RUGBY. ''Ils sont en train de creuser un écart abyssal'', comment Toulouse cultive son avance sur la concurrence ?
Jean-Baptiste Elissalde décrypte la domination du Stade Toulousain en Top 14. Crédit image : Screenshot Canal +
Jean-Baptiste Elissalde salue le Stade Toulousain et dévoile les clés de leur succès : une formation élite, une gestion astucieuse et un réservoir de talents exceptionnel.

Jean-Baptiste Elissalde, ancien demi de mêlée et entraîneur du Stade Toulousain, a regardé avec beaucoup d'admiration la finale du Top 14 remporté par les rouge et noir. Comme beaucoup, il aurait aimé que l'UBB donne plus de fil à retordre à son ancien club. Mais force est de constater que Toulouse était bien trop fort. Une domination qui pourrait bien durer tant la formation haut-garonnaise semble en avance sur la concurrence.

Via L'Equipe, le technicien a partagé ses impressions sur la domination actuelle de son ancien club après leur troisième doublé historique. "J'ai vu la finale Crabos avec mon fils. Le Stade Toulousain a été battu par Brive, mais ils sont là. Les Espoirs sont champions de France. Les Alamercery ne sont pas loin. Et ça, c'est chaque année," souligne-t-il. Cette régularité au sommet témoigne d'une structure de formation exceptionnelle qui alimente en continu l'équipe première.

Un cercle vertueux de formation que l'on ne voit que très peu ailleurs. "Toulouse est en train de prendre une telle avance qu'ils se permettent de prêter beaucoup de joueurs en Pro D2 pour les aguerrir, à l'image de Thomas Ramos, il y a quelques années. Ils vont récolter les fruits de ce travail encore et encore." Cette politique permet au club de construire un vivier de talents, préparés au plus haut niveau, prêt à renforcer l'équipe première à tout moment.

Je pense qu'ils vont fabriquer beaucoup d'internationaux qui seront issus de leur club, ça veut dire beaucoup de primes de salary cap en plus. Ils sont en train de creuser un écart abyssal avec le reste du championnat.

Jean-Baptiste souligne également la gestion remarquable de l'effectif par Ugo Mola et son staff. "Même avec les clubs qui travaillent bien à l'image de Bordeaux, on voit que sur une saison entière, utiliser autant de joueurs, gérer de cette façon l'effectif comme l'a fait Ugo et son staff, c'est admirable." Cette capacité à maintenir un haut niveau de performance malgré les absences dues aux sélections nationales est un atout majeur.

Elissalde met en avant les performances individuelles impressionnantes, notamment celles de Blair Kinghorn, qui n'a pas perdu un match depuis qu'il est sur le terrain, et la charnière Dupont-Ntamack, invaincue également. "Quand la charnière Dupont et Ntamack est sur le terrain, ils ne perdent pas non plus. Au-delà de ça, 37 joueurs différents ont marqué et le 6e ou 7e troisième ligne, le jeune Castro-Ferreira a marqué 9 essais." Ces statistiques illustrent la profondeur et la qualité de l'effectif toulousain.

La richesse du réservoir de joueurs est un autre point fort souligné par Jean-Baptiste. "Toulouse a été l'équipe numéro 1 pendant les doublons, ça veut dire qu'il y a un réservoir énorme." Cette profondeur permet au club de rester compétitif tout au long de la saison, même lorsque les meilleurs joueurs sont appelés en sélection nationale.

Enfin, Elissalde rend hommage aux figures emblématiques du club qui continuent de contribuer à son succès. "Du président à Michel Marfaing en passant par Émile Ntamack. Tous ces grands joueurs que vous avez connus qui sont restés dans le club et qui font un travail admirable pour alimenter l'équipe première." Cette continuité et cet engagement des anciens joueurs sont des piliers de la réussite du Stade Toulousain.

Pour conclure, Jean-Baptiste Elissalde reste optimiste quant à l'avenir du club et sur sa capacité à soulever encore plusieurs trophées dans les prochaines années : "Quand vous savez que la plupart des joueurs ont 25/26 ans, qu'ils sont dans la pleine force de l'âge. Que la charnière, si elle n'a pas envie d'exotisme, peut aussi rester six ans en place et sera encore la meilleure." Avec un tel potentiel et une telle organisation, le Stade Toulousain est bien parti pour continuer à écrire des pages glorieuses de son histoire.

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Je trouve que cette finale donne pas mal de réponses quant aux difficultés de l'EDF en CdM, voire au T6.
Si on dit que le top14 est le championnat national le plus difficile, c'est surtout en raison de sa durée et du nombre de matchs. Donc, si même quelques équipes sont franchement au-dessus des autres, la longueur et le nombre de matchs + doublons (x2) font qu'au classement en fin de saison, il est rare qu'il y ait beaucoup de points d'écart entre les 6 premiers.
Ce qu'on a vu cette année c'est que cet écart va s'accentuer. Le ST a enchaîné 3 matchs de très haut niveau, dont 2 finales et 1 demie.
L'UBB (3ème au classement) a eu du mal à se hisser en finale, et les joueurs n'étaient plus capables d'aller plus loin.
Alors si le Leinster et l'IRL (c'est pareil) dominent le rugby européen (ce n'est pas une question de palmarès, mais de qualité de jeu) c'est en raison de l'homogénéité de leur championnat, de leur formation, etc....comme au ST !

L'EdF a beaucoup de mal à trouver son homogénéité avec des joueurs habitués aux matchs "haute intensité", et des joueurs qui naviguent dans le Top14. Il n'y a qu'à voir Penaud, lorsqu'il n'est pas mis en évidence par le reste de l'équipe.

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