TOP 14. Mathieu Bastareaud (Toulon) se confie sur sa passion maladive pour le rugby
Enivré par le rugby du Top 14 au XV de France, Mathieu Bastareaud a parfois eu du mal à se couper de ce monde et à faire la part des choses.

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Enivré par le rugby, le joueur du RC Toulon a parfois eu du mal à se couper de ce monde et à faire la part des choses.

J’étais passionné, je dormais rugby.” Ces mots auraient tendance à faire vibrer notre corde sensible. Mais ici, ils ont occasionnellement eu des allures de cadeaux empoisonnés. Dans un entretien accordé à L’Équipe et publié ce vendredi 23 septembre. Dans cette dernière, il évoque son véritable Chemin de croix pour revenir au monde professionnel. Passé par le fauteuil roulant, le déambulateur et les béquilles, l’international français s’est toujours relevé. Son dernier exploit ? Un retour (de grande qualité) face à l’ASM Clermont et sous les couleurs du RC Toulon après une double blessure aux genoux. À 34 ans, le Varois d’adoption reste toujours aussi passionné. Un amour pour le ballon ovale qui n’a pas toujours été bénéfique pour lui. Il explique ceci dans le quotidien sportif : “J’ai toujours été de l’école de ceux qui ne s’écoutent pas trop. C’est paradoxal pour un sportif, mais on veut tellement performer, jouer, qu’on n’écoute pas les signaux. Le corps est l’esclave de notre volonté. On se dit : “Je n’ai pas le temps” ou “Une carrière, ça va vite”. On accumule les pépins, jusqu’au moment où ça craque.TOP 14. Le retour de Mathieu Bastareaud : une aubaine pour ce RCT-là !TOP 14. Le retour de Mathieu Bastareaud : une aubaine pour ce RCT-là !

Un esprit sain dans un corps sain

Une déclaration que l’on entend régulièrement chez les joueurs ayant accumulé les pépins physiques. Car si la carrière est courte, le rétablissement peut, lui, sembler parfois infini avant de retoucher l’herbe du pré. Après un passage compliqué et ponctué par les blessures au LOU, il avoue que sa “relation à (son) corps est différente.” Après le match face à Clermont, le joueur s'est présenté en conférence de presse. S’il confiait à L'Équipe que sa relation avec son corps s'améliorait, il affirmait aux autres canards que le mental allait dans le même sens. À Mayol, il déclarait ceci sur son come-back le 18 septembre : “C’est vrai que pour moi, il y avait beaucoup de charge émotionnelle parce que je reviens de loin. Ça s'est super bien passé, déjà pour la victoire puis aussi avec l’équipe. J'étais content de pouvoir refouler la pelouse de Mayol.[...] On va dire que désormais, j'ai de la bouteille. Je savais comment gérer ça.

Avec un début sur le rectangle vert précoce, début avec les seniors de Massy à 18 ans et sélectionné à 21 ans, on pourrait dire que Mathieu Bastareaud est passé par toutes les étapes. De passage au CERS (Centre européen de rééducation du sportif) en juillet dernier, il détaille les barrières mentales qu’il a franchi. Dans les colonnes de Var-Matin, il s’exprimait ainsi en précisant que s’il revenait, “ce n’était pas pour faire le clown” : “Forcément, après ce que j’ai eu, j’étais beaucoup en protection. En me mettant un peu plus en danger, j’ai vu qu’une fois la barrière psychologique passée, j’y parvenais. Cela m’a mis en confiance. Même si je connaissais l’équipe du Cers, cela a aussi renforcé nos liens. Nous avons bien pu bosser pendant deux semaines. Cela m’a permis de moins me poser de questions, de moins cogiter. S’ils me font faire un exercice ou un mouvement, c’est qu’ils m’en pensent capable. Si eux ont confiance, à moi aussi d’avoir confiance en moi.XV de France. Comment sortir d'une spirale négative ? L'avis d'une psychologueXV de France. Comment sortir d'une spirale négative ? L'avis d'une psychologue

Épargner les jeunes générations

Si certaines l’ont amoché, elles lui permettent néanmoins d’acquérir un atout inimitable : l’expérience. Fort de cette dernière, le centre converti en numéro 8 ne veut pas en être avare. De retour dans les colonnes de L’Équipe, il affirme vouloir travailler avec la jeunesse après sa carrière. Il décrit une passion parfois dure à réfréner où l’amour du rugby a pris le dessus sur le réalisme. Questionné sur son avenir, il s’imagine auprès des Espoirs. Au-delà d’une transmission purement technique, “Basta” fait l’étalage d’un héritage psychologique :

Ce n’est pas parce que tu portes aujourd’hui l’écusson du RCT sur le cœur que demain tu seras en équipe première ou international. Je veux aussi les encourager à prendre soin d’eux mentalement. À cet âge-là, tu as beaucoup de rêves. Ils peuvent se briser d’un coup avec une blessure. Ou dans un bureau avec un mec qui te dit : “T’as pas le niveau, on ne te garde pas.” Tu fais quoi, là ? Faut faire des études, toujours garder une distance. Avec le recul, j’aurais fait différemment. J’étais passionné, je dormais rugby. J’étais debout à 5 heures du mat pour regarder le Super 12."

