L'Immonde du Rugby N°29

L'Immonde du Rugby N°29

Publié le 18-01-2012 à 17h43 - Mis à jour le 19-01-2012 à 10h40 // Par G+
DISCLAIMER : Ceci est une chronique satirique d'Ovale Masqué, un presque super héros rugbyphile et alcoolique dont la folie sans limite accouche de temps à autre de fictions comme celle que vous lirez sur cette page. Ça chambre, ça balance des trucs pas toujours vrais, ça appuie là où ça fait mal, et c'est pas toujours drôle. Mais finalement ces chroniques sont à l'image des chansons de Patrick Sébastien : pleines d'amour. Allez musique !

Alors que le monde de l'Ovalie est encore traumatisé par les propos scandaleux de Mourad Boudjellal, l'homme qui a osé prononcer le mot sodomie un dimanche soir (alors qu'on sait tous que cette pratique est réservée au vendredi), l'Immonde du Rugby a décidé cette semaine de volontairement ignorer les gesticulations du fantasque toulonnais, dont on a déjà bien trop parlé. Rassurez-vous, les valeurs du rugby - vous savez, cette invention marketing créée pour vendre un sport violent et incompréhensible au grand public – ne sont pas plus en danger que les jours de Jo Maso à la FFR. Mourad n'est pas l'ennemi public N°1 du rugby français. Non, l'ennemi, c'est l'Anglais. Comme d'habitude. Pourquoi l'Anglais ? Certains évoqueront une histoire de rivalité historique, de guerre de 100 ans ou je ne sais quoi, mais soyons honnêtes, si nous détestons les Anglais c'est principalement car ils sont plus titrés que nous, plus intelligents que nous et encore plus arrogants que nous – et là il faut le faire.

La semaine dernière, le nouveau coach du XV de la Rose Stuart « Manpower » Lancaster a annoncé le groupe des 30 rosbiffs sélectionnés pour le Tournoi des 6 Nations. Une annonce faite dans l'indifférence générale du côté de chez nous. Il faut dire que le rugby anglais est sur le déclin. La dernière Coupe du Monde a été catastrophique, la Permiership n'est même plus capable d'attirer la moindre star vieillissante de l'hémisphère sud à cause du salary cap (plafonné à 4,2 millions... contre 8,7 chez nous) et même les Tigers de Leicester viennent de se prendre une branlée monumentale contre l'Ulster.

Il ne faut cependant pas sous-estimer le championnat anglais, qui, à défaut d'empiler les noms ronflants, propose souvent un jeu bien plus aéré et agréable qu'en Top 14 et surtout qui permet aux jeunes Anglais d'avoir du temps de jeu. Ces jeunes, on va en retrouver certains durant le 6 Nations. Lancaster a en effet fait son Lièvremont en sélectionnant 15 joueurs absents lors de la dernière Coupe du Monde, dont 9 qui n'ont jamais été sélectionnés. La plupart de ces joueurs demeurant méconnus en France, L'Immonde vous propose aujourd'hui une revue d'effectif du squad anglais, car comme le disait si bien Sun Tzu « Si vous connaissez vos ennemis et que vous vous connaissez vous-même, mille batailles ne pourront venir à bout de vous ». Pour ceux qui ne sont pas capables d'aller sur wikipedia, Sun Tzu est l'auteur de l'Art de la Guerre, un mec bien calé en stratégie militaire, mais tout de même moins que Vern Cotter sinon il aurait réussi à gagner le Bouclier de Brennus avec Clermont.

1ère lignes :

Comme en France et un peu partout ailleurs, c'est le poste où il est le plus difficile de trouver des nouveaux talents. On retrouvera donc Dan Cole, régulièrement sélectionné depuis 2010 et valeur sûre du pack anglais. 24 ans, chauve, barbu et roux, il représentera l'élégance britannique au poste de pilier droit. Pour l'épauler on retrouvera Matt Stevens le cocaïnomane sud-africain le plus célèbre après Peter de Villiers, qui fut peu à son avantage lors du dernier Mondial – il faut dire que Martin Johnson lui avait appris qu'il était polyvalent et qu'il jouerait à gauche en cours de compétition. Alex Corbisiero (23 ans) et David Wilson (26 ans), qui ne comptent jusque là qu'une poignée de sélections, tenteront de faire plus que de la figuration. En attendant un éventuel retour de Sheridan (qui n'a « que » 32 piges) le seul nouveau sélectionné au poste de pilier gauche est Joe Marler. Plus remarqué pour son look de punk à chien et sa mobilité balle en main que pour sa tenue en mêlée (on l'a récemment vu exploser contre Toulouse en H-Cup), le joueur des Harlequins de 21 ans est sûrement plus là pour prendre la température. Je précise qu'il s'agit d'une expression, pas d'un bizutage à la mode dans les vestiaires du XV de la Rose. Quoique....

