Sous une pluie battante et sur une pelouse détrempée, l’Italie a dominé l’Écosse (18-15) lors de son premier match du Tournoi des 6 Nations. Devant à la pause (15-7), la Squadra Azzurra a fait la différence grâce à son réalisme, sa discipline relative et une conquête solide dans des conditions dantesques. L’Écosse a pourtant dominé territorialement et en termes de possession, mais sans réussir à transformer cette emprise en points. Un match âpre, haché par moment, qui offre déjà des enseignements précieux pour le XV de France, futur adversaire des deux nations les 22 février à Saint-Denis et 7 mars à Murrayfield.
''C'est un génie'' : Le meilleur joueur du monde ce n'est pas Dupont, ni JalibertDomination écossaise, efficacité italienne
Les chiffres de la première mi-temps sont trompeurs. Avec près de 60 % de possession et plus de 60 % de territoire, l’Écosse a tenu le ballon et campé dans le camp italien. Mais l’Italie a frappé juste. Deux essais sur leurs rares incursions, une réussite au pied correcte, et surtout une défense héroïque avec 91 % de plaquages réussis. Dans le jeu courant, les Écossais ont multiplié les passes et les courses, mais sans franchissements nets. À l’inverse, les Italiens ont parfois accepté de subir, privilégiant le jeu au pied de pression et les zones de combat, un choix parfaitement adapté à la météo. Mais ils n'ont pas non plus fermé le jeu.
La conquête, nerf de la guerre sous la pluie
C’est sans doute là que se situe l’enseignement majeur pour les Bleus. En première période comme en seconde, la conquête a dicté le tempo. L’Italie a sécurisé ses mêlées et surtout ses touches, avec un taux de réussite supérieur à 90%. Dans un match où le ballon était glissant et les rucks instables, cette base a permis aux Azzurri de respirer et de jouer juste. L’Écosse, elle, a souffert en touche, perdant plusieurs ballons clés, autant d’occasions gâchées dans un contexte où chaque entrée dans les 22 adverses valait de l’or.
L'Écosse insiste, l’Italie résiste
Après la pause, le scénario s’est répété. L’Écosse a encore accentué sa domination statistique avec plus de 60 % de possession et de territoire, davantage de passes et de courses. Mais l’Italie a tenu. Mieux encore, elle a continué à avancer ballon en main avec plus de mètres parcourus que son adversaire. La défense italienne, très disciplinée dans l’attitude malgré un nombre élevé de pénalités concédées, a encore affiché une efficacité remarquable. Les Écossais ont fini par revenir au score, mais trop tard, la pluie ayant clairement bridé leur capacité à accélérer le jeu.
Ce match est un rappel : sous la pluie, le rugby redevient basique. Occupation, discipline, conquête et défense prennent le pas sur la créativité. Les chiffres le montrent : peu d’offloads, quasiment aucun franchissement écossais sur l’ensemble du match, et un jeu au pied omniprésent. Pour le XV de France, qui affrontera ces deux équipes dans un contexte peut-être identique, surtout en Ecosse, la leçon est claire : sans une conquête fiable, même une domination territoriale peut devenir stérile.
Un avertissement sans détour
Face à l’Italie au Stade de France, les Bleus devront s’attendre à une équipe pragmatique, déterminée, capable de défendre longtemps et de punir chaque erreur avec des joueurs en cannes comme Menoncello. À Murrayfield, l’Écosse aura sans doute corrigé ses failles en conquête pour mieux exploiter son volume de jeu. Historiquement, c'est un adversaire que les Tricolores ont toujours du mal à manoeuvrer ces dernières années.
Une chose est presque certaine, ces deux matchs se gagneront d’abord devant comme cela a été le cas face à l'Irlande. Une mêlée stable, des touches propres et une gestion intelligente du jeu au pied seront indispensables, surtout si la météo s’en mêle à nouveau.
Ce Italie – Écosse n’était clairement pas le match le plus spectaculaire du Tournoi, surtout dans le second acte. Mais il était riche d’enseignements. Sous la pluie, le rugby ne pardonne rien. Et pour les Bleus, qui viseront (très) haut, ce genre de rencontre rappelle une vérité simple : sans fondations solides, même les meilleures intentions finissent par s’enliser.
Après cette défaite, les Ecossais recevront les Anglais...à l'heure de l'apéro en plus, j'ai déjà les chips et les olives pour cette Calcutta Cup...