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Comme un écho aux paroles de Bastareaud, certains anciens joueurs faisaient un constat similaire dans leur après-carrière. En avril 2021, la légende toulousaine Albert Cigagna, aujourd’hui impliqué dans le monde du sport universitaire, nous en parlait. En prenant l’exemple du Castres Olympique, il évoquait l’utilité d’une “double formation” dans les centres de formation. Interrogé sur la 13ᵉ place du CO dans le classement des meilleurs centres de formation de Top 14 à la saison 2018/2019, il rétorquait ceci :

Selon moi, ce qui ne transparaît pas dans ce classement, c'est la qualité réelle de la formation. Sortir beaucoup de bons joueurs ne veut pas forcément dire qu’ils sont bien formés pour affronter la vie en général. Par exemple, le Castres Olympique a une superbe philosophie sur ce que l’on appelle la double formation. Il privilégie un accompagnement poussé au niveau des études et des diplômes. Faire une bonne formation ce n’est pas uniquement produire des joueurs performants et ça je ne sais pas si les jeunes en ont forcément conscience. Toute la difficulté réside là.”

La subtilité semble donc être là. Une vie de rugby pour nos jeunes talents, certes, mais une vie avant tout. Cette notion-là, Mathieu Bastareaud paraît l’avoir déjà bien assimilée et ça, avant même d'avoir raccroché les crampons.

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  • jojo7
    7808 points
  • il y a 2 mois

" Un esprit sain dans un corps sain " De qui se moque t'on ? Ou alors c'est une forme d'humour ! C est quel degré ? 😡

  • Labubre
    2639 points
  • il y a 2 mois
@jojo7

Il n’y a plus de McDo à Toulon. Certains évoquent une pénurie due à la situation en Ukraine? Cherchez le coupable… les bar à tacos de la rade ont peur

  • oc
    38427 points
  • il y a 2 mois

Nous les écorchés vifs , on en a des sévices ....

@oc

Soyons désinvoltes...n'ayons l'air de rien

On l'aime on ne l aime pas. Mais pour moi quand il était à toulon au moment du triplé il était dans son style l'un des meilleurs au monde a son poste!

  • jojo7
    7808 points
  • il y a 2 mois
@Mickey duc

Tous les gouts sont dans la nature . Il y en a qui apprécient un verre de vinaigre moi , je préfère un bon vin ! 😊

  • DAV!D
    4930 points
  • il y a 2 mois
@jojo7

Au rugby, sans joueurs comme Bastareaud pour les protéger, avancer et créer des brèches, les artistes virevoltants ne peuvent pas s'exprimer parce qu'ils se font découper par les adversaires.

Basta c'est un rugbyman d'hiver, quand les grandes envolées sont impossibles dans les terrains lourds sous des trombes d'eau, c'est celui qui gratte la gonfle à la 79ème à 5m de sa ligne et sauve une victoire étriquée. Mais c'est surtout quelqu'un qui se donne toujours à 100% pour son équipe, sur le terrain mais aussi en dehors en apportant son expérience en formant les équipes de jeunes du RCT.

Alors on peut comparer Basta à plein de choses, mais certainement pas à un verre de vinaigre ! Une métaphore plus adaptée aurait été de voir en lui une chope de bière lorsqu'on préfère déguster une délicate flute de champagne.

Mais c'est pas grave que tout le monde ne l'aime pas et n'aime pas ce style de jeu : à Toulon - tout le monde le sait - on aime beaucoup le rugby d'avants et on s'enthousiasme souvent plus pour un maul qui défonce le pack adverse ou une mêlée conquérante que pour un beau mouvement de nos trois-quarts.

Alors on l'adore notre Bastareaud ❤️🖤 et on aime bien aussi les chopes de bière 🍻 😉.

  • oc
    38427 points
  • il y a 2 mois
@DAV!D

Un joueur d'hiver , c'est énooorme ! Je te mets plein de pouces verts .
Et je dirais même plus un joueur d'hiver et varié ...

@DAV!D

Je trouve en plus que bastareaud a été catalogué joueur sans mains alors que c est faux ! Je ne sais plus a quel tournoi ou coupe il avait été le joueur ayant fait le plus de passes après contacts ! Bien sûr il n a pas les maison de Nonu ou d O Driscoll mais c est loin d etre un simple coffre à ballon !

@jojo7

En même temps pour la défense de bastareaud on demande aux avants d avoir des mains et de jouer comme des trois quarts et aux trois quarts d etre rugueux comme des avants ! Bastareaud est un mélange des deux 😉

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