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La technique individuelle : un pari ou une erreur stratégique ?
C'est entre les catégories U8 et U14 que le travail doit être fait.

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Lionel Girardi de Rugby Pro Training tente d'expliquer d'où vient le réel problème de la formation technique et pourquoi il n’a pas été résolu.

Pour continuer l’étude systémique du rugby français, il me paraît important d’aborder la technique individuelle qui est au cœur des débats actuels lorsqu’on parle de l’équipe de France et de la formation du joueur. Tout d’abord, il est difficile de parler uniquement de technique individuelle sans la caractériser par un facteur important : la vitesse d’exécution. Celle-ci a considérablement augmenté avec le rugby moderne, les joueurs doivent être capables de réaliser les gestes techniques de plus en plus vite en ayant des vitesses de courses maximales. On a tous un exemple en tête d’un joueur très bon à l’entraînement sur des exercices avec des conditions faciles d’exécution et puis dès qu’il est en match sa prestation devient bien plus faible. Il est vrai aussi mais ce n’est pas l’objet de ce document que les conditions du match (pression mentale) et la pression adverse sont des éléments importants qui peuvent influencer sur la vitesse et la qualité des réalisations techniques.

  • Données théoriques du développement de l’enfant :

Même si l’empirisme a tendance à être dominant dans la théorisation de l’entraînement sportif, il y a des études scientifiques qui ont été réalisées et certaines ont valeur de « principes» pour la mise en place des contenus de l’entraînement sportif. Ci-dessous un tableau simple et synthétique des stades de développement des garçons liés à l’apprentissage de la technique (données issues du Manuel d’entraînement, Jürgen Weineck, édition Vigot, 1999) :S’il y a un principe à retenir lors des stades de développement c’est de prioriser le travail de la technique lorsque la croissance de l’enfant est relativement faible. Lors du stade 14-16 ans à forte croissance corporelle, il arrive fréquemment que le jeune ait des phases momentanées de régression technique car il doit s’habituer et « restructurer » tous ses acquis avec son « nouveau corps ». C’est pour cela qu’avant ce stade, entre 8 et 13 ans on parle « d’âge d’or » des acquisitions techniques d’une discipline sportive. Autrement dit la meilleure période pour apprendre la technique individuelle en vu d’une expertise de très haut niveau lorsque l’enfant deviendra adulte se situe entre 8 et 13 ans. Comme expliqué dans le tableau, cela ne veut pas dire qu’il est impossible d’apprendre des gestes techniques après 13 ans, mais leur ancrage au sein de l’enfant est plus difficile et il ne permet pas d’affirmer qu’il pourra développer ces habiletés au plus haut niveau.

  • De la théorie à la pratique :

Sur la période 8 à 13 ans, il est très important de proposer aux enfants un taux élevé d’apprentissage des gestes techniques afin qu’il puisse se les approprier. Mais pas que cela, il est aussi nécessaire d’avoir un taux de répétition élevée par geste technique afin de les automatiser. Après l’apprentissage et l’automatisation des gestes techniques, l’enfant pourra continuer à les renforcer de 14 à 20 ans avec toujours un taux de répétition élevé en ayant aussi la possibilité de créer, tout en prenant en compte la phase 14-16ans moins propice à un apprentissage optimal. Ce renforcement va suivre une certaine linéarité entre la vitesse d’exécution et la vitesse de jeu. En effet, au fil des catégories jeunes, le jeu devient plus rapide et plus intense dû au développement physique des joueurs ce qui va induire automatiquement une augmentation de la vitesse d’exécution des gestes techniques. Durant cette période, les joueurs qui auront les meilleures bases techniques avec cette capacité à les réaliser à vitesse d’exécution élevée seront en mesure de pouvoir créer des gestes techniques répondant à des contraintes rencontrées en match.

  • Les Ecoles de Rugby des clubs amateurs :

Aujourd’hui, il est clair pour la majorité des acteurs de notre sport que les enfants qui sortent de nos Ecoles de Rugby ont des carences techniques. Cependant ce phénomène n’est pas récent, difficile de le dater chacun aura son opinion, mais ce qui est clair c’est que depuis l’avènement du rugby professionnel fin des années 90, peu à peu ces carences ont émergé et d’autant plus vite que la vitesse de jeu du rugby moderne a augmenté. Plusieurs raisons sont évoquées sans les développer dans ce document, entre autres, on peut citer un renouvellement important des éducateurs (3 ans), une formation fédérale inadaptée ou encore un investissement financier quasi-exclusif sur l’équipe première au détriment de la formation du joueur.

Par conséquent, au niveau de la base de la pyramide du rugby français, la phase de l’âge d’or de la technique est un échec pour la formation du joueur de Haut Niveau. Pour les milliers d’éducateurs bénévoles cela ne fait pas plaisir à entendre mais pourtant il faut se rendre à l’évidence un gamin qui sort de nos Ecoles de Rugby n’a pas les bases nécessaires pour espérer exister à très Haut Niveau à la fin de son cursus de formation. Alors je vais utiliser le « nous » car je fais parti de cet échec. Nous les éducateurs bénévoles ne faisons pas comme beaucoup d’acteurs (professionnels) de notre sport à savoir trouver la faute chez les autres, laissons les penser qu’ils sont les rois de l’entraînement et de la formation, soyons humble et remettons nous en question pour apporter les bagages techniques nécessaires à nos gamins leur permettant d’avoir une chance d’être compétitif à très Haut Niveau !

  • La priorité de la DTN sur la détection et formation des jeunes joueurs à haut potentiel depuis 15ans :

Depuis le début des années 2000, tout un processus de détection, sélection et suivi des jeunes joueurs a été mis en place. L’objet dans ce document n’est pas de les détailler mais simplement de faire le constat que depuis 15 ans, beaucoup de moyens de la FFR via la DTN ont été orienté vers le suivi et le développement du jeune joueur à haut potentiel afin de former les futurs joueurs de l’équipe de France. Outre les sélections (ou rassemblements) départementales et régionales qui permettent de suivre les hauts potentiels des U13 jusqu’au U18, la grande évolution du système fédéral a été la mise en place de 10 pôles espoirs et d’un pôle France. Les pôles espoirs regroupant les hauts potentiels régionaux à partir de 15 ans (lycée) et le pôle France regroupant les hauts potentiels nationaux (U20). Autrement dit, le système fédéral a mis en place tout un plan d’action qui consiste à développer les facteurs de la performance du jeune joueur à haut potentiel tout en suivant le cursus scolaire. Parmi les facteurs de la performance on retrouve bien évidemment la technique individuelle. C’est donc à ce niveau que le titre de ce document prend toute son importance, à savoir prendre en main les jeunes joueurs à partir de 1 5ans dans la phase de vitesse d’exécution de la technique individuelle, est-ce un pari ou une erreur de la DTN ?

