Moscato pose Jalibert face à son match vérité
À l’approche de France – Irlande, jeudi soir, Vincent Moscato n’a pas tourné autour du pot. Sur les ondes de RMC, l’ancien international a validé la titularisation de Matthieu Jalibert à l’ouverture et l’a encensé sans retenue. Mieux : il l’a comparé à Frédéric Michalak, tout en estimant Jalibert supérieur dans plusieurs domaines.
Moscato rappelle aussi le contexte : Romain Ntamack est blessé, et Jalibert arrive enfin avec un titre majeur dans les jambes, la Champions Cup remportée avec l’Union Bordeaux-Bègles. Cette fois, prévient-il, l’ouvreur “n’aura pas le droit de se manquer”.
🎙🏉 « Il me fait penser à des mecs comme Michalak, qui attaquait la ligne. Au pied, il est très complet et il fallait qu’il s’améliore sur les plaquages. Ça va batailler pour la place de 10 jusqu’en 2027 », Vinvin nous parle de Jalibert, de retour avec le XV de France. pic.twitter.com/84ZSIBkT0Y
— Super Moscato Show (@Moscato_Show) February 3, 2026
Pourquoi Moscato voit Jalibert au-dessus de Michalak
“Il me fait penser à des gars qui mangent la ligne, qui sont fous de ce jeu”, lâche Moscato, avant d’assumer la comparaison. Jalibert, comme Michalak, attaque la défense, joue au contact, crochette, casse des lignes. Mais là où Moscato tranche, c’est sur la complétude. Selon lui, Jalibert gère mieux le jeu au pied que Fred.
Moscato rappelle aussi que Michalak avait d’autres forces, notamment défensives. Jalibert, lui, coche davantage de cases modernes : alternance main-pied, lecture des espaces, capacité à accélérer quand il faut et à calmer quand c’est nécessaire.
Souvent, les joueurs d'attaque avaient des grosses défaillances au jeu au pied, puisqu'ils étaient aspirés davantage vers le jeu à la main. Donc automatiquement, quand t'es aspiré vers le jeu à la main, tu més-estimes un peu ton pied, tu t'entraînes un peu moins au pied. Lui, je pense qu'il est complet.
Le vrai progrès de Jalibert : la défense et la lucidité
On le sait, le Bordelais a néanmoins beaucoup travaillé sa défense. Selon Moscato, 75-76 % de réussite, c'est “confortable et acceptable pour un numéro 10”. Beaucoup d'ouvreurs n'ont pas son rendement. De fait, Jalibert n’est plus forcément une cible évidente pour les gros porteurs adverses. Sans être un destructeur au plaquage, il tient son rôle, ce qui permet aux Bleus de ne pas nécessairement avoir à faire attention à la zone du 10.
Mais Moscato d'ajouter à la défense du Bordelais : inutile de vouloir trop en faire. Jalibert doit garder de la clairvoyance, ne pas s’épuiser à défendre au détriment de son génie offensif. C’est exactement l’équilibre recherché au poste aujourd’hui : un dix qui ne fuit pas, sans s’oublier.
Il peut faire un peu mieux, mais bon, il va pas se tuer non plus à la tâche, il vaut mieux qu'il garde un peu de clairvoyance.
Michalak, Jalibert : même talent, même pression H24
La comparaison va plus loin. Michalak était scruté, commenté, critiqué en permanence en son temps. Chaque prise de balle est jugée, chaque coup de pied disséqué. Le Bordelais, du fait de son talent, mais aussi de son attitude, n'y a pas échappé. Et c'est peut-être ça aussi qui ne lui a pas permis de s'exprimer en sélection comme il le fait en club.
La différence pour le Girondin à l'orée du choc, c’est le contexte : Jalibert arrive avec un titre majeur à son palmarès. Gagner la Champions Cup avec l’UBB lui a donné plus de confiance et permis de franchir un cap. Désormais, il ne s’agit plus seulement de “bien jouer”. Il s’agit de gagner. Et pour Moscato, c’est là que Jalibert est particulièrement attendu.
L'Irlande : le test ultime pour Jalibert
Pourquoi ce France – Irlande est-il si important ? Défense montée, pression au sol, tempo élevé, gestion des moments faibles : l’Irlande teste un ouvreur dans tout ce qu’il sait et doit faire. Moscato est clair : “S’il concrétise contre l’Irlande, ça va batailler jusqu’en 2027 pour la place de 10 titulaire.” Et c'est peut-être ce qui pouvait arriver de mieux pour l'équipe de France en vue de la Coupe du monde.
En clair, ce match peut rééquilibrer durablement la hiérarchie. Surtout, elle peut lui permettre de répondre enfin aux attentes. Avec la manière. Jalibert n’a plus l’excuses, il est aux commandes.
Pour le XV de France, une performance aboutie de Jalibert sécuriserait l’animation offensive et crédibiliserait le plan sans Ntamack. Pour lui, c’est peut-être le match le plus important de sa carrière. Réussir, c’est s’installer. Échouer, c’est voir les nuages revenir.
Moscato estime qu'il ne doit pas simplement faire gagner la France jeudi, mais aussi porter les Bleus vers la victoire dans le Tournoi. En pleine confiance, enfin titré en club : Jalibert a tout. Jeudi soir, il ne lui reste qu’une chose à faire… transformer le talent en victoire.
ah la la, les matchs bascule, les dernières chances, les "là il ne eut pas se rater"...
On aime ça dans la sphère journalistique.
Bien sûr que si, il y aura d'autres chances, d'autres remises en question. Si Ntamack redevient ce qu'il était, il y aura des questions, quelles que soient les performances de Jalibert et du XV de France pendant ce tournoi.
J'espère qu'il va faire un bon match. J'espère surtout qu'on va gagner et qu'on va enchainer pour une apothéose en clôture contre les anglais.
(même si je n'ai aps réussi à avoir de places...)
Parce que si on ne bât pas les anglais, quel que soit le tournoi de Jalibert, je peux vous assurer qu'on dira que c'est peut-être pas de sa faute mais qu'on aurait peut-être gagné avec quelqu'un d'autre.
Et même si on fait un grand chelem, il y aura 15 jours où on fera la chenille mais dès le printemps, les échéances de coupe d'Europe puis de top14, on remettra tout en question. Et ainsi de suite à chaque rendez-vous, novembre, tournoi 2027, phases finales 2027 et même après la prépa de la coupe du monde, à chaque match suivant, ça continuera.