Seigneurs par Brice Blanloeil et Antoine Lassort

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Découvrez un court métrage sur le thème du rugby par Blanloeil et Antoine Lassort
Le Rugbynistère laisse le temps d’un article, la parole à Brice et Antoine, rencontrés « virtuellement » pour une interview au sujet de leur court-métrage « Seigneurs » sur le thème du rugby (vidéo à la fin de l’interview ci-dessous). ACTION !

Présentation :
Antoine Lassort, né à Bordeaux le 21 avril 82, 27ans.
« Bac L puis fac d'histoire et Ecole de Cinéma à Paris, je me spécialise ensuite en Infographie, attiré par le montage, le graphisme et les logiciels de compositing.
Puis je parfais ma formation cinématographique en intégrant la fac de Bordeaux, afin d'avoir d'avantages de connaissances théoriques. En parallèle, je travaille comme infographiste dans une chaine de TV bordelaise, et réalise mon premier court-métrage, Zones d'ombre, produit avec le soutien de la Gironde.
Je pars à Paris deux ans, pour travailler sur différents projets de fiction, en tant que cadreur essentiellement, et continue l'infographie pour des cabinets d'architecte. Je travaille pendant cette période également en tant que journaliste pour un site internet populaire de cinéma, dvdrama.
Puis je reviens à Bordeaux pour travailler à temps plein dans la télé locale, en tant qu'infographiste/videographe. Actuellement en CDI depuis pres de trois ans, mon travail a évolué vers une spécialisation dans la publicité et la réalisation de nombreux spots, et la création de campagnes pour des groupes commes Renault, Peugeot ou la mairie de Bordeaux. J'ai co-réalisé Seigneurs avec Brice Blanloeil, un de mes frères d'armes, que je connais depuis le Lycée et avec lequel nous avons eu un parcours assez similaire.
»

Brice Blanoleil, Pessac 16/09/81, 27 ans.
« Bac ES dans le même lycée qu'Antoine puis fac de géo (ne me demandez pas pourquoi, j'ai beau réfléchir, je n'en ai pas la moindre idée encore aujourd hui^^).
On a commencé à faire des courts métrages dès le lycée. Bon, la qualité des "oeuvres" de cette période reste à prouver mais, on se marrait bien à les faire. Après une orientation universitaire approximative, on s'est dit:"et si on apprenait à faire du cinéma pour de vrai". Ne trouvant pas d'établissement proposant de devenir "Réalisateur de films exceptionnels", je suis parti sur Paris, avec Antoine et d'autres potes Bordelais, faire une école de ciné où, sur les conseils de mon directeur d'études, je me suis spécialisé en montage.
Avec du recul, je suis assez content de ce choix car les notions de montage permettent de penser le film dans son unité. Ce qui se retrouve, également, utile dès l'écriture d'un scénario. Un emprunt étudiant plus tard, je suis rentré en Gironde pour continuer mes études, à la fac cette fois-ci, pour contenter à la fois mon portefeuille et mon goût pour les études. Bon, la fac ciné c'est tout de suite plus cool, lent et l'enseignement est quasiment uniquement théorique. Ceci dit, j'y ai appris à construire mes idées sur papier et pu voir 50 fois "A bout de Souffle" de Godard, témoignage émouvant de l'ouverture d'esprit et de la diversité des goûts de mes profs. Quelques dossiers sur Jean-Luc plus tard, j'ai décroché une bourse pour faire une université d'été à U.C.L.A qui a débouché sur un stage chez One Race Films, la boite de prod de l'acteur Vin Diesel. Là, je dois dire que j'y ai beaucoup appris. Se retrouver du coté de la prod m'a permis d'apprendre qu'un film (attention un lieu commun est sur le point d'arriver) est finalement le rapport entre ses idées et le budget qu'on a pour le faire. A partir de là on peut ajuster ses intentions.
Voilà, je suis allé jusqu'au master 2 à la fac puis je suis parti sur Paris faire différents stages où j'ai eu le plaisir d'être payé 400 euros pour faire des boulots de salariés (je me demande encore qui étaient censés être mes maîtres de stages).
Aujourd hui, je suis de retour sur Bordeaux où j'allie cachets en captation et montage avec mes projets persos ciné et musicaux.
»

Présentation du film:
Antoine:
« Seigneurs est un très court-métrage, à la limite du clip vidéo qui présente, grâce à une grammaire cinématographie dynamique (cadrages, montage et couleurs), une vision rajeunie du sport chez les personnes agées. Ici le Rugby, sport physique et heurté par excellence, et un match entre deux équipes de Senior qui culminera lors d'une ultime pénalité à haute tension. »

Brice:
« Ouai le tout se passe en 2 min, pas de dialogue tout est raconté par ce qui définit ce domaine: l'image et le son. »

