Fédérale 1 - Blagnac. L'idée insolite de Frédéric Michalak pour rajeunir le club

Fédérale 1 - Blagnac. L'idée insolite de Frédéric Michalak pour rajeunir le club
Fédérale 1 - Blagnac. Frédéric Michalak s'investit dans son club.
Alors que les deux équipes seniors de Blagnac sont en réussite sportive, le club dont est propriétaire Frédéric Michalak, tente aussi d'avoir un rôle social.

Fédérale 1 : Frédéric Michalak est officiellement le patron de BlagnacIl y a 1 an et demi, Frédéric Michalak annonçait avoir racheté le club de sa ville natale, Blagnac. Il avait nommé à sa tête Benoît Trey afin de présider ce club historique, auquel il souhaitait redonner une seconde jeunesse alors que ce dernier faisait face à de grosses difficultés financières notamment. Seulement quelques mois plus tard, l’équipe masculine est en 1re place de sa poule de Fédérale 1 tandis que son homologue féminine est en demi-finale du Top 8 contre Montpellier. 

Au-delà de l’aspect sportif, l’organigramme blagnacais souhaite que leur club ait une réelle valeur sociale, notamment auprès des jeunes.
 C’est dans cette optique que l’artiste CEET est venu, accompagné d’autres graffeurs comme SOONE, RESO, SIKE, et MONDE. Amis d’enfance ayant grandi dans le quartier d’Ancely proche de Blagnac, CEET avait offert au demi de mêlée lyonnais une de ses œuvres pour une vente aux enchères au profit du club caouec. C’est à ce moment-là que l’idée de travailler ensemble pour redécorer les murs du club.

Alors que vous habitez maintenant à Hong Kong, comment vous êtes-vous retrouvé à travailler sur les murs du club de Blagnac ?

Je connais Fred depuis qu’on est gamin, puisqu’on a grandi à Ancely. Il faisait du skate à l’époque et comme avec mes amis on avait déjà graffé les murs de la Maison des Jeunes et de la Culture de Blagnac et qu’il avait aimé notre travail, on s’était connu comme ça. Quand il m’a proposé de venir pour réaliser la fresque, j’ai tout de suite dit oui. 

Quel était votre but en venant ici ?

Déjà c’est important de souligner qu’aucun artiste n’est payé, on fait tout cela gratuitement. D’ailleurs Fred non plus ne fait pas ça pour l’argent, pour le business. Il fait vraiment tout cela pour la communauté. En ce qui concerne la fresque, le but c’était de rajeunir un peu l’image du club, et de faire parler de Blagnac, c’est ça l’idée.

Est-ce que l’initiation aux jeunes publics est aussi un objectif pour vous ?

Bien sûr, mais pas que les petits, les personnes plus âgées aussi. Je suis persuadé que toutes les personnes qui viendront aimeront notre art, c’est coloré, il n’y a rien d’agressif dans ce que l’on fait, au contraire !

Combien de temps vous avez passé sur cette œuvre ?

On a passé environ 6 à 7 heures par jour pendant 3 jours pour réaliser cette œuvre. On a réalisé beaucoup de « chicanos », des poulets, par ce que c’est mon emblème en quelque sorte. Quand je suis arrivé en Chine il y a 17 ans, je ne savais pas comment communiquer alors pour acheter ou commander du poulet, je les dessinais, et c’est pour cela que c’est devenu mon dessin fétiche.


Frédéric Michalak, évoque cette initiative ainsi que les objectifs du club pour les années à venir.

Pourquoi avoir contacté CEET pour le club de Blagnac ?

On se connaît depuis qu’on est jeune puisqu’on a grandi à côté, à Ancely. J’ai suivi son parcours depuis même si chacun est parti de son côté, et je me suis toujours dit que j’aimerais bien travailler avec lui. Et donc après la mise aux enchères de son œuvre qu’il nous avait mise à disposition, on s’était dit qu’il faudrait faire quelque chose directement sur les murs du club pour pouvoir le marquer, laisser une trace. Je trouve qu’ils le font de la plus belle des manières par ce que c’est à la fois artistique et ça redonne des couleurs, de la vie, et un moyen d’expression pour tous les gamins et les licenciés.

Quel est l’objectif de votre projet Cap 2022 ?

On s’était basé sur 2022 par ce que le club sera centenaire cette année-là. Cela nous donnait du temps pour stabiliser le club financièrement déjà et pour commencer à travailler sur le social, le sociétal, ce qui est la base de notre projet. Sportivement, on voulait faire en sorte que Christophe Deylaud puisse travailler sur toutes les catégories, et que les filles soient elles aussi au cœur du projet. On essaie aussi d’aller chercher de nouvelles ressources pour développer économiquement le club.

À ce propos, vous avez réussi à redresser financièrement le club, quelles sont les prochaines étapes du développement du club ?

On veut le stabiliser sur la durée, par ce que 2022, cela peut paraître loin mais en réalité cela va arriver rapidement. Il ne fallait pas arriver en sauveur, sans avoir un projet solide derrière. Donc notre politique c’est bien évidemment de réussir sportivement, ce que sont magnifiquement en train de faire les deux équipes. On veut aussi développer le club d’un point de vue économique, et comme il y a de grosses industries à Blagnac, on aimerait qu’elles s’impliquent un peu plus. C’est justement cette réussite sportive qui nous permet d’aller les voir pour leur montrer que ce club vient à la fois en aide aux plus jeunes, mais qui réussit aussi sportivement, et avec une vraie vision.

À titre personnel, vous avez annoncé mettre un terme à votre carrière en fin de saison. Est-ce que cela vous permettra de vous rapprocher encore plus des décisions prises dans le club ?

Non, je fais confiance aux hommes et à Benoît Trey qui est actuellement président. Il connaît parfaitement le club, il y a grandi et n’a joué que pour ce club. Moi j’apporte ma vision, qui vient plus du monde professionnel c’est vrai, mais je sais d’où je viens, et ce que je dois au monde amateur. La partie marketing, commerciale et le développement, doivent s’inspirer du monde professionnel, mais tout en gardant cet aspect affectif - notamment grâce aux bénévoles - tellement important dans le rugby fédéral et amateur.