Lorsqu’on sait que sortis des Ecoles de Rugby nos jeunes ont des carences de techniques individuelles, mettre un plan d’action à haute compétence (structures et entraîneurs) à partir de l’âge de 15 ans représente une prise de risque non-négligeable, à savoir compenser les carences techniques après l’âge d’or des apprentissages techniques en vu d’être compétitif à très Haut Niveau.

  • Le développement de la formation du joueur dans les clubs professionnels :

Côté clubs professionnels, on peut quasiment faire le même constat que le système fédéral, avec la mise en place des centres de formation qui sont nés au même moment. Ces centres de formation sont destinés à des jeunes de 18 ans et plus, alors les clubs professionnels ont monté des structures pour accueillir les jeunes dès leur entrée au lycée comme les pôles espoirs. Quelles que soient les structures, le but est le même que le système fédéral : développer les facteurs de la performance du jeune joueur à haut potentiel tout en suivant le cursus scolaire.

On peut donc aussi se poser la même interrogation : est-ce un pari ou une erreur des clubs professionnels de compenser les carences techniques après l’âge d’or des apprentissages techniques en vu d’être compétitif à Haut Niveau.

D’ailleurs, système fédéral et système club professionnel sont tellement similaires (pour ne pas dire redondant et inutile pour l’un des deux) sur le développement du jeune joueur à haut potentiel, que la nouvelle équipe dirigeante menée par Bernard Laporte a décidé dès cette saison de supprimer le pôle France et a promis de supprimer les pôles espoirs. Cependant par rapport au problème de la formation technique du jeune joueur cela ne résout en rien la problématique entre l’ancrage de la technique individuelle et l’âge de recrutement par les « professionnels » de notre sport.

  • La détection précoce dans les clubs professionnels : LA SOLUTION ?

Il est vrai que depuis quelques années, on assiste à un recrutement un peu plus précoce au sein des clubs professionnels soit un an plus tôt sur la 2ème année minime. Déjà antérieurement, en changeant les catégories passant de l’impair au pair, tout a été décalé un an plus tôt, un cadet 1ère année qui avant entrait au lycée aujourd’hui se retrouve encore au collège en 3ème. Ce phénomène a automatiquement engendré les relations entre les collèges et les clubs professionnels pour permettre de continuer à les recruter. Maintenant que « la brèche » est ouverte, il est plus facile de lancer le processus de recrutement plus tôt.

Un autre élément important vient s’ajouter et il est récent datant de cette saison, c’est la mise en place du Super Challenge Minime réservé aux clubs professionnels qui vient valider ce phénomène de détection plus précoce puisque les clubs professionnels pour exister dans cette compétition doivent « s’armer » comme les catégories supérieures. La mise en place de ce Super Challenge est donc une validation fédérale sur un recrutement plus précoce. La seule logique de celui-ci qu’on peut tirer de cette volonté commune clubs professionnels/FFR est de vouloir répondre à ce défaut de formation technique du jeune joueur à savoir si les clubs amateurs ne forment pas correctement les enfants autant le faire à leur place !

Cependant compenser 1 ou 3 ans entre 8 et 13 ans est-ce réellement suffisant ? Autrement dit est-ce réellement la solution pour résoudre notre problème de formation française ? Pas si sûr et si c’est un choix mixte clubs professionnels/FFR on va en prendre pour 10 ans de plus… Sans compter que l’effet boomerang d’un tel système est de recruter n’importe quel gamin qui aura un morphotype intéressant ou qui aura des qualités de vitesse intéressantes. Sur un territoire, cela signifie que tous les gamins U14 « hauts potentiels » vont se retrouver dans le club professionnel laissant tous les clubs amateurs du territoire sans un seul potentiel dans leur équipe. La première conséquence sera d’abaisser le niveau des gamins dans les clubs amateurs ! En effet, le ou les potentiels dans une équipe de club amateur sont le repère des autres joueurs, ils les tirent vers le haut, si demain ils sont tous dans les clubs professionnels, cela sera les joueurs « moyens » qui deviendront les repères et donc le niveau va baisser entraînant logiquement aussi une baisse du niveau des tournois ! Comme le repère principal des présidents, des éducateurs (ou autres) reste la victoire et pour gagner plus besoin de produire un jeu très technique et très intense ! Alors on se félicitera et on se contentera de cela sans s’apercevoir qu’on est en train d’appauvrir la base du rugby français !

Encore si c’était que cela à savoir qu’on soit sûr que les « hauts potentiels » seront vraiment les joueurs de très haut niveau de demain cela pourrait être un choix « cohérent » Clubs pro/FFR d’opter pour cette option mais comme le rugby est un sport à maturité tardive, il n’y a aucun principe scientifique ou empirique qui puisse en donner la certitude. Ce qui veut dire qu’un groupe de 35 joueurs U14 dans un club professionnel peut très bien dès la saison suivante en cadet Gauderman (cadet 1ère année) être réduit fortement! Chaque joueur qui ne sera pas retenu pour la saison suivante sera remplacé par un autre joueur issu du rugby amateur. Joueur qui en une saison se sera révélé mais sera moins bien formé dû à l’appauvrissement des niveaux des clubs amateurs. Plus la détection est précoce plus le risque d’échec est important ce qui est évident pour tout le monde, sur un groupe de 35 joueurs U14, il peut très bien en rester que 5 en U18 (crabos) soit 30 joueurs qui seront recrutés avec une formation plus insuffisante qu’aujourd’hui !

