En Bolivie, le beau projet de Jean Fontayne grandit avec son association Anatañani
Jean Fontayne est plus que jamais investi en Bolivie.

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Jean Fontayne s'investit pleinement en Bolivie pour aider les enfants à travers le rugby grâce à association Anatañani.

BOLIVIE : le beau projet humanitaire de Jean pour rassembler les enfants autour du rugbyDepuis notre premier article avec Jean Fontayne en 2017, son projet "4000 mètres d'altitude et du rugby à Santiago de Machaca" en Bolivie a bien grandi. Désormais, il est président de l'association Anatañani dont l'objectif est de développer l'éducation dans ce pays d'Amérique du sud chez des enfants âgés de 8 à 13 ans maintenant par le sport à travers le rugby mais aussi la peinture, le dessin, les arts, la musique, la cuisine.. etc.. "Ils sont l'avenir d'un pays, et nous les entrainons au rugby afin de leur donner une nouvelle chance de vie, d'avoir envie de voyager, de concrétiser leur projet, et surtout de croire en leur rêve et ce grâce aux valeurs du rugby", explique Jean. Aussi, a-t-il encore d'autres projets en tête.Crédit vidéopicabolivia

Comment a évolué l'association depuis sa création ?

L'association Anatañani (littéralement "jouons-ensemble" en Aymara, une langue ancestrale bolivienne) continue de connaître une ascension fulgurante. Nous sommes passés de 10 membres fondateurs de l'association, le 23 avril 2018 à presque une cinquantaine aujourd'hui et pas seulement dans la région. Nous avons également des personnes, passionnées et autres qui nous contactent pour en savoir plus et même pour partir avec nous, alors que l'association n'a même pas un an. Nous intervenons toujours en Bolivie et à Santiago de Machaca principalement. Mais cette année, nous intervenons dans tous les clubs de Bolivie où on joue déjà un peu au rugby, où il y a une approche de ce sport, que ce soit dans les écoles ou dans les clubs directement. Nos soutiens en France et en Bolivie continuent à pousser derrière nous. C'est ce qui nous fait avancer et continuer de rêver avec et pour les enfants.

Quels sont ses besoins actuels ?

L'objectif de l'association Anatañani est de donner une nouvelle chance, un espoir à des enfants venus des hauts plateaux boliviens où l'on vit à plus de 4 000 mètres d'altitude et où la pauvreté est présente mais où ils ont envie de s'en sortir. Quand je dis "ils" je parle bien des enfants comme des adultes, ils ne demandent qu'à apprendre, qu'à aller plus loin.BOLIVIE : un Français au cœur d'un superbe projet avec l'organisation du Tournoi de Santiago de MachacaAvec l'association nous intervenons dans le domaine de l'éducation, de l'interculturel par le biais du sport. Autour d'un entraînement, d'un match, d'un tournoi nous mettons en place les valeurs du rugby (solidarité, respect, dépassement de soi, combativité, écoute, communication, partage etc..). Nous vivons avec les habitants et les enfants. Ainsi nous pouvons accompagner les enfants à l'école le matin lorsque les parents ne peuvent le faire, nous leur proposons des activités d'écritures de lettres (courriers) en espagnol qui seront envoyées aux membres en France et vice-versa. Ainsi un début de lien se créer d'un bout du monde jusqu'à l'autre. Comme une forme de parrainage et de marrainage où notre seul objectif est d'aller à la rencontre de l'autre et se raconter pour faire voyager un petit peu son correspondant. Puis vient l'après-midi où le rugby prend place sur le terrain synthétique. Un horaire, un cadre, un groupe, des rituels se forment et se créent pour les enfants qui en ont besoin comme tout enfant pour se construire sur des bases sécures. Nous jouons bien sur, mais nous partageons surtout un moment avec eux, où ils ont enfin un adulte pour eux, avec qui ils peuvent rire, discuter, pleurer, jouer, vivre...

L'objectif est multiple ainsi, mais il en va de notre responsabilité de s'occuper des enfants et de leur donner de notre temps pour les aider à se construire, à se réaliser.

