''Ma propre mort aurait été préférable à la découverte de mon homosexualité''
La confession bouleversante de l'ancien Wallaby Dan Palmer.
La confession bouleversante de l'ancien Wallaby Dan Palmer. Passé par Grenoble, l'Australien a révélé son homosexualité dans une lettre émouvante.

"Je rêvais de disparaître, de changer de nom et de recommencer ma vie. Il n'est pas exagéré de dire que ma propre mort était préférable à quiconque découvrant que j'étais gay." Dan Palmer s'est confié comme jamais auparavant dans une lettre publiée par le Sydney Morning Herald. L'ancien pilier australien ne cherchait pas à attirer la lumière sur lui. Mais il a senti que c'était quelque chose qu'il devait pour aider "quelqu'un qui se trouve dans une position similaire." Cette position, c'était celle d'un joueur qui en apparence vivait une vie idéale mais qui lorsqu'il rentrait chez lui, pleurait en s'endormant et prenait des opioïdes pour aller mieux. En 2012, Palmer était pourtant vice-capitaine des Brumbies. Il avait connu sa première sélection avec les Wallabies. "Ma vie consistait à pratiquer le sport que j'aimais et à parcourir le monde avec certains de mes meilleurs amis." En coulisses, il était colère et triste. "Je me méprisais moi-même et la vie que je vivais. J'étais piégé dans un faux récit et je ne voyais aucune issue."

Touché par les blessures en 2013, il a fait le choix de partir pour la France en rejoignant le Top 14 et Grenoble. Bien qu'esseulé et incapable de parler français, il confie que cette année dans l'Hexagone "a été la plus transformatrice" de sa vie. Un matin, après avoir fait une surdose d'analgésiques, il a réalisé qu'il était en train de s'autodétruire. Malgré son état, il est allé à Londres pour voir un ami et lui demander de l'aide. "Après 25 ans sur cette planète, c'est la première personne à qui j'ai dit que j'étais gay". Il lui est éternellement reconnaissant d'avoir été présent pour lui ce jour-là. Libéré d'un poids énorme, il a commencé à changer dès le lendemain. "C'était la première fois de ma vie que je me sentais vraiment libre." Il a ensuite pris la décision d'arrêter le rugby, sa passion pour ce sport ayant déjà diminué depuis quelques années. Après avoir quitté la France, il a entamé des études et obtenu un double diplôme en sciences et psychologie. "Je suis maintenant à mi-chemin de mon doctorat où j'étudie les mécanismes cellulaires du fonctionnement du cerveau."

Il confie que son combat a surtout été vis-à-vis de lui-même. Il ne s'est jamais senti discriminé et n'a jamais senti de pression dans le monde du rugby. "Malheureusement, depuis lors, l'affaire Israël Folau est apparue", et il a senti le besoin de dire quelque chose. "Pour moi, ce qui est plus important que les dégâts qu'il a causés au rugby, c'est l'impact profond qu'il a sans aucun doute eu sur les enfants qui l'admiraient et qui luttent chaque jour pour comprendre leur sexualité." Un impact qu'il ne mesurera sans doute jamais. Heureusement, le cas Folau est rare dans le monde du rugby. Mais il n'y a également que peu de joueurs qui ont aussi osé parler ouvertement de leur homosexualité. "Cela me dégoûte de savoir qu'en 2020, il y a encore des gens qui se torturent comme moi, à la fois dans et hors du sport". Il espère que ses mots auront un impact positif et permettront aux gens de se sentir plus à l'aise avec eux-mêmes.

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  • Pianto
    55422 points
  • il y a 3 ans

D'après les études qui ont été faites sur le sujet, il y a le même pourcentage d'homosexuels en France, aux USA, en Espagne, en Pologne, au Maroc, en Ouzbékistan, en Papouasie Nouvelle-Guinée ou dans les tribus isolées de l'Amazonie (environ 15%). On observe de l'homosexualité chez les autres mammifères également. Ce n'est pas un choix, ce n'est pas une construction de la société, c'est juste comme ça.

Ce n'est pas non plus contagieux. Même dans les sociétés qui valorisaient les relations sexuelles entre hommes, comme certaines périodes de la Grèce Antique, il n'y avait pas davantage de vrais homosexuels (les statistiques sont plus floues mais les récits semblent l'affirmer).

On m'a toujours dit d'accepter ce que je ne peux pas changer . Ben voilà, ça, on ne peut pas. Alors il ne reste plus qu'à la société à accepter... Et c'est largement en cours. J'ai des enfants ados, il y a des homosexuels dans leurs entourages qui s'affirment à 15/16 ans, c'était impensable dans ma génération. Courage à ceux qui ne se sentent pas de franchir le cap de "l'officialisation" :
1 ce n'est pas obligatoire, la sexualité est un truc privé et peut le rester,
2 la sexualité ne vous définit pas, ce n'est pas l'essentiel de ce qui fait que vous êtes vous-même.

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