J'ai assisté à la première victoire du Stade Toulousain cette saison, un régal !
La banda a mis le feu en avant match, Pita Ahki l'a entretenu !
Ce dimanche soir, le Stade Toulousain recevait le Racing 92 pour le lancement de la saison de Top 14 à Ernest-Wallon, j'ai assisté au match pour vous.

"Il faut gagner", "On est à la maison", "Ils ont aligné Teddy Thomas quand même". Ce sont les premières phrases que j'entends dans la queue pour rentrer au stade Ernest-Wallon qui recevait le Racing 92 ce dimanche. Tout était présent pour que je passe un moment exquis d'analyse à la Toulousaine. Je m'étais juré de reprendre le premier qui ferait une blague sur le duel pain au chocolat VS chocolatine, mais les mentalités et l'humour ont changé. Première bonne nouvelle.

19h30. À la recherche d'une place dans ce monde

Si vous n'êtes jamais allé au stade Ernest-Wallon, évitez ça à tout prix ! Ou en tout cas, prenez un Uber ou la navette qui vous mènera au stade en 2h et 32 minutes si le chauffeur décide de dépasser les 37 km/h. Se garer autour du stade est une purge, il est sûrement plus facile de gagner un match à 12 contre 15 à Jean Dauger que de placer sa voiture entre une Clio III et un vieux figuier. Que nenni, il y a bien une place pour le Rugbynistère dans chaque stade ? La réponse est oui selon les vigiles, mais au parking E. Le parking E est le parking qui est plus proche du Capitole que du stade, une fois garé, il vous faudra chausser des chaussures de randonnées et quelques vivres pour accéder à l'antre du Stade. J'étais parti rasé de près, je suis arrivé avec une barbe de 3 jours. 

20h00. Entrée des Zadistes

Devant le stade, tout le monde se regarde. Il doit se passer quelque chose de louche mais c'est tout simplement que les supporters espèrent croiser une ancienne gloire du Stade qui aurait son ticket en plein milieu du virage sud à 20€. Encore une fois, c'est un échec mais cet échec est renouvelé chaque match à domicile. Pour rentrer, il faut biper le QR Code de la place qui semble aussi efficace que le lancement de MSN Messenger à la belle époque. J'arrive à rentrer, enfin. Mais je croise un fervent supporter du Stade, abonné depuis des dizaines d'années, présent avant Bonneval et sûrement présent bien après lui. Il m'explique que je serai déçu de la nouvelle banda proposée dans les tribunes, à croire que je suis un spécialiste des bandas parce que j'ai fait 3 fois les fêtes de Bayonne dans ma vie. Il enchaîne sur la nouvelle pelouse et il a raison, ce mélange hybride de synthétique et de gazon fait par des machines hollandaises est magnifique. Je découvre que les Hollandais ont une autre spécialité après les plages nudistes. Comme quoi, tout est question de gazon. 

20h10. Toilettes et boule de gomme

Petit tour aux toilettes du stade Ernest-Wallon avant de prendre place pour le match. Il faut avoir le coeur bien accroché pour utiliser les toilettes d'Ernest ou bien avoir fait quelques mois de prison. Les hommes se regardent et se défient dans ce lieu de la masculinité et les chasses d'eau sont autant utilisées que les robinets. C'est-à-dire une fois sur 12. Bon ratio en hommage au début de saison du stade. 

20h30. Plus belle la vitre 

À côté de la boutique du Stade, trois joueurs sont présents pour signer des autographes aux supporters. Le choix des joueurs est important messieurs du Stade et ce n'est pas Gillian Galan qui me contredira. Se retrouver à côté de Julien Marchand pour signer des autographes est aussi utile que de sortir en boîte de nuit avec Tom Hardy. Tes chances sont de l'ordre de 0, et les seuls autographes sont sûrement un parent qui oblige son enfant à aller te voir. Encore une déception, Gilian n'était pas en slip.

20h45. Porte 18, Rang 3, place 124.

C'est mon numéro de place qui m'a été attribué pour le choc de la 3e journée. Sur ma gauche, une famille avec une maman qui connaissait les règles autant que moi et la nouvelle règle de plaquage. Je me prépare à expliquer chaque pénalité et coups de sifflets de l'homme en vert. Devant moi, ce qui semblerait être des étudiants en Erasmus avec un drapeau qu'ils agitent depuis environ 17 minutes sans le moindre arrêt, une performance hallucinante qui ravirait le jury de la France a un incroyable talent. Derrière moi, la femme qui fera que mon match sera le plus beau jamais vécu après la victoire de 2012 du Stade Toulousain en finale de Top 14. Il semble que c'était son premier match à Ernest-Wallon, et c'est pour cela que le rugby reste une fête et un lieu de rassemblement unique.

