Fédérale 1 Circus :  quels sont les enjeux sportifs et humains d'un championnat perfectible ?

Fédérale 1 Circus :  quels sont les enjeux sportifs et humains d'un championnat perfectible ?
Avant dernier article de notre série : Fédérale 1 Circus . Crédit Photo : Flickr tiffany terry
Fédérale 1
  • 1 Matchs joués
  • 0 Victoires
  • 11 Classement
  • 13 Points marqués
  • 20 Points encaissés
Quels sont les enjeux sportifs et humains de la fédérale 1, un championnat new-look mais perfectible ?

Enjeux sportifs et humains : « 3 vitesses, 2 donnes »

D'une Fédérale 1 Elite au laxisme budgétaire érigé en art de vivre à cette Fédérale 1 « fourre-tout » sans modèle économique, la FFR n'a fait que renverser un culbuto. L'intransigeance administrativo-financière de cette saison, louable au départ, est devenue un piège qui se referme sur Marcoussis. Quel serait l'intérêt sportif de ce championnat à 3 vitesses (accession Pro D2, Du Manoir et maintien) et à deux facettes ? Il y a bien deux donnes dans ce championnat : celle, purement sportive, du top départ automnal. Et celle, post-trêve des confiseurs qui rebat les cartes au gré des atouts financiers de chacun. 

Que va dire le passionné lambda qui s'était pris d'affection pour les parcours des Stades Nantais et Niçois, si d'aventure ces deux larrons étaient relégués ? À Chambéry, Benjamin Bagate déplore une triple sanction obligeant son club à décréter cette année de transition : « On reconstruit, en misant sur des joueurs français ». Mais cela ne l'empêche pas d'avoir la qualification en Du Manoir (de la 3e à la 6e place de chaque poule) en ligne de mire. Comme beaucoup de clubs qui tenaient le haut du pavé en Fédérale 1, le SOC ou Aubenas vont maintenant devoir batailler dans ce Jean Prat « discount » pour s'offrir une aventure collective de fin de saison, en attendant des lendemain qui chantent.

Pour Hervé Moni et le Stade Niçois, l'objectif minima est le Du Manoir. Les phases finales d'accession, malgré une seconde place en Poule 4 "reste une perspective assez lointaine ! Mais si elle se profilait, ça serait avec un grand plaisir qu'on s'y retrouverait". A contrario, pour des valeurs sures de la Fédérale 1 comme Lavaur, Hyères, Trélissac, Niort, Anglet, ou encore Castanet, le challenge peut être le rayon de soleil d'une saison qui risque de leur paraître lancinante.

Des différences de niveau

Autre problématique, le différentiel de niveau existant entre Drôme Rugby et Fleurance, ou encore Saint-Médard-en-Jalles et le Rouen Normandie Rugby. Ces poules disparates ne préparent pas de façon optimum aux phases finales, les cadors qui tendent vers la Pro D2. Du côté des grosses écuries, on assume ses ambitions, comme Kevin Boulogne, coach adjoint au SC Albi : "notre objectif, c'est la qualification. Ce n'est pas un manque d'humilité, mais on veut assumer notre statut." Cette phase régulière version 2018/2019 n'emballe guère les équipages amateurs. À l'issue de l'écrasante victoire d'Albi sur Oloron (73 - 11), le président des Béarnais avait dégainé au micro du #MagSport RadioAlbiges : « on joue contre des équipes qu'on voyait à la télé il y a deux ans, c'est l'absurdité du rugby moderne ».

Chez les promus, comme Nafarroa, Fleurance ou Bédarrides, on a trouvé naturellement un enjeu sportif : « la lutte au maintien » . Ces petits poucets auront quoiqu'il arrive vécu une aventure humaine inoubliable. Mais le camouflet d'Albi à Nafarroa a rappelé à certaines formations du haut de tableau qu'il ne fallait présumer de rien. Arnaud Méla d'expliquer :

On a été la risée de toutes la France, des médias, des clubs... On était loin de la Fédérale 1 Elite ! 

Albi n'évolue pas dans la poule 1, celle qui apparaît comme la plus relevée. Mathieu Péluchon (Cognac-Saint Jean d'Angely) ne dit pas le contraire : "c'est un beau challenge, qui ressemble parfois à la Fédérale 1 Elite !" Les équipes sortant de cette poule, que ce soit pour le Du Manoir ou l'accession en ProD2, auront un atout non-négligeable : avoir enchaîné des matchs avec une certaine intensité, et emmagasiné du rythme, avant des phases finales censées être le summum de ce long périple en fédérale.

Laisser des traces

Mais humainement, cette Fédérale 1 risque de laisser des traces. Car la disparité des contrats et des statuts est un magma en ébullition. Dans un même club peuvent cohabiter des pluri-actifs, des conventions, des contrats pros, des contrats amateurs, et des chômeurs. Une vrai foire d'empoigne sociale, et une disparité pouvant être des bombes à retardement, voire à fragmentation. Pour certaines écuries descendues de PRO D2, nombres de joueurs ayant joué la carte-fidélité se sont vus inscrits aux cases chômage, le club comblant le manque à gagner entre l'allocation versée par pôle emploi et le montant souhaité par le joueur, faisant d'eux des vrais-faux « pro ». 

Une astuce permettant aux entités descendant de l'étage supérieur de conserver une ossature pour reconstruire. Mais pour ces joueurs, une course contre la montre commence : l'obligation de remonter avant que les droits chômages ne s'estompent. En cas d'échec, ces mêmes joueurs peuvent se retrouver dans une impasse (sans allocations chômage, et avec un club qui rompt son contrat).

Au Sporting Club Blagnacais, on a opté pour un vrai accompagnement vers l'insertion et la reconversion de toute partie prenante du club. Avec l'aide de l'association Rebonds et d'un de ses dirigeants (Sanoussi Diarra), le club du Président Benoit Trey (où Fred Michalak, actionnaire majoritaire a toujours un oeil averti), a fait de ce sujet "primordial dans un club semi-pro" un étendard, puisqu'ils seront primés Sport Responsable dans cette catégorie. La vie d'un joueur amateur pluri-actif en fin de carrière en Fédérale 1 est plus simple à appréhender que celle d'un joueur pro. Pour le premier, pas de petite mort et de saut dans l'inconnu : il n'aura qu'à pousser la porte de la banque, du commerce, de l'entreprise où il travaille en cohabitation depuis des années avec le rugby, pour trouver la suite de sa vie sociale. De l'autre coté de la barrière, certains joueurs fracassés par le professionnalisme ne voit le ballon ovale qu'en synonyme d'une lumière furtive qui les a envoyés dans les abîmes d'une impasse professionnelle. Que ce soit sportivement ou humainement, la Fédérale 1 doit se construire un futur désirable, car ils sont peu - à l'instar du Nafartar Xabi Inarra - à se battre seulement "pour l'amour d'une Terre et d'un jeu !"

Retrouvez notre interview sur le sujet avec Benoit Trey, président de Blagnac :

Benoit Trey (président de Blagnac) : ''remettre la formation au centre du village, c'est l'enjeu du rugby français''

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