BeIN Sports, Champions Cup, Baptiste Serin : que deviens-tu Dimitri Yachvili ?

BeIN Sports, Champions Cup, Baptiste Serin : que deviens-tu Dimitri Yachvili ?
L'ancien demi de mêlée de l'équipe de France semble épanoui dans nouveau métier. Crédit photo : PANORAMIC
Aujourd'hui consultant sur BeIN Sports, Dimitri Yachvili revient avec nous sur le Tournoi, son expérience en tant que commentateur et dévoile son pronostic pour les quarts de finale de la Champions Cup.

Cinquièmes l’an passé, troisièmes cette année, comment avez-vous trouvé les Bleus pendant le Tournoi ?

C’est clairement un bon résultat, ce n’était plus arrivé depuis longtemps. Avec des déplacements en Irlande ou en Angleterre ce n’est jamais évident. En France on peut vite être déçus, mais il ne faut pas oublier que cette troisième place n’était pas arrivée depuis 6 ans.

Si vous deviez donner quelques joueurs qui vous ont marqué chez les Tricolores pendant ce Tournoi, qui citeriez-vous ?

Kevin Gourdon a confirmé son état de forme et a surtout validé sa capacité à pouvoir jouer au niveau international. J’ai aussi bien aimé les prestations de Louis Picamoles et de Guilhem Guirado. En tant qu’anciens ils ont bien montré l’exemple dans le combat et l’agressivité.

En tant que coach personnel du jeune Baptiste Serin qu’avez-vous pensé de ses prestations avec le XV de France?

Il a enchaîné les matchs, déjà c’est une bonne chose de la part de Guy Novès et son staff de lui faire confiance. Je crois qu’il a d’ailleurs plus joué avec l’équipe de France qu’avec son club de l’UBB. Après, il est en phase d’apprentissage donc le fait d’enchainer des prestations de haut niveau lui permet d’emmagasiner un maximum d’expérience. D’un manière générale, j’ai trouvé qu’il avait fait un bon tournoi.

En quoi consiste votre coopération  ?

J’interviens régulièrement auprès de lui pour travailler le jeu au pied et la technique individuelle. Un peu de la même manière que Jean-Michel Larqué a pu le faire avec moi à Biarritz. C’est une manière pour moi de rendre ce que l’on m’a donné.

Revenons à l'équipe de France, comment voyez-vous la prochaine tournée estivale et les trois rencontres en Afrique du Sud?

Pour avoir vécu quelques tournées, je peux vous assurer que mentalement et physiquement, c’est très compliqué, mais malgré tout c’est un bon test à franchir face à une équipe sud-africaine qui est en reconstruction elle aussi. Il y a un coup à faire là-bas !

Dernièrement, on a beaucoup parlé des contrats fédéraux que Bernard Laporte veut mettre en place. Vous avez été très longtemps chez les Bleus, qu’est-ce que vous en pensez ?

C’est une bonne chose à mon sens, pour l’équipe de France comme pour les joueurs. Maintenant il va falloir aussi proposer autre chose notamment pour que les joueurs jouent beaucoup plus dans leur club, que les jeunes qui émergent jouent rapidement en Top 14 afin d’emmagasiner un maximum d’expérience pour pouvoir rivaliser avec les autres nations. Parce que l’on se rend bien compte que l’on ne joue pas assez, que beaucoup d’étrangers prennent la place de bons jeunes joueurs français et c’est dommageable pour l’équipe de France. Donc les contrats fédéraux c’est une bonne chose mais il va falloir mettre en place davantage de complémentarité.

Parlons un peu de vous, vous êtes commentateurs sur BeIN Sports depuis 2012, comment s’est faite cette reconversion ?

Très naturellement, en 2012, j’étais blessé donc j’avais dépanné. Rodolphe (Pirès, ndlr) m’avait appelé pour commenter un match de la tournée des All Blacks au Pays de Galles et depuis que j’ai arrêté de jouer en 2014, BeIN Sports ma recontacté, ils avaient les droits de la coupe d’Europe, compétition que j’ai joué et que j’appréciais particulièrement, ça a pesé dans la balance.

BeIN Sports, Champions Cup, Baptiste Serin : que deviens-tu Dimitri Yachvili ?Crédit photo : PANORAMIC

Dans la pratique de votre nouveau métier qu’est-ce qui vous procure le plus de plaisir ?

D’une manière générale c’est un réel plaisir de pouvoir commenter ces matchs, l’exercice en lui-même me plaît beaucoup, puis le fait d’avoir l’opportunité de voyager, d’aller dans les stades, de revoir des anciens adversaires, des anciens coéquipiers, c’est très enrichissant.

Avec Rodolphe Pirès vous formez un duo très complémentaires, vous vous entendez aussi bien dans la cabine de commentateur qu’en dehors ?

Vous pouvez deviner que oui, s'i y a de la complémentarité comme ça à l’antenne c’est qu'en dehors aussi on s’entend très bien et on partage beaucoup de choses. On ne partage pas que 80 minutes pendant un match, il y a tout le week-end en amont, de la préparation jusqu’à l’après match.

Ce week-end se disputent les quarts de finales de la coupe d’europe sur les antennes de BeIN Sports, que vous allez d’ailleurs commenter, un pronostic ?

Je vais pas être très original, j’ai mis que tout ceux qui allaient recevoir allaient l’emporter. Toulouse n’est pas très bien en ce moment mais c’est aussi peut être une force pour les Toulousains. Ils n’ont plus que ça pour sauver leur saison. Mais de leur côté, depuis le début de la saison et la tragédie qu’il y a eu avec Anthony Foley, le Munster est animé d’un état d’esprit remarquable donc je les vois s’imposer à Limerick. Pour ce qui est du duel entre Clermont et Toulon, si les Toulonnais s’avancent comme la bête noire des Auvergnats en coupe d’Europe avec deux finales perdues en 2013 et 2015, je vois quand même les Clermontois passer. Je vois aussi le Leinster aller en demi, ils sont intraitables à domicile cette saison. Enfin face à Glasgow qui est une belle équipe qui monte en puissance je vois quand même les Saracens tenants du titre et leur jeu très bien huilé se qualifier.

Un pronostic pour la finale ?

Les Auvergnats ont toute la panoplie pour briller dans ces phase finales. Ils ont survolé la phase de poule à l’image de leur capitaine Aurélien Rougerie toujours aussi performant. Après tout dépend du tableau, mais ce serait logique qu’il y ait un Clermont-Saracens en finale.

Quel est votre regard sur la Challenge cup ?

La Challenge Cup c’est une belle expérience avec trois clubs français encore en course cette année. Ça permet à des équipes comme Brive qui ont souvent peu de chances de se qualifier en Top 14 de vivre des phases finales. Cette année ils iront batailler à Bath dans un match qui s’annonce compliqué, mais c’est une belle aventure pour les plus « petites équipes ». De son côté le Stade Français qui a vécu des dernières semaines difficiles vivra aussi un quart de finale au Principality stadium de Cardiff. C’est quelque chose d’unique ! Je les sens d’ailleurs capables de créer l’exploit.