D'Agen à Austin en passant par Nîmes, Timothée Guillimin vit son rêve américain
Timothée Guillimin s'épanouit au sein du championnat américain de rugby.
Ancien joueur d'Agen, Timothée Guillimin a déjà joué pour trois clubs au sein de la Major League Rugby aux États-Unis dont Austin, New England et désormais la Nouvelle-Orléans.

Le rêve américain, rares sont les joueurs tricolores à l'avoir vécu. En 2020, l'ancien centre du XV de France Mathieu Bastareaud a eu un bref aperçu lorsqu'il a signé pour la franchise de New-York. L'ancien toulonnais et lyonnais n'avait en effet pas pu jouer qu'une poignée de match, le temps de marquer deux essais, avant que la pandémie de Covid-19, ne pousse à l'arrêt de la saison. Il ne sera finalement resté que six mois environ avant de revenir en France du côté du LOU durant l'été 2020. Si Bastareaud est le joueur français le plus connu à avoir foulé les pelouses américaines, avant lui, d'autres représentants tricolores ont posé ses valises de l'autre côté de l'Atlantique : Simon Courcoul (passé par Narbonne et désormais à Rennes), Souheyl Jaoudat (formé à Clermont) ou encore Timothée Guillimin. Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose sauf si vous êtes un supporter d'Agen ou bien de Nîmes. Mais depuis 2018, ce joueur né à Tahiti compte pas moins de 19 matchs de Major League Rugby à son actif. Compétition dans laquelle il a joué avec les franchises d'Austin et de New England.Soheyl Jaoudat : ''Aux États-Unis, tout est gigantesque ; sur le terrain, ça tape vraiment fort''Soheyl Jaoudat : ''Aux États-Unis, tout est gigantesque ; sur le terrain, ça tape vraiment fort''Cette saison, c'est avec une nouvelle formation, New Orleans Gold, qu'il poursuit sa carrière en Amérique du nord. Il faut dire que Timothée est un peu un globe-trotteur du rugby. Outre Agen et Nîmes, il est aussi passé par Montpellier. Mais pas que. "J’ai commencé le rugby à Nîmes au RCN, je suis passé par le pôle espoir de Béziers avant de rejoindre Montpellier qui était une suite logique des choses pour moi. Un gros club de Top 14 à 40 minutes de chez papa/maman, et ce pendant 3 saisons, avant de jouer un an pour Agen et de partir à Austin au Texas où l’aventure américaine a commencé. Puis j'ai rejoint Boston (les New England Free Jack, Ndlr.) l’année dernière dans une saison qui a durée 5 matchs, et aujourd’hui je joue pour la Nouvelle-Orléans." Sacré parcours pour celui qui est tombé amoureux de l'ovale grâce à son père qui regardait tous les matchs à la télé. Et comme tous les gamins passionnés par le rugby, il a rêvé de l'équipe de France. "A partir du lycée, on rentre dans des cellules pro (centre de formation ou pole espoir) pour devenir rugbyman professionnel. Représenter son pays, jouer pour l’équipe de France c’est le rêve de tout joueur de rugby pro j’imagine." Il défendra les couleurs tricolores avec les U16 puis les U18 sans aller plus loin.

