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''Le Pays de Galles devrait avoir peur'', ce record vieux de 26 ans va-t-il être rayé des tablettes ?

Le Pays de Galles n’a plus gagné chez lui depuis 1072 jours : le moment est-il venu pour un score historique ?

Thibault Perrin 11/02/2026 à 14h00
La France peut-elle frapper plus fort qu’en 2000 au Millennium Stadium ?
La France peut-elle frapper plus fort qu’en 2000 au Millennium Stadium ?

Une occasion historique pour les Bleus

Dimanche, le XV de France se déplace au Principality Stadium pour défier le Pays de Galles lors de la 2e journée du Tournoi des 6 Nations. Un choc chargé d’histoire puisqu’il s’agira du 106e affrontement entre les deux nations. Le bilan est parfaitement équilibré : 51 victoires partout et 3 nuls.

Au milieu de cette longue histoire commune, un record tient encore. Le 5 février 2000, les Bleus s’étaient en effet imposés 36-3 à Cardiff. Leur plus large succès dans l’ère moderne au Millennium Stadium. Depuis, aucune équipe de France n’a gagné avec un tel écart en terres galloises. Or, au vu de la dynamique actuelle des deux nations, la question mérite d’être posée : ce score vieux de 26 ans est-il menacé ?

La variation tactique qui a (aussi) fait la différence pour le XV de France

Une dynamique totalement inversée

Les chiffres récents sont implacables. En 2024, la France s’est imposée 45-24 à Cardiff. En 2025, elle a humilié le Pays de Galles 43-0 à Saint-Denis. Les Bleus restent sur deux démonstrations offensives face aux Gallois. En face, le constat est brutal. Le Pays de Galles a perdu ses 12 derniers matchs dans le Tournoi. Sa dernière victoire remonte à mars 2023 contre l’Italie à Rome. À domicile, cela fait désormais 1072 jours qu’il n’a plus gagné dans le Six Nations.

La semaine passée, la déroute 48-7 face à l’Angleterre a encore enfoncé le clou. 16 pénalités concédées, quatre cartons jaunes – un total record dans le Tournoi – et 22 défaites en 24 matchs internationaux. Comme l’a résumé Richie Rees dans le podcast Scrum V via la BBC : « Impossible de jouer au niveau international en concédant 11 pénalités en 20 minutes et deux cartons jaunes. » Le différence est d'autant plus importante que la France n'a pas été pénalisée durant toute la première période.

Décryptage : pourquoi le contexte est explosif

Historiquement, Cardiff est une forteresse. Sur 52 matchs disputés à domicile contre la France, le Pays de Galles compte 30 victoires et 2 nuls. Mais l’histoire ne plaque pas. Ce qui interpelle aujourd’hui, c’est l’écart structurel entre les deux équipes. Le Pays de Galles a encaissé 248 points lors des cinq premiers matchs de Matt Sherratt à la tête de la sélection. Défense friable, discipline défaillante, conquête irrégulière. Les bases du rugby international ne sont plus stables.

À l’inverse, la France arrive lancée. Championne en titre, elle a dominé l’Irlande 36-14 au Stade de France avec cinq essais à la clé. Jeu au pied chirurgical, pression au sol, vitesse derrière, efficacité en zone de marque. Les Bleus ont franchi un cap depuis l’automne, comme l’a souligné Philippa Tuttiett sur BBC Wales : « Cette jeune équipe semble avoir encore progressé. »

Tactiquement, le danger est évident. Si le Pays de Galles continue de concéder autant de pénalités, la France va faire le siège de leur camp et les punir à coup sûr. Quand les Bleus enchaînent les séquences dans les 40 mètres adverses, la sanction tombe vite. Leur capacité à transformer la pression en essais fait la différence.

3 stats qui confirment la métamorphose des Bleus (et la chute de l'Irlande)

Le précédent de 2000 dans le viseur

Le 36-3 de 2000 reste une référence en termes d'écart. À l’époque, les Bleus avaient puni les Gallois en deuxième période avec trois essais par Magne (56e), Castaignède (58e) et Ntamack (79e). Lamaison ajoutant le reste des points au pied, dont un drop. Mais cette équipe évoluait dans un contexte très différent, avec un jeu moins rapide et un volume offensif plus mesuré.

Aujourd’hui, le rugby est plus dynamique, plus exigeant physiquement. Si la France impose le même tempo que contre l’Irlande, avec la même discipline et la même précision au pied, l’écart pourrait rapidement enfler. Le danger pour le Pays de Galles est simple : si le match s’emballe, la profondeur de banc française et la qualité athlétique des arrières peuvent faire très mal en seconde période.

Dimanche, l’histoire ou la confirmation ?

Un large succès à Cardiff aurait une portée énorme malgré l'état dans lequel se trouve le rugby gallois. D’abord symbolique : gagner au Principality avec un écart historique enverrait un message fort au reste de l’Europe. Ensuite stratégique : dans cette compétition, on sait à quel point le goal-average peut peser lourd dans la course au titre et au Grand Chelem.

Pour le Pays de Galles, une nouvelle lourde défaite pourrait fragiliserait encore davantage un groupe en reconstruction. Même si personne ne les voit gagnant. La confiance est déjà entamée. Un record battu à domicile pourrait être un coup supplémentaire porté à un rugby gallois en pleine crise.

Pour la France, c’est l’occasion d’affirmer sa domination et de confirmer qu’elle ne se contente pas de gagner : elle impose son style. Le Principality a longtemps été synonyme de défaite pour les Bleus. Mais les cycles changent. Et celui-ci semble tourner en faveur des Tricolores. Le record de 2000 tiendra-t-il encore 26 ans de plus ? Au vu des dynamiques actuelles, il n’a peut-être jamais été aussi menacé.

“Pitoyable” : la presse britannique abasourdie avant France–Galles (et ce n’est pas un compliment)
Flanquart St Lazare
Flanquart St Lazare

"on sait à quel point le goal-average peut peser lourd dans la course au titre et au Grand Chelem"
Euh... le goal average compte pour le titre c'est certain.
Mais bon s'il y a GC, on s'en fout ;-)


Cette petite pique mise à part, j'espère effectivement que les Bleus vont gagner. Et avec la manière.
Mais attention à l'excès d'optimisme quand même.


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