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De l’Argentine aux Ospreys en passant par Narbonne, à la découverte de Guido Volpi
Guido Volpi a déjà joué en France.

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Le troisième ligne argentin Guido Volpi vient d’être prêté par les Ospreys à Doncaster. Il revient sur son parcours atypique et son passage dans l’Hexagone.

Quilmes, Argentine, saison 2016-2017. Le club de rugby local, le Círculo Universitario de Quilmes joue en troisième division. Dans cette ville de la province de Buenos Aires, où les ballons sont plus ronds qu’ovales, un troisième ligne se balade sur les terrains de rugby. Le jeune homme de 21 ans qui porte le maillot affublé du numéro 8 se nomme Guido Volpi. Via une vidéo de ses meilleures actions postée sur Sporple et l’appui de son agent français Gaëtan Mermoz, ses cassages de ligne et sa capacité à jouer après contact vont séduire jusqu’en France. Guido Volpi n’hésite pas devant l’offre qui lui est envoyée, fait ses valises, prend l’avion et traverse l’Atlantique, direction Narbonne.

« Un joueur vraiment au-dessus du lot »

Sur les bords de la Méditerranée, Sébastien Buada, directeur sportif des équipes de jeunes du RCN, est alors entraîneur des arrières de l’équipe espoir. Il se souvient très bien de l’arrivée de l’Argentin : « Son agent nous a présenté la vidéo. Nous recherchions un numéro 8 et ses qualités nous ont plu. » Sur place, le jeune homme doit s’adapter à un nouveau pays et à une autre culture. Un premier défi pour lui. Il le confie, « ça a été dur au début, principalement à cause du langage ». Heureusement, la solidarité de l’ovalie a fait son effet : « Mes coéquipiers ont été super avec moi, tout était génial. » Au fur et à mesure que pousse sa moustache, le joueur devient un élément clé de l’équipe et va démontrer toute l’étendue de son talent.

Ses bonnes performances vont dépasser les frontières. Outre-manche, son profil interpelle les Ospreys qui lui proposent de venir passer un essai en janvier 2018. Le club audois le cède provisoirement. « Je n’étais pas sûr de son avenir au club et ce garçon méritait de percer, alors nous l’avons libéré. Et ils n’ont pas mis 1000 ans pour s’apercevoir de son potentiel », précise son ancien entraîneur. De retour à Narbonne, dans l’antre de Cassayet, le joueur finit la saison en trombe. Cela lui vaudra de porter le brassard de capitaine, les cours de français dispensés portant leurs fruits. Insuffisant malgré tout pour obtenir un contrat professionnel. « C’était une période compliquée où il n’y avait pas beaucoup de dialogue avec l’entraîneur de l’équipe première d’alors, Steve Kefu. On n’a pas réussi à le convaincre, regrette Sébastien Buada. C’était aussi une période difficile sportivement (le club a terminé dernier de Pro D2 cette année-là) et on n’a pas pu s’aligner sur l’offre des Ospreys. »

Un an après avoir découvert la France, Guido Volpi prend la direction d’un nouveau pays, le Pays de Galles. Il rejoint donc les Ospreys, club situé dans la ville de Swensea. De son expérience sur les terrains de l’hexagone, l’Argentin garde un très bon souvenir : « J’ai aimé le rugby français. Il est agressif, pas très structuré mais vraiment intense ! » Le directeur sportif des jeunes du club se rappelle, lui, d’un joueur « vraiment au-dessus du lot en espoir. Il a très bien su s’intégrer, il a appris à parler français ce qui lui a permis d’être capitaine. Il était déjà très pro dans son attitude ».

Des débuts professionnels difficiles au Pays de Galles

A son arrivée, le nom du troisième ligne est couché sur la feuille de match dès la troisième journée de Pro 14 par le coach, Allen Clarke. Le vendredi 14 septembre 2018, il dispute son premier match, au Thomond Park face au Munster. A la 49ème minute de jeu, il remplace Morgan Morris en troisième ligne. Malgré la déroute des Gallois en terre irlandaise (49-13), le joueur garde un bon souvenir de ses débuts : « C’était incroyable de jouer mon premier match avec 10 000 personnes autour et une super ambiance ! » La suite est moins facile pour lui, régulièrement laissé à la disposition de l’académie, l’équivalent de l’équipe espoir. Depuis cette rencontre face au Munster, il n’a porté le maillot des Ospreys qu’à six reprises.

Nick Webb, journaliste spécialisé en rugby au sein du service des sports de la version galloise de la BBC, la BBC Sport Wales, juge que « Guido est arrivé aux Ospreys dans un moment difficile pour le club, notamment la saison dernière, quand ils ont eu les pires résultats de leur histoire (dernier de la conférence A avec seulement 2 victoires en 15 matchs) ». Il pense également que la progression de l’Argentin a été freinée par « de nombreux changements d’entraîneurs », au sein du club.

Des prêts en Angleterre

Pour gagner du temps de jeu, le club gallois l’avait cédé l’an dernier, pour la seconde partie de saison, aux Doncaster Knights, club de Championship (seconde division anglaise). En deux mois, il disputera cinq rencontres. « Le club a été satisfait de son prêt à Doncaster », déclare le journaliste. En juillet, Guido Volpi a signé un nouveau contrat de deux ans avec la province. Malgré cela, il n’a pas joué le moindre match cette année. « Je suis sûr que cela doit être très frustrant pour un jeune joueur de ne pas pouvoir jouer régulièrement au rugby, mais il doit faire bonne impression cette saison », affirme Nick Webb. Cette saison, le joueur « espère être capable de jouer davantage ». Pour cela, le joueur a accepté de revenir en prêt chez les Knights jusqu’à la fin de la saison. « Nous sommes vraiment heureux et reconnaissants de pouvoir travailler avec les Ospreys pour aider à développer davantage la carrière de Guido », s’est réjoui l’entraîneur des avants du club anglais Steve Boden. Toujours sur le site internet du club, il a déclaré que Guido Volpi est « quelqu'un qui a joué à un haut niveau pour nous la saison dernière, il apporte à l'équipe une bonne capacité à porter le ballon mais, plus important encore, nous savons qu'il a le désir de s'améliorer, et c'est une personne à avoir dans l'environnement ». Interrogé lui aussi par le club, le troisième ligne a dévoilé ses objectifs pour la saison : « J’aimerais que cette saison nous jouions un bon rugby et que nous engrangions un bon nombre de victoires. Je veux aussi créer de bonnes relations, nouer de bonnes amitiés et en profiter au maximum. J'ai hâte de commencer ! »

Un retour en France pourrait-il être la solution pour définitivement lancer sa carrière ? Pour l’instant, le joueur reste concentré sur son nouveau club, mais, « peut-être un jour, oui ».

Loïc Bessière
Loïc Bessière
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