Sur un groupe U14 de 30 joueurs dans un club amateur, il y a en moyenne 2 à 3 joueurs « hauts potentiels » ce qui correspond à 5 à 10% des effectifs. Par conséquent, prendre la voie de la détection précoce avec le Super Challenge U14, c’est basé toute une politique sportive sur l’hypothèse de trouver et former efficacement les futurs joueurs de très haut niveau dans 10% de la base du rugby français. Pour en terminer sur cette petite parenthèse, je vous dirai : est-ce un pari ou une erreur stratégique clubs pro/FFR de vouloir miser sur 10% de nos effectifs ?

Pour ma part la réponse est claire on va en prendre pour 10 ans de disette de plus !

  • L’orientation de toutes les forces rugbystiques vers la base : la stratégie !

Le rugby français à une culture club avec une base très importante au niveau des effectifs qui porte la France souvent dans les premiers mondiaux. Depuis 20 ans on a pensé qu’il suffisait de s’occuper « professionnellement » de nos jeunes à partir de 14 ans pour être compétitif on en voit le désastre. Maintenant il y a un choix dont l’hypothèse est de penser qu’en s’occupant « professionnellement » de 10% de la base à partir de 13, 12 (ou… 11 ans ?), on va résoudre le problème du Haut Niveau. Bref au lieu de tourner autour du pot il faudrait plutôt y mettre tous les moyens dessus !

Voici le challenge que doit relever la nouvelle équipe fédérale menée par Bernard Laporte :

Le ciblage des catégories U8 à U14 notamment avec les CTC (cadres techniques de club), la refonte de la formation fédérale des éducateurs sur des contenus directement exploitables sur le terrain, une sensibilisation des Présidents des clubs amateurs pour orienter les objectifs sportifs des clubs vers la formation.

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  • spir
    17561 points
  • il y a 2 ans

[Je réponds là à un passage du long commentaire de MARCFANXY ci-dessous, mais comme mon commentaire est lui-même long et comporte plusieurs points, je le mets à part.]

"La vérité se situe peut-être à mi-chemin ou plutôt en s'engageant dans une 3ème voie qui reprendrait les bonnes balises des 2 autres, pas nécessairement en "Sur-technicisant" ou en "Sur-Rugbyticisant" l'EDR (Par ex en introduisant Touche et Mélée en EDR, gestes Techniques s'il en est, n'a t-on pas avec le tps consacré à cela pénalisé le développement moteur général de l'enfant ?) !
Je pense qu'il convient prioritairement (à + forte raison à "l'age d'or" !) de remettre le Jeu (au sens littéral du terme !) au centre de tout et, par ce biais de rechercher perpétuellement à ce que l'enfant s'approprie complètement son corps, qu'il soit sans cesse en découverte d'expériences du champs incommensurable de possibilités que son corps lui offre....En résumé, augmenter les potentialités de tous pour avoir une base suffisamment solide avant d'expérimenter la stricte technique rugbystique approfondie, avant ensuite de jauger qui est "potentiel", qui ne l'est pas...."

Je pense que ça, c'est un des vrais fondements du problème, ou plutôt des problèmes qu'on observe tels que perte de :
* technique et surtout habileté corporelle en général
* intelligence du corps, càd à la fois *choisir* le geste juste en situation dans l'instant et aussi le réaliser de façon juste
* intelligence en mouvement dans l'espace *et* le temps, et donc sens du jeu collectif
Tout ça contribuait au french flair (tm), qui n'était pas qu'un mythe et contribuait à nous différencier des anglo-saxons.

Je crois les raisons (car il y en bien) sont aussi à chercher dans l'évolution de notre mode de vie et de nos idéologies et mentalité, donc elles ne sont pas toutes propres au rugby, au contraire ; parmi elles :
* Education familiale scolaire, etc., de plus en plus oppressive et répressive : les enfants en deviennent de plus en plus anormalent incapables et malcapables, dans le corps et l'espace-temps et le collectif, mais pas que (aussi intelligence affective, morale, mentale, relationnelle, sociale...).
* Mythe de la spécialisation :
* Obsession du contrôle total : ça tue la motivation et donc l'implication et le progrès : laisser le maximum d'autonomie, d'nitiative, de choix, de créativité aux gosses (aux apprenant, aux acteurs) sur les activités, leurs contenus, leurs méthodes ; inventer avec eux des jeux et défis qui les motivent ; privilégier la coopération sur la compétitionet surtout le jugement (la mort morale).
Selon moi, ce qu'on réinvestit dans le rugby c'est toute une somme de capacités physiques et spatio-temporelles, mais aussi mentales et morales et collectives, acquises naturellement au cours de sa vie ; du moins si nous laisse un peu vivre... imaginez dans un groupe neuf de 15 gamins, au rugby ou ailleurs, on peut en voir 3-4-5 dont on sait presque tout de suite qu'il n'arriveront à quasiment rien, et 3-4-5 autres qui d'évidence vont progesser vite, bien et surtout longtemps ; et chez qui on parlerait parfois de talent. Mais en fait ces derniers réinvestissent juste leurs apprentissages de toute une vie ; et ils sont juste "normaux", ou même moins bons qu'une moyenne de gamins dans une culture encore un peu libre.
Si le "globalou" semble échouer, c'est qu'ils requière un minimum de facultés de base, et je parle pas que de physique mais aussi de capacités morales à s'investir, coopérer, s'enthousiamer, proposer, choisir...

Il me semble que les raisons propres au rugby lui-même en France sont bien identifiées et détaillées dans l'article et ailleurs : partout où nous avons fait ou dû faire des choix ou que des choix se sont imposés (*), depuis au moins l'ère pro et surtout depuis les années 2000 (tiens tiens, arrivée de BL aux commandes), on a décidé à l'envers aussi bien au niveau pro et EdF que dans la formation et le monde amateur en général. Mais c'est vrai dans mille domaines autres que le rugby, non ? 😉

(*) par exemple tous ce qui suit du contrôle privé des clubs et du pouvoir du fric