D'où vient le nom du film?
Antoine:
« Seigneurs vient en fait d'un jeu de mot avec le mot Senior qui représente la catégorie "3eme age" dans les disciplines sportives. Comme nous voulions faire de nos papys des Héros, en quelque sorte, et sublimer (pour ne pas dire exharcerber) leurs capacités physiques ainsi que leurs comportements sur un terrain, de Séniors, ces joueurs-là sont passés à Seigneurs! »

Brice:
« A tout ça, on voulait rajouter une idée de qualité. Non seulement les gars jouent, mais ils maitrisent ce sport. »

Comment décririez-vous votre film ?
Antoine:
« Seigneurs est donc un clip-vidéo, qui suit cependant une trame narrative bien précise et on ne peut plus fictionnelle, et fonctionne sur des schémas et des arguments typiques des films sportifs. Je décrirais Seigneurs comme un mélange entre une séquence de Any Given Sunday de Oliver Stone et un épisode de Strip Tease anormalement coloré et positif! »

Brice:
« On a voulu vraiment faire une video légère et fraîche pour coller à nos thèmes. On s'assoit, on regarde et on est direct dans l'action. C'est pas un chef d'oeuvre, c'est pas une révélation ni présomptueux, c'est juste une idée qu'on a voulu exprimer. »

Quels artistes vous influencent le plus ?
Antoine:
« Essentiellement des cinéastes puisque le cinéma reste l'art qui me touche le plus. Il est difficile de répondre à cette question, car je n'ai ni de genres ni d'époques favoris dans mon approche du cinéma. Donc pas vraiment de réalisateurs cultes, ou de véritables maîtres. Je pourrai donc citer en vrac les noms de Lynch, Noé, Stone, Scorsese, Spielberg, Jackson, Mallick, Del Toro, Cameron, Gilliam, Hitchcock, Kubrick, Fincher, Melville, Kazan etc etc...
Beaucoup de musiciens m'inspirent également, là encore sans avoir de groupes de références. les musiques de film, la pop anglaise, la musique classique, la musique éléctronique et le hip-hop sont ce que j' écoute le plus. Sigur Ros, Coldplay, Mozart, Beethoven, DJ Shadow, Bjork, John Williams, Howard Shore, James Newton Howard, Joe Hisaishi, Vivaldi, Muse, Eminem, Phoenix, Ginzu...
puis la peinture, la littérature : Turner, Delacroix, Rousseau, Le Caravage, Michel-Ange pour sa Pieta qui est pour moi la plus belle oeuvre d'art au monde lorsqu'on se trouve devant, James Ellroy, Bret Easton Ellis, Barjavel
et la photo, avec un penchant pour les oeuvres de reporters : James Nachtwey ou Steve Mc Curry.
»

Brice:
« Au niveau ciné, j'ai un peu les mêmes goûts que tout ancien étudiant en audiovisuel donc effectivement, ce qu'Antoine énumère me plaît aussi. Je rajouterai Burton, Clouzot, Scott, Wes Anderson, Wells, Tati...En ce moment, je suis très séries Americaines également.
J'aime à peu près tout sujets ou idées. Ce qui me plaît au final, c'est la façcon de s'exprimer. Comme je l'ai dit plus haut le ciné c'est de l'image et du son et les réalisateurs qui se servent de ces outils me plaisent en général. Donc c'est vrai que le cinéma américain ainsi que les productions françaises jusqu'aux années 80 (j'extrapôle) par exemple sont assez remarquables. A mon avis, les gars qui posent leur cameras, font leur lumières en 5 secs, oublient de faire une bande-son et laissent les acteurs faire le boulot sont à coté de la plaque, ils font du mauvais théatre. Chaque art a ses outils de narration et c'est dommage de s'en priver.
»

Quels thèmes abordez vous dans le film ?
Antoine:
« Seigneurs aborde les thèmes de la vieillesse, la jeunesse, et le parallèle entre ces deux notions souvent anxiogènes, que nous avons justement voulu traiter de manière positive et dynamique.
Seigneurs aborde également certaines vertues offertes par le sport, comme moteur d'échanges sociaux et facteur de dépassement de soi. Puis la famille, l'amitié et enfin, la danse!
»

Brice:
« On est parti d'un constat assez simple. La seule part de la population des pays occidentaux qui est en progression constante est celle des personnes agées. Cependant, c'est la population la moins médiatisée. La seule représentation qu'on a, se résume souvent à des personnes qui sont à la limite de la paralysie corporelle ou mentale, regardant la télé à longueur de journée ou donnant à manger à leurs poules en essayant de se rappeler le nom de leurs petits enfants. Du coup, impliquer des personnes agées dans un match de Rugby, qui est un sport vif et physique, permettait de montrer que la vie ne s'arrête pas à 60 ans. »