Nous allons partir cet été en juillet-août 2019, et nous comptons organiser un tournoi de rugby avec les petits de Santiago de Machaca dans la capitale à La Paz. Nous organiserons également un partenariat cette année avec l'Ambassade du Japon, aisni nous entraînerons une équipe du collège japonais en Bolivie pour la préparer et l'inviter au tournoi de la capitale. Nous aurons donc besoin de : 

- fonds (partenaires qui seraient également intéressés pour être représentés lors de cette action internationale
- entraineurs (pour aller dans toute la Bolivie dispenser des entraînements de rugby et aider à la distribution de matériel auprès des enfants)
- bénévoles (pour préparer et organiser le voyage dans la capitale ainsi que la logistique du tournoi)
contacts relais (Nous souhaitons inviter un des pays d'Amérique du Sud lors du tournoi dans la capitale, ainsi des contacts d'association "rugby" sur place en Argentine, Brésil, Chili etc.. sont les bienvenus)
- lisibilité (soirée en faveur de l'association, match de gala, tournois au profit de l'association, nous sommes prêts à rencontrer d'autres associations qui souhaiteraient œuvrer dans ces besoins).

Comment est-il perçu le rugby en Bolivie ?

Le rugby a plus d'une dizaine d'années en Bolivie et il est en constante évolution. Il faut savoir que l'an passé une sélection de joueurs de rugby à 7 Boliviens ont joué contre les meilleurs d'Amérique du Sud lors d'un tournoi organisé en Bolivie, à Cochabamba. On pouvait retrouver l'Argentine, le Brésil, le Pérou, l'Uruguay, la Colombie etc.. 

Il y a 400 licenciés à peu près dans toute la Bolivie et ce sport grandi surtout dans les écoles. Les éducateurs partent du principe que ce sport est un véritable lien social et transmet des valeurs dès tout petit. Ainsi dans un pays dit "pauvre", l'espoit placé dans les jeunes peut exister grâce au rugby. Ils sont l'avenir d'un pays qui a envie de grandir encore et encore.VIDÉO. Prenez la direction de la Bolivie pour le tournoi de Santiago de Machaca, à 4000m d'altitudeJ'avais remarqué notamment que la culture Aymara était parfaitement en adéquation avec certaines valeurs de partage que l'on retrouve au rugby. Notamment concernant la célébration d'après-match, "troisième mi-temps" en France, Aptapi en Aymara. On partage sur un tissu bolivien traditionnel, nourriture et boissons avec les invités, amis d'un jour, en profitant du moment ensemble. 

Et pourtant lorsque j'ai amené le rugby auprès des enfants dans les hauts plateaux, ils avaient peur du ballon, de cet "oeuf de poule" qui était intriguant par son aspect et sa fâcheuse tendance à rebondir dans tous les sens. Mais il faut croire que plus je découvre la culture bolivienne, plus je découvre des similitudes avec le rugby.

Quel moment t'as le plus marqué en Bolivie ?

Quand je suis retourné chez moi après 26 ans passé en France. J'ai retrouvé ma ville de naissance, Oruro. J'ai côtoyé de très près la pauvreté, le manque de nourriture, l'impression qu'il n'y aura pas de lendemain. Ce fût un choc et à partir de ce moment-là j'avais deux options, pleurer et rentrer à la maison ou agir et me promettre de faire quelque chose pour créer des lendemains meilleurs, pour donner la possibilité de croire en un "après" aux enfants du pays. 

Un jour, je raccompagnais un enfant à son habitation. Sa mère était présente et elle m'a dit quelque chose en Aymara que je n'ai pas compris sur le moment. Puis elle est partie chercher un gros sac de pomme de terre, et devant mes yeux elle m'a dit "prends le". J'étais tellement ému car je sais que c'est ce qu'il mange pour une semaine là-bas. Et puis je me suis promis quelque chose. Je savais qu'on partirait à La Paz dans la capitale et que la presse avait été contactée. Alors j'ai emmené cet enfant, Julian, avec l'équipe pour jouer dans la capitale. Et là, bingo des journalistes sont venus nous interviewer. 

Un reportage est sorti et surtout une première page dans le journal bolivien national. Et lorsque j'ai vu la photo je me suis aperçu qu'il y était. Je me suis alors empressé de l'acheter pour aller l'offrir aux parents de Julian. Lorsqu'ils l'ont découvert sur le journal, ils n'en revenaient pas, et c'est Julian lui-même qui leur a lu l'article de journal. C'était très fort. C 'est pour cela que je lutte et que je continuerai de lutter, pour eux, pour leur avenir et la transmission d'un message qu'ils vont à leur tour porter je l'espère. 

Pourquoi avoir choisi le rugby en particulier pour aider les enfants ?

