Champions Cup. La Rochelle. Personne n'en parle... mais Dillyn Leyds a éclipsé James Lowe
Dillyn Leyds a livré une performance XXL face au Leinster.

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Auteur d'une performance sensationnelle en finale, Dillyn Leyds a pris le dessus sur son vis-à-vis James Lowe. Pas le nom le plus parlant, il est pourtant l'un des ailiers les plus spectaculaires de France.

Il n'est pas forcément le nom le plus clinquant du Top 14, ni même le joueur qui accapare les gros titres au sein du Stade Rochelais ou attire la lumière sur lui. Pourtant, Dillyn Leyds a livré une performance XXL face au Leinster ce samedi, en finale de Champions Cup (24-21). Élu homme du match, l'ailier sud-africain (29 ans), a étalé sa classe aux quatre coins du terrain d'un Vélodrome émerveillé par sa justesse technique, et ses prises d'initiatives décisives. Arrivé aux prémices de l'été 2020 en Charente-Maritime, le Springbok jouit alors d'une belle notoriété, fort d'une expérience colossale en Super Rugby (85 matchs) et d'une dizaine de sélections avec la Nation arc-en-ciel. Sa première année en France fut idyllique ou presque. 26 matchs, dont 25 comme titulaire pour 9 essais inscrits, seules ces deux défaites en finale de Champions Cup puis de Top 14, viendront ternir un parcours jusque-là sans accroc, pour son premier exil sur le vieux continent. Ses performances en ont même fait l'un des meilleurs ailiers du championnat hexagonal, rien que ça.

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Cette saison encore, il fut l'un des hommes forts de la bande à Ronan O'Gara. En témoignent ses statistiques : 21 rencontres toutes compétitions confondues pour 9 essais. Oui mais voilà, à la fin de l'année 2021, le joueur a connu des pépins physiques avant d'être tout simplement écarté courant mois avril, pour des prestations jugées en demi-teinte. Résultat ? Il ne fut pas de la double confrontation victorieuse en Champions Cup, face à l'UBB. Sûrement plus irrégulier que lors du précédent exercice, son retour au premier plan est passé par des moments difficiles, comme il le révélait il y a de ça quelques semaines dans les colonnes de Sud Ouest : ''Aucun joueur de rugby ne veut être en tribune... C’était long, et beaucoup de choses se sont passées depuis, l’équipe a très bien tourné. Bien sûr que c’est difficile à vivre, une période comme ça. J’aime jouer au rugby, j’aime jouer les gros matchs, le Racing et les trois de Bordeaux en étaient. Et je les ai manqués [...] Ne pas être convoqué était compliqué pour moi, mais je sais que mon rugby n’était pas très bon et que des gars jouaient mieux que moi [...] Le staff m’a dit exactement les choses que j’avais à faire, ce qu’ils attendaient de moi. C’était le moment pour moi d’y réfléchir, de penser à ce qui n’allait pas et à ce que je devais améliorer [...] En tant que rugbyman, tu te dois t’accepter cette honnête discussion. Ça fait partie du jeu.''

La clé de la réussite ? Goûter de nouveau au plaisir du jeu, profiter et s'amuser. Leyds poursuit. 

Je veux dire que je sais que je peux être performant, j’ai peut-être juste besoin d’une meilleure façon de me préparer mentalement. Ces quatre dernières semaines, je me suis uniquement concentré sur le fait de bien m’entraîner, m’entraîner dur. Car je crois que je me mettais trop de pression, à trop chercher à bien jouer chaque week-end, mais à oublier de profiter. Alors que quand je prends du plaisir dans mon rugby, que je joue libéré, en général je suis très bon (sourire) !

Une finale XXL

Pari gagnant. Aligné à l'arrière face à Perpignan, où il fut particulièrement inspiré, inscrivant un essai, il a ensuite enchaîné, face à Toulouse en championnat ou Montpellier et le Racing en Champions Cup. Au point donc d'être titulaire face au Leinster en finale, au poste d'ailier cette fois-ci, suite au retour de Dulin à l'arrière. Et quel match. Avec son compatriote de l'autre aile, Raymond Rhule, il a donné le tournis à la défense irlandaise. D'abord sur une merveille de passe après contact dans le côté fermé, fixant de ce fait deux défenseurs et plaçant sur orbite, Rhule, qui n'avait plus qu'à faire parler ses cannes pour filer à dame. Idem quelques minutes plus tard, attaquant parfaitement l'épaule faible de Jonathan Sexton pour servir une fois de plus ce même Rhule après contact. Sans oublier, son aisance sur chaque ballon haut ou ses nombreuses prises d'initiatives, attaquant les intervalles pleine vitesse et créant l'incertitude à chacune de ses prises de balle. Une masterclass, tout simplement.

VIDEO. Une action, un essai : Leyds met Rhule sur orbite pour La RochelleVIDEO. Une action, un essai : Leyds met Rhule sur orbite pour La Rochelle

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Alors si l'on a encensé à juste titre Raymond Rhule, Will Skelton, Thomas Berjon ou encore Grégory Alldritt, comment ne pas faire l'éloge de Leyds ? Malgré son gabarit modeste à ce niveau (1m85-85kg), le Sud-africain a prouvé dans un rugby de golgoth, qu'il était encore possible de briller avec un physique ''humain''. Surtout, sa qualité technique reste bien au-dessus de la moyenne et en font un formidable joueur de rugby. Outre ce match, on pense à ses inspirations de génies par le passé comme cette chistera lorsqu'il évoluait avec les Stormers ou ce même geste en début de saison face à Biarritz. Et n'ayons pas peur de l'affirmer : difficile de trouver un ailier avec une aussi grosse technique individuelle que le natif de Somerset West.

Une telle aisance qui s'explique logiquement par sa formation. Car si on a pu l'oublier, Dillyn Leyds a longtemps porté le numéro 10 dans sa jeunesse. Avant donc d'être décalé sur l'aile mais aussi à l'arrière. Un profil ultra complet, et très précieux pour les Maritimes. Sans omettre que le joueur de 29 ans a, ce samedi, totalement éclipsé son vis-à-vis, James Lowe, que l'on décrivait comme l'une des attractions du Leinster, et qui lui rendait une vingtaine de kilos. Fort. Les amoureux de ce rugby libre, créatif, et débridé pourront encore s'émerveiller des performances de Leyds, lié avec le club maritime jusqu'en 2023. Avant cela, le joueur essaiera de décrocher une qualification pour les phases finales de Top 14.

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SCL - Personne n'en parle... mais mes chaussettes sont trouées

Haddad et Berjon ont éclipsé Doris et Gibson Park...seul Van der Flier ( meilleur joueur de la compétition) a été au niveau côté irlandais...il était partout

  • oc
    30245 points
  • il y a 4 semaines
@pascalbulroland

" Il était partout " , il cherchait peut être sa place ...

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