Bonjour, oui, Article intéressant.
1/ Déjà, bien que RN se fende d'un article sur la Formation ayant sensiblement plus de fond et de matière que le désormais sempiternel : "Y faut revoir complètement la Formation de la cave au grenier" sans l'amorce d'1 début de piste ou de compréhension/connaissance de ce qui se passe....
2/Je constate que le présent Article génère bcp moins de retours qu'un "Bon mot" de MB, une "présumée affaire" de BL, une compo du MHR ou un échange d'amabilités en série Régionale...C'est dommage, on touche là au cœur de nos pblms mais aussi au devenir de notre jeu favori.
3/D'accord sur nombre de points (pas tous) de l'analyse, de l'état des lieux, du diagnostic sur l'origine des carences dans la chaîne de Formation (Toute la Chaîne pas que le 1er Maillon !)...
Pour ce qui concerne la Formation "acheminement vers le haut niveau", surtout content de lire qu'on touche là au "Cœur de Problème" (la sélection/détection trop précoce, trop étroite) ) et que la solution passe par un travail de fond sur le "Corps du Problème" (la Masse) !!!! Tout l'inverse de la direction prise par Fédé depuis des lustres, le mouvement s'étant encore accentué voire considérablement accéléré depuis la prise de fonction de BL !!!!
Le principe des 10% est celui auquel je fais régulièrement référence sur le présent site en utilisant la métaphore de : "La chaîne de Formation/Accession vers le haut niveau est un Tube alors qu'elle devrait en toute logique être un Cône !". (En gros, un brassage bcp plus large à la base - ce qui n'entend pas via agglomérer tt les talents au mm endroit au contraire- pour une Elite bcp plus resserrée au sommet - j'entends au niveau Espoirs-).
En résumé, plutôt d'accord sur le fond de l'article qui met en perspective que chacun doit prendre sa part du "Devoir d'inventaire" et que la solution passerait par activer "Tous les Leviers en temps & en heure" ce qui n'entend certainement pas "Déconnecter la base de l'Elite"...On touche là à l'essentiel ! En n'ayant qu'une vision parcellaire de la nature des pblms, en apportant des solutions sans appréhender les choses de manière globale et adaptée, c'est peine perdue... par extension sur-place voire recul (qd les autres avancent !)...
4/ Les Diagnostics à proprement parler.
Sur le fond, 100 % d'accord sur le principe de calquer la "profondeur & nature des apprentissages", adapter le format mais aussi la nature des compétitions en fonction de la maturation Physique, Mentale mais aussi Sociale de l'enfant. Le fait de prendre prioritairement en considération ces aspects essentiels qui constituent de fait le socle de "Perméabilité de l'enfant aux apprentissages" constitue(rait) à mon sens la vraie Révolution ! Cela casse qq peu le moule historique des apprentissages (par étapes successives) tel qu'envisagé depuis toujours...
5/ Diagnostics & Solutions préconisées.
Si, je suis assez raccord sur l'idée d'un "Age d'Or" (enfance jusqu'à Pré-Adolescence) propice à habiller autant que faire se peut le bagage Sportif de l'enfant. Par contre, je pense que ce "terreau" devrait être alimenté non-pas sous l'angle strictement "Technique" mais plutôt en le fertilisant de tout ce qui représente un "Préalable Indispensable" à la bonne maîtrise Technique quand celle-ci devient nécessaire....Au risque de bousculer un discours un peu convenu, j'oserais mm dire que le salut passerait en EDR plutôt par l'idée de "Dé techniciser" l'affaire !!! Quand je dis "Dé techniciser l'affaire" cela entend envisager l'apprentissage technique "strictement Rugby" comme une finalité une fois validés un socle de motricité, souplesse, coordination, dissociation, éveils des sens & facultés cognitives préalables nécessaires à une "bonne réalisation" du geste en lui-mm...Pour donner une image, à quoi bon chercher à travailler la passe sur un pas en U11 si l'enfant n'a pas acquis les bases de dissociation, qualité d'appuis nécessaires à une bonne réalisation ?
Comme a dit un forumeur, le Globalou (je vois un peu tout, mais maîtrise complètement rien !) a pu en son temps mettre en évidence des carences c'est vrai ! Mais, la chasse effrénée au Globalou en proposant l'exact contre-pieds depuis qqs années a accouché de ce que j'appelle le "Rugbylou" (un mille-feuilles d'apprentissages successifs mais sans fil conducteur, par trop segmentés, sans habiller le passage d'une situation à l'autre, en priorisant le "Comment" sans forcément se préoccuper d'apprendre le "Pourquoi?"...). In-fine, si la cause est différente, l'effet est le mm = carences de technique en situation..
La vérité se situe peut-être à mi-chemin ou plutôt en s'engageant dans une 3ème voie qui reprendrait les bonnes balises des 2 autres, pas nécessairement en "Sur-technicisant" ou en "Sur-Rugbyticisant" l'EDR (Par ex en introduisant Touche et Mélée en EDR, gestes Techniques s'il en est, n'a t-on pas avec le tps consacré à cela pénalisé le développement moteur général de l'enfant ?) !
Je pense qu'il convient prioritairement (à + forte raison à "l'age d'or" !) de remettre le Jeu (au sens littéral du terme !) au centre de tout et, par ce biais de rechercher perpétuellement à ce que l'enfant s'approprie complètement son corps, qu'il soit sans cesse en découverte d'expériences du champs incommensurable de possibilités que son corps lui offre....En résumé, augmenter les potentialités de tous pour avoir une base suffisamment solide avant d'expérimenter la stricte technique rugbystique approfondie, avant ensuite de jauger qui est "potentiel", qui ne l'est pas....
6/ Les écueils à éviter...
J'en décèle 2 majeurs.
Le 1er, consiste à chercher vaille que vaille les solutions ou dupliquer strictement les recettes appliquées "chez les autres" sans prendre en considération l'aspect contextuel (chez eux, chez nous..) ! Le nouveau truc à la mode c'est : "Faut faire comme les Blacks" etc...Moi, j'veux bien qu'on fasse comme les AB mais il faut alors changer notre société ds son ensemble, mettre le Rugby au centre de tout, en faire le sport n°1 et de loin, modifier radicalement l'école, casser le modèle Club tel qu'existant chez nous, avoir une immigration choisie émanant du sud-Pacifique, accessoirement inverser l'exode rural, mieux, redessiner la Carte de France et j'en passe....Vaste programme comme disait l'autre !!! Si les Néo-Zed optimisent leur potentiel Rugby, la raison est bien au-delà du strict contenu des apprentissages. Et si, ce modèle perdure depuis tjrs c'est d'abord pk la société Néo-Zed colle aux principes fondateurs de ce jeu ! Je ne crois pas que leur recette est transposable chez nous pour la simple raison que leur modèle de société est aux antipodes du notre ! Trouvons le modèle qui nous correspond (avec notre histoire, notre sociologie, nos atouts aussi !!!) plutôt que de chercher à copier bêtement ce qui existe ailleurs (avec BL coach on a testé "Comme les Anglais", avec PSA on a testé "Comme les Sud-Af", on a vu le résultat !). Pour trouver, faut chercher...Pas copier, parce qu'une copie ne vaut jamais l'original !!!!
Le 2ème écueil serait d'externaliser (par effet financiariser), ce qui devrait être le cœur de l'action Fédérale. Assez symptomatique que l'état des lieux, la mise en perspective, les éventuelles solutions à apporter soit le fait d'un organisme extérieur à la Fédé. Je vois fleurir nombre de structures privées proposant "d'Auditer" la Formation des Clubs, proposant Stages "à la Carte", Structuration des EDR, "Conseils" divers & variés, Solutions Clés en main ect...Si ces structures protéiformes prennent place, c'est bien place que la Place est vacante ! C'est bien parce que le pouvoir Fédéral a déserté les lieux, trop préoccupé par ailleurs à s'occuper de ce qui brille, ce qui fait briller....

