XV de FRANCE. Posolo Tuilagi en 3 pour remplacer Uini Atonio ? ''À proscrire absolument'', selon cet ancien 1ère ligne
Posolo Tuilagi était le numéro 5 des U20. Sera-t-il sera des grands ? Screenshot : L'Equipe
Présumé trop petit pour jouer 5 au niveau international, Posolo Tuilagi est pourtant un talent unique sur lequel le XV de France comptera forcément. Et si c'était en pilier droit, à la place d'Atonio ?

Il a tout juste 19 ans et pourtant, on a déjà l’impression d’avoir tout entendu sur lui. Qu’il était le futur du XV de France, qu’il était trop lourd pour le niveau international, mais aussi trop petit pour jouer 2ème ligne sur la même scène, qu’il ferait un drôle de numéro 8 s’il perdait une dizaine de kilos… Bref, tout ! Qui dit vrai, qui dit faux ? On n’en sait fichtrement rien. Et si tous les arguments évoqués ci-dessus sont recevables, aucun n’est de valeur, à ce jour. La seule chose que l’on sait pour l’instant, c’est que Posolo Tuilagi est l’un des garçons les plus surveillés et épiés de l’Hexagone. L’un des plus grands prospects (dans sa situation, le terme semble malheureusement approprié) de demain aux yeux de tous. 

Il est vrai que le fils d’Henry a hérité des gènes du papa et est "un humain hors-normes" comme disait de lui Perry Freshwater, le coach des avants perpignanais, plus tôt dans l’année pour le Midi Olympique. Doté d’un physique de titan (1m92 pour 145kg) bien sûr, mais aussi une force brute absolument hors du commun et une capacité à mouvoir cette immense carcasse comme on ne pensait pas que l’être humain puisse le faire, c’est aussi sa technique individuelle qui n’aurait rien à envier à celle d’un Fidjien qui impressionne. Capable de mobiliser 2 à 3 défenseurs sur chaque prise de balle, le minot du Pacifique est aussi un véritable ouvreur de portes pour ses coéquipiers grâce à son jeu après contact (déjà) extrêmement intéressant. 
 

Objectif 2027 ? 

 
Ce qu’il lui manque, à ce jour ? Bien évidemment, à pas encore 20 piges, personne n’est encore pleinement "fini" dans ce sport, ni physiquement, ni dans le jeu. Aussi gargantuesque soit-il, le neveu de Manu n’échappe pas à la règle et doit encore développer une maturité physique et la capacité à se déplacer sans ballon et à enchaîner les tâches. Surtout à son poste. Mais lequel de poste, au fait ?
XV de France. Tout le monde parle de Meafou, mais si c’était Posolo Tuilagi le futur numéro 5 des Bleus ?XV de France. Tout le monde parle de Meafou, mais si c’était Posolo Tuilagi le futur numéro 5 des Bleus ?
Alors que Many Meafou (25 ans, 2m03 pour 145kg) est presque unanimement considéré comme le joyau qui succèdera à Romain Taofifenua en Bleu dès le prochain Tournoi, le XV de France va devoir se chercher un digne successeur à son grizzli Uini Atonio (33 ans, 1m96 pour 146kg), qui calait la mêlée tricolore depuis 2 ans. Et c’est en ce sens-là que certains observateurs verraient bien Posolo monter d’un cran en mêlée. 
 
 

J’ai démarré pilier droit, mais les entraîneurs trouvaient que j’étais trop grand pour être pilier, ils m’ont mis 8 puis 2ème ligne. - Posolo Tuilagi pour Le quotidien du sport

Dans un monde professionnel où les piliers dépassant les 1m90 sont légion (Ala’alatoa, Tu’ungafasi, Bell, Fa'aumausili…), le champion du monde U20 n’est plus trop grand désormais et possède un gabarit parfaitement transférable au poste de droitier, c’est vrai. Dans les faits, c’est tout de même un peu plus complexe que ça. Si l’idée peut paraître intéressante sur le papier, elle ne l’est pas vraiment pour l’ancien talonneur aux 279 matchs professionnels, Grégory Arganese. 
"Pour moi, c’est à proscrire absolument. Il a quand même bientôt 20 ans, ça me parait compliqué… Surtout quand on connaît l’énergie que nécessite le poste de pilier en mêlée, je pense qu’il laisserait une énergie qui l’empêcherait d’être réellement performant dans son registre ensuite, étant donné qu’il n’est pas habitué à ces efforts. Après, il ne faut jamais dire jamais…" D’autant qu’on a coutume de dire qu’un bon pilier se forme, se malaxe, se choie… se fabrique presque, et que la maturité du poste ne s’acquiert souvent que vers 30 ans, non ? Notons tout de même que si Bleus devaient le cibler à la pile, ce serait pour l’objectif 2027 et la coupe du monde en Australie
"C’est aussi une question de mentalité, nuance l’ancien bayonnais, toujours installé aux portes du Pays Basque aujourd’hui. S’il n’est pas convaincu par le fait de jouer pilier, s’il n’aime pas les prérogatives très particulières du poste, ce n’est est même pas la peine. Je me souviens qu’à Bayonne, Pierre Berbizier avait voulu essayer (en 2017/2018, NDLR) ce golgoth d’Evrard Oulai Dion ! Je lui ai dit qu’il était jobard ! Il se faisait emporter en mêlée alors que c’était vraiment une force de la nature."
Il est vrai que malgré quelques feuilles de match et près d’une saison à travailler régulièrement en tant que pilier à l’entraînement, la mayonnaise ne prit jamais pour l'Ivoirien, pourtant colossal (1m93 pour 132kg) et renversant ballon en main. Le successeur de "Berbize", un certain Yannick Bru, avait eu la même idée à l’orée de la saison suivante pour celui que l’on considérait trop petit pour un 2ème ligne : sans succès. Aujourd’hui, Oulai Dion, 30 ans, évolue en Nationale du côté d’Albi, où sa puissance physique fait toujours des ravages, bien au chaud derrière sa première ligne… 

Les exemples Oulai Dion, Guillamon, Jintcharadze...

Un numéro 5 en Bleu prochainement, alors, Tuilagi ? "Tu vas forcément t’adapter à lui et tu modèleras ta composition en fonction. Pour moi, ce sera toujours plus facile d'espérer jouer avec l‘équipe de France en seconde ligne sans sauter, que d’y arriver pilier droit ! Il y a un monde entre essayer quelques matchs à la pile et être un bon pilier international." 

Peut être qu’à l’avenir, si l’on en vient à des mêlées de plus en plus rapides, on aura plus de ces profils-là, hybrides. Mais actuellement, avec la position en sprint rapproché lié par le bras qu’on demande, je pense qu’un petit tabouret bien costaud et avec du gaz serait bien plus à l’aise… 

Rappelons aussi que dans le même sens, l’USAP avait déjà tenté le coup en recrutant le Géorgien Vakhtang Jintcharadze (1m87 pour 115kg) en tant que pilier en 2018, lui qui était international U20 en 2ème ligne. Cinq ans plus tard et même s’il avait dû pousser des mêlées à l’occasion dès son plus jeune âge comme il est de coutume dans le Caucase, sa carrière n’a jamais décollé (2 matchs la saison passée). A voir ce qu’en pensent désormais Perry Freshwater et Frank Azéma, William Servat et Fabien Galthié, ainsi que le principal intéressé… 
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  • alan75
    7506 points
  • il y a 7 mois

Ma concierge a dit " faut voir..." Et elle ne se trompe jamais (en distribuant le courrier.

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