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Australie, Irlande, Nouvelle-Zélande, 7s... L'aventure de Simon Fauthoux, globe-trotter du ballon ovale
Globe-trotter rugbystique passé par la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Irlande, Simon Fauthoux nous raconte son histoire.

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Rares sont les joueurs français qui peuvent se targuer d’être passés par un club néo-zélandais et australien. Simon Fauthoux nous raconte son histoire.

Salut Simon, présente-toi un peu aux internautes du Rugbynistère pour commencer.

J’ai 26 ans et je suis originaire de Biarritz. J’ai fait toute ma scolarité et mes études là-bas, puis je me suis arrêté en 1ère année de master en management à Pau. J’ai stoppé mes études car j’ai eu l’opportunité de partir à l’étranger pour le rugby, mis à part le fait que ça ne me plaisait pas du tout de toute façon.

Et au niveau de ton parcours rugbystique ?

Mon parcours est très mouvementé. Il a commencé il y a une dizaine d’années au Pays basque. J’ai commencé le rugby assez tard vers 15-16 ans à Biarritz. L’année suivante, je suis parti à Bidart (près de Biarritz), qui était en tutorat avec le BOPB. J’ai fait une année à Bidart puis j’ai été appelé par Anglet pour aller jouer en Reichel. J’ai fait mes deux années Reichel là-bas, puis je suis monté en équipe 1ère à la fin des deux années. Elle venait de monter en Fédérale 2. J’ai fait une saison en 1ère à Anglet.

Suite à quelques différends avec mes coachs,  je suis reparti la saison suivante à Bidart. Et c’est à ce moment que j’ai rencontré un Néo-zélandais qui jouait dans l’équipe. Je lui ai tout simplement demandé s’il y avait de la place dans son ancienne équipe, chez lui. Il a donc négocié avec le club et ils ont accepté de m’accueillir et de me faire jouer avec eux, au Wellington Rugby Football Club. C’est un club de Championship, c’est-à-dire juste en dessous de l’ITM Cup. Le président du club est d’aileurs un ancien All black, Murray Mexted.

Je suis resté une année complète là-bas. J’ai beaucoup appris pour pouvoir m’imposer dans l’équipe première autant sur le plan physique que sur le plan technique, mais ce qui me reste le plus en tête, c’est la dimension physique prise par les joueurs par rapport à ce qui se fait en France.

Est-ce que tu as dû évoluer physiquement pour passer dans un championnat comme celui-ci ?

Oui bien évidemment, j’ai dû prendre plus de 10kg en à peine 5 mois pour me mettre au niveau des golgoths qu’il y avait en face. Je n’avais pas le choix sachant que même avec une grosse dizaine de kilos en plus je restais un des plus légers de l’équipe ! Quand je suis arrivé en Nouvelle Zélande, je faisais entre 75 et 80kg. Je jouais au centre ou à l’aile. Je fais maintenant 1m75 pour 95kg. J’ai pas mal galéré au début mais avec du travail, j’ai persisté et mes efforts ont payé !

J’ai eu la chance d’avoir un super préparateur physique à Bordeaux qui me préparait mes programmes, Maxime Sourbets. Je travaille avec lui depuis maintenant deux ans et demi et je progresse extrêmement vite. C’est aussi grâce à lui que j’arrive à trouver des clubs toujours plus intéressants car je reste toujours prêt à entamer une nouvelle saison avec les exigences physiques qu’elle demande. Comme ça, quand je démarche auprès des clubs étrangers, ma condition physique est un plus quand ils me font faire des tests par exemple.

Il paraît que tu as signé en Australie cette année ?

L’histoire est plutôt sympa effectivement. Après cette super expérience à Wellington, je suis revenu jouer à Lormont en Fédérale 1 car ma copine faisait ses études à Bordeaux. L’ambiance ne m’a pas vraiment plu à mon arrivée là-bas. J’ai eu du mal à m’intégrer dans l’équipe et ils n’appréciaient pas trop les nouveaux joueurs. En plus, le club était en mauvaise position financière ce qui rendait l’atmosphère assez invivable. Le point positif, c'est est que ça m’a vraiment remotivé pour repartir à l’étranger vu ce que j’avais vécu en Nouvelle-Zélande.