  • spir
    17561 points
  • il y a 2 ans
@MARCFANXV

"Le 1er, consiste à chercher vaille que vaille les solutions ou dupliquer strictement les recettes appliquées "chez les autres" sans prendre en considération l'aspect contextuel [...] Je ne crois pas que leur recette est transposable chez nous pour la simple raison que leur modèle de société est aux antipodes du notre !"

Oui, copier aveuglement ou même plutôt lucidement ne peut pas marcher comme espéré, à mon avis, et l'expérience le montre assez dans tous les domaines, pour toutes les raisons que tu donnes (dans le [...]). Mais il est très faut de dire que les NZ sont aux antipodes de notre mode de vie : dans l'espace des cultures humaines possibles (et même de celles connues), nous sommes au contraire dans la même micro-région qu'eux ! Parce contre, à l'intérieur de la présente civilisation occidentale libérale (dominée par capitalisme privé), oui on n'est pas très proches.

  • spir
    17561 points
  • il y a 2 ans
@MARCFANXV

"Le 2ème écueil serait d'externaliser (par effet financiariser), ce qui devrait être le cœur de l'action Fédérale. Assez symptomatique que l'état des lieux, la mise en perspective, les éventuelles solutions à apporter soit le fait d'un organisme extérieur à la Fédé. Je vois fleurir nombre de structures privées proposant "d'Auditer" la Formation des Clubs, proposant Stages "à la Carte", Structuration des EDR, "Conseils" divers & variés, Solutions Clés en main ect...Si ces structures protéiformes prennent place, c'est bien place que la Place est vacante ! C'est bien parce que le pouvoir Fédéral a déserté les lieux, trop préoccupé par ailleurs à s'occuper de ce qui brille, ce qui fait briller...."

Tout-à-fait d'accord. Ce genre de sociétés de conseil, suivant la mode libérale du privé, soi-disant expertes, toujours hyper-prétentieuses, avec des solutions abstraites débiles et débilitantes, fleurit également dans nombre de domaines. Dans ceux que je connais, par ex la programmation logicielle, c'est la cata : tout va de pire en pire. Il faut une réflexion aux contraire empirique (expérience), pragmatique, et surtout comprenant toutes les perspectives, dimensions et niveaux de l'activité : bref, une réfletion systémique.

@MARCFANXV

Tu l'exprimes à la fin de ton com : le biais "mille-feuilles" et sectorisation des acquis est un retour de kick rugbystique des mantras start-up de l'économie libérale... En d'autres termes, on bosse sur la quantité et sur l'augmentation, au détriment de la qualité et de la globalité athlétique... Et je suis d'accord pour dire qu'il s'agit de replacer le jeu au centre du truc... Le jeu et ceux-celles qui l'animent, les humains... On doit repenser l'esprit de ce jeu, s'éloigner des excès de l'affrontement, des chocs, du combat, et remettre en lumière une géométrie de l'évitement, des intervalles, de la vitesse de balle... Qui ne sera possible qu'avec une éducation primitive de la technique individuelle dans l'action collective...

Le problème de championnites aiguë de pas mal d'éducateurs est un réel problème. Combien de fois tu vois les mecs remontés comme des coucous sur des -10 -12 en tournoi pour la gagne à tout prix. La consigne est : tu donnes la balle au plus costaud il traverse le terrain et à la fin t'as gagné le tournoi. Je caricature volontairement et grossièrement mais on est quelquefois pas loin de cette situation.
Quand je vois un éducateur de -10 faire en guise d'échauffement juste avant leur finale de tournoi des pompes abdos gainage à ses gamins, les bras m'en tombent.

Et ce même gamin costaud qui renverse tout le monde se retrouvera tout désoeuvré quand il tombe dans des catégories plus haut sur des gamins de la même corpulence que lui, car il n'a pas les capacités de s'adapter du fait de sa technique complètement frustre.

Le problème de la détection sur le physique à tout prix est aussi très symptomatique. On le voit dans notre comité. Tu es grand et costaud mais pas bon techniquement, t'es pris à coup sur. A contrario, un gamin doué techniquement mais pas sur les standards physique a peu de chances d'être sélectionné.

En France, on a hélas occulté complétement le fameux "perceptif décisionnel", l'intelligence situationnelle au profit du tout physique.

  • spir
    17561 points
  • il y a 2 ans
@bertuch

C'est vrai, et pour moi c'est le fond du problème. C'est aussi pourquoi le "french flair" (dont je m'aperçois qu'il était une réalité) diqparaît à vitesse grand V.
Il s'apprenait pas en école de rugby, mais dans la vie dehors entre gamins de tous âges, librement, avec toutes sortes de jeux ou activités. C'est l'intelligence concrète, voire l'intelligence tout court. L'intelligence phénoménale des gamins... tant qu'on les laisse faire preuve d'intelligence.

