6 Nations 2019 : pourquoi Bundee Aki est-il le symbole de réussite du modèle irlandais ?

6 Nations 2019 : pourquoi Bundee Aki est-il le symbole de réussite du modèle irlandais ?
Bundee Aki, le plus Irlandais des Kiwis.
Le 3/4 centre d'origine néo-zélandaise, s'il est remis de sa commotion, devrait défier les Bleus ce dimanche. Présentation.

Ne les confondez pas : s’ils sont tous les deux Néo-Zélandais, jouent au centre, et ont connu leur première expérience européenne du côté du Connacht, les homonymes Pita Ahki et Bundee Aki n’ont aucun lien de parenté. Si le premier se révèle comme un atout majeur du Stade Toulousain depuis quelques semaines, le second sera l’arme principale du XV du Trèfle, ce dimanche, face à la France.

Vainqueur du Super Rugby avec les Chiefs

Car s’il est bien né à Auckland, au pays du long nuage blanc, Aki porte aujourd’hui le maillot de l’équipe nationale d’Irlande. Comment en est-il arrivé là ? Son parcours est plutôt classique. En 2011, il débute en ITM Cup avec les Counties Manukau. Ce cadet d’une fratrie de sept enfants d’origine samoane n’a jamais porté le maillot des Baby Blacks, mais s’impose petit à petit au sein de sa formation, promue en 1ère division du championnat national au terme de la saison 2012. Le futur “Irlandais” inscrit six essais, et restera deux ans de plus chez les Steelers, basés à Pukekohe.

Mais ce n’est pas tout : en Nouvelle-Zélande, les meilleurs joueurs de l’ITM CUp - devenue aujourd’hui la Mitre 10 Cup - sont ensuite sélectionnés au sein des cinq franchises kiwis engagées dans le Super Rugby. Les Counties Manukau dépendent des Chiefs, et c’est tout naturellement qu’Aki intègre l’effectif des champions en titre en 2013. Bilan ? 15 matchs, 5 essais, et un titre à l’arrivée… Pas mal pour une première à ce niveau ! L’année suivante est également une réussite d’un point de vue personnel. Mais son essai inscrit en ¼ de finale face aux Brumbies n’empêche pas l’élimination des Chiefs. Le Super Rugby 2014 sera son dernier.

“Project Player” de l’IRFU

Serait-il devenu un All Black, s’il avait décidé de rester en Nouvelle-Zélande ? Peut-être. Sûrement. Mais s’il est aujourd’hui un des hommes de base de Joe Schmidt, c’est parce que la Fédération irlandaise a flairé le bon coup. Comme Jared Payne, Quinn Roux ou CJ Stander, Aki fait partie de ces joueurs d’origines étrangères devenus éligibles après trois ans de résidence. Les “Project Players”, censés représenter une solution face au manque de réservoir local à certains postes. A l’image du XV de France, les Verts s’appuient donc sur des étrangers. La sélection du ¾ centre ? Une évidence. Débarqué au Connacht en 2014/2015, le Kiwi mène l’équipe de Galway au titre de champion de la Ligue celte un an plus tard, terminant meilleur joueur de la saison.

Sélectionné pour la première fois contre l’Afrique du Sud, à l’automne 2017, Aki inscrit son premier essai international dans le 6 Nations 2018, tournoi remporté par le XV du Trèfle. Grand Chelem à la clé. Il compte aujourd’hui 15 caps, pour trois essais, et devrait être aligné face aux Bleus ce dimanche, s’il est remis d’une commotion reçue contre l’Italie, il y a dix jours. Son style de jeu fait de percussion ne fait pas de lui le digne successeur de Brian O’Driscoll, mais son profil tranche avec celui de Ringrose ou Henshaw, talents complémentaires à son profil. Sans oublier l’ancien Grenoblois Chris Farrell, qui devrait lui être associé face aux Bleus.

IRLANDE : Chris, l’autre Farrell qui pourrait faire mal au XV de FranceBundee Aki en vidéo :

Crédit vidéo : BSPORTV RUGBY