J’ai donc signé au Seapoint Rugby Club en Irlande, dans la province du Leinster. Une année encore extraordinaire qui m’a reboosté dans le but de trouver un nouveau club à l’étranger. Comme ma copine avait fini ses études, on avait une année à consacrer à voyager. On a choisi l’Australie. J’ai démarché un club là-bas et trouvé un terrain d’entente avec le Byron Bay Rugby Club. Ils m’ont d’ailleurs aidé à trouver un travail et un appartement sur place. Je les en remercie pour cela.

Crédit photo : RB photo

Et tu t’acclimates bien au climat australien ? Ca se passe bien avec ton club ?

Les gens sont super accueillants et t’aident beaucoup à t’intégrer, t’installer, reconnaître l’endroit, etc… Le club m’a aidé à trouver un job de barman donc, bien évidemment, je ne vis pas grâce au rugby. En Irlande, par contre, le club me payait le logement et quelques à-côtés mais pas non plus de contrat pro cette année-là. En Nouvelle-Zélande, pour trouver des contrats payants, il faut plutôt jouer en ITM Cup où en Super 15, ce que je n’ai pas eu la chance de faire !

Sinon pour l’instant, la saison n’a pas encore commencé (ndlr : celle-ci dure de mars à septembre). J’essaye de me maintenir en forme du mieux que je peux en participant à des tournois de tag rugby organisés par le club. J’attends impatiemment le début de la saison pour découvrir ce nouveau championnat.

>> La suite de l'interview page 2. <<

Parle-nous un peu de tes expériences à 7.

J’ai commencé par jouer avec Euskadi 7’s. C’est une équipe dirigée par Vincent Corret, qui m’a contacté il y a deux ans et demi pour monter cette équipe composée de pas mal d’espoirs de Biarritz et de joueurs d’Anglet. On part faire pas mal de tournois à l’étranger. Si je me souviens bien, la première année j’étais en Nouvelle Zélande et je n’avais pas pu jouer avec eux. La deuxième année, je les ai rejoints et on a fait une super saison. On a gagné quasiment tous les tournois qu’on a joués en France. L’année dernière, on est parti faire le Dublin Sevens qui est un tournoi composé presque uniquement d’équipes nationales comme l’Allemagne, l’Italie, la Jamaïque, etc… On était la seule équipe « amateur ».

On a gagné la Plate, synonyme de 5e place. On a fait un super tournoi et on a été parfaitement encadrés. Il y avait des mecs qui ont fait France Universitaire comme Nicolas Pouplot ou Benjamin Prier qui joue 9 à Massy. Ce sont des gars qui ont l’habitude du 7. On s’éclate à chaque tournoi où on va, on passe de super moments, on ne se prend jamais la tête et on arrive toujours à faire des bonnes perfs donc pour l’instant, c’est une équipe parfaite pour s’épanouir rugbystiquement parlant. J’ai aussi pu participer à certains tournois avec les Belgium Barbarians qui est une sélection de joueurs franco-belges. C’est par l’intermédiaire d’un ami à moi de Biarritz qui joue là-bas que j’ai pu les rejoindre. Ils participent à des tournois avec des destinations assez « exotiques » comme Montréal, Bordeaux ou Dubaï. Il m’a donc proposé de venir à Montréal avec eux : j’ai dit oui tout de suite !

