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La France intouchable ? Pas si vite… l’Italie n’est plus l’équipe “low cost” des années 2000

Deux victoires, 90 points inscrits, 13 essais : le XV de France impressionne. Mais face à une Italie en plein renouveau, attention au piège à Lille.

Thibault Perrin 17/02/2026 à 10h45
Tout semble sourire au XV de France. Et si le vrai test du Tournoi commençait justement face à l’Italie ? Crédit image : Screenshot France 2
Tout semble sourire au XV de France. Et si le vrai test du Tournoi commençait justement face à l’Italie ? Crédit image : Screenshot France 2

La France démarre fort, l’Italie confirme

Après deux journées du Tournoi, le XV de France avance avec autorité. Victorieux de l’Irlande, puis large vainqueur du pays de Galles à Cardiff, les hommes de Fabien Galthié pointent en tête de nombreuses statistiques collectives. Ils impressionnent la planète ovale. Et le mieux dans tout cas, c'est qu'ils peuvent encore monter en puissance.

Avec 90 points inscrits, ils dominent le classement offensif devant l’Angleterre (68). Les Bleus sont premiers aux essais marqués (13), aux passes décisives (12), aux franchissements (30) et aux mètres parcourus ballon en main (1507).

En face, l’Italie n’a cependant rien d’un faire-valoir. Les Transalpins affichent 395 plaquages réussis (1ers), 27 plaquages dominants (2es), 5 touches volées (1ers) et 29 lancers gagnés (2es). Ils restent solides sur leurs bases et progressent dans l’occupation et l’impact. Dimanche à Lille, ce France – Italie n’aura rien d’un match de transition.

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Une armada offensive tricolore… mais structurée

Ce qui frappe dans les chiffres français, ce n’est pas seulement le volume, mais la cohérence du plan de jeu. La France est première aux mètres au pied (2028) et aux coups de pied en jeu (69). Ce n’est pas anodin. Les Bleus ne jouent pas seulement à la main, ils alternent, déplacent, usent la défense avant de frapper. Avec 39 plaquages dominants et 73 défenseurs battus, ils avancent dans les collisions et créent du déséquilibre.

Le pourcentage de réussite en mêlée fermée (100 %) et un taux de plaquages réussis à 82,8 % montrent aussi une base solide. On est loin d’une équipe uniquement flamboyante. Les Tricolores construisent. Ils grattent 5 ballons, gagnent 17 turnovers et sécurisent 18 coups de pied récupérés. Autrement dit, ils maîtrisent les temps faibles.

Cette maîtrise explique leurs 4,6 mètres par course, meilleure moyenne du Tournoi. Ce chiffre est capital : il dit que chaque prise de balle génère de l’avancée. Dans le rugby moderne, c’est la clé pour jouer dans la défense et enchaîner vite derrière. Face à l’Irlande comme au pays de Galles, la France a imposé son rythme, alterné jeu direct et jeu au large, et puni à la moindre désorganisation.

L’Italie version 2026 : dure au mal et chirurgicale

Attention cependant à ne pas lire les statistiques italiennes à l’envers. Si la France domine offensivement, l’Italie s’est construite sur une densité défensive impressionnante. Avec 395 plaquages réussis et 82,5 % de réussite dans l’exercice, elle est la meilleure du Tournoi en volume. Cela signifie qu’elle subit parfois davantage, mais qu’elle résiste.

Les 5 touches volées et les 29 lancers captés montrent une conquête fiable dans le secteur aérien. Mais sa mêlée ne fait rire personne. L'Irlande en faisant les frais à Dublin. L’Italie est aussi deuxième au nombre de mètres après contact par action (1 mètre en moyenne, au coude-à-coude avec le pays de Galles), preuve qu’elle ne se contente pas de jouer en périphérie. Elle avance dans l’axe, fixe, et use.

Autre donnée intéressante : 17 turnovers gagnés pour l’Irlande, 17 pour la France, mais 11 pour l’Italie. Les Azzurri grattent moins, mais ils compensent par un jeu au pied long et structuré (56 coups de pied en jeu, 23,9 mètres par coup de pied). Ils cherchent l’occupation, forcent l’adversaire à repartir de loin et capitalisent sur la discipline.

