Mourad Boudjellal sur Saint-André : 'Quand on est ridicules, ce n'est pas la faute des étrangers en Top 14'
Mourad Boudjellal flingue encore PSA et la FFR dans une interview.

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Mourad Boudjellal, le retour de la revanche. Le président du RCT flingue PSA, l'équipe de France, Pierre Camou, le Grand Stade et la formation française... morceaux choisis.
Les histoires d'amour finissent mal, en général. C'est le cas de celle qui a uni Mourad Boudjellal à Philippe Saint-André, du temps où « Ouin-Ouin » était encore le manager du RC Toulon. Deux ans de bonheur et d'harmonie qui ont pris fin quand l'ambitieux PSA a quitté Mourad pour une plus belle que lui : la France.

Depuis, Mourad a la dent dure avec son ex, qu'il n'hésite pas à critiquer avec véhémence dans les médias. Après l'avoir accusé à plusieurs reprises de « trop se plaindre », le président du RCT en a rajouté une couche dans une interview accordée à l'Équipe ce dimanche, où il est revenu sur

Nicolas Mas recule en mêlée, c'est pareil. Il faut regarder les choses en face. Qu'est-ce qui a changé depuis trois ans ? Les entraîneurs ! Et selon moi, les résultats sont la conséquence de ce qui a changé. (…) Le staff de l'équipe de France ferait mieux de faire son introspection plutôt que de faire porter la responsabilité sur le Top 14. Quand on joue trois matchs et qu'on est ridicules, ce n'est pas la faute des étrangers. C'st insupportable d'entendre des adultes rejeter la faute sur les autres. (…) S'ils considèrent que les défaites ne sont pas de leur responsabilité, c'est qu'ils sont devenus irresponsables. Dans ce cas, ils doivent partir. Mais je n'y crois pas. Ils ne poseront pas leur démission... »

Interrogé sur l'opportunité de la FFR de produire un « électrochoc » en se séparant du staff du XV de France, Boudjellal sort le bazooka et s'en prend cette fois à Pierre Camou, le président de la FFR, et son fameux projet de Grand Stade.

Pour ça il faut que Camou sorte le chéquier. Et ce n'est pas le moment. Il fait ses comptes car son grand stade, qui ne verra d'ailleurs jamais le jour, lui a déjà coûté beaucoup d'argent. Sans oublier que Philippe Saint-André s'est bien entouré. Il s'est mis les Barbarians dans la poche avec Lagisquet et Toulouse avec Bru. C'est le roi de la politique ! »

Enfin, Boudjellal est revenu sur ce qui est pour lui le plus gros problème du rugby français, la formation :

Est-ce qu'il y a beaucoup de joueurs français de talent qu'on refuse de faire jouer pour aligner des étrangers à leur place ? La réponse est non. Pourquoi ? Parce que nos jeunes de talent ne sont pas bien formés (…) Le jour où l'on pourra monnayer la formation d'un joueur, la donne changera. (…) Aujourd'hui, le problème de la formation, c'est qu'on ne rachète pas le contrat du joueur à son club formateur, on rachète le joueur en foncion de sa valeur sur le marché. Mais entre un joueur formé au club et un joueur non formé au club qui prend le même salaire, quelle est la différence ? Celui qui a été formé au club coûte plus cher car il a fallu payer en plus les années de formation. Donc on n'a pas d'intérêt à le former. Autant en prendre un autre ailleurs. (…) Prenons l'exemple de Bourgoin, il y a quelques années, la moitié des joueurs de l'équipe de France avaient été formés là-bas. On nous dit que la priorité c'est l'équipe de France. Mais quand le club a déposé le bilan en aout 2012, la Fédération n'a pas bougé pour les aider. Si Bourgoin avait pu monnayer son savoir-faire, le club n'en serait jamais arrivé là ».

Qu'on apprécie son style ou non et que l'on soit d'accord avec son analyse ou pas, Mourad Boudjellal a le mérité de poser de bonnes questions. La grande remise en cause du rugby français aura t-elle lieu dans les mois à venir ?

Vous pouvez retrouver l'intégralité de l'entretien dans l'Équipe du jour.