Les Samoa fair-play avec Bundee Aki après son carton rouge
Bundee Aki a écopé d'un rouge face aux Samoa.
Le trois-quarts centre de l’Irlande a écopé d’un carton rouge, lors du dernier match de la phase de poules, après un plaquage haut sur Ulupano Seuteni. Il ne devrait pas voir les quarts.

29e minute de jeu, Irlande-Samoa à Fukuoka. UJ Seuteni, lancé, croise le fer avec Bundee Aki. Le trois-quarts centre stoppe son adversaire. Et après l’appel à la vidéo, Nic Berry renvoie le centre du Connacht aux vestiaires en le sanctionnant d'un carton rouge pour plaquage dangereux. En infériorité numérique pendant quarante minutes (les Samoans ayant écopé d’un jaune à l’heure de jeu à l'encontre TJ Ioane), le XV du Trèfle n’a toutefois pas fait dans le détail et décroché un succès bonifié 47-5, inscrivant sept essais dont un doublé de Sexton. 

Les troupes de Joe Schmitt vont donc voir les quarts de finale et défieront l’Afrique du Sud ou la Nouvelle-Zélande pour une place dans le dernier carré. Un choc, quoi qu’il en soit. Et ils vont devoir composer avec l’absence d’Aki, lequel devrait être suspendu après son expulsion. Un coup dur tant le trois-quarts centre est important au système de sa sélection. Maître du centre terrain, il n’aurait pas été de trop, face aux Boks par exemple, pour contrer la puissance adverse. 

''Pas de la méchanceté''

Né en Nouvelle-Zélande, d’origine samoane par ses deux parents, Aki a toutefois trouvé un soutien de choix du côté des coéquipiers de Nanai Williams. Sur Off the Ball, Steve Jackson, entraîneur en chef des Manua Samoa a défendu le trois-quarts centre. Pour lui et concernant le plaquage, ‘’il y a des facteurs atténuants comme la hauteur, toutes ces choses entrent en jeu [on demande aux joueurs de prendre une décision en une fraction de secondes sur le type de plaquage qu’ils doivent réaliser, ce qui est très difficile’’, a-t-il expliqué. ‘’Je connais Bundee depuis longtemps et c’est un homme formidable, qui a du caractère, et qui n’a pas fait ça pour faire mal. Ce n’était pas de la méchanceté, c’était simplement intense comme plaquage, et en tant que Samoan, il sera toujours comme ça’’. Pour le XV du Trèfle et Aki, espérons que World Rugby entende Steve Jackson, particulièrement fair-play. 

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Le rouge est indiscutable, ne pas suspendre Aki derrière serait incompréhensible. Le 10 Saoman s'est fait défoncé la tête, d'ailleurs dans quel état est-il?

  • breiz93
    44485 points
  • il y a 4 semaines

Ce n'est probablement pas méchant mais la faute y est quand même. De toute façon ce n'est pas au coach Samoan de se substituer à la commission de discipline. qui par ses décisions éclairées et pleines de justice, va trouver la sanction la plus équitable.

@breiz93

Jean Neymar de ce commentaire. 😊

  • Ahma
    82271 points
  • il y a 4 semaines

Une illustration d'un problème de plus en plus flagrant : les arbitres se focalisent exclusivement sur les contacts à la tête, sans se préoccuper le moins du monde des autres facteurs. Le message qui est donné aux joueurs aujourd'hui, c'est "pas touche à la tête, et à part ça tous les coups sont permis". On voit donc se multiplier les gestes de défenseurs qui percutent leurs adversaires à la poitrine l'épaule en avant, sans mettre les bras dans un premier temps. Gestes dangereux et clairement intentionnels, qui sont trop fréquents et trop bien maîtrisés pour ne pas avoir été travaillés, ou à tout le moins pensés en amont.
On a vu également des illustrations de ce regrettable état de fait en Top 14, lors du match ST-CO, avec des décisions aberrantes et incohérentes. Ainsi, Elstadt est sanctionné d'une simple pénalité pour son plaquage sur Kockott. On fait valoir que celui-ci s'est baissé, mais Elstadt l'attendait de toute façon l'épaule en avant, ce dont il est le seul responsable. Quant à Tauzin, qui assène un coup d'épaule dans le dos d'un joueur sans ballon, on se demande vraiment ce qu'il aurait pu faire de plus pour arriver à être exclu. Et de l'autre côté on a Hounkpatin, qui prend un carton pour un plaquage dénué de toute dangerosité, et de toute mauvaise intention. Il ne prend pas la précaution de se baisser suffisamment, certes, mais par ailleurs son plaquage est à montrer en exemple par la façon dont il met soigneusement les bras autour de l'adversaire avant le contact.
Ceci étant dit, toutes ces décisions sont peut-être en accord avec les consignes données aux arbitres par ces fameux "observables", dont je suis de plus en plus convaincu qu'ils font beaucoup plus de mal que de bien. Laissons les arbitres beaucoup plus de latitude pour juger de la réelle dangerosité d'un geste sans les enfermer dans le carcan de ces critères artificiels, ils prendront des décisions bien plus justes et cohérentes. Elle ne seront pas parfaites, il y aura évidemment toujours quantité de polémiques, mais je suis persuadé que la situation sera globalement bien plus satisfaisante pour les observateurs objectifs, et la sécurité des joueurs bien mieux assurée.
Je reviens au sujet de départ, qu'il n'y ait pas d'ambiguïté : je ne suis pas choqué par ce carton rouge, mais par tous les cas où ils ne sont pas sortis.