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Le vrai danger : l’excès de confiance

C’est ici que le contexte devient crucial. Après avoir dominé l’Irlande et balayé le pays de Galles, la France pourrait tomber dans le piège classique du favori sûr de sa force. Or, l’Italie n’est plus celle des années 2000. Elle plaque, elle contre en touche, elle tient la mêlée (85,7 % de réussite), et surtout, elle ne lâche pas.

Les 67 plaquages manqués de l’Irlande ou les 61 du pays de Galles montrent que certaines équipes se fissurent sous pression. L’Italie, elle, reste dans ses standards. Elle encaisse, mais elle répond. Si la France perd en précision ou en discipline, elle s’expose à un match plus fermé, plus tactique, où chaque pénalité comptera.

Dans un Tournoi où les détails font basculer les rencontres, le volume défensif italien pourrait user les porteurs tricolores et ralentir les libérations. Si le tempo baisse, l’Italie aura sa fenêtre.

Les clés du match à Lille ?

  1. La conquête : La France est performante en mêlée et solide en touche, mais l’Italie excelle dans les touches volées. Un lancer mal assuré, et c’est une séquence défensive de 10 phases à encaisser.
  2. La discipline et l’occupation : Les Bleus dominent aux mètres au pied et aux coups de pied récupérés. Continuer à occuper, à renvoyer l’Italie dans son camp et à jouer chez elle sera essentiel pour éviter un match d’usure.
  3. La vitesse des rucks : La France avance (73 défenseurs battus, 30 franchissements). Si elle impose un tempo élevé, l’Italie devra multiplier les plaquages et pourrait finir par craquer. En revanche, si les sorties sont lentes et que le jeu se densifie, les Azzurri entreront dans leur zone de confort. 
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Valider le premier block avant le sprint final

Une victoire française confirmerait son statut de favorite et renforcerait sa position en tête avec une dynamique offensive impressionnante. Pour les cadres tricolores, ce serait la validation d’un projet de jeu équilibré, capable d’alterner puissance et gestion. Un succès permettrait de préparer les deux derniers matchs décisifs en Ecosse puis contre l'Angleterre avec un maximum de confiance.

À l’inverse, un accroc relancerait totalement la compétition et crédibiliserait définitivement l’Italie comme outsider sérieux. Pour les Transalpins, une performance solide à Lille, même sans victoire, enverrait un message fort : ils ne sont plus là pour apprendre, mais pour rivaliser.

Dimanche, à Lille, il ne s’agira pas seulement d’enchaîner après Cardiff. Il s’agira de prouver que cette équipe de France sait aussi gagner quand elle est attendue. Et ça, dans un Tournoi, c’est souvent le pas le plus difficile à franchir.

Garou-gorille
Garou-gorille

Ne sous estimons pas les Italens (Furlong ne démentirait pas, lui qui s'est retrouvé sur le toit en mêlée !) !
N'oublions pas qu'ils sont venus faire match nul 13-13 au stade de France il y a 2 ans !
Alors prudence. sérieux et... les respecter !


Ronnie
Ronnie

Battus ( de peu, mais battus ) par une très pâle équipe d'Irlande, j'ai du mal à imaginer les Gli Azurri inquieter les Bleus.
A l'inverse, je sens bien une belle 'Valigia', genre 40pts . . . :-)


NMa
NMa

40 et des bouffes.


Bon je pense qu'on a moyen de bien gagner, mais je ne pense pas qu'on leurs mettent 70 points comme l'an dernier.


On sent que les Italiens ont bien mûri, avec une belle génération qui joue dans les gros championnat européens.


Attention qu'on ne se croit pas trop beau, qu'on reste sérieux, et qu'on les battent correctement.


Jacques-Tati-en-EDF
Jacques-Tati-en-EDF

Hmmm. Le pack italien me semble bien dense et combatif, et derrière ça joue bien. Leur banc est faible par contre. Ca devrait passer , mais méfiat ... Et puis on aura deux équipes qui cherchent la possession (dont la France depuis peu) ... Donc beau match en perspective.


Dar-ouille
Dar-ouille

Pâles, les irlandais ? je ne suis pas d'accord .... ils ont été tellement secoués par les français qu'ils ont parus "pâles". D'accord, les italiens les ont bien accrochés, mais .... chaque prochain match apportera sa vérité : nous verrons si les italiens peuvent également accrocher les français ??? et aussi comment les irlandais se comporteront face aux écossais et aux anglais ... ... on va se régaler, de beaux matchs en perspective ....