Après le niveau est disons, « franco-belge », dans le sens où il y a certains joueurs de qualité puis d’autres qui sont plus dans l’apprentissage. On sait que la Belgique est un pays où le rugby n’est pas implanté depuis longtemps. L’ambiance est par contre géniale, les mecs sont hyper sympas et ont envie d’apprendre donc c’est vraiment intéressant de jouer avec eux. Les choses que j’apprends avec Euskadi, je peux les transmettre aux Barbarians et inversement. J’aimerais bien rejouer avec eux bien sûr mais je donne ma priorité à Euskadi 7.

Est-ce que tu ressens cette difficulté de passer du 7 au 15 comme un Vakatawa le ferait ?

A 7, je joue plutôt pilier donc c’est vrai que la plus grosse difficulté se trouve sur le plan physique. En jouant au centre ou à l’aile au 15, je ne ressens pas le besoin d’avoir une endurance énorme alors qu’à 7, les premiers matches sont toujours compliqués à ce niveau-là. Après avec Euskadi, à partir du moment où l’équipe est structurée, le jeu est structuré, la différence se ressent moins. Du coup, cette différence de poste nécessite moins de déplacements inutiles que dans le jeu à 7.

Comment vois-tu ton futur ?

C’est clair que mon objectif n’est plus de passer pro car il est trop tard à mon âge. Je me vois plutôt comme un joueur de niveau Fédérale 1, mais pas plus. J’essaie toujours d’évoluer dans des championnats de ce niveau-là à l’étranger. Après, les niveaux diffèrent entre les championnats pour plusieurs raisons. En Irlande par exemple, la vision du rugby est peut-être plus physique que technique alors qu’en Nouvelle Zélande ou en Australie, le jeu est beaucoup plus aéré et technique. En tout cas, l’objectif est d’avoir le meilleur niveau possible. J’ai plusieurs idées en ce qui concerne mon futur et elles se tournent toutes vers l’étranger. Je pensais par exemple à chercher un contrat un peu plus intéressant vers les USA ou le Japon, où le rugby se développe énormément.

Crédit photo : Robert Perron

En plus, ils sont à la recherche de joueurs étrangers pour leur apporter ce petit plus, au moins au niveau technique. Mais ils compensent ça par des joueurs aux physiques énormes, surtout aux Etats-Unis. Sinon, j’étais aussi tenté par l’Argentine mais c’est comme en Australie ou en Nouvelle Zélande : le fait est qu’il y a moins d’argent dans le rugby. Mais ce n’est pas ma motivation principale et c’est pour ça que je garde ce pays en ligne de mire.

Du coup, j’hésite toujours entre ces trois destinations. Mais tant que je m’éclate à l’étranger, un retour en France n’est pas prévu pour l’instant. On m’a aussi récemment proposé de partir avec les Bleus au Dubaï Sevens, une proposition que j’ai malheureusement dû refuser pour des problèmes personnels mais rien n’est exclu de ce côté non plus.

La légende dit que ton idole porte le nom de Brian O’Driscoll, pourquoi lui ?

Pour moi, quand il était au top de sa carrière, il a été le meilleur centre du monde. Je pense qu’on ne pourra pas faire mieux au haut niveau dans les prochaines années. Il était à l’aise partout, offensivement comme défensivement, au pied comme à la main, il a vraiment cette capacité à s’adapter à n’importe quelle situation qui fait de lui un génie rugbystique. Il est quand même resté plus de 18 ans au plus haut niveau, il a vu les gabarits évoluer et malgré ça, il a réussi à rester le meilleur centre au monde. J’ai d’ailleurs un tatouage sur le bras avec écrit « In BOD we trust » (ndlr : référence à la devise américaine « In God we trust »).

Arthur Jean
Arthur Jean
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le championnat de Sydney, le Intrust Shute Shield, ou bien le Queensland Premier sont des championnats surement bien plus interessant que les matches qu il va faire sur Byron Bay... mais Byron c 'est le paradis sur terre!!!

en tout cas pour avoir moi meme joue en France, Afrique du Sud, Angleterre, Pays de Galles et deux fois en Australie, je peux confirmer qu'on s'eclate bien à l'etranger!!
Bon courage Simon

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