Ici Marler montre ses qualités de pilier coureur. Mais il porte un casque, pour admirer sa superbe coupe de cheveux, cliquez ici.



Au poste de talonneur, on retrouve ce cher Dylan Hartley. Dans la droite lignée des talonneurs anglais les plus fairplay (de Brian Moore à Mark Regan), Hartley cœur à vif était un grand espoir du rugby anglais, mais force est de constater qu'il a quelque peu régressé la saison dernière, au point de se faire piquer sa place par le dinosaure Steve Thompson pendant la Coupe du Monde. A ses cotés, une autre vieille connaissance, le pizzaiolo Lee Mears, 32 ans, blessé depuis le début de la saison mais sélectionné parce que bon, il n'y a pas vraiment mieux. Et le bizut du talon est donc Rob Webber (25 ans, London Wasps) un joueur au profil atypique puisqu'il évoluait encore au poste de flanker avant de se reconvertir en N°2 lors de la saison 2008/2009. Passé par toutes les sélections de jeunes et l'équipe de rugby à 7 nationale, Webber est donc un joueur mobile, et également un leader dans l'âme puisqu'il est régulièrement capitaine des Wasps en l'absence de Tom Rees.

Secondes lignes :

Pas de grande nouveauté non plus à ce poste. On retrouvera donc le solide Tom Palmer, qui commence à faire banquette au Stade Français depuis l'arrivée de Gerhard Mostert et qui aura au moins l'avantage d'être frais. Louis Deacon est sélectionné mais ne jouera pas le Tournoi pour cause de blessure longue durée. Pour la logique on repassera. On peut néanmoins penser que son remplaçant sera le charmant Dave Attwood (24 ans, Bath) qu'on connait surtout en France pour avoir démonté le pauvre pilier rochelo-roumain Petrisor Toderasc lorsqu'il jouait encore à Gloucester. Bien évidemment, il avait pris deux semaines de suspension et une tape dans le dos pour ce geste criminel, ce qui l'encouragera sans doute à se tenir à carreaux pendant le Tournoi...



Au rayon des gentlemen, il sera en bonne compagnie avec Courtney Lawes. Un temps évoqué comme flanker, Courtney est bien sélectionné en seconde ligne, vu qu'il y a quand même plus besoin de monde à ce poste. On retrouve également Mouritz Botha, 29 ans et seulement trois sélections. Un prénom qui semble être une contraction de Mourad et Fritz, un nom de famille qu'il partage avec Bakkies, un des plus célèbres bouchers du rugby mondial... voilà qui fait rêver. Dans les faits, Mouritz Botha n'est pas vraiment un cador. Inconnu dans son pays natal, il a débuté sa carrière pro en 2006 au Bedord Blues (seconde division anglaise) avant de rejoindre les Sarries en 2009. Un peu le choix par défaut. On notera tout de même que comme Attwood et Lawes, il s'y connaît en destronchage, c'est déjà ça.



Troisième lignes :

Enfin du sang frais ! Toute l'Angleterre réclamait sa sélection à la place de Lewis Moody, dont le niveau de jeu s'était dégradé (attention, il y a une vanne en rapport avec l'actualité économique dans cette phrase), le voici enfin : Chris Robshaw, 26 ans, capitaine de Harlequins et élu meilleur joueur de Premiership en 2012, fait son grand retour après une petite sélection en 2009. A ses cotés on retrouve celui qu'on annonce comme le probable futur capitaine anglais, Tom Wood (25 ans, 7 sélections) un des meilleurs joueurs des vices champions d'Europe de Northampton. James Haskell étant parti tester l'hospitalité des femmes de chambre japonaises, son jeune coéquipier Callum Clark (21 ans) décroche aussi une sélection, alors qu'il est plus souvent remplaçant chez les Saints. Capitaine des -20 ans anglais en 2008, il s'était illustré pour ses talents de bastonneur contre la Nouvelle-Zélande. Au poste de flanker, on retrouve donc un seul joueur expérimenté, Tom Croft (26 ans, 31 sélections). Notons tout de même qu'il n'y a aucun vrai N°7 (ou openside flanker, comme ils disent) parmi tous ces joueurs, comme l'a souligné le coach des avants Graham Rowntree, qui compte donner du temps de jeu à Andy Saull (23 ans, Saracens) avec les Saxons en vue d'une intégration prochaine.

