Et si la chasuble FFR avec des zones de couleurs vous apprenait à mieux plaquer ?
La chasuble pour les plaquages, bientôt testée.
La FFR, en partenariat avec la GMF, lance des tests pour réduire les blessures autour de la phase de plaquage.

"On s'est rendu compte que même si les blessures étaient relativement peu nombreuses, 60 % de ses blessures survenaient suite à un plaquage". Le constat est bien là. Depuis plusieurs années, le rugby souffre d'une image de sport dangereux avec des blessures de plus en plus nombreuses. Mais les chiffres ne sont pas si alarmants, comme le déclare Didier Retière : "On est sur l'ordre de 23 blessures pour 1000 heures de jeu, ce qui correspond à une blessure tous les 33 matchs. Ce sont des blessures avec des gravités très différentes, on a considéré comme blessure le fait que le joueur soit obligé de quitter le terrain. A titre d'informations, le football professionnel est aux alentours de 22 blessures pour 1000 heures de jeu. On est sur une incidence dans le rugby amateur qui reste relativement faible"

Partant de ce principe, la FFR a décidé d'agir en modifiant les règles. Les blessures subies sur plaquage sont à peu près équivalentes pour le plaqueur et le plaqué. La première initiative a été un changement des règles qui demandent un abaissement de la taille du plaquage ou encore le carton bleu. Les joueurs ont été de plus en plus pris en charge après des commotions notamment. Mais comment arriver à faire changer les habitudes et les positions lors des plaquagesIl est vrai que vous pouvez interdire de plaquer haut, mais pas de plaquer de la mauvaise épaule à hauteur légale. C'est en ce sens que la FFR et la GMF ont décidé de tester un outil afin de réduire le nombre de blessures dans le rugby amateur, et il va vous étonner : une chasuble. 

À l'image d'un pianiste qui fait ses gammes, nos joueurs de rugby ont un besoin essentiel d'entretenir leurs techniques de jeu au contact. Je crois que c'est ça qu'il faut faire comprendre et malheureusement, on a des entraîneurs qui pensent que ce sont des exercices d'école de rugby ou d'équipes de jeunes. On voit bien que les clubs professionnels reviennent à ces exercices. C'est l'état d'esprit qu'on veut faire passer à nos clubs : si on veut jouer en sécurité, il faut entraîner régulièrement la technique en particulier sur les situations de contacts.- Didier Retière

Pourquoi une chasuble ?

Dans la lignée du programme "Bien joué" lancé par la FFR et la GMF, la chasuble de plaquage entre en test. Sous les conseils de l'I.S.P.E.D, un institut spécialisé dans l'étude épidémiologique, notamment la santé : "Ils ont mis en place une étude sur 142 clubs tout au long de la saison dernière et celle-ci". Le but est bien évidemment de progresser dans les attitudes de plaquage. Mais comment une simple chasuble peut permettre ceci ? La chasuble testée sera dotée de zones de couleurs différentes sur les épaules, les hanches et le ventre. L'objectif est de permettre une cible plus visuelle lors des entraînements. Si le porteur de balle arrive du côté vert, le plaqueur engagera son épaule aux couleurs vertes. Une zone neutre sera également sur la chasuble afin de créer un "espace négatif et permettre d'orienter le regard vers une zone plus contrastée". Le principe du "nudge" en marketing, développée par Richard Thaler, prix Nobel d'économie en 2017 : influencer un comportement par notre propre intérêt. L'intérêt étant les zones de couleurs. 

Pour Didier Retière, les principales difficultés ont été de "trouver le meilleur compromis entre un outil innovant et utile, qui doit rentrer dans le quotidien du club""Le problème de taille, est-ce suffisamment solide, les couleurs, etc. Est-ce que la cible est suffisamment visible ou la taille des marquages. Oui, on s'est posé beaucoup de questions, ça a pris du temps et on a pas mal confronté avec les techniciens et également l'équipe de la GMF. C'est important d'avoir un œil neutre". 

L'objectif est d'étendre la saison prochaine ce dispositif à tous les clubs, s'il nous va et si les résultats sont intéressants - Didier Retière

Le test

Une phase de test va être lancée sur 49 clubs volontaires. Un autre groupe de clubs témoins sans chasubles sera évidemment analysé. Le but est de voir si une corrélation peut se faire entre cette chasuble et la réduction du nombre de blessures en match. Si la pandémie mondiale ralentit la pratique du rugby amateur, le test est tout de même maintenu en fin d'année. La durée de 8 semaines à raison d'une séance par semaine du test doit amener une amélioration dans la technique de plaquage. 

Mais comment corréler des situations d'entraînements à des phases de plaquages en match, qui sont bien souvent plus intenses et uniques ? La progression dans le programme est pensé en ce sens, comme l'affirme Didier Retière : "On a des situations de 1c1 avec pas d'incertitude où le joueur court sans changement de direction. Puis on intègre de l'incertitude avec des changements d'appuis et de direction. Et ça termine par des situations de 5c5 qu'on a repris sur les règles du "jeu au contact" des écoles de rugby. Il n'y a pas de ruck, le joueur plaqué ne lutte pas au sol pour le ballon. Cette situation pousse à enchaîner les temps de jeu avec des courses et des passes, beaucoup d'incertitude. C'est toujours le problème de l'entraînement. Comment on fait pour que la situation vécue à l'entraînement soit la plus proche du match ? On pense en effet que cette progression et que ce travail technique est le bon". 

Le projet est un test sur 49 équipes et le coût premier est un coup humain et temporel. Didier Retière déclare que quelques milliers d'euros sont investis, mais notamment dans le partenariat avec l'I.S.P.E.D. Rajoutez à cela le coût des 5000 chasubles (50 chasubles par club) pour les clubs témoins et test. Ce seront donc des chasubles d'entraînements et il est possible d'imaginer des maillots de matchs similaires dans les prochaines années, Retière ne ferme pas la porte : "Pourquoi pas ne pas avoir un design particulier des maillots de rugby qui puisse reprendre l'idée générale de la chasuble". Si cette chasuble vient à changer considérablement le nombre de blessures sur plaquage, la FFR pourrait faire fureur avec un brevet déjà déposé sur ce concept. Et si on imaginait le même produit pour les zones de rucks, toujours aussi dangereuses ?

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Tout ce qui concoure à la sécurité qui plus est à un coût dérisoire est bon à prendre.

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