INTERVIEW. Top 14 - RCT : Théo Belan : « L'année ou jamais pour s'imposer à Toulon »

INTERVIEW. Top 14 - RCT : Théo Belan : « L'année ou jamais pour s'imposer à Toulon »
RCT : Théo Belan se confie sur son début de carrière à Toulon.
Titulaire face à Castres, le jeune 3/4 centre du RCT revient sur son parcours et ne s'échappe pas au moment de répondre à des questions plus décalées. Qui a dit que l'effectif du RCT n'était composé que d'étrangers ? Coupe du monde oblige, le staff toulonnais fait appel à ses jeunes pousses en ce début de saison. Pour la 2ème journée du Top 14 face à Castres, l'un d'eux sera même titulaire : Théo Belan. Âgé de 22 ans, ce pur produit de la formation varoise revient sur son intégration dans le groupe pro, sa progression freinée par des blessures la saison passée, ses objectifs pour celle à venir... et ne s'échappe pas au moment de répondre à des questions plus décalées. Rafraîchissant.

Raconte-nous un peu ton parcours rugbystique, jusqu'à ce premier match chez les pros.

Mon parcours, il est très simple ! Il n'y a pas eu d'équipe de France chez les jeunes, de pôles : j'ai fait toutes mes classes à Toulon où j'ai débuté en 1999. Je n'ai connu qu'un seul club jusqu'aux espoirs avant de rejoindre les pros. J'ai commencé par les matchs amicaux, avant de rentrer pour la première fois en Top 14 à Clermont (en mars 2014, ndlr).

Dans une interview pour Var Matin, tu déclarais à l'époque « Avec Wilkinson, Giteau, Habana, c’était une équipe de Playstation ! » Au final, c'est plus facile de jouer avec eux avec un ballon ou une manette ?

Franchement ? Avec une manette (Rires) ! Sur le terrain, ça va tellement vite ! Ce qui m'a le plus impressionné quand j'ai intégré le groupe pro, ce n'était même pas le fait de jouer contre des équipes en face, c'était de jouer à côté d'eux. Ça me mettait plus de pression qu'affronter d'autres mecs.

En deux saisons, tu n'as disputé que deux rencontres en matchs officiels. À un moment, est-ce que tu ne t'es pas dit « il faut que j'aille chercher du temps de jeu dans une formation moins huppée que Toulon, en Top 14 ou en Pro D2 » ?

Si, bien sûr. Je me pose encore la question, et certainement que l'issue, ce sera un départ. J'y ai réfléchi mais la saison dernière, j'ai été pas mal blessé pendant les ¾ du temps. Il y a eu quelques pistes pour partir en cours de saison, mais avec la blessure, ça ne s'est pas concrétisé. Cette année, j'ai hésité à faire ma dernière année de contrat (qui court jusqu'en juin 2016) mais au final, j'ai fait les matchs amicaux, j'étais remplaçant pour le premier match de l'année contre le Racing et je suis titulaire pour la seconde rencontre officielle face à Castres.

Justement, l'actualité, c'est ce match face à Castres. Comment tu te sens ?

Je me sens bien ! Je n'ai plus aucun pépin concernant l'adducteur, donc ça me rassure énormément. Quand j'ai repris en fin de saison dernière, j'avais un peu d'appréhension. J'ai perdu un peu de poids mais j'ai gagné en explosivité... et je me sens bien dans ma tête, ça aide vachement quand on a un peu de confiance.

Avec la coupe du monde, des joueurs comme Nonu, Bastareaud ou Giteau manquent à l'appel au centre, Wulf est parti... Tu as l'impression que c'est le moment ou jamais ? Bernard Laporte t'a parlé, montré qu'il comptait sur toi ?

Voilà, c'est un peu ça : le moment ou jamais. On n'en a pas parlé énormément mais il me montre à travers les choix, même s'il y a de la concurrence avec Yobo, Mermoz et Inman, qu'il me fait confiance, qu'il a envie de me faire jouer. On parlait tout à l'heure de la possibilité d'aller voir ailleurs : si jamais ça doit se faire, ça va dépendre de ces matchs. Si j'arrive à faire de bons matchs, ce sera peut-être plus facile de rester à Toulon.

Raconte-nous un peu la « méthode » Steve Meehan, qui a débarqué au club à l'intersaison.

Il y a un vrai changement avec Pierre Mignoni, ce n'est pas le même genre de coach, même si les deux méthodes sont sympa. Disons que Pierre, on aurait pu lui filer des crampons, il aurait jouer avec nous ! Il participait aux exercices, il y mettait vachement d'intensité... Meehan travaille plus sur la précision avec des ateliers très réfléchis. À chaque exercice, il sait exactement ce qu'il veut.

Quel regard portes-tu sur le groupe que vous formez au sein du RCT ? Malgré les titres de ces dernières saisons, beaucoup vous collent encore cette image d'équipe de mercenaires...

L'ambiance dans le groupe est vraiment génial. Souvent, on peut penser que « le groupe », c'est les 22 joueurs qu'on voit le plus, les titulaires sur les phases finales... Mais on est vraiment un groupe de 35, tout le monde parle avec tout le monde. Que ce soit en anglais ou en français, c'est tout le temps en train de chambrer. J'ai toujours été à l'aise depuis que je m'entraîne avec eux. La première chose que font les mecs, c'est de venir vers toi plutôt que l'inverse : ça met vite à l'aise, surtout qu'ils te parlent sur le ton de l'humour. Le plus chambreur ? Alexandre Menini ! Il parle beaucoup (rires).

La suite p. 2