Retour vers le futur : à quoi va ressembler la coupe d'Europe en 2050 ?

Retour vers le futur : à quoi va ressembler la coupe d'Europe en 2050 ?
Retour vers le futur : à quoi va ressembler la coupe d'Europe en 2050 ?
De 2018 à 2050, il n'y a qu'un pas : ça tombe bien ça faisait longtemps que je n'avais pas sorti la DeLorean !

Munich, le 8 octobre 2050. La France n'est toujours pas championne du monde, Cyril Hanouna passe encore quotidiennement à la télé, et le mystère du monstre du Lochness n'a pas été résolu. Mais rassurez-vous : la coupe d'Europe de rugby existe toujours ! Ce samedi, le coup d'envoi de l'European Rugby Champions League va être donné. C'est déjà la 15ème édition du nouveau format de la Coupe d'Europe, où seuls les champions de chaque pays engagé peuvent prendre part à la compétition, en compagnie du champion d'Europe en titre.

Basés à Lille, les Phoenix Grand Nord sont donc bien là, six mois après leur victoire en finale contre le Leinster. Les Nordistes représentent la France en compagnie des Taureaux Occitans. Il est loin le temps, où six, voire sept clubs d'un même pays prenaient part à la compétition ! Après une série de procès perdus suite aux plaintes d'anciens joueurs touchés par des problèmes de santé liés à une discipline de plus en plus traumatisante pour les corps, World Rugby a tranché. Et le vétéran Agustin Pichot livrait sa dernière bataille comme président de l'instance en limitant à quinze le nombre de matchs disputés dans une saison par un rugbyman professionnel. L'European Rugby Champions League naissait la même année, sa nouvelle formule favorisant au passage l'émergence des anciens pays dit « du Tier 2 et 3 », dont les progrès ont totalement redessiné la carte du rugby mondial depuis vingt ans.

Dans le même temps, c'est tout le rugby français qui s'est réformé, passant d'un système de clubs à un système de franchise par région, contrôlées par la Fédération. Champions de France en titre, les Taureaux Occitans font donc main basse sur les joueurs des Midi Pyrénées et de l'Armagnac Bigorre, et dominent (presque) sans partage le championnat depuis l'arrivée d'Antoine Dupont à la tête de l'équipe. Mais pour affronter le Bayern ce samedi, l'ancien demi de mêlée du feu Stade Toulousain va devoir se passer de son capitaine, Gabriel Picamoles. Le n°8 a été suspendu pour un passage en force trop appuyé le week-end dernier. Satanés changements de règle...

Outre la présence des Allemands, les Tricolores auront fort à faire face au Barça et aux Timisoara Saracens. Les Roumains sont des invités de dernière minute à la place des Lions de Johannesburg, sacrifiés « pour la planète » depuis qu'une convention internationale visant à combattre le réchauffement climatique limite les déplacements en avion des équipes sportives à trois par an. Et si les formations sud-africaines ont depuis longtemps déserté les compétitions de l'hémisphère sud pour regarder vers le nord, les voilà donc privées de coupe d'Europe... Dans la cité bavaroise, on ne saurait s'étonner d'une telle mesure : c'est qu'à deux mois de Noël, le thermostat affiche un curieux 34 degrés...

Hologramme, Chine et bière

H-2 avant la rencontre. L'horaire - inhabituelle en 2018 - s'explique par les retransmissions de plus en plus nombreuses en Chine, marché principal pour la croissance économique de l'Ovalie. On croise Jean-Timothy, fidèle supporters des Taureaux vêtu d'un maillot fait de matières recyclées, son Midi Olympique sous le bras. Mais ne croyez tout de même pas qu'il a transporté son journal jusqu'en Allemagne : en 2050, la presse a disparu, et c'est sur son iPad 18 X7s que notre ami consulte un énième article sur la disparition du French Flair. « Ah, mais ça a vraiment existé ce truc ? C'est comme la Force dans Star Wars, je pensais que c'était un mythe... » Non, le French Flair n'est donc toujours pas revenu : il est même une inconnue pour toute une génération. Et au cas où vous vous le demanderiez, la saga Star Wars en est à son 21ème épisode.

Direction le Stade. Plus besoin d'agents pour le contrôle : je passe par le portique de sécurité, scanne mon billet sur une borne... et en profite même pour me commander une petite bière. Servie par un robot, elle coûte toujours aussi cher, mais elle a le mérite d'être bonne... Beaucoup de Français ont fait le déplacement. La popularité du rugby ne faiblit pas, bien aidée par l'explosion des prix d'un abonnement TV. Pour suivre tous les matchs sur toutes les chaînes, il vous faut débourser la somme de 700 francs ! Le match en lui-même se termine sur le score de 27 à 15 pour les Occitans dans un match parfaitement géré par les deux arbitres centraux. On apprécie les ralentis proposés en hologramme sur les tablettes mises à disposition devant chaque siège. On recroise Jean-Timothy, le sourire aux lèvres : Antoine Dupont lui a dédicacé une casquette.

Allez, il est temps de revenir en 2018. Mais avant, une petite bière.

Les groupes : 

Poule 1 Poule 2 Poule 3 Poule 4
Bayern Munich Phoenix Glasgow Bristol
Taureaux Occitans Munster Moscou Dragons Trévise
Barça Ospreys Servette Genève Kituro
Timisoara Saracens Sporting Portugal Batumi RC Hilversum