Le carton rouge de Callum Clark après son coup de boule. Bien sûr, il sort du terrain en rigolant, comme un vrai bonhomme.



Au poste de N°8, on retrouve également deux puceaux. Le joueur à suivre sera Ben Morgan, 22 ans, et évoluant à Llanelli au Pays de Galles. Puissant, rapide et mobile, il avait poussé l'australien David Lyons (pourtant plutôt bon avec le Stade Français cette saison) sur la touche la saison passée. D'origine galloise, Morgan était convoité par le XV du Poireau. Il a finalement choisi l'Angleterre. Un choix courageux qui lui vaudra sans doute d'être détesté par ses coéquipiers, ses supporters et le Pays de Galles tout entier. A ses cotés, une des surprises de la liste : Phil Dowson. Le troisième ligne centre de Northampton décroche sa première sélection à 30 piges et grille le Néo-Zélandais de Leicester Thomas Waldrom, pourtant plus jeune (28 ans) et Nick Easter, sans doute le meilleur joueur à son poste dans le championnat avec les Harlequins, mais jugé trop vieux (32 ans).

Ici, le sauvetage de Ben Morgan sur le Rougerie irlandais, Andrew Trimble.



Charnière :

Au poste de N°9 on retrouve deux joueurs présents à la Coupe du Monde : Ben Youngs, 22 ans, 17 sélections et pratiquement déjà installé. Joe Simpson, le Jean-Marc Doussain anglais et sélectionné surprise du Mondial, est également là. Le demi de mêlée de 23 ans est un des rares joueurs à surnager chez des Wasps moribonds et avant derniers du championnat anglais. Notez qu'en étant né à Sydney, d'un père néo-zélandais et d'une mère anglaise, le gars pouvait difficilement échapper au rugby. Enfin pour remplacer Danny Care, multirécidiviste de la beuverie et mis au coin, Lancaster a fait appel à Lee Dickson. Le N°9 de Northampton, 26 ans, qui excelle en club depuis deux-trois ans, décroche sa première sélection. Lui est né en Allemagne d'un père anglais et d'une mère écossaise, ce qui tend quand même à prouver que les demis de mêlée britanniques sont de vrais citoyens du monde.

A l'ouverture, Toby Flood est de retour, mais en danger. Peu convaincant en sélection dernièrement, il sera indisponible pour les deux premiers matchs du Tournoi et risque donc de se retrouver sur le banc si son remplaçant assure contre l'Ecosse et l'Italie. Son principal concurrent sera Owen Farrell, le fils d'Andy (qui sera l'entraîneur des lignes arrières de ce XV de la Rose) mais qui est heureusement bien plus doué que son papa à XV. Champion d'Angleterre avec les Saracens au poste d'ouvreur la saison passée, Owen occupe désormais le poste de second centre en club depuis l'arrivée de Charlie Hodgson, qui est lui aussi sélectionné. Oui, LE Charlie Hodgson, celui qui avait assuré l'intérim catastrophique de Wilkinson entre 2004 et 2007. A 31 ans, Hodgson arrive à maturité et devrait néanmoins faire l'affaire pour faire la transition entre l'ancienne et la vieille génération. On lui souhaite en tout cas, puisque le David Skrela anglais, qui fut le joueur emblématique des Sale Sharks, mérite sans doute mieux que la réputation peu flatteuse qu'il a acquis sous le maillot anglais en étant sélectionné lors de la pire période de l'histoire du rugby anglais pro.

Owen Farrell dans ses oeuvres.