Le rugby c'est ce qui m'a aidé à me construire quand j'étais tout petit. C'est lui qui m'a fait grandir et affronter mes peurs tout au long de ma vie. Lorsque je suis retourné en Bolivie pour la première fois depuis mon adoption, j'ai rencontré une équipe de rugby à La Paz. Le sentiment que j'ai eu en les rencontrant c'était qu'ils formaient une famille. Je me suis alors dis que même à l'autre bout du monde, ce sport rassemblait de la même façon que je l'avais connu tout petit à Versailles. J'étais alors convaincu qu'il était possible de le pratiquer n'importe où en Bolivie, du moins que j'allais tenter l'expérience avec des locaux en leur disant que ce sport se pratiquait déjà quelque part chez eux. 
Je suis éducateur dans la vie et le rugby restera ma passion à vie, j'ai ainsi voulu combiner les deux dans mon pays de naissance que je découvre petit à petit... par cet outil de médiation qu'on appelle rugby plaisir. Ils ont des vraies dispositions à jouer en équipe et apprennent très rapidement les consignes enseignées. C'est une véritable aventure humaine qu'ils vivent à travers ce sport, comme nous la vivons avec eux, très fort de l'intérieur. 

De quoi es-tu le plus fier ?

Je suis arrivé à Santiago de Machaca en 2017 et j'ai commencé mon projet autour du rugby la même année avec les enfants du village. Ces enfants n'avaient jamais vu un ballon de rugby de leur vie. Ils ont pourtant été très réceptifs aux entrainements que je leur ai proposé, et c'est ce qui m'a incité à proposer un tournoi avec d'autres enfants de la capitale, qui eux avaient plusieurs années de rugby.Crédit vidéo : FERNANDEZ JUAN

Ma plus grande fierté a été le premier essai, tout premier essai marqué par les enfants de Santiago. J'étais arbitre sur le moment et j'ai eu du mal à me retenir de pleurer car je trouvais colossal l'effort qu'ils étaient arrivés à déployer pour en arriver là. Et c'était aussi un peu une fierté personnelle que de les voir réussir en sachant que je me suis donné du mal pour les mener à ce niveau. Mais je n'en espérais pas tant.. Je n'oublierai jamais...

Il y a d'autres petites anecdotes, comme le jour où j'ai rencontré l'Ambassadeur de France en Bolivie pour un certain 14 juillet avec la communauté française. Son excellence lui-même est venu me voir pour me demander comment se passait mon projet dans les hauts plateaux boliviens. Il a ponctué son discours en me félicitant et en me disant qu'il allait appuyer le projet pour France 2023, car c'est aussi mon rêve d'emmener les enfants là-bas... Si j'y arrive, là, je vous pouvez être sûr que je serais comblé.

Quelle est l'actualité de ton association ?

Le premier anniversaire de l'association !!!! Nous fêtons la première année d'existence d'Anatañani où vous êtes les bienvenus, l'évènement est ouvert au public le samedi 27 avril 2019 à partir de 19 heures au 53 Rue Rémont 78 000 Versailles. La fête aura lieu au stade de Porchefontaine dans le club house du Rugby Club de Versailles, au soutien du projet depuis le début. 

À cette occasion, nous vous proposons de venir regarder les films, reportages, sur le projet réalisé en Bolivie et de devenir vous-mêmes membres de l'association en participant selon vos désirs aux projets de l'association. Musique bolivienne, cuisine traditionnelle, danse également de Bolivie et l'intervention des membres ayant déjà été sur place et d'autres surprises... Avec bien sûr la célèbre Piñata pour célébrer l'anniversaire façon sud-américaine suivi d'une soirée dansante.Par la suite, l'organisation du tournoi de rugby en Bolivie qui aura lieu le 18 août à La Paz avec la participation exceptionnelle de l'Ambassade du Japon qui fera la promotion de la coupe du monde de Rugby et a accepté de s'associer à notre projet d'interculture par le biais d'un tournoi de rugby. Nous irons donc dans toute la Bolivie, entraîner, rencontrer les enfants et les adultes pour développer le rugby. Nous effectuerons par la même occasion une construction des liens entre la France, la Bolivie et le Japon autour du Rugby. 

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Très joli article et très beau projet, bravo !

Felicitaciones Juan! Suerte en este lindo proyecto 😉

Pour les contacts en Amérique Latine, je te conseille de demander à SudAmerica Rugby d'une part et les Fédérations d'autre part. Comme c'est un budget conséquent de voyager sur ce continent, il vaut mieux viser les pays voisins pour avoir une chance.

Au fait, les équipes américaines ou britanniques voyagent facilement pour des projets responsables comme le tien. Peut-être à creuser de ce côté ?

Courage !

Super !
Mais petit bémol, n'en a pas une seule photo d'Ntamack !

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