Arbitrage

"Marre des chenilles" : analyse des 5 innovations en Super Rugby et ce que ça change

Le Super Rugby est de retour dans 11 jours accompagné de nouvelles règles qui pourraient inspirer les instances européennes. Analyse de notre arbitre maison.

Dédé Puildébut 03/02/2026 à 17h00
Le Super Rugby Pacific 2026 va tester de nouvelles directives en matière d’arbitrage.
Le Super Rugby Pacific 2026 va tester de nouvelles directives en matière d’arbitrage.

« Simplifier l’arbitrage » : voilà une idée qui nous vient tout droit de l’hémisphère sud et qui résulte de nouvelles règles, testées cette saison en Super Rugby Pacific.

Notre arbitre maison, Dédé Puildébut, nous propose une analyse fine des mesures mises en place dans l’hémisphère sud et qui, si elles s’avèrent concluantes, pourraient bien inspirer les instances européennes, comme ce fut le cas avec la règle du 50-22.

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''Ne pas enfermer l'arbire, mais...''

Parmi ces innovations, il est question de ne plus sanctionner systématiquement un joueur d’un carton jaune lors d’un essai de pénalité.

Une situation qui fait encore office de double peine chez nous, Européens, et qui survient souvent après des fautes répétées dans les phases de conquête.

Sur ce point, Dédé Puildébut est en faveur de ce changement, sans pour autant y voir un réel bénéfice pour le jeu, mais plutôt un confort supplémentaire permettant d’aider les arbitres à prendre de meilleures décisions.

"C’est bien de l’enlever de la règle pour ne pas enfermer l’arbitre, mais je pense que la directive de mettre un carton jaune quasi systématique sera toujours à l’ordre du jour".

Hors-jeu et retard de libération réduits à des coups de pied francs

Toujours dans cette même volonté de gagner du temps de jeu effectif, les instances de l’hémisphère sud vont expérimenter les remises en jeu par coup de pied franc (à la main), sur les phases de hors-jeu accidentels et les retards lors de la libération du ballon.

Une bonne chose, toujours selon notre arbitre maison, qui confirme le gain de dynamisme escompté, mais qui reste perplexe sur un point.

Pour les hors-jeu accidentels, cela va assurément dynamiser le jeu en évitant de passer par une phase de mêlée. Pour un ballon gardé au sol, le coup franc va, d’un côté, inciter les équipes à jouer dans leur camp, et ça, c’est très bien. Mais de l’autre, cela va diminuer les turnovers dans ces zones. Cela vaut le coup d’être testé.

"Il y en a marre des chenilles"

C’est sûrement le point qui ravit le plus Dédé Puildébut : la fin des interminables phases de box-kick où les numéros 9 s’appliquent à faire venir toujours plus de joueurs afin de se tenir loin de la ligne d’avantage et d’éviter toute tentative de contre.

Désormais, en Super Rugby, après l’annonce « use it » (« utilisez-le » en français), aucun joueur ne pourra venir se lier au ruck. C’est donc la fin des chenilles à n’en plus finir.

Un temps précieux gagné sur l’ensemble des rencontres, qui relance le débat autour du jeu au pied de pression, souvent plus ennuyeux. Les numéros 9 seront-ils aussi à l’aise ?
Évidemment, non.

Complètement d’accord, il y en a marre des chenilles ! Les numéros 9 ne vont plus pouvoir faire des box-kicks dans le confort.
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Le 50:22 désormais mieux encadré

Si cette innovation a été adoptée dans toutes les strates du rugby européen, amateur comme professionnel, son application, notamment dans le monde amateur, reste parfois limitée, au regard du nombre de référents capables d’attester de la pleine validité des conditions d’exécution.

Aujourd’hui, un ballon ne peut être lancé depuis sa propre moitié de terrain pour tenter un 50:22, ce qui va changer avec la mise en application de cette règle en Super Rugby.

Cette modification du règlement permettra un usage plus fréquent de cette règle et réduira les ambiguïtés quant à la validation d’un 50:22 en bonne et due forme.

Par ailleurs, comme le précise ce nouveau règlement, les joueurs seront autorisés à jouer une pénalité rapidement dans un couloir d’un mètre de part et d’autre du point de marque de la touche, ou depuis tout point en retrait dans cette zone de deux mètres parallèles à la ligne de touche.

En résumé, un 50:22 offre une réelle opportunité de conserver la possession dans la moitié de terrain adverse en jouant à la main, un dynamisme salué par Dédé Puildébut.

Ok, les défenseurs vont décrocher plus souvent un joueur en fond de terrain et libérer ainsi des espaces. C’est également un avantage pour les arbitres, qui n’auront plus à se demander si le ballon est rentré ou non. Jouer vite après un 50:22, c’est très bien : cela incite les joueurs à accélérer le jeu et, donc, c’est excellent pour le spectacle.
Hugo
Hugo

Je n'ai pas tout compris sur le 50:22