@bertuch

C'est vrai... Combien de fois se dit-on, en voyant jouer le XV de France que ce collectif manque de cerveau... Ou que les cerveaux ne sont pas mis à contribution... Manque de soutiens, mauvais choix, de passes, de côté, de pénalités, de replacements... L'instinct créatif au sein d'un collectif à plastique souple, qui s'adapte en permanence aux prises de décisions individuelles... Tout ça n'existe pas...

  • Ahma
    94044 points
  • il y a 2 ans
@ginobigoudi

Refais-le celui-là, y a pas une seule expression branchouille en anglais.

Il y a au moins 2 points qui manquent dans la reflexion globale:
- l'apprentissage de l'arbitrage pour tous à partir du M14. C'est quand meme important de connaitre les régles du jeu et essayer de les comprendre (on le voit dans les lacunes de l'équipe de France). La mise en pratique peut etre lors des rassemblements territoriaux EDR (M8/M10/M12) dans un environnement sans pression de résultat et où tout le monde est dans un mode apprentissage.
- les petites catégories M6/M8/M10 n'interressent pas les "anciens joueurs" car il faut de la patience pour apprendre un gamin à attraper un ballon correctement, traiter les peurs du contact (sol, copain ou adversaire) et il n'y a pas de jeu tactique. Alors sur ces petites catégories on retrouve en encadrants des jeunes de 20 ans qui sont juste là pour le billet à la fin du mois ou des parents bénévoles qui s'impliquent en donnant de l'énergie mais qui n'ont pas forcement les bons gestes

@Bobby64

il y a des clubs qui paient en M6/M8/M10 ???

@Grand Sachem aux sages commentaires

Désolés de vous l'apprendre de cette facon et d'autres magouilles pour recruter à partir du M16 mais ca fait partie des valeurs

@Bobby64

Quel billet !!??

Je suis globalement d'accord avec cet article.

Quelques remarques cependant : il faut intégrer que de nombreux "petits" clubs sont à l'agonie : manque d'éducateur, parfois d'infrastructures car les communes se désengagent de plus en plus des activités sportives par manque de pratiquants aussi. C'est le serpent qui se mord la queue.

Pour rebondir sur l'une des dernière phrases..."refonte de la formation fédérale des éducateurs".
Pour moi, c'est évident et c'est peut être le nœud du problème.
Je vais parler de mon cas : je prends beaucoup sur mon temps libre et familial pour gérer mes U16 avec mes 2 autres collègues, mais j'ai toujours refusé les formations proposées car je ne veux pas sacrifier 8 journées pour faire du tableau blanc et de la théorie.
Je veux qu'on m'évalue au préalable, et surtout, je veux qu'on m'accompagne au bord du terrain. Pas dans une salle et devant un vidéoprojecteur !!

Ce qui est caractéristique : des collègues ont du faire 200 km A/R un soir de semaine pour faire revalider leur diplôme devant un jury. Est ce la réalité du club, des enfants, du terrain ?

Donc le système de formation des éducateurs n'est pas bonne.

@RUGBYWAN KENOBI

En fait le gros soucis des formations fédérales, c'est qu'on ne vas pas se fonder sur ce qui se passe sur le terrain.
Avoir les bases de formations, donc devant le tableau blanc et vidéoproj sur certaines choses peut être pas mal. Mais après faut mettre sur le terrain.
L'un des soucis, c'est qu'il faut bien une sorte de base commune sinon ça pourrait être la débauche.
Quand on voit certains educs, de petits clubs, grands clubs, dirent à des jeunes -17, -15 "rentre dans la gueule" "dégomme le" là aussi on est sûr une conception bien arriéré. Je ne suis pas en train de dire que tous les éducs sont comme ça hein.

Il y a aussi comme on en parlait sur l'article de la refonte en australie, en france dans les catégories jeunes, un joueur ayant un physique plus important que la moyenne on va essentiellement se reposer sur lui. Ou même un joueur plus rapide ou quoi hein. Et pas construire autour.
Justement il serait préférable de voir à adapter le système autour des qualités physiques et de jeu (pour voir à surclasser ou déclasser) pour permettre la meilleure évolution possible. Tout en respectant l'intégrité physique des jeunes.
Les communes se désengagent totalement, et c'est de plus en plus compliqué pour les petits clubs, notamment dans les catégories -16, -18 où il y a de plus en plus de rassemblement.
Ca vient aussi qu'il y a de moins en moins de pratiquants dans les clubs, les parents n'inscrivent plus leur gamin au rugby contrairement à avant..

@Chablisien89

Je suis assez d'accord avec toutes vos remarques. Etant arbitre de rugby, je suis confronté tous les weekends à 2 gros points :
1- la non connaissance de la règle par les joueurs et leurs éducateurs
2- le manque de pédagogie des éducateurs.
Je ne veux pas leur jeter la pierre car ce n'est pas facile de prendre sur son temps de repos et de famille pour s'occuper d'un grand nombre de gamins, mais trop d'entre eux ne remettent pas en question ce qu'ils appliquent... et généralement c'est ce qu'ils ont vécu il y a 10 à 30 ans en tant que joueur.
Ce n'est pas facile mais la FFR doit investir à fond dans la formation des éducateurs et aller les voir. Ne plus leur demander d'y aller. C'est censé être le cas mais depuis Octobre j'ai demandé à chaque club que j'ai arbitré s'ils ont eu la visite de la FFR.... sur la 30aine, 1 seul l'a eu.
C'est bien dommage.

@King of the Biffle

Totalement, et encore nous on peut bien échanger et être un poil plus formé avec le cursus universitaire en sport, car on rencontre les ctr, ceux qui font les formations etc. Mais je me dis dans certains petits clubs, si on ne se rapproche pas de plus grosses structures, au fil des années les petits clubs vont disparaître. C'est déjà le cas au foot..

Voila pourquoi certains de nos internationaux, arrivés dans le rugby trop tard, ont beaucoup de difficultés à devenir des cracks au niveau mondial malgrès leur énorme potentiel (Vaha par exemple)

  • Jak3192
    57034 points
  • il y a 2 ans

Article interessant
que je partage en de nombreux points
Ya plu ka avoir la volonté politique de se pencher la dessus
BL va avoir du boulot,
un vrai,
s'il veut développer réellement la formation chez les jeunes.

