Toulouse a convaincu l'un des dossiers les plus courtisés du marché
Tommaso Menoncello vient à peine de poser ses valises à Ernest-Wallon que le Stade Toulousain prépare déjà l’avenir. Selon les informations de plusieurs médias, Esteban Capilla a choisi Toulouse. Et ce, malgré l’intérêt de Toulon et de l’Union Bordeaux-Bègles. Le troisième ligne de Bayonne devrait rejoindre les Rouge et Noir à l’été 2027 et s’engager pour trois saisons, avec une année supplémentaire en option. À 23 ans, celui qui vient de disputer 40 minutes contre Toulon s’impose donc comme l’un des gros dossiers anticipés du prochain marché. Le timing n’a rien d’anodin : François Cros quittera officiellement Ernest-Wallon pour rejoindre Lyon à cette même intersaison. Sans oublier le cas Jelonch, en fin de contrat en 2027, et dans le viseur de Castres.
Mais présenter Capilla comme le simple successeur de Cros serait presque lui faire un mauvais procès. Cros reste une référence internationale, forte de 44 sélections, avec un poids considérable dans le système défensif toulousain. Capilla amène autre chose. Annoncé à 1,98 m pour environ 100 kg, le Bayonnais possède cette faculté assez rare chez un troisième ligne de créer lui-même un déséquilibre. La saison dernière, il a inscrit 10 essais en 17 matchs de TOP 14. Face à Toulon samedi, son entrée à la pause a aussi produit cinq passes après contact en seulement 40 minutes. Pour un avant, ces chiffres en disent déjà beaucoup sur le personnage.
Capilla à Toulouse pour plusieurs saisons : son choix pourrait relancer le dossier Gazzotti et l’avenir de JelonchUn troisième ligne façonné par le rugby à 7
C’est là que le mariage avec Toulouse devient particulièrement intéressant. Sébastien Calvet, qui l’a dirigé lors du titre mondial des moins de 20 ans en 2023, insiste sur ses déplacements, ses changements de rythme et sa capacité à attaquer les intervalles. Capilla aime également libérer ses bras au contact, un secteur auquel Toulouse accorde énormément d’importance pour maintenir le ballon vivant. Midi Olympique rapporte même qu’il dépasse régulièrement les 30 km/h. Et lorsque le jeu se resserre, ses presque deux mètres en font aussi une option naturelle en touche. Le genre de boîte à outils que les entraîneurs aiment garder ouverte sur le bord du terrain.
Son passage par France 7 permet aussi de mieux comprendre cette palette. Et pourquoi il peut apporter encore plus que Cros sur le pré. Capilla appartenait notamment au groupe français du circuit mondial en 2024, aux côtés d’Antoine Dupont, avant de manquer les Jeux olympiques de Paris. Le sept lui a imposé ces duels avec beaucoup d’espace à défendre. Mais aussi l’obligation de battre son adversaire lorsqu’une occasion apparaît. On retrouve aujourd’hui ces réflexes à XV même s'il y a moins d'espaces libres. Un troisième ligne de près de deux mètres capable de jouer après contact, de mettre les cannes ou de casser une ligne sur ses appuis, ça ressemble presque à un personnage créé en poussant quelques curseurs trop loin dans un jeu vidéo. Sauf que celui-ci existe vraiment.
Esteban Capilla (Bayonne) freiné alors qu’il frappait (fort) à la porte du XV de FranceToulouse peut encore le faire changer de dimension
Et Toulouse offre probablement l’un des environnements les plus favorables pour exploiter ces qualités. Dans une équipe où les soutiens arrivent vite et où les avants sont encouragés à jouer debout, chaque passe après contact de Capilla peut devenir le départ d’une séquence dangereuse. Sébastien Calvet estime justement via le Midi Olympique que le Bayonnais devrait pouvoir se « régaler » dans ce rugby. Son recrutement aurait donc une logique sportive évidente : Toulouse perdra l’expérience et l’immense volume de Cros, mais ajouterait un troisième ligne au profil plus explosif, encore loin d’avoir atteint son plafond. Comparer les deux homme pour homme n’aurait d’ailleurs guère de sens tant leurs trajectoires et leurs qualités diffèrent.
Il faut dire que le parcours de Capilla est assez exotique. Né à Saint-Saulve, dans le Nord, il a découvert le rugby à 4 ans en Nouvelle-Calédonie, où la carrière militaire de son père avait conduit sa famille. Il est ensuite passé par l’AS Bayonne, Mouguerre et Saint-Martin-de-Seignanx avant de rejoindre l’Aviron chez les cadets. Aujourd’hui, il en est devenu l’une des principales armes offensives. Et à seulement 23 ans, il dispose encore de plusieurs saisons pour transformer ses qualités naturelles en maîtrise complète du poste.
Un coup qui intéresse aussi directement le XV de France
Derrière le coup réalisé par Toulouse se cache aussi un enjeu bleu. Capilla ne compte encore aucune sélection officielle avec le XV de France, même s’il a déjà porté le maillot de France A. S’il poursuit sa progression dans un effectif où évoluent Dupont, Ntamack, Jelonch ou Willis, difficile de penser que le staff tricolore cessera de regarder dans sa direction. A moins qu'il ne s'invite en Australie l'an prochain. Il part de plus loin que la concurrence. Mais la saison est encore longue.
En revanche, à l’horizon de la Coupe du monde 2031 aux États-Unis, il n’aura que 28 ans. Il pourrait bien être l'une des têtes d'affiche du XV de France aux côtés de Bielle-Biarrey ou encore Gourgues. Toulouse a déjà attiré Tommaso Menoncello, 23 ans et meilleur joueur du Tournoi 2024. Avec Capilla, le champion de France pourrait ajouter un autre talent encore jeune à une équipe qui prépare déjà le cycle suivant.
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