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Rugby à VII. Interview : Michel Guiborat, joueur licencié exclusivement à VII chez les Seventise
Foi, plaisir, santé... Il nous explique ses motivations. Crédit photo : Boop's photos

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Passé par le Stade Français et plusieurs équipes de France jeunes, Michel Guiborat a décidé, depuis 2013, de se consacrer uniquement au rugby à VII. Un choix osé mais justifié, qui fait aujourd'hui son bonheur.

Michel, tu as arrêté le rugby à XV depuis cinq ans maintenant, cela te manque-t-il ?

Non absolument pas. Au début peut-être un peu, mais plus maintenant. Surtout l'ultra-spécificité du rugby à XV, c'est-à-dire faire du sport, mais faire toujours la même chose. Après ce qui me manque un peu forcément, c'est l'ambiance. Mais bon, je la retrouve dans le VII. 

Tu es un joueur qui a connu un bon niveau à XV, pourquoi ne veux-tu désormais te consacrer qu'à la pratique du rugby à VII ?

Je pense déjà que c'est un style de jeu qui est plus proche de mes valeurs. J'aime bien ce mix entre combat et évitement, je m'y retrouve plus dans la philosophie de jeu. L'aspect physique aussi est très important, il faut un bon "cardio" pour jouer à VII et une bonne condition physique, ce qui m'intéresse aussi. Il y a également moins de duels frontaux donc moins de blessures graves. De manière générale, sur le terrain, je prends beaucoup plus de plaisir. C'est un jeu très ouvert, dans lequel il est facile de s'exprimer. Dans le rugby à XV, il faut parfois attendre cinq, voire six phases de jeu pour avoir un jeu qui s'ouvre et vraiment faire parler ses envies. C'est cette philosophie de jeu qui allie mouvement, rapidité et endurance qui me plaît. Cette idée que tu ne peux pas te cacher non plus, tu dois être présent sur chaque plaquage, tu dois te relever vite... Et puis, lorsque tu pars tout un week-end pour faire du VII, cela fait partie des meilleurs week-ends de l'année ! Tu retrouves des potes que tu n'as pas vu depuis longtemps, il y a toujours des soirées sympas, c'est vraiment top !

Pour moi, Dieu nous donne des opportunités dans certains domaines et je trouvais ça bizarre de recevoir quelque chose de lui et de ne pas l'exploiter. Je m'en voulais d'avoir arrêté le rugby, car c'était un domaine dans lequel j'avais quelques qualités. Ce n'était pas en accord avec ma foi de tout arrêter. Et dans ce cadre-là, le VII est vraiment arrivé à un moment donné où j'avais besoin de valoriser ce que Dieu me donnait. Je trouve ça beau aujourd'hui de pouvoir m'exprimer sur un terrain de temps en temps et aussi d'être en contact avec des rugbymen, ce qui a fait énormément partie de ma vie. C'est aussi l'occasion pour moi de partager ma foi dans le milieu du rugby, ce qui est très important sur le plan personnel. Si je n'avais pas le rugby à VII, je me sentirai exclu du monde du rugby.

Comment as-tu découvert cette passion pour le VII ?

C'était juste après la fac, lorsque j'ai fait un tournoi à Poitiers qui servait de détection pour l'équipe de France Universitaire. J'ai trouvé ça vraiment sympa. Derrière, j'ai enchaîné avec le Stanislas Sevens où j'ai joué avec des bons gars et je me suis bien marré. Par la suite, j'ai fait quelques tournois avec France U pendant trois saisons sans jamais être appelé pour la Coupe du monde. Mais cela a renforcé ma passion pour le VII.

Tu as commencé avec les Bleus Sevens avant de passer avec les Seventise chez qui tu as une licence désormais, pourquoi avoir changé ?

J'avais déjà pris une licence chez les Bleus Sevens il y a deux ans. Ils me voulaient vraiment dans leur équipe et j'avais de bonnes relations avec le manager. Maintenant, je me suis engagé avec les Seventise, car j'avais besoin de retrouver les motivations pour lesquelles je faisais du VII, c'est-à-dire ne pas aller forcément à la « course au titre », mais prendre du bon temps avec des personnes avec qui je suis plus proche de la philosophie de jeu. Moins il y a de pression et plus tu passes du bon temps avec tes amis. Cela se voit sur le terrain, car tu prends plus de plaisir. Mais ce n'était pas ce que je cherchais dans un premier temps avec les Seventise, c'était surtout de pouvoir jouer avec des personnes de ma région, que je connaissais un peu car j'avais joué avec certains au Stade Français. Au final, c'est quand on fait ça que l'on s'épanouit le plus. Mon objectif n'était alors pas de faire de quelconques sélections. Justement, en quittant les Bleus Sevens, je m'étais dit que je voulais juste prendre du plaisir sur le terrain et que je m'en foutais du reste. Et c'est ce qui est arrivé.

Tu as pourtant fait un passage en équipe de France au mois de juillet lors du Circuit Européen, cela a-t-il renforcé ton choix ?