Centres :

Si en Equipe de France on a peu de choix à ce poste, les Anglais, eux, peuvent se targuer d'avoir du réservoir. Tout le monde connaît déjà Manu Tuilagi. Aussi bon nageur que le capitaine d'un paquebot Costa Croisière, Andy fut surtout une des rares satisfactions du mondial anglais, et il n'a que 20 ans. A ses cotés, le troisième sud-africain de la liste des 30, Bradley Barritt. Ancien coéquipier de Fred Michalak chez les Sharks, vice champion du monde des -21 ans avec les Boks en 2006 (l'année où on avait gagné, souvenez-vous) il a également été sélectionné avec les « Emerging Springboks » . Rien à voir avec des bateaux cette fois puisqu'il s'agit en fait des Springboks A. Brad aurait pu (dû ?) devenir international chez lui mais il a préféré partir aux Saracens en 2009, et est donc aujourd'hui sélectionnable pour le XV de la Rose. Notez donc que Lancaster a la possibilité de reformer le trio des Sarries Hogdson – Barritt – Farrell en 10, 12 13, histoire de gagner du temps niveau automatismes. Autre bizut, le centre des Harlequins Jordan Tuner-Hall, qu'un supporter du club londonien m'avait décrit comme « un Bastareaud avec un cerveau ». 24 ans, 1m80 et 100 kilos, ça fait quand même 10 kilos de moins que le Toulonnais, ce qui n'est pas plus mal. Notez d'ailleurs qu'en 2008, Turner-Hall avait marqué deux essais en deux matchs contre le Stade Français en H-Cup, alors qu'il était aligné en face de Bastarocket.

Ailiers/Arrières :

Un autre poste où les Anglais n'ont pas de soucis à se faire. Outre Chris Ashton, on aura l'occasion de retrouver le blondinet supersonique David Strettle, qui s'était fait remarquer en 2007 contre la France. Souvent blessé et peu sélectionné depuis, il fait son grand retour. Première sélection pour un autre ailier au style spectaculaire, Charlie Sharples, 22 ans, dont le style rappelle un peu Ollie Phillips.

Ici, Sharples dans ses œuvres contre Sale. C'est le petit chauve que personne n'arrive à attraper et qui marque deux essais.



A l'arrière, on retrouve Ben Foden, pas brillant pendant la Coupe du Monde mais en bonne forme à Northampton. De retour également, Mike Brown. Sélectionné à 2 reprises avec l'Angleterre, Brown a longtemps été écarté en sélection en raison d'une sombre histoire de partouze avec une serveuse de 18 ans pas forcément consentante et son coéquipier Topsy Ojo lors d'une tournée en Nouvelle-Zélande en 2008. Mais si on ne peut plus se taper des serveuses en tournées, on se demande pourquoi on continue à jouer au rugby... Excellent avec les Quins depuis le début de la saison (rappelons ses 3 essais en 2 matchs contre le Stade), Brown prouve avec son look de hooligan qu'on peut être un bon arrière sans pour autant avoir les cheveux mi-longs et de la barbe. Enfin, le très bon arrière des Saracens Alex Goode (23 ans) a également été appelé pour couvrir les postes de 15 et de 10 en l'absence de Flood pour les deux premiers matchs - bien qu'il ne joue pratiquement jamais à l'ouverture en club. Là encore, c'est le coté Lapinesque de Lancaster qui s'exprime.

Conclusion

Au final on a donc une équipe d'Angleterre qui ne ressemble pas trop à une équipe d'Angleterre : jeune, avec du talent derrière mais un 5 de devant qui paraît un peu faible. Un signe de plus de l'apocalypse imminente, probablement...

Après un début en douceur contre l'Ecosse et l'Italie, les Anglais vont enchaîner 3 matchs compliqués : A domicile contre le Pays de Galles, à Saint Denis contre la France, avant un grand final à Twickenham contre l'Irlande, le 17 mars, jour de la Saint Patrick. Une raison de plus d'énerver les Irlandais qui ont déjà gagné 7 de leurs 9 derniers matchs contre les Anglais...


Pronostic :
Trop inexpérimentés pour viser la victoire dans le Tournoi, les Anglais risquent de terminer à la troisième voire quatrième place. Stuart Lancaster sera viré dans la foulée et remplacé par Nick "George Clooney" Mallett, qui rappellera Wilkinson, Tindall, Vickery et qui placera James Haskell à la mêlée, trouvant qu'il y a "du Mauro Bergamasco en lui".


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3 Commentaires sur « L'Immonde du Rugby N°29 »
Mol
0 points 0% avis positifs
c'est quoi?le 19.01.2012 à 21h20

Bravo, tout est dit !
Belle plume l'ami :

Tomdiabolus
0 points 0% avis positifs
c'est quoi?le 19.01.2012 à 18h55

Callum Clark semble être un intellectuel de haut-vol...

ASBH BéziersThbts
310 points 0% avis positifs
c'est quoi ?
le 19.01.2012 à 17h40

Point de Marc Cueto aux ailes ???

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