VIDEO. Le club d'Austin Huns sacré champion des Etats-Unis avec deux Français dans ses rangs
Timothée Guillimin et Thierry Daupin sont champions des Etats-Unis !

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Découvrez le résumé de la saison et les meilleurs moments de la finale en compagnie des deux expatriés.

ETATS-UNIS. Eclairage sur le rugby américain avec un Français au cœur du projet d'AustinEn juillet 2016, nous faisions la rencontre de Thierry Daupinco-propriétaire et directeur général de Huns Rugby Management, le club d'Austin. Un an plus tard, Thierry et la formation du Texas viennent d'être sacrés champions des Etats-Unis, en compagnie d'un autre Frenchy. Passé par Agen et le centre de formation de Montpellier, Timothée Guillimin a été décisif lors de la finale du championnat américain. Les deux expatriés reviennent sur leur aventure, qui va bientôt coïncider avec l'arrivée de la Major League Rugby.

Bilan de la saison

En une saison, on a transformé un social club en un club ultra performant. La vision était de construire de bonnes bases en investissant sur le management et non pas juste sur les joueurs. Beaucoup de clubs font venir des joueurs pour la saison, mais chaque fois, tu dois recommencer à zero ou presque. Notre but est de viser le long terme et nous voulions poser les fondations dès cette année. On a vraiment travaillé pour monter en puissance jusqu’à cette finale. Je suis vraiment très fier du groupe et je pense que maintenant, nous pouvons construire solidement le futur du rugby et de la nouvelle Major League Rugby qui sera professionelle la saison prochaine. 

Quelques chiffres : 

  • 17 matches : 15 victoires / 2 défaites 
  • Points marqués : 861 (50,6/match) 
  • Essais marqués : 133 (7,8/match)
  • Meilleur marqueur d’essai : Hanco Germishuys (15)
  • Meilleur réalisateur : Timothée Guillimin (180)
  • 46 clubs en lice pour un seul titre de champion

Les victoires importantes :

  • OMBAC, qui venait juste de remporter le titre de California Cup 
  • Dallas Reds, qui venaient de gagner la Gold Cup (l'équivalent de l'European Champions Cup) 

Les trois trophées remportés : 

  • Red River Conference (région Texas / Oklahoma / Arkansas / Louisiana) 
  • Western Conference (Ouest américain) 
  • US National Champions

La finale contre le New York Athletic Club 

Personne, il y a quelques mois, ne nous imaginait en finale. Pour nous, il fallait vraiment qu’on garde la tête froide et ne surtout pas jouer avec l’émotion. Le mot d’ordre de notre Head Coach était “PATIENCE”. On savait qu’avec l’enjeu, les vingt premières minutes allaient être difficiles, on allait faire des fautes, tomber des ballons. On a laissé passer l’orage et on termine la 1ère période sur un bon tempo. On rentre au vestiaire avec 17-6 en notre faveur.

Sincèrement, en étant en tête à la pause, je pensais vraiment qu’on allait dérouler en seconde période. Toute la saison, notre fitness nous a permis de vraiment creuser le trou. Mais une finale reste une finale et NYAC s’est battu jusqu’au bout, prenant l’avantage à 10 minutes de la fin : 23-20. Cette saison, nous avons eu deux matches que nous avons gagnés dans les dernières minutes et j’avais confiance en nos gars. Ils sont restés calmes et on marque en coin à deux minutes de la fin ! Nous voilà champions des US !

Le résumé vidéo du match :

Crédit vidéo : USA Rugby

L'interview de Timothée Guillimin

Peux-tu te présenter ?

Je m'appelle Timothée Guillimin, j'ai 21 ans, je joue au rugby depuis que je suis arrivé en métropole de Tahiti où je suis né. J'ai joué à Nîmes pendant 11 ans avant de rejoindre Montpellier et Agen.

Comment es-tu arrivé aux USA ?

J'arrivais en fin de contrat avec Agen, où ça se passait très mal pour moi. Depuis mes 18 ans, je rêvais de jouer à l'étranger. Le Royaume-Uni était un objectif et j'ai entendu parler de ce projet aux USA. Quand j'ai contacté Thierry Daupin, qui vient de Nimes aussi, tout est allé très vite. J'ai eu de la chance car j'ai hésité un moment à arrêter le rugby à cette période. J'avais besoin de partir de la France, de découvrir autre chose.

Qu'est-ce qui t'a marqué à ton arrivée au Texas ? Pas trop compliquée l'acclimatation ? 

