Rugby à 7 - Pourquoi le Kenya est-il en crise ?

Rugby à 7 - Pourquoi le Kenya est-il en crise ?
Collins Injera et plusieurs stars du rugby kényan ne souhaitent plus rechausser les crampons.
Leurs salaires ayant été fortement baissés, plusieurs joueurs kényans ont décidé de ne plus représenter leurs pays.

La saison sur le circuit mondial risque d'être longue pour le Kenya. Après une quinzième place à Dubaï et une treizième place à Cape Town, les joueurs kényans s'élancent avec plusieurs incertitudes vers la suite des échéances. Mais comment expliquer ce déclin ? Effectivement, le Kenya pointait à la huitième place du circuit la saison passée. Mais la perte d'un de leur plus gros sponsor a eu des conséquences dévastatrices.

À la recherche d'un sponsor

La saison passée, les internationaux kényans pouvaient compter sur Sportpesa pour assurer le côté financier. Les joueurs les moins payés gagnaient 100 000 Ksh (monnaie kényane) par mois avant impôts (soit 860 euros), ceux comptant entre 15 et 29 sélections pouvaient prétendre à 115 000 Ksh (989 euros), ceux dont les sélections variaient de 30 à 44 avaient le droit à 140 000 Ksh (1204 euros), tandis que ceux dépassant les 45 sélections gagnaient 165 000 Ksh (1419 euros). Mais depuis le départ de Sportpesa, c'est la faillite ! La Fédération kényane (Kenya Rugby Union) a du réduire fortement les contrats. Autant en nombre, qu'en contenu.

Les conventions sont désormais les suivantes : 50 000 Ksh par mois (430 euros) pour les joueurs « juniors » et 100 000 Ksh (860 euros) pour les joueurs « séniors ». Une proposition que les « anciens » ont, pour la grande la majorité, refusée. Ce qui explique l'absence de Collins Injera, Andrew Amonde, Willy Ambaka, Dennis Ombachi, Sammy Oliech, Nelson Oyoo, Billy Odhiambo et Dan Sikuta sur le circuit cette saison.

VIDEO. London 7s. Qui va payer les 80 000 euros de dégâts du 200e essai de Collins Injera ?Interrogée par le Daily Nation (journal kényan), la PDG de la KRU Sylvia Kamau a affirmé que la Fédération n'avait pas le choix : « On ne peut pas donner de salaires et de grandes promesses que nous ne tiendrons pas, mais en même temps, nous voulons toujours ces joueurs. C’est une situation difficile pour nous. Mais nous n'aurons pas d'autres solutions que de sélectionner de nouveaux joueurs, car nous n'avons pas de sponsors pour soutenir les gros salaires. »

Les primes également touchées

Si elles étaient de l'ordre de 300 000 (2580 euros) à 100 000 Ksh (860 euros) pour les meilleures places la saison passée, les primes ont elles aussi été fortement revues à la baisse...La Fédération a ainsi communiqué les nouvelles formalités pour cette saison. Désormais, une victoire en Cup, le tournoi principal, rapporterait 100 000 Ksh (860 euros) à chaque joueur kényan. Une place en finale vaudra 50 000 Ksh (430 euros), la médaille de bronze 40 000 Ksh (344 euros), une quatrième place 35 000 Ksh (301 euros), une victoire en Plate (cinquième place) 30 000 Ksh (258 euros) et une place parmi les huit premiers sera assimilée à une prime de 20 000 Ksh (172 euros).

Et ce n'est pas fini ! Le Kenya ayant lancé sa saison avec Brand Kenya, via le parrainage de « Make It Kenya », ce dernier aurait finalement décidé de mettre fin à la collaboration selon RagaHouse (média kényan). Laissant l'équipe africaine sans sponsor maillot désormais. Le seul sponsor restant étant Bidco, mais couvrant la partie dorsale du maillot. Le Kenya n'ayant toujours pas atteint la Cup cette saison, la Fédération a décidé de convoquer six nouveaux joueurs pour les prochaines étapes (William Reeve, Jacob Ojee, Peter Kilonzo, Mike Agevi, Charles Kuka et Bush). À Hamilton, les Kényans se retrouveront dans la poule de l'Afrique du Sud, de la France et de l'Écosse.

France 7. Le groupe pour Hamilton et Sydney avec Yobo et N'Gandebe