Champions Cup. ‘‘Je ne sais pas si le nom Coupe d’Europe définit bien la compétition’’, avoue Romain Sazy
Lors d’un entretien, Romain Sazy évoque la saison de Champion Cup à venir et souligne le travail de l’encadrement du Stade Rochelais.

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Lors d’un entretien, Romain Sazy évoque la saison de Champion Cup à venir et souligne le travail de l’encadrement du Stade Rochelais.

Avant d’entamer cette nouvelle édition de Champions Cup, la rédaction du Rugbynistère a rencontré Romain Sazy. Champion en titre de la compétition, le vétéran du Stade Rochelais donne ses impressions liées à l’enchaînement des matchs et aux sentiments qui entourent cette nouvelle édition.Vos Matchs de Rugby La Rochelle/Saints et Munster/Toulouse à quelle heure et sur quelle chaîne ?Vos Matchs de Rugby La Rochelle/Saints et Munster/Toulouse à quelle heure et sur quelle chaîne ?

Comment alterner les deux compétitions, mentalement et physiquement, quand les matchs s’enchaînent à cette vitesse ?

La bascule Top 14 - Coupe d’Europe, on la fait. L’arbitrage est différent, les équipes aussi. Tu es obligé de t’y adapter, ça ne ressemble vraiment pas à des matchs de Top 14. Après, je ne trouve pas que ça soit trop mal rythmé. On enchaîne ces deux matchs-là, puis en janvier. Le staff met tout en place pour qu’on soit plutôt à l’aise sur ça.

Après 2 finales consécutives et un titre, vous êtes attendus...

L’effet de surprise est loin derrière nous. Le regard des adversaires sur nous a changé, mais notre statut et notre rugby ont évolué depuis. On a assez de force pour combattre cette attente. Les deux dernières années nous ont permis de beaucoup grandir. Même si on apprend dans la défaite, on retient beaucoup mieux quand on gagne. Avec notre titre l’an dernier, on s’est dit “Ça y est, c’est possible.”

Comment abordez-vous cette nouvelle édition de Champions Cup ?

Avec le même appétit que l’an dernier. C’est vrai que ça fait deux saisons qu’on va au bout, chaque match est plaisant. Vivre des phases finales de Champions Cup, c’est énorme pour le joueur et pour le club. Le but, c’est de retrouver les mêmes sensations que l’an dernier. Mais la compétition est compliquée, surtout via son format, donc, ça sera compliqué. Il ne faut pas qu’on se loupe au début.RUGBY. Mais au fait, comment fonctionne la phase de poules de la Champions Cup ?RUGBY. Mais au fait, comment fonctionne la phase de poules de la Champions Cup ?

Le fait que 8 des 12 équipes de la poule aillent en huitièmes n’enlèvent pas une certaine pression ?

Non, comme je le dis, il ne faut juste pas se louper dès le début. Tu n'as pas le droit à l’erreur à domicile, déjà. Et le but, c’est même d’aller chercher un résultat à l’extérieur, voire deux. Il faut se mettre dans les meilleures dispositions pour les phases finales.

Que pensez-vous de ce format en tant que joueur ?

C’est un format de poules assez particulier : tu joues deux équipes au format aller-retour. Personnellement, ce que j’apprécie désormais, c’est le fait qu’on ne joue pas d’équipes françaises dès les premiers matchs. Ça, c'est un gros plus. On les joue déjà assez dans la saison. Après, le niveau n’est plus le même maintenant qu’ils ont intégré des équipes sud-africaines. On va découvrir ce nouveau format et le niveau qui en découle. Ça sera un peu particulier, je ne sais pas si les mots Coupe d’Europe définissent bien la compétition, mais le niveau sera plus haut que l’an dernier.

Avez-vous une appréhension sur l’arrivée des formations sud-africaines en Champions Cup ?

Non, pas du tout. On sait que ça va être des matchs différents. En France, personne n’a l’habitude de jouer contre des équipes de l’hémisphère sud. C’est une découverte, ça reste des matchs plaisants à jouer. Après en termes d’organisation, c’est autre chose. Il y a un déplacement très long et lourd. On a de la chance de ne pas être tombé sur ces équipes-là.

Comment conserver la fraîcheur physique, avec les déplacements dans d’autres pays ?

Franchement, ça va, on a l’habitude. L’avantage d’avoir commencé un peu plus bas, c’est qu’on n'a pas à se plaindre maintenant. On est déjà aller jouer au fin fond de la Russie quand même ! Pour le coup, aller en Irlande et jouer l’Ulster, c’est largement supportable.

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De la Pro D2 à la Champions Cup, comment on s’adapte à des rythmes si différents au cours d’une même carrière ?