L'auteur de cet article ,qui est édité chez Amphora,ne viendrait-il pas se faire un peu de pub sur ce site?rien de bien nouveau dans son éditorial,celui publié sous le [email protected] vini vicci,est bien plus instructif;

@yandelug

Une pub qui ne mentionne même pas son nom ?

  • Khris
    19611 points
  • il y a 2 ans
@Vae Victis Brennos

T’es de ceux qui oublie le début quand ils arrivent à la fin 😛

Lionel Girardi de Rugby Pro Training tente d'expliquer d'où vient le réel problème de la formation technique et pourquoi il n’a pas été résolu.

La technique n'est qu'un outil au service du sens tactique !
Sans oublier les rapports espace temps qui diminuent plus le niveau de jeu augmente !

Très intéressant. À mettre en relief avec cet article :
http://www.lerugbynistere.fr/news/immersion-comment-fonctionne-le-systeme-des-all-blacks-et-du-rugby-neo-zelandais-1611171242.php
où il est clairement montré que la base du meilleur rugby mondial est le niveau des clubs amateurs et non les centres de formation des équipes professionnelles.

  • xeuz
    4205 points
  • il y a 2 ans

Vu d'un père de jeunes rugbymen (u10 & u14 ) je ne peux que confirmer cette analyse. La technique individuelle apprise sur les 4 années de pratique est très faible...Par ex, faire une passe des 2 cotés correctement n'est pas acquis chez la majorité des jeunes... Et j'ai été marqué par la différence de skills avec d'autres sports, notamment Foot et hand, au meme age.

  • spir
    17561 points
  • il y a 2 ans
@xeuz

Oui, et je crois que c'est en partie parce que le rugby ne s'apprend qu'à "l'école". Et malheureusement, une école de rugby tend à fonctionner sur les mêmes principes de base, dont on sait depuis longtemps qu'ils sont contre-productifs, que "l'école" tout court.

Mon Dieu, parler de technique individuelle en 2018, c'est so 2000, il faut dire skills !

Sans parler de technique individuelle et tout le toin-toin je pense que le rugby pro international exige des qualités physique et mental impressionnantes (même suspectes d'ailleurs) que très peu de gens peuvent avoir. Ce que je veux dire c'est que même avec la meilleur des formations on ne peut pas tous être des rugbyman de renom.

@Salade de Phalanges

D'où l'intérêt de former un maximum de joueurs. Le choix sera plus large le jour où il faudra passer les différentes marches menant au niveau internationale.

  • AKA
    49116 points
  • il y a 2 ans

L' analyse est bonne, mais les solutions... Quelques collègues qui ont eu la chance de jouer ou entraîner dans un pays qui domine la discipline depuis toujours sont venus témoigner ici et au vu de leur expérience ont est loin du bon chemin! " Il est vrai aussi mais ce n’est pas l’objet de ce document que les conditions du match (pression mentale) et la pression adverse sont des éléments importants qui peuvent influencer sur la vitesse et la qualité des réalisations techniques." Je reprends ce passage car il est important (je rajouterai la pression du résultat), malgré que son auteur dise que "ce n' est l' objet de ce document". Au contraire tout cela influe sur le jeu que nous avons ici: jeu direct, minimum de prise de risques etc. ;et comme tout le monde se réfère à notre championnat national...

  • ankou
    32056 points
  • il y a 2 ans

La formation, c'est pas facile sur des gamins, car il ne faut pas oublier que pour eux (comme pour beaucoup d'entre nous) ce n'est qu'un jeu, un amusement entre potes. Alors dans les petits clubs (séries, honneur) ce n'est déjà pas facile de trouver un nombre correct de joueurs, mais ils faut qu'ils s'amusent, qu'ils soient contents de leur après-midi. Trouver pour ces clubs assez "d’éducateurs" (souvent des vétérans qui essayent de partager leur passion) qui ont assez de temps de libre, pas facile !

@ankou

J'ai toujours trouvé du plaisir lorsqu’il fallait être le meilleur sur le pré (même si je ne l'ai jamais été...).
La formation vers le haut niveau est souvent synonyme de plaisir pour les jeunes compétiteurs.

  • Ahma
    94044 points
  • il y a 2 ans
@Marc Lièvre Entremont

" J'ai toujours trouvé du plaisir lorsqu’il fallait être le meilleur sur le pré " : tous les taureaux le confirmeront.

@Ahma

Surtout pour le taureau dans la Reine.

@ankou

Apprendre n'est pas contradictoire avec s'amuser. Il est possible de trouver des manières ludiques au entrainement.

Tu soulèves la question pratico-pratique de mise en place, l'article traite de projet et de théories à grande échelle.

  • spir
    17561 points
  • il y a 2 ans
@Vae Victis Brennos

"Apprendre n'est pas contradictoire avec s'amuser."

Non seulement ça, mais apprendre réellement nécessite une motivation naturelle, réelle. Apprendre est contradictoire avec toutes formes de "conditionnants" : jugement, surtout positifs ("c'est bien!"), compétition externe et interne (entre partenaires ou collègues ou élèves), carottes, bâtons... bref tout ce dont on use pour enseigner (ou faire bosser) aux enfants (ou aux adultes) au lieu de les laisser apprendre (ou agir) au mieux par *motivation*. C'est pas moi qui le dis, mais toutes les études sur l'apprentissage, la performance et le rôle et l'efficacité stupéfiante de la motivation à bien faire réelle et naturelle de l'être humain... si on arrête de vouloir le contrôler.
Comment, pourquoi les tout-petits apprennent-ils la physique du monde, les intéractions matérielle, les intéractions humaines, les principes du langage et 1 ou 2 voire 3 langues, la socialité de leur culture, la morale de leur milieu.... et mille autres choses hypercomplexes que nous sommes devenus incapables d'apprendre, nous, passé N ans ?

Le plaisir p'apprendre, la joie de participer, le bonheur de faire de son mieux.. : tout ça, quand vous le voyez, eh ben vous savez que vous observez une situation d'apprentissage hyper efficace. (Mais nos dogmes prétendent l'inverse!)

@ankou

Tout à fait d'accord avec toi !