Une expérience qui l'a fait grandir comme celle à Agen, avec qui il n'a joué qu'un match de Coupe d'Europe face à Edimbourg en Challenge en 2015. A l'époque, la formation agenaise profitait de cette compétition pour donner du temps de jeu aux jeunes et Timothée avait pu alors grapillé quelques minutes sur la scène européenne. "Le SUA était concentré sur le maintien en Top 14 et la Challenge Cup était une période pour donner du temps de jeu aux jeunes espoirs et les pros qui jouaient moins. J’ai eu la chance d’être dans le groupe pour faire un match après la blessure d’un des ouvreurs de la première. C’était une belle expérience. J’aurais aimé en vivre plus, mais on avait un groupe super compétitif en Espoir. On a fait une super saison, et à mon poste j’étais en concurrence avec trois autres bons joueurs, se souvient-il. Je n’ai pas fait tout ce qu’il fallait surement pour avoir plus d’opportunités." Une porte s'est fermée, mais une autre s'est ouverte pour le jeune demi d'ouverture. Et elle l'a conduit aux Etats-Unis, "un peu par hasard. L’ami d’un ami était le manager du club à Austin et en fin de saison avec Agen j’avais envie d’autre chose. J’ai envoyé un message avec mon CV sportif et deux mois plus tard je recevais mon visa de trois ans pour les USA." Jouer à l'étranger, une envie que Timothée a eu très tôt dans sa vie. Il a tout d'abord regardé vers l’Angleterre et l’Irlande. De brèves discussions qui n'ont jamais abouti. Mais quand cette opportunité d'aller au pays de l'oncle sam s’est présentée, il n'a pas vraiment hésité : "ça a été un choix naturel." Et c'est tout aussi naturellement qu'il s'est intégré. "Je suis arrivé jeune (20 ans), et je suis tombé dans une coloc avec des mecs plus vieux que moi qui m’ont beaucoup aidé. La barrière de la langue a été un peu difficile au début étant donné que je ne parlais pas un mot d’anglais, j’ai dû apprendre sur le tas." Une intégration on ne peut plus réussi pour le Français puisqu'il est devenu le meilleur marqueur de points d'Austin avec qui il a remporté un titre en 2017 "avec des gens rencontrés à peine un an avant qui sont devenus de vrais amis. Un super souvenir." Aux Etats-Unis, Timothée Guillimin est un joueur professionnel. Ses journées comme ses semaines sont comparables à celles de clubs pros en France avec deux entraînements le matin (muscu puis avants/trois quarts) à partir de 8h30/9h, de la vidéo, des soins et un troisième entraînement le soir. "On s’entraine en général, sans prendre en compte les voyages, etc… du lundi au mercredi, jeudi off, et le vendredi capitaine run, suivi du match le samedi en général. On a de super installations ici à la Nouvelle-Orléans."Une vie "agréable" dans laquelle il s'épanouit. Vivre aux Etat-Unis, c'est avoir la possibilité d'’être "invité par un ami à Austin à regarder les essais de Formule 1 dans la suite Red Bull. Après avoir profité de l'événement, on est allé chez son père, dans un ranch au milieu de nulle part, il nous a fait un BBQ à la texane, et en attendant que ce soit prêt on faisait du ball-trap dans son parc (tout a fait légal là-bas), une journée assez irréaliste." Cependant, il nous confie que si la situation sanitaire n'était pas celle qu'elle est actuellement, il ne serait peut-être pas retourné aux USA et jouerait sans doute toujours pour Nîmes. Depuis ses premiers matchs en Fédérale 1 en 2019, il y a gardé un point d'accroche. Lors de son retour en septembre dernier, il avait pour objectif de faire une belle saison pour rejouer au niveau supérieur. Finalement, "avec la situation actuelle, l’arrêt de la compétition et la vie en général en France, j’ai eu pas mal de chance de repartir à la Nouvelle-Orléans." Le rêve américain fait-il plus rêver que son homologue français ? "Je ne pense pas que le rêve américain fasse plus rêver, c’est une super expérience humaine, rugbystique aussi. On vit des choses hors du commun dans un pays qui fait rêver beaucoup de monde. Maintenant jouer en France, c’est jouer dans un des meilleurs championnats du monde, et comme je disais, éventuellement jouer pour son pays. Et puis l’aspect économique en France n’est pas négligeable." Quid de la suite pour Timothée ? Un retour en France pour enfin jouer une saison entière avec Nîmes ou ailleurs ? Et pourquoi pas tenter une nouvelle aventure en Asie ? Avec tous ses voyages, il doit avoir un sacré paquet de Miles. "Le club prend en compte tous nos voyages, heureusement d’ailleurs, hypothétiquement, j’aimerais retourner à Tahiti, voir où mon frère et moi sommes nés et où mes parents ont vécu quelques années de leur vie. Ce serait une bonne façon d’utiliser des miles."

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