20h52. Les Ultras ciels et blancs

Je découvre sur ma droite, une bande d'ultras du Racing 92. Faire un si long voyage un dimanche soir à Toulouse reste unique. Mais avoir la chance de voir un match de rugby dans un stade autre que dans une salle de réalité virtuelle n'a pas de prix. Ils sont décidés à couvrir les chants de tout un stade dédié à la seule cause rouge et noir : drapeaux, tambour, cris, applaudissements, saucisses/frites et boissons. Mais le mini-bus avec lequel ils ont dû venir n'était même pas rempli. C'est parti pour le match et un duel des hooligans du Racing 92 face aux prolétaires du Stade Toulousain. C'est le lancement de l'hymne de l'année fait par un humoriste toulousain, Pat Borg. Je conviens que les paroles ne sont pas des plus recherchées, que la musique n'est pas des plus travaillée et qu'au rugbyà Toulouse, après Big Flo et Oli, il y a peu de place pour la musique. Mais l'ambiance est là et le public est ravi de ce nouvel hymne, c'est ce qui fallait à Ernest.

21h00. Coup d'empoigne

Le coup d'envoi est donné, celui du match, mais également celui du duel de supporters. Au bord du terrain, la sécurité place 2 vigiles devant les abonnés du Francilien. Après analyse de la situation, les vigiles se répartiront comme d'habitude. Les premiers "RACING" commencent à s'élever mais même la discussion de mes voisins couvrent leurs cris, c'est terrible. "Oh elle monte très haut la balle, on doit voir le ballon depuis le périph c'est dangereux". Ça ? C'est ma voisine de gauche.

21h40. Mi-temps mi-raisin

C'est la mi-temps au stade Ernest-Wallon et c'est également le moment que choisissent les étudiants en Erasmus pour partir 3 minutes avant le coup de sifflet afin d'être les premiers au food truck. On connaît le goût de prévoyance des étudiants en Erasmus, mais est-ce qu'ils partent 1h avant pour faire 200 mètres pour "ne pas arriver en retard" ? Je ne vois pas la fin de la mi-temps, merci. Le match reprend, et les étudiants ne sont toujours pas là. Bien évidemment, ils arriveront 3 minutes après le coup d'envoi avec des "pardon", "sorry", "excusez-moi", "oups", "je vous ai fait mal ?". Derrière moi, c'est le moment choisi pour la novice de rugby pour crier sans rythme "Toulouse" et tenter de couvrir les chants des ultras du Racing. Elle est triste que le Stade perde, jusqu'à ce qu'elle comprennent que les rouge et noir, c'est le Stade. Avant ça, elle avait filmé la première mi-temps en entière via un Live Facebook. J'espère que Canal+ la retrouvera.

À la reprise de la mi-temps, les supporters se chambrent sur la vidéo. À chaque pénalité du Racing 92, on entend des "VIDÉOS" émanant des tribunes. Un supporter ciel et blanc ne se prive pas de dire "tiens, tu l'as ta vidéo", pensant que la pénalité était passée. Résulat, après son erreur d'analyse, il a changé de place avec sa copine.

22h40. Fin du match

C'est la fin du match et direction le lit. Mais avant, petit tour par la Bodega du Stade Toulousain juste pour voir ce que ça fait de ne pas se faire recaler à l'entrée d'un lieu avec des gens et de la musique. C'est rouge et noir de monde, certains joueurs passent après la réception, d'autres restent devant. Mais à Toulouse, la Bodega est le lieu pour toutes les supportrices toulousaines d'approcher leurs idoles. Pas de chance. Pas de Guitoune, Akhi ou Richie Gray. Elles auront Faumuina, Tafili et Guillaume Marchand. Le karma. 

Cette Bodega est unique, un mélange de boîte de nuit et de 3e mi-temps où les musiques s'enchaînent sans grand rapport. On peut passer d'un Jay-Z au lac du connemara et le DJ, comme un chef d'orchestre a pour objectif d'exciter chaque groupe de personne avec les musiques. J'étais dans le groupe du Lac du Connemara.

00h00. It's bed time

C'est l'heure d'aller au lit après ce match et cette première victoire toulousaine. La Bodega m'a fatigué et je me rappelle que le chemin retour est long : dans une randonnée, même si on monte, il faut descendre. Merci Toulouse, je reviendrai avec plaisir. Et à la même place. 

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  • USSR
    28 points
  • il y a 1 semaine

👌🏼

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