La gentillesse des gens m'a marqué ! Et tout paraissait grand : les voitures, les trajets, les routes... Complètement différent des villes françaises. J'ai pu m'intégrer grâce aux gens que j'ai rencontré ici : j'ai été en coloc avec cinq mecs issus d'Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Hawaii et Austin, des joueurs plus âgés qui ont bien pris soin de moi et m'ont beaucoup aidé quand je parlais très mal anglais. Je leur dois beaucoup. Et la mentalité est différente, les gens cherchent à te connaître, à s'intéresser à toi, à apprendre de tes expériences ou autre, c'est très différent de la France de ce point de vue. 

Quelle est l'ambiance du rugby, ici ?

Très festif, on a dû calmer le débats parce qu'on partait pour sortir quatre fois par semaine... Mais dès qu'on a attaqué les entraînements, on s'est calmés : les coachs nous on fait comprendre par les entraînements qu'il fallait être serieux. Et la muscu tous les matins à 6h nous a convaincu ! Le niveau américain est très très très hétérogène, du moins cette année. On pouvait gagner par 100 points un match et perdre la semaine d'après par 30 points ... C'est pourquoi on est assez heureux, on attend beaucoup de la MLR.

Crédit photo : @Norma Salinas

Raconte-nous un peu la saison !

On a commencé à un niveau très médiocre avec des joueurs qui avaient un ou deux ans de rugby dans les jambes. Donc on est partis de très loin pour gagner la finale du championnat contre les anciens champions. C'est un bel accomplissement pour le club et pour les mecs. Le jeu qu'on a produit n'a pas été réducteur, au contraire, et c'est très plaisant de jouer avec des mecs et d'être coaché par des gens qui souhaitent que tu prennes des risques et que tu joues au rugby. 

Champions des US... ça claque !

Ça claque ! C'est pas le Top 14 ou autre mais t'es champion des États Unis, et je ne mentirais pas en disant que ce titre signifie autant pour moi qu'un titre de champion de France Espoirs par exemple, que mes potes de Perpignan ont gagné cette année ! 

Il paraît que ton surnom, c'est "la botte" ?

J'ai pas mal de surnoms sur les réseaux sociaux, au sein du club et avec les gens qui nous suivent, c'est marrant. Mais pour "la botte", c'est une belle récompense personnel parce que je n'ai jamais été réputé pour le tir au but avant cette saison, comme quoi, quand on est encadré par les bonnes personnes et qu'on bosse un minimum...

Que penses-tu du rugby américain et de la Major League Rugby à venir ?

Le rugby aux US a beaucoup plus de fans, de joueurs et de qualités que je pouvais imaginer, et je pense que si les moyens suivent et que les entraîneurs viennent aider ici, ça peut devenir une nation importante sur le circuit mondial à XV, comme ils le deviennnent à 7. Cette année va être très importante, s'ils font les choses correctement, ça peut être quelque chose de génial. Sportivement et économiquement. 

Enfin... Tu as des anecdotes sur la saison ?

Des anecdotes, j'en ai un paquet, oui. Rugbystiquement, au début, je ne parlais vraiment pas bien anglais et j'avais surtout du mal à le comprendre, on avait une annonce qui était "total" et pendant un mois j'ai dis "turtle"... Je me suis fais chambrer un moment ! Après, ce sont des anecdotes de bringues et pour le bien de tout le monde, c'est bien si ça reste entre nous...

La Major League Rugby

USA : le rugby pro enfin lancé avec l'arrivée de la Major League Rugby ?

La MLR va débuter en 2018, il s’agira de 9 (peut-être 10) franchises aux US sur le même modèle que la MLS (soccer). La League est fermée, c’est-à-dire que nous n’avons pas de relégation, ce qui entraîne différents avantages : 
  • premièrement, tu peux investir confortablement et ne pas avoir la pression de descendre en 2ème division. Tu peux vraiment construire sur l’avenir et investir dans des infrastructures. 
  • Ensuite, cela permet de pouvoir donner de la valeur à ta franchise au cours des années, par exemple en 1996, une franchise MLS coutait $5M, aujourd’hui il faut compter $200M. 
  • Enfin, il y a un salary cap, ce qui permet de pouvoir créer une équité entre les équipes avec un système de draft. 
Les clubs et le rugby anglo-saxons se positionnent sur différentes franchises en ce moment, si les clubs francais ne se réveillent pas… Le marché américain va nous passer à côté et ce serait vraiment dommage.
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Bravo pour ce titre la botte 😉

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