Rugby. Coupe du Monde. La naturalisation, l'outil qui a permis au Japon de franchir un cap
Amato Fakatava lors de son premier essai face au Chili. Crédit image : Screenshot Youtube TF1
Larges vainqueurs du Chili pour leur premier match de poule (42-12), les Japonais ont inscrit 6 essais dont 2 par l’intermédiaire du seconde ligne natif des Tonga : Amato Fakatava.

15 joueurs nés à l’étranger dans le groupe

Pour cette Coupe du monde, le Japon présente un effectif composé de 15 joueurs nés en dehors de son pays. Parmi eux, certains sont des cadres de l’équipe des Cherry Blossoms. Si une partie a débarqué sur le tard, d'autres éléments sont passés par le système scolaire nippon. Des profils variés qui font la richesse et la force de la sélection nippone. 

Ainsi, l’ancien clermontois Kotaro Matsushima est né en à Pretoria en Afrique du Sud, le troisième ligne Michael Leitch (qui dispute son quatrième mondial) à Christchurch en Nouvelle-Zélande et le centre Dylan Reiley en Afrique du Sud (Durban). On pourrait également citer le troisième ligne Pieter Lapuschagne (né en Afrique du Sud) ou le pilier Craig Millar (né en Nouvelle-Zélande).

D'aucuns pourraient penser que ces joueurs, avec l’expérience du haut niveau, sont venus renforcer une équipe qui avait du mal à progresser sur la scène internationale par le passé. Pourtant, dans le squad de cette Coupe du Monde 2023, on retrouve aussi des jeunes joueurs naturalisés, comme le flanker Ben Gunter (25 ans), né en Thaïlande ou le seconde ligne Warner Dearns né à Wellington en Nouvelle-Zélande (21 ans) et qui a débarqué au Japon quand il était adolescent.

8 joueurs étrangers évoluant pour l’équipe nationale sont originaires des nations du Pacifique (Tonga, Samoa et Fidji). Le rugby japonais attire les sportifs de ces fédérations qui n’ont parfois pas les moyens de les garder ou de leur proposer d'évoluer dans un championnat compétitif.

Un championnat attractif pour les joueurs étrangers

La culture et le mode de vie des Japonais ont toujours été attractifs et particulièrement pour les rugbymen de l'hémisphère sud, mais pas que. Ainsi, de très grands joueurs ont fait des piges de courtes durées au sein de la Japan Rugby League One comme Matt Giteau, Beauden Barrett, Dan Carter, Quade Cooper. Des joueurs mythiques qui ont mis en lumière le rugby japonais, mais qui parfois viennent en fin de carrière ou après des grandes compétitions comme la Coupe du monde (Kieran Read, Michael Hooper, ou récemment Cheslin Kolbe).

Ces stars font progresser le niveau global du championnat tout en influençant grandement les résultats. Les deux équipes les plus titrées du championnat japonais sont les Wild Knights et les Suntory Sungoliath. Deux formations ayant de gros moyens financiers qui n’hésitent pas à recruter à l’étranger (Damian McKenzie, Marika Koroibete, Samu Kerevi).

La finale de Japan Rugby League One de 2023 a d'ailleurs été remporté par les Kubato Spears d’un certain Bernard Foley, auteur de 12 des 17 points de son équipe face aux Wild Knights. Autant de grands noms qui permettent d’améliorer le rugby japonais, mais qui peuvent aussi ralentir la progression de jeunes joueurs nippons. Lesquels peuvent avoir du mal à s’imposer dans leur championnat face à cette concurrence.

 

Renouvellement constant

Le rugby existe depuis le XIXe siècle au Japon. Il s’agit donc d’un sport bien implanté dans le pays. Néanmoins, on ne recense que 120 000 licenciés. Pour rappel, la France comptait près de 324 000 licenciés lors de la saison 2022-2023. On peut donc se demander si le Japon possède un vivier de joueurs suffisamment important pour évoluer au plus haut niveau en limitant le nombre de joueurs étrangers dans son championnat, comme en Top 14 avec la réglementation des JIFF (Joueurs Issus de la Formation Française).

Si on regarde les résultats de la sélection japonaise à la Coupe du monde, on remarque que les Japonais sont véritablement performants depuis 2015, avec cet exploit face aux Springboks. Entre les éditions de 1987 et 2011, les Cherry Blossoms n'avaient remporté une seule victoire en 1991 contre le Zimbabwe (52-8). Ils comptent désormais 8 victoires au Mondial grâce à leurs performances aux Mondiaux de 2015 et 2019.

Ces belles performances peuvent être liées à l'arrivée au sein du staff de techniciens étrangers comme Eddie Jones, successeur du Néo-Zélandais John Kirwan, ainsi qu'aux sélections de joueurs naturalisés. Une combinaison qui a sans doute permis au Japon de franchir un cap. L’exemple le plus flagrant est celui de l’ancien joueur des Chiefs Michael Leitch, devenu un véritable cadre de cette équipe. Installé au Japon depuis ses 15 ans, le troisième ligne était déjà capitaine du Japon avec les -20 ans en 2008. Leader incontesté, il était également capitaine lors du mondial 2019 à domicile où son équipe avait atteint les quarts de finale pour la première fois de son histoire en battant l’Irlande et l’Ecosse. Des performances que devront renouveler les coéquipiers de Kotaro Mastushima face à l’Angleterre ce dimanche s’ils veulent garder un espoir de qualification dans une poule où se trouve également l’Argentine.

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  • Cedulos
    310 points
  • il y a 1 semaine

Pas sûr que ça permette au Japon de franchir un cap.

  • Yonolan
    170620 points
  • il y a 1 semaine

Enfin 120 000 licenciés c'est pas rien non plus
L'Irlande en a moins de 50 000 ...

Magellan n'a pas eu besoin ce cet outil, lui. Ou alors, il aurait eu besoin de Jonathan Sextant ?

  • duodumat
    41182 points
  • il y a 1 semaine
@Amis à Laporte

Bonjour l'ambiance à bord ! Avec Magellan, Sexton aurait fini en "cale humide" !

  • Snark
    11682 points
  • il y a 1 semaine

Dire qu'on n'a même pas été capable de "nationaliser" Meafou alors qu'on a le meilleur championnat du Monde, le meilleur club, le meilleur... tcettéra, tcettéra (il est vrai qu'on n'a plus le meilleur président de la FFR ! 👿 ) !

@Snark

Il faut aussi avouer que c'est plus dur de négocier avec World Rugby quand leur VP se fait virer pour des affaires de corruptions.

C'est très bien pour eux, de nombreuses nations le font pour rester au sommet alors pourquoi pas eux, c'est je pense un bon moyen de faire progresser une équipe rapidement rapidement. Les petites fédérations avec un faible nombre de licencié le font souvent et des équipes plus fortes (Écosse, Irlande)

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