre de jeunes qui partent en France (surtout) ou au Royaume-Uni pour intégrer les catégories crabos.

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