C’est vrai qu’il y a pas mal de différences. Quand j’étais en Pro D2, on travaillait par bloc de matchs. On sait quand on pourra se reposer et ce qu’on doit faire sur telle période. Maintenant, c’est autre chose avec le marathon du Top 14, alors quand on y ajoute les matchs de Champions Cup… C’est incomparable le rythme entre les deux, rien que le fait de jouer pendant les fêtes en Top 14 par exemple. On voit un peu moins bien à quel moment on est censé se reposer. Il y a une grosse charge, je ne sais pas combien de matchs on a pu faire la saison dernière. Mais du coup, pour pouvoir souffler, on fait confiance au staff et à leur organisation. Ils réussissent à faire la part des choses pour obtenir le meilleur de l’équipe.

L’enchaînement des matchs empêche-t-il de penser tactique et jeu ?

Honnêtement, ça se passe, chaque semaine, c’est calibré et on sait à quoi s’en tenir. Ça reste des semaines types et on arrive à changer de plan de jeu. On a toujours le temps de mettre en place des mouvements ou des annonces plus précises au fil des matchs. On a aussi le temps d’adapter tout ça à chaque équipe rencontrée. On n’est pas comme au foot où ils peuvent disputer jusqu’à 3 matchs par semaine. Sur ce point-là, ça va. C’est surtout l’accumulation des matchs, quand certains se tapent 12 ou 13 matchs d'affilée, c'est très lourd. Pour le coup, on a de la chance et notre staff est vraiment compétent là-dessus. Avec eux, tout est calculé pour nous laisser souffler quand il le faut.

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Le rugby de haut-niveau est-il devenu un sport de réaction et de récupération ? 

On a la chance d’avoir des coupures de 15 jours dans l’année (NDLR : en période internationale). On fait de la récupération, pour ceux qui ont beaucoup joué. D’autres font un travail un peu plus foncier. Après, c’est des choses qu’il faut voir avec les préparateurs physiques. Ce sont eux qui gèrent ça avec le staff médical. Pour accumuler les matchs, il faut avoir des personnes compétentes dans ce secteur. L’enchaînement se passe bien, mais bon… Il n’en faut pas plus, comme on dit. Je pense qu’on est au maximum de ce qu’on peut demander aux joueurs. Il faut juste que ça soit bien calculé dès le début.

A-t-on le temps de créer une identité de jeu en cours de saison ?

Oui, sur ça, il n’y a aucun problème. Le seul lien entre l’accumulation des matchs et le jeu qu’on déploie, c’est selon ce que décident les préparateurs physiques. Ils nous font faire des semaines plus ou moins allégées niveau entraînements. C’est le seul impact qu’il puisse y avoir, le reste se passe bien en tant que joueurs.

Les équipes irlandaises économisent leurs titulaires, c’est une chance ?

Ils ont un championnat complètement différent du nôtre. C’est difficilement comparable. Après, il se concentre bien plus sur la Coupe d’Europe, c’est vrai. J’ai en mémoire un comparatif d’un joueur de Top 14 et de son homologue irlandais avant un match. On comparait le nombre de minutes et celui qui évoluait en France avait un nombre de minutes jouées cette saison bien plus conséquent. Mais c’est une vérité qui s’observe avec les Gallois aussi. Pour ces matchs, le but, c'est juste d’arriver dans le meilleur état physique possible.

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Quand on est passé de la Pro D2 à champion d’Europe avec le même club, comment on se motive à élever son niveau ?

Tout simplement en étant un compétiteur, tu en veux toujours plus. Tu ne vas te satisfaire de quoi que ce soit. Il faut repartir humblement au travail. Ce n'est pas parce que tu as gagné une fois que tu gagneras un jour. Le Stade Rochelais progresse chaque année. C’est un club qui ne s’assoit pas sur ses acquis, il regarde constamment vers l’avenir. Forcément, je suis bien placé pour parler de sa progression, mais malgré le chemin déjà parcouru, il reste toujours très ambitieux. On sait où on va, sans brûler les étapes. C’est très plaisant de jouer à La Rochelle.

Le public doit aider à maintenir cette ambition, non ?

C’est clair qu’on est privilégié d’avoir un public comme ça. Sur ça, on peut leur tirer notre chapeau. On sait très bien la chance qu’on a d’avoir un engouement pareil. Plus de 70 matchs à guichets fermés et on voit entre 2 000 et 3 000 personnes à l’entraînement parfois. C’est tout simplement monstrueux. Ils ont soif de victoire et ça nous pousse à vivre des moments comme l’an dernier. Moi, j'ai pu aller deux fois sur le port, pour la montée en Top 14 et le titre de Champions Cup. Pour les nouveaux qui nous rejoignent, ça donne envie. Ils ont envie de connaître ça eux aussi.

Vous pensez que cette célébration sur le port peut créer un mythe autour du Stade Rochelais ?

C’est une communion particulière, dans un lieu particulier. Tu as plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ta saison, voire ta carrière, se construit pour vivre des moments comme ça. Tu te dis que le sport est beau et que les sacrifices que tu fais valent le coup. En général, si tu finis la saison sur le port, c’est plutôt bon signe.

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J'adore ce joueur, pour sa simplicité, sa lucidité!
C'est le genre de coéquipier que beaucoup aimerait avoir.

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