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Discret dans les mots, colossal dans les chiffres : Charles Ollivon, un capitaine sans brassard

Aligné en deuxième ligne, Ollivon empile les stats et impressionne la presse internationale. Son Tournoi prend une autre dimension.

Thibault Perrin 17/02/2026 à 14h00
67 mètres gagnés, 15 après contact : Ollivon avance et fait avancer les Bleus à chaque prise de balle. Crédit image : Screenshot France 2
67 mètres gagnés, 15 après contact : Ollivon avance et fait avancer les Bleus à chaque prise de balle. Crédit image : Screenshot France 2

Un capitaine sans brassard qui empile les notes

Déjà très en vue face à l’Irlande, Charles Ollivon a confirmé lors de la deuxième journée du Tournoi. Aligné une fois de plus en deuxième ligne, le Toulonnais a encore pesé de tout son poids sur la rencontre. Auteur d’un essai, précieux dans les zones de combat, omniprésent dans le jeu courant, il figure dans le haut des classements individuels : 2 essais inscrits, 7 contacts dominants, 3 plaquages dominants.

La presse anglo-saxonne ne s’y est pas trompée. Planet Rugby lui attribue un 9/10, saluant une performance « de classe mondiale ». Rugby Pass lui donne 8,5, mettant en avant sa qualité de main et son activité dans le cœur du terrain. Ruck lui accorde un 8, soulignant sa mobilité et sa 50e cap célébrée par un essai.

 Charles Ollivon en chiffres (après 2 journées)

  • 2 essais (meilleur avant marqueur français)
  • 14 courses ballon en main
  • 67 mètres gagnés
  • 15 mètres après contact
  •  92 % de réussite dans les passes
  • 16 plaquages réalisés
  • 3 plaquages dominants
  • 8 ballons captés en touche
  • 0 pénalité concédée

Une deuxième ligne… qui joue comme un troisième ligne

Ce qui impressionne le plus, ce n’est pas seulement le volume, mais la polyvalence. Ollivon a débuté en deuxième ligne avant de glisser en 3e ligne en cours de match. Et il a été dominant dans les deux rôles. Ce n’est pas un détail.

À près de 2m, il apporte la taille et la sécurité en touche. Mais contrairement à un deuxième ligne traditionnel, il se projette énormément dans le jeu courant. Ses lignes de soutien ont encore fait mouche, notamment sur l’action initiée par l’offload d’Antoine Dupont, où il est déjà en mouvement quand d’autres sont encore spectateurs.

Techniquement, son positionnement dans l’axe intérieur est une clé. Il ne se contente pas de nettoyer les rucks. Il propose une solution au porteur, fixe un défenseur, libère dans le bon tempo. Sa qualité de passe debout et sa lecture des intervalles permettent à la France d’enchaîner vite. C’est un accélérateur de jeu.

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Le port de balle comme arme stratégique

Planet Rugby insiste sur ses « courses » comme élément marquant. Et les chiffres confirment cette impression. Avec 7 contacts dominants, Ollivon est l’un des leaders du Tournoi dans ce secteur. Cela signifie qu’il ne subit pas l’impact : il gagne la ligne d’avantage, voire plus.

Dans le rugby moderne, l’avancée conditionne tout. Un porteur qui avance de deux mètres oblige la défense à reculer, désorganise la ligne, ouvre les extérieurs. Cette capacité est énorme atout pour un deuxième ligne avec son profil. Elle permet au staff d’aligner un pack mobile, capable d’alterner puissance et vitesse.

Son essai à la 61e minute n’est pas anodin non plus. Il arrive après une séquence de pression, preuve qu’il reste lucide et disponible dans la durée. Aller au bout du match à ce niveau d’intensité, en changeant de poste, dit beaucoup de son état de forme et de sa préparation.

Une dimension tactique nouvelle pour les Bleus

L’utilisation d’Ollivon en deuxième ligne offre à Fabien Galthié une flexibilité précieuse. Avec lui, la France peut densifier la touche sans perdre en mobilité. Elle peut aussi basculer rapidement vers une configuration à trois troisièmes lignes mobiles.

Face à des équipes qui cherchent à accélérer autour des rucks, cette hybridation est stratégique. Elle permet de garder de la taille tout en conservant un joueur capable de défendre au large.

Ce n’est pas la première fois qu’Ollivon brille dans ce registre. Mais en 2026, à 50 sélections, il semble avoir atteint une maturité complète. Moins exposé médiatiquement que d’autres cadres, il n’en est pas moins un pilier de l’équilibre tricolore.

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Un taiseux qui parle par le jeu

À court terme, cela sécurise le pack français. Avec un Ollivon à ce niveau, les Bleus disposent d’un joueur capable d'évoluer à haut niveau à deux postes. En cas de blessure ou de réorganisation en cours de partie, le staff a une solution interne crédible.

À moyen terme, cela renforce la crédibilité de la France comme équipe complète, capable de rivaliser dans tous les secteurs : conquête, jeu de mouvement, combat au sol. Dans cette compétition, avoir un avant capable de marquer, d’avancer et de défendre à haut niveau est un atout indéniable.

Pour Ollivon, qui a plusieurs fois été gravement blessé, ces performances consolident son statut de leader naturel. Même sans brassard, son influence est évidente. Les notes élevées de la presse internationale ne sont pas flatteuses par hasard : elles traduisent une constance et un impact mesurable.

Dans une équipe de France souvent associée à ses fulgurances offensives, Charles Ollivon incarne la rigueur et l’efficacité. Il ne fait pas de bruit, mais il fait avancer les siens. Et à ce rythme, son Tournoi pourrait bien dépasser le simple cadre des statistiques pour entrer dans la catégorie des campagnes référence.

Garou-gorille
Garou-gorille

"La presse anglo-saxonne ne s’y est pas trompée. "
Ollivon oh nice !


pascalbulroland
pascalbulroland

Il fait un début de tournoi tonitruant, ses stats parlent d'elles même.


Vieille Gloire
Vieille Gloire

Bravo Charles !


Pour tes performances, tu es revenu un nombre incalculable de fois de l’enfer avec tes blessures.


Chapeau bas !


Tes matchs ont été exemplaires. Profite pleinement du moment présent.


Merci et encore félicitations !