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« Le point faible des Bleus » : l’avertissement (très clair) venu d’Irlande

Victoire convaincante contre l'Irlande, mais alerte venue de l’étranger : Ronan O’Gara identifie la fragilité actuelle des Bleus.

Thibault Perrin 07/02/2026 à 16h00
Le score est large, la copie solide. Pourtant, Ronan O’Gara alerte sur un détail qui peut tout changer. Crédit image : Screenshot France 2
Le score est large, la copie solide. Pourtant, Ronan O’Gara alerte sur un détail qui peut tout changer. Crédit image : Screenshot France 2

O’Gara applaudit… mais alerte

Observateur attentif de la victoire du XV de France face à l’Irlande en ouverture du Tournoi des 6 Nations 2026 (36-14), Ronan O'Gara n’a pas tari d’éloges sur la prestation des Bleus. Mais l’entraîneur irlandais du Stade Rochelais a aussi pointé un sujet d’inquiétude côté tricolore. Dans les colonnes de l’Irish Examiner, l’ancien ouvreur du Munster identifie clairement ce qu’il considère comme le point faible actuel de l’équipe de Fabien Galthié : la première ligne, et plus précisément le poste de pilier.

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« Ça n’a pas eu d'incidence lors du match, mais la première ligne française est un problème », explique O’Gara. Pour rappel, Jean-Baptiste Gros et Dorian Aldegheri entouraient Marchand, avec Régis Montagne en sortie de banc à droite et Neti de l'autre côté. Un attelage qui a réalisé un très bon 7/8 en mêlée.

Selon lui, il y a tout de même une fragilité. Et celle-ci est accentuée par « la longévité d’Uini Atonio et sa perte soudaine ». Pour rappel, le vétéran rochelais a été contraint de mettre un terme à sa carrière à la surprise générale en raison d'un problème cardiaque.

Rappelé par Galthié au sortir du Mondial 2023 alors qu'il avait choisi de ne plus porter le maillot tricolore, Atonio laisse un vide qu'il va falloir combler rapidement en vue de la Coupe du monde 2027 en Australie. O’Gara de comparer sans détour : « À niveau du rugby international où les écarts sont minimes, c’est aujourd’hui une différence nette entre l’Afrique du Sud et la France. » Pour l’Irlandais, le problème n’est ni le talonneur ni l’axe du pack, mais bien les piliers.

Une analyse technique qui mérite attention

Face à l’Irlande, la mêlée française a été solide mais sans écraser son homologue non plus. Et ce, alors qu'il manquait de sacrés clients en face : Tadhg Furlong et Andrew Porter. Or, au très haut niveau, la première ligne est souvent un baromètre silencieux. Les Springboks ont bâti une partie de leur domination récente sur une densité et une profondeur hors norme chez les piliers. Le gaucher Ox Nche a récemment été nommé pour le titre de meilleur joueur du monde.

Côté français, la relève est là, mais encore jeune, parfois moins spécialisée, surtout à droite. La gestion des temps faibles en mêlée fermée, la capacité à enchaîner les séquences à haute intensité et la maîtrise des détails ciblés par les arbitres font toute la différence.

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O’Gara pousse même l’analyse plus loin avec une pointe de mordant. « Il y a une ironie évidente dans le fait que l’un des meilleurs piliers, polyvalent de surcroît, du Top 14 soit Joel Merkler… qui représente l’Espagne. » Une remarque qui pique. Joel Merkler, formé en France, évolue au plus haut niveau domestique avec le Stade Toulousain mais n’est pas sélectionnable avec les Bleus. « Ça doit être une source de réelle envie dans le camp français », conclut O’Gara. Un rappel des enjeux autour de la formation, de la filière et des choix internationaux.

Un avertissement plus qu’une critique

À court terme, pas de panique. La France vient de frapper fort face à l’Irlande et reste l’un des favoris, si ce n'est le favori, du Tournoi. Mais sur la durée, notamment en vue des confrontations face aux nations ultra-dominantes devant, ce secteur mérite une vigilance particulière. Pour Galthié et son staff, l’enjeu sera de construire une rotation solide, capable d’absorber les absences et de monter en puissance sans perdre en stabilité.

Plus qu’une attaque de la part de Ronan O’Gara, c’est une forme d'avertissement. Mais connaissant Galthié, et sa science des détails, c'est quelque chose dont il a déjà conscience. Et qu'il tente de corriger. Les Bleus ont les armes, le talent et la profondeur pour aller loin. Mais dans le rugby international moderne, le diable se cache souvent… au coeur de la mêlée.

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pascalbulroland
pascalbulroland

Je pense qu'en France, nombreux sont ceux qui ont alerté sur ce poste.
O'Gara enfonce des portes ouvertes.
La 1 ère ligne, du moins les postes de piliers, surtout à droite, c'est le chantier prioritaire, et à 2 ans de la CDM, peu de prétendants sérieux au niveau internationnal se sont distingués.