Benoit Trey (président de Blagnac) : ''remettre la formation au centre du village, c'est l'enjeu du rugby français''

Benoit Trey (président de Blagnac) : ''remettre la formation au centre du village, c'est l'enjeu du rugby français''
Benoit Trey (président de Blagnac) : ''remettre la formation au centre du village, c'est l'enjeu du rugby français''
Le président du SC Blagnac revient avec nous sur les enjeux sportifs et humains d'une division new-look.

Fédérale 1 Circus :  quels sont les enjeux sportifs et humains d'un championnat perfectible ?


Que pensez-vous de ce championnat que beaucoup jugent hétéroclite et mal calibré ?

Pour nous, c'est un championnat intéressant ! Ce qui nous intéresse, c'est qu'a priori, on va mettre le sportif en premier. Regarder d'abord le sportif et après les structures, je pense que c'est la bonne solution. Au moins, on part tous sur le meme pied d'égalité ! Nous, ça nous va bien, et cela plaît beaucoup à Christophe Deylaud qui construit un projet sportif, avec des filles et des gars qui sont fiers de porter nos couleurs.

Quels sont les enjeux pour Blagnac ?

Notre objectif, c'est d'être dans les 6 premiers, donc à minima en Du Manoir ! Il ne faut pas se brûler les ailes. On a des ambitions, elles sont mesurées, et dans le cadre d'un projet structurant. Être dans les deux ou trois premiers de notre poule, ça nous irait bien, avec des phases finale aller-retour à la clé !

Les déboires de Colomiers, peuvent-ils servir votre club ? 

Je n'aime pas trop regarder les autres ! On s'adaptera si malheureusement, ils descendent, mais je ne le leur souhaite pas. On ne veut pas se construire sur les défaillances des voisins.

La Fédérale 1 doit-elle être le laboratoire de l'élite du rugby français via la formation ? Qui plus est pour un club comme le vôtre entre un géant, le Stade Toulousain, et un bastion en péril, Colomiers ?

Quand on voit la réussite du « Petit » Pages au Stade Toulousain, joueur issu de la formation blagnacaise, ça récompense notre travail. Travailler sur le local, voilà notre mot d'ordre. Limiter le nombre de joueurs étrangers, faire place à la jeunesse - car ce sont les joueurs de demain ! - sont nos lignes directrices en la matière. On a créé un partenariat avec le Stade Toulousain, structurant et fort, qui va dans ce sens. Quand on n'a pas les ressources, il faut aller chercher les joueurs ailleurs ! Nous, cet ailleurs, c'est le bassin toulousain.

Christophe Deylaud et Fred Michalak sont les garants de ce recrutement local. On veut faire évoluer les mentalités, car on s'est aperçu qu'un joueur français se considère moins bon qu'un étranger. Il faut faire sauter ce complexe ! En allant partout dans la cité, notamment dans les quartiers avec l'association « rebonds », on sort de notre zone de confort et de notre carré vert pour trouver de nouvelles perspectives. Nous, on le fait en local et je pense qu'on est dans le concret. Remettre la formation au centre du village : c'est l'enjeu du rugby français ! 

Une Pro D3 mixant Pro et Amateur en cours de structuration (sur le modèle du championnat "National" de Football, avec conservation temporaire des droits TV et du centre de formation pour les clubs qui descendent) serait-elle une solution ? 

Une Pro D3, pourquoi pas : ça nous permettrait de progresser et d'avoir une adversité qui prépare à la Pro D2 ! Et ça permettrait aussi au club de se développer tant structurellement que sportivement. Nous, on veut travailler sur les fondations, et on veut être un des meilleurs clubs de Fédérale 1 ! Donc du coup, un championnat qui élève le niveau, on ne dit pas non ! Au club, on pense à l'étage au-dessus, bien sûr, mais pas n'importe comment, car on ne veut pas reproduire ce qui n'a pas marché dans le passée (montée et descente immédiate saison 2007/2008). Si un jour, on remonte en ProD2, on veut être préparé pour y rester durablement.