  • Aurel
    3012 points
  • il y a 2 ans

Merci également pour cette belle analyse.

J'ai par contre un point de divergence avec toi, je n'arrive pas à croire à la sensibilisation des clubs amateurs.
Des plus en plus de clubs sont tenus par des investisseurs locaux, cherchant uniquement la montée, quitte à payer des primes de matchs délirantes parfois en deuxième série, quitte à avoir des équipes composées majoritairement d'étrangers en Fed3.
Malheureusement un U10 bien formé ne jouera pas en équipe première avant 19 ans, si il reste ... autant dire que tous ces investisseurs souhaitant des résultats à court / moyen terme ne sont pas intéressés.

Le résultat est souvent que "l'école de rugby est plus une contrainte qu'une opportunité" (entendu de la bouche de mon président). A partir de ce moment là, l'éducateur de rugby n'est respecté ni considéré, ce qui explique un turnover important et un sous effectif.

Alors la fédé pourra faire toutes les formations qu'elle souhaite, et qui seraient utiles je n'en doute pas, il n'est pas possible de s'occuper correctement d'un groupe de 40 enfants à un ou deux éducateurs sur l'année, même avec beaucoup de bonne volonté.

Les groupes sont très hétérogènes, si on veut pouvoir former des jeunes au haut niveau, tout en permettant aux autres de progresser et de prendre du plaisir, il faut une équipe d'encadrement importante.

Pour retrouver une école de rugby saine, il faut retrouver un monde amateur sain.
- Pas de primes de matchs avant la fédérale 2.
- Limitation du nombre de joueurs étrangers avant la fédérale 1.
- Évaluation de l'école de rugby dans les critères d'accession en fédérale 1.
- Permettre une redistribution des bénéfices du monde pro vers le monde amateur, j'aimais bien à ce titre la proposition de MB concernant la création d'une indemnité de formation.

ça peut paraître un peu drastique, mais je ne vois pas comment on s'en sort autrement

@Aurel

Bonnes remarques.

Un bémol sur "l'évaluation de l'école de rugby". Cela ne risquait-il pas, à terme, de favoriser les résultats plutôt que la qualité de la formation ?

  • Aurel
    3012 points
  • il y a 2 ans
@Fidjien sous prozac

Oui c'est clairement un point vers lequel il ne faut pas dériver.

Mais on pourrait en tout cas imposer une obligation de moyens, en terme d'éducateurs par catégorie d'age, en terme de matériel mis à disposition, en terme de qualité de formation des enfants tant aux gestes techniques qu'à l'arbitrage (souvent délaissé par certaines EDR).

L'idée pour moi n'étant pas d'établir un classement mais de contraindre les clubs souhaitant jouer en Fed 1 à un minimum d'investissement dans leurs EDR.

Très bon article merci
Les années 85 / 90 ont cédé à la mode du globalou ou la technique individuelle à été négligée
sous prétexte qu'elle etait travaillé en situation ce qui était une erreur compte tenu du peu de nombre de fois que le joueur touchait le ballon !
Comme l'apprentissage de la lecture le rugby est soumis aux mêmes règles
La combinaison de la méthode analytique et globale ont donné les meilleurs résultats !!

  • Kad Deb
    29797 points
  • il y a 2 ans

Puisse l'auteur être entendu ! Depuis le temps que l'on parle de mettre fin à la championite et de privilégier le jeu intelligent et le plaisir dans les écoles de rugby, il serait temps de s'y mettre..
Et parler d'enfin améliorer la formation des éducateurs : ça paraît tellement évident !

  • cahues
    120313 points
  • il y a 2 ans

Laporte et Simon ont bossés dur dans leur jeunesse la technique d'évitement et de contact qui sont primordiaux en rugby.C'est comme ça que tu fais carrière dans le milieu...

Quand je vois le niveau des éducateurs d'un club près de chez moi , pourtant en fédérale 1 , je me dis effectivement que c'est pas demain qu'un bon joueur en sortira . Les gars n'en pipent pas une sur le rugby et leur seule satisfaction est de voir gagner leur équipe parce qu'un joueur au physique dominant a traversé seul trois fois le terrain . Pour qu'un éducateur apprenne aux joueurs comment passer un cadrage débordement ou comment jouer un surnombre il vaut mieux qu'il l'ai su lui même le faire un jour , je doute que ça soit le cas dans de nombreux clubs .

  • Aurel
    3012 points
  • il y a 2 ans
@Rchyères

C'est bien de charger les éducateurs, mais je crois que c'est un mauvais procès.

Déjà je ne suis pas d'accord avec le fait que les éducateurs se satisfassent de voir un gros physique traverser le terrain. La plus part des éducateurs cherchent à produire du beau jeu, évidemment il y a des dérives, mais je pense que la plus part des éducs sont ambitieux en terme de jeu. Il faut arrêter de reprendre le discours de tous les ******** de consultants qui disent qu'on fait pêter les gamins dans des boucliers ... c'est faux !

A ce que j' ai pu voir, les meilleurs joueurs ne font pas forcément les meilleurs éducateurs, même si il faut des bases. De plus, la plus part des gestes d'évitement et de technique purement individuelle sont souvent bien maitrisés par les joueurs, j'ai très souvent été bluffé par les qualités d'appuis, de vitesse et de plaquage de nombreux jeunes, même venant de "petits clubs".

En revanche, la gestion des surnombres, la vision du jeu, l'anticipation sont beaucoup plus complexes à travailler, notamment à cause de l'hétérogénéité du niveau de enfants. Malheureusement quand un enfant passe à 1 contre 5 il a du mal à comprendre la nécessité de regarder si il a un éventuel soutien. Si tu veux pouvoir à la fois travailler sur des consignes spéciales pour ces joueurs là, travailler sur les bases pour les joueurs plus faibles, il faut une équipe d'éducateurs conséquente, et c'est à mon avis là le plus gros problème de la formation.
Pour avoir m'être retrouvé plusieurs fois seul avec plus de 40 gamins, je t'assure que tu ne peux rien faire. A 40 gamins, en dessous de 3 éducs, il est très compliqué de travailler.

La technique individuelle (et très personnelle) de Bernie pour diriger Fédé et EdF est une erreur stratégique.

Merci pour cette belle analyse...

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