''La boue et la pluie, ça change du kimono blanc'', une ancienne judokate de haut niveau raconte son passage au rugby
Ancienne judokate, Lucie Mourlane s'entraîne régulièrement pour se perfectionner. Crédit photo : Florence Mourlane
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À 20 ans, Lucie Mourlane est championne de France de judo. Récemment, elle a eu l'occasion de s'entraîner avec la réserve de la Section Paloise. Elle raconte.

Les sports de contact sont toute sa vie. Championne de France de judo, Lucie Mourlane s'entraîne désormais avec la réserve des féminines de la Section Paloise. Un parcours rocambolesque qu'elle nous raconte en exclusivité. 

Pourquoi es-tu passée du judo au rugby ? 

J’ai toujours aimé les sports de contact. Je ne pouvais plus allier le judo et mes études. J’ai fait du judo pendant de longues années. J'ai même été championne de France. Comme je faisais plus de judo de haut niveau et que je suis en stage à Pau, je suis allée faire un entrainement d’essai à la section et ils ont souhaité que je continue avec eux. 

Comment as-tu été repérée par Pau ? 

Mon père connait le trésorier de la Section Paloise. Il savait que je faisais du judo à bon niveau. Mais il a dit rapidement que ça l’étonnerait s’il me garde et au vu de mon premier entrainement, ils ont décidé de me conserver et de me faire évoluer dans le groupe. 

Le physique que tu as construit au judo t'aide-t-il au rugby ? 

Oui, ça m'aide beaucoup. Je n'ai pas peur du contact, c’est avantageux. Je suis assez trapue et assez musclée. Je fais 62kg pour 1m60. Je suis plutôt pas trop mal en mêlée et j’ai de l’impact dans le jeu. Par contre, je manque encore un peu de dextérité niveau balle. Je joue talonneur en plus, mais je vais travailler sur ça. Il faut que je m’entraîne au lancer. 

D'où vient ta passion du rugby ? 

J’ai toujours été supportrice de Pau, j’ai toujours été dans les stades. C’est un sport qui mêle jeu, stratégie et contact. Il y a des similitudes avec le judo. Je n’avais jamais pensé jouer, mais maintenant, c'est différent. Je m'inspire aussi beaucoup de la troisième ligne Gaëlle Hermet. Elle est très impactante dans le jeu et inspirante et j'adore ça. Sinon, il y a Émilien Gailleton et Antoine Dupont, mais ça, c'est à un autre niveau. 

Tu es passé d’un sport individuel à une discipline collective, c’est un gros changement ? 

Oui, surtout au niveau de la communication. Il faut bien s’écouter, bien se placer. Tout est lié. Il faut être harmonieux. C’est très différent du judo. Au début, j'étais perdue au niveau des placements, ça va beaucoup mieux avec le jeu. Les filles m’ont bien intégré et ça m’a fait progresser. 

Avais-tu justement peur de cette intégration ?

Oui, je ne connaissais personne. Et puis je suis très en dessous de leur niveau. Les coachs m’ont dit que je m’étais très bien intégré. Je n’ai pas été sur le côté de la touche donc c’est cool. Justement, on essaye au maximum de sortir ensemble pour avoir une vraie cohésion de groupe. Des fois, nos entraîneurs viennent aussi avec nous. Maintenant, j’adore aller à l’entrainement. Il y a un esprit d’équipe, ce n'est pas du tout la même mentalité qu'au judo. C’est une cohésion de tout le monde, il ne faut rien lâcher. Ça change vraiment. Puis découvrir la boue et la pluie, ça change du kimono blanc. Mardi, je me suis dit "qu’est-ce que je fous là ?" (rires). On a pris un déluge. Je me retrouve à faire des pompes dans la boue, mais j’étais avec les filles, c’était sympa. Finalement, on a passé un bon moment.

Jouer en élite 1 ça te parle ? 

Non, il y a des filles qui sont bien plus fortes que moi. Si j’avais l’occasion, oui, ce serait un honneur et un gros plaisir. Mais pour l’instant, je suis concentré sur les études. Avec mes partiels, je ne vais pas pouvoir être au rugby. Je serai là quand je peux contrairement à d’autres filles. L’avantage, c’est que j’aurai le statut de sportif de haut niveau avec un emploi du temps adapté. Dans l’état actuel, ce sont les études d’abord et on verra après.

Tes parents t’encouragent-ils ? 

Oui, ils sont hyper contents, ça me fait décompresser. J’ai toujours le sourire en rentrant de l’entrainement, mais ils ne sont pas trop chauds pour la première ligne (rires) parce que ça tape pas mal. J’ai vu certaines de mes vis-à-vis, ça fait peur. Les talonneurs ne font pas mon gabarit. Quand je suis à côté des piliers, je fais vraiment maigre. Mais là, je cherche mon poste, s’il faut, je vais beaucoup bouger, mais ils sont dans l’optique de ne pas trop me faire changer. C’est le gabarit et les problèmes de dos qui me font peur, mais sur le papier, le poste ne me dérange pas.

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  • jojo7
    12514 points
  • il y a 11 mois

ceinture noire et championne de ,Francce son parcours au judo est parfait . Je lui souhaite le même parcours au rugby .

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