Comment s'est passé la conception du film?
Antoine:
« Tout est allé très vite, de l'idée d'origine à l'écriture du scénario, puis de la préparation du film, au tournage, jusqu'à la post-production. Vite et bien, car vite ne veut pas dire baclé. Justement, nous avons vraiment voulu aborder ce projet de la manière la plus professionnelle possible, Brice comme moi, étant déjà rompus aux tournages, amateurs comme professionnels, depuis quelques années.
Nous avons très vite voulu donner à notre film une apparence et une structure très moderne, très vive et dynamique, en hésitant pas parfois à verser dans le sur-découpage, afin d'amplifier certains mouvements ou actions de jeu. La reflexion à tous les niveaux à été très partagée, nous avons vraiment travailler en binôme, parfois à trois, avec Sophie, notre assistante-réa, et aucunes décisions n'a été difficile à prendre, si ce n'est peut être au niveau de la post-production, comme c'est toujours le cas. Après avoir trouvé les 15 acteurs qui seraient assez fous pour nous suivre dans cette aventure de trois jours de tournage, nous avons réquisitionné un des stades de rugby mythiques du territoire francais, le Stade Moga à Bègles, ancienne arène des exploits des Serge Simon, Vincent Moscato et autres Bernard Laporte. Puis le matériel, les maillots, les ballons. Notre découpage était assez précis, les idées assez claires, et la très court format du film nous a obligé à rester vraiment focalisés sur nos choix de départ, que le tournage n'est pas venu compromettre. La post-prod a été assez rapide également, le découpage ainsi que le tournage nous ont bien facilité le travail. Nous avions tout ce qui nous fallait, et surtout, tout ce que nous voulions, de la manière dont nous le voulions. un tournage parfait en somme!
La dernière étape a été de faire coincider la musique originale, une bande son tribale et un Haka composé, avec le montage, ce qui, après quelques réajustements avec le compositeur, n'a pas posé non plus de gros problèmes.
L'étalonnage fut également facilité par des images natives de qualité.
»

Brice:
« C'est sûr qu'un tournage bien préparé est un gain de temps immense (et hop une banalité de plus). Le scénario et le découpage ne dépendait que de nous mais la prod était beaucoup plus hasardeuse. En gros la ligne directrice était d'avoir le plus de choses pour le moins de dépenses possibles. En général, quand quelque chose se débloque le reste suit. C'est ce qui s'est passé. Après plusieurs démarches, (Merci Sophie), on a reçu le soutien de la mairie et du Maire du Bègles puis de l'Union Bordeaux-Bègles qui nous ont prêté gracieusement le stade et les équipements. Ensuite, l'A.I.C (Aquitaine Image Cinéma) nous a permis d'accéder à leur catalogue d'acteurs et nous a laissé faire le casting dans leur locaux. Je remercie aussi tout les acteurs qui ont participé au film car ils y ont mis beaucoup d'enthousiasme, ce qui n'était pas gagné vu qu'on leur proposait de tourner trois jours sous le soleil et bénévolement. Enfin, on a réuni du matos et constitué une équipe de tournage grâce à nos amis et nos proches.
Concernant le tournage en lui même, on avait un preneur de son, une cam qui suivait le découpage et une autre qui prenait des plans à la volée. Après un ptit coup d'étalonnage, de mixage, et de montage et le film était prêt.
Au final, on en a eu pour 200 euros de budget, trois jours de tournage, trois jours de post-production.
»

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Antoine:
« Dans la tête, toujours, des rêves aussi. Concrètement pour le moment, rien de lancé, car peu de temps si ce n'est pour le boulot. Personnellement, j'ai la chance de pouvoir quasiment au quotidien satisfaire certaines de mes envies créatrices dans le cadre de mon travail. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir des projets de fiction, mais peut être moins urgents dans un premier temps.
Cependant, depuis quelques années déjà, j'aimerai beaucoup réaliser un film d'action à l'ambiance très noire et l'univers hostile, dans les forets girondines et sur les plages de la côte. Un film pesant comme une chaleur d'aout, brute comme le bois des pins et rouge comme le sang. Pour ce qui est du fantasme, une immense saga spatiale dans l'univers gothique, martial et apocalyptique du monde de Warhammer 40.000, une de mes sources d'inspiration depuis mon enfance.
»

Brice:
« Toujours pleins d'idées, après ça prend du temps et de l'argent (c'était mon dernier lieu-commun je jure). Parallèllement à ça, je mène aussi des projets musicaux (King's Fool et Misfits of Science). »
www.dailymotion.com/munkydinamikblast
www.myspace.com/kingsfoolband
www.myspace.com/misfitsofscienceproject

Un dernier mot... ?
Antoine:
« Rien qui ne me vient de vraiment révolutionnaire, ou de suffisamment stupide! »

Brice:
« hum...j'hésite...Larzac? »

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