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Après six K.-O. en moins de deux ans, Paul Willemse accompagne un essai clinique sur les séquelles de commotions

Toujours touché par les conséquences de ses commotions, Paul Willemse devient le grand témoin d’un essai clinique lancé à Toulouse et Lyon.

Thibault Perrin 09/09/2026 à 20h26
Un casque diffusant une lumière proche infrarouge sera testé sur une trentaine de sportifs souffrant encore des conséquences d’une commotion. ©INPHO/Dave Winter
Un casque diffusant une lumière proche infrarouge sera testé sur une trentaine de sportifs souffrant encore des conséquences d’une commotion. ©INPHO/Dave Winter

Un casque testé cet automne à Toulouse et Lyon

Un casque bleu qui ressemble vaguement à un bonnet de water-polo pourrait-il aider des sportifs dont les symptômes persistent après une commotion ? Le Fonds Clinatec lancera cet automne à Toulouse et Lyon un essai clinique autour de la photobiomodulation transcrânienne. Une trentaine de sportifs doivent participer à l’étude, soutenue par la GMF. Le dispositif applique une lumière proche infrarouge sur des zones ciblées du cerveau. L’objectif affiché est d’évaluer rigoureusement son potentiel thérapeutique.

Deux groupes seront constitués. L’un utilisera le véritable dispositif, l’autre un casque passif servant de témoin. Selon la GMF, le programme doit s’étendre sur deux à trois ans. Cette comparaison est essentielle : elle permettra notamment de distinguer une éventuelle efficacité réelle de l’évolution naturelle des symptômes ou d’un effet placebo.

Pourquoi cette étude va plus loin que les premiers essais

La photobiomodulation n’arrive pas de nulle part. Une étude pilote menée sur 50 sportifs souffrant d’une commotion aiguë a récemment été publiée dans Frontiers in Neurology. Les participants recevaient deux séances, la première moins de 72 heures après le choc, puis une seconde sept jours plus tard. Aucun effet indésirable grave lié au dispositif n’a été rapporté.

Mais cette première étude n’avait pas de groupe placebo et n’était pas conçue pour démontrer l’efficacité du traitement. Ses auteurs le précisent eux-mêmes : ses résultats permettent surtout de préparer un essai contrôlé plus robuste. Et le nouveau protocole change également de cible puisqu’il concerne des sportifs souffrant de symptômes persistants, et non uniquement des commotions fraîchement survenues.

Paul Willemse, bien plus qu’un visage pour le projet

Paul Willemse sait précisément ce que ces mots englobent. L’ancien deuxième ligne de Montpellier et du XV de France, 32 sélections, a arrêté sa carrière en septembre 2025 après une succession de commotions. Un an plus tôt, son dernier match s’était terminé dès son premier contact après un choc contre le Stade Français. Il avait ensuite raconté avoir subi six K.-O. en moins de deux ans.

Aujourd’hui encore, Willemse explique ressentir des vertiges et des maux de tête lors de certains mouvements ou lorsqu’il joue avec ses enfants. Il ne participera pourtant pas à l’essai, ses caractéristiques ne correspondant pas aux critères de recherche. Son rôle sera celui de grand témoin. Parce que derrière les protocoles et les casques se trouve aussi cette réalité : certains joueurs continuent de vivre avec les conséquences du rugby longtemps après avoir rangé les crampons.

Ce que cet essai pourrait réellement changer

La prudence reste indispensable. Le consensus international d’Amsterdam recommande une prise en charge individualisée et multidisciplinaire lorsque les symptômes durent plus de quatre semaines. Tandis que les preuves concernant plusieurs traitements restent faibles. Ce casque n’est donc pas encore un remède. Mais avec un groupe témoin et des patients précisément ciblés, l’essai de Clinatec doit répondre à la question qui compte vraiment : cette lumière peut-elle accélérer la récupération de sportifs dont le cerveau refuse, parfois depuis des mois, de tourner définitivement la page du choc ?

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