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Cet essai italien que le XV de France ferait bien d’étudier de très près

L’Italie a franchi un cap. Face à l’Écosse, les Azzurri ont frappé d’entrée avec un superbe essai de Lynagh, né du magnifique coup d’œil de Brex et Fusco.

Nathan Heuillet 10/02/2026 à 12h30
Le premier essai italien à la loupe, savant mélange de cannes et de vista. ©France TV
Le premier essai italien à la loupe, savant mélange de cannes et de vista. ©France TV

Dans un Stadio Olimpico en fusion, l’Italie a signé un succès ô combien précieux face à l’Écosse (18-15). Malgré des conditions climatiques compliquées, les deux sélections ont livré une rencontre haletante.

Les Azzurri ont ouvert la marque d'entrée de jeu grâce à la pépite Louis Lynagh, parfaitement servie au pied par Ignacio Brex.

Un essai révélateur du projet de jeu italien sous l’ère Gonzalo Quesada : de la simplicité, de la justesse et pragmatisme. Retour sur cette action décisive, symbole de la victoire de la Squadra sur le Chardon.

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Une erreur écossaise payée cash

Tout commence par une touche côté gauche du terrain, où l’Italie, à l’entrée des 22 mètres, décide de créer un point de fixation pour pénétrer la zone de vérité écossaise.

En balayant la largeur, seuls trois Italiens sont positionnés dans le côté fermé. Kyle Steyn anticipe et effectue la bascule pour venir couvrir la montée de Tom Jordan dans la ligne défensive.

Seul en couverture, l’Écossais est pris à contre-pied par le replacement des avants italiens sur le grand côté et par l’appel d’Ignacio Brex, servi dans la foulée. L’Italie se retrouve alors en situation de trois contre trois dans le côté fermé. Pour l’instant, aucun déséquilibre ne peut encore être exploité.

©France TV
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Le coup d’œil d’Ignacio Brex

Aucun surnombre à jouer dans ce côté fermé : l’option balle en main est très limitée. Sans décalage, et avec le deuxième défenseur écossais qui vient fermer l’extérieur, le centre italien n’a pratiquement d’autre choix que le jeu au pied.

Et c’est l’option qu’il privilégie, à juste titre, puisque dans cette zone, le rideau défensif du Chardon est en retard. Dernier défenseur, Tom Jordan ne se laisse pas aspirer vers la largeur par Louis Lynagh et permet à ses coéquipiers de maintenir la pression sur l’attaque adverse en fermant l'extérieur.

Mais en se plaçant dans la ligne, il néglige la couverture, censée être compensée par la bascule de Jamie Dobie de l’autre côté du terrain.

Trop tard. Ignacio Brex a parfaitement lu le jeu et exploite cette zone dégarnie pour lancer la fusée d’origine australienne vers un essai quasi imparable.

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5 mètres nécessaires balle en main

Ignacio Brex avait non seulement le coup d’œil, mais il assure également une fixation du rideau défensif en portant le ballon sur environ 5 mètres.

En faisant cela, il attire les trois défenseurs adverses et permet, avant même d’envoyer le ballon dans leur dos, à Louis Lynagh de se lancer et de prendre le meilleur sur son adversaire direct.

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L'érance de Kyle Steyn

C’est clairement l’Écossais le plus en faute sur cette action : Kyle Steyn n’effectue pas le retour nécessaire pour au moins gêner les Italiens.

Tom Jordan, intercalé dans la ligne et fixé par son vis-à-vis, ne peut résister à la puissance de Lynagh, qui file à l’essai et nous gratifie d’une glissade parfaitement maîtrisée.

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À bon entendeur, Fabien…

Souvent pointés du doigt pour leurs errances sous les jeux au pied de pression, les Bleus pourraient se retrouver dans une situation similaire face à l’Italie.

Même si le match face à l’Irlande a démontré leurs progrès dans ce domaine, notamment grâce à l’apport de Théo Attissogbé, le placement des lignes arrières sera crucial contre les Azzurri.

Dans un schéma tactique où les Bleus utilisent parfois Matthieu Jalibert pour suppléer Thomas Ramos en couverture, il faudra peut-être s’en remettre à la justesse des ailiers tricolores et à la puissance d’une paire de centres pas des plus pingres lorsqu’il s’agit de distribuer les tampons.

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