Cela m'a fait du bien, car ça m'a permis de réaliser que lorsqu'on fait ce que l'on croit juste, de belles choses peuvent aussi arriver, c'est un beau cadeau qui m'a été fait. Et moi, je savais que c'était juste d'arrêter le rugby à XV. Dieu nous donne un corps, ce n'est pas pour qu'on le détruise et encore moins pour une gloire vaine et passagère. Certains passent entre les mailles du filet, mais pas moi, car j'enchaînais les blessures. Désormais, j'ai une chance énorme de pouvoir jouer à un niveau qui me plaît et d'avoir pu faire une sélection. Et cela m'encourage à continuer de vivre selon mes principes, c'est-à-dire faire du sport plus orienté vers la santé que la performance et surtout faire du sport en prenant du plaisir. Et puis le fait de ne faire que du VII me permet d'arriver moins fatigué que les autres sur le terrain. Comme je n'ai pas joué de l'année, j'arrive avec une certaine fraîcheur. Je sens également que j'apporte quelque chose à l'équipe grâce à mon style de jeu qui se développe avec les différentes activités sportives que je pratique tout au long de l'année. Ce qui n'était pas possible quand je jouais au rugby à XV à un haut niveau.

Au-delà des autres sports que tu pratiques le reste de l'année, comment te prépares-tu au niveau rugbystique et physique à l'approche de la saison ?

J'essaye d'avoir un mode de vie le plus actif possible. Ce qui est vraiment génial, c'est que quand j'ai la saison de rugby à VII en ligne de mire, cela m'aide à avoir une activité physique qui soit intense et régulière, de manière à ne pas arriver trop ridicule sur les tournois. Cela passe donc par un mode de transport actif, des activités physique régulières comme aller faire un foot ou un basket avec des potes. Puis, à partir de trois à quatre semaines avant la compétition, je vais faire un travail plus fractionné sur des temps qui se rapprochent du rugby à VII, comme des 30-30 sur deux fois sept minutes, en essayant de répéter ça deux fois par jour. Après ce qui est frustrant sur la partie rugby, c'est que comme tu ne joues pas de l'année, tu ne t'améliores pas techniquement. Mais le fait de pratiquer d'autres sports développe ton agilité. Pour moi, la plupart des blocages se trouvent dans la tête. Le premier tournoi est donc toujours important, car il donne le rythme de la saison. Ensuite, ça revient comme le vélo. Moins tu penses au fait que tu n'as pas joué depuis longtemps et plus tu es à l'aise.

Il existe des associations qui partent faire des tournois à l'étranger pendant la saison de rugby à XV, serais-tu prêt à participer avec elles ?

Si les portes s'ouvrent, je les prendrai avec plaisir ! Mais cela est un peu paradoxal parce que ce qui me plaît avec le rugby à VII, c'est que ce n'est pas professionnalisé au niveau où l'on joue. Et donc ce sport se rapproche des valeurs qui me plaisent. Le problème est que souvent, il faut financer soi-même ce genre de voyages. Et dépenser beaucoup d'argent pour simplement aller faire un tournoi et revenir, ce n'est pas ma conception de voyager. Maintenant si le voyage est financé ou qu'il faut mettre un peu d'argent, pourquoi pas !

Quels sont tes objectifs personnels et ceux des Seventise pour la saison à venir ?

Nous avons fini vice-champions de France cette année avec des regrets sur certains matchs. Donc, sportivement, il serait intéressant de faire au moins aussi bien. Ce qui serait également bien avec les Seventise, c'est d'essayer de créer une forme de fidélité. C'est-à-dire faire en sorte que les joueurs reviennent. Cela permettrait notamment aux Seventise d'être un tremplin pour des jeunes joueurs. Après, ce n'est que mon point de vue. Sur le plan personnel, mon principal objectif est de vraiment prendre du plaisir sur le terrain. Ensuite, au-delà de cultiver mes relations amicales dans le rugby ce qui est pour moi fondamental, je veux continuer à témoigner de Jésus dans le monde du rugby. C'est quelque chose de très important pour moi.

Antoine Poussin
Antoine Poussin
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  • breiz93
    61249 points
  • il y a 2 ans

Il coach quelle équipe ce Dieu qui lui donne des conseils?

  • Ahma
    95197 points
  • il y a 2 ans
@breiz93

Et surtout, faudra-t-il ajouter des contrôles antimiracles aux contrôles antidopage ?

@Ahma

Fait gaffe à ce que tu dis Ahma, y a les pieds gauches de Wilkinson et Yachvili qui s'affolent là

Il est comme moi, il soigne son foie, il en parle énormément !

En tout cas ça explique que le seven ai tout cassé aux US en terme d'audience, vu que le tout puissant semble avoir créé plein de chose pour cette discipline 🙂

  • Ahma
    95197 points
  • il y a 2 ans
@Le Bourbonnais

C'est qui le Tout-puissant, Laumape ?

@Ahma

Non, un certain "Le Père", ou "LP" ou "LaPorte" (que garde St Pierre au passage), toujours accompagné par le "Saint d'Esprit" ("Rassra") et "Le Fils". Ce dernier soigne les gens par des miracles, on l'appelle aussi "Le Médecin".

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