  • WebDiv
    16294 points
  • il y a 3 semaines
@Ahma

Je comprends ton point de vue, mais dans un premier temps des critères (trop?) stricts (ici, se concentrant sur la tête) devraient permettre de faire changer les mentalités et habitudes. Quitte à revenir vers plus de latitude pour les décisions arbitrales par la suite.

MAIS, ces critères (stricts) devraient être revus pour les appliquer à d'autres situations dangeureuses (la charge à l'épaule au niveau du milieu de la poitrine ou du dos, par exemple, tous les deux pouvant avoir des conséquences très facheuses, et il serait dommage de devoir attendre un incident grave pour changer les règles, consignes ou autres observables).

  • Ahma
    82271 points
  • il y a 3 semaines
@WebDiv

Tu apportes à l'analyse de la situation un complément important sur un point que je n'avais pas abordé ici : les observables ne représentent bien sûr qu'une partie du problème. Dans les cas que tu cites, la carence est ailleurs : ces percussions de l'épaule sont illicites, le règlement n'est tout simplement pas appliqué.

@Ahma

Durant le Super Rugby, la plupart des arbitres bénéficient de plus de latitude ou de ce qui y ressemble. C'est un désastre.

Les fautes "normales" passent à la trappe, parfois des en-avants de 5m. Les plaquages hauts ou charges à l'épaule ne sont le plus souvent pénalisés que d'une pénalité. Les joueurs qui titubent devant l'arbitre ne sortent pas et le jeu continue même si le joueur titube et s'écroule dans le camps adverse.

Pas sûr que les observables soient si contre-productives, elle permettent au moins à l'arbitre de dire "je n'ais pas le choix" et évitent beaucoup de polémiques.

  • Ahma
    82271 points
  • il y a 4 semaines
@coupdecasque

Ah évidemment, laisser plus de latitude ne garantit pas un arbitrage rigoureux et juste. Mais cela le rendrait possible, alors qu'il ne l'est pas dans l'optique actuelle.

@Ahma

"alors qu'il ne l'est pas dans l'optique actuelle", ça c'est ton point de vue, on pourrait aussi se dire que le fait de faire tout un tas de protocole et d'observables est une tentative de rationalisation de ce genre d'action.

La latitude de l'arbitre étant minime de façon à éviter tout commentaire qui laisserait penser que l'arbitre a fait un choix entre plusieurs options "parce que...".

Je pense que l'arbitrage peut aujourd'hui être rigoureux et juste c'est seulement cette phase de "geste dangereux" et tout ce qui touche à la sécurité qui est de plus en plus surveillée d'une part et rationalisée de l'autre.

Qu'on laisse plus de latitude ou non aux arbitres, d'un côté certains prendraient des décisions scandaleuses comme en Super Rugby et donc la rationalisation permet de les contraindre à prendre en compte les observables pour les grandes occasions. De l'autre côté je pense que ce serait globalement les mêmes décisions qui seraient prisent mais simplement plus vite et sans possibilité de transparence quant au jugement de l'arbitre ce que permet justement les observables.

La distinction entre plaquage "ceinture de sécurité" et directement au cou permet je crois de bien distinguer les différents cas possibles. Le problème pour moi est donc bien le respect des observables et les observables en elles-même et ce qui constitue ou non les circonstances atténuantes. Par exemple un joueur qui se baisse pas pour plaquer c'est une circonstance aggravante (Hodge) etc.

@Ahma

Exact, la semaine dernière sans avoir aucunement été touché à la tête, ma cloison nasale s’est déplacée du fait d’un contact latéral régulier mais auquel je n'étais pas prêt.
Néanmoins on voit bien la difficulté de laisser de la latitude aux arbitres sur ce genre de situations. Un placage impressionnant n’est pas nécessairement dangereux de même que des chocs en apparence anodins peuvent avoir des répercussions néfastes surtout s’ils sont répétés. L’arbitre doit donc jauger en temps réel à l´aune de critères objectifs et celui qui a été choisi notamment du fait du fléau des commotions cérébrales est la localisation du choc, direct ou indirect, au-dessus ou non de la ligne des épaules.

  • Ahma
    82271 points
  • il y a 4 semaines
@Un riz savant scie

Le caractère imprévisible des conséquences d'un plaquage n'a rien à voir avec mon raisonnement. Je ne vois aucune difficulté à décider de laisser aux arbitres le droit d'adapter leurs décisions à la spécificité de chaque cas particulier, en fonction de la dangerosité potentielle du geste. Ensuite, qu'on puisse être blessé par un plaquage régulier et se relever indemne après une agression violente, c'est un fait, mais ça on n'y peut rien. Le risque de blessure est inhérent à la pratique d'un sport quel qu'il soit, on peut aussi bien se blesser sans aucun contact. Cela n'empêche pas de tout faire pour limiter le risque autant qu'il est possible, en interdisant tous les gestes inutilement dangereux. Le plaquage est consubstantiel au rugby, les plaquages dangereux ne le sont pas.
Quant à l'idée que les arbitres ont besoin d'être guidés par des critères objectifs dans le but d'harmoniser leurs décisions, c'est justement celle qui motive la mise en place des observables. En théorie le principe pouvait sembler judicieux a priori, la réalité des faits nous démontre que la démarche est contre-productive. Il n'est pas raisonnable de s'accrocher aux principes qui ont abouti à la mise en place d'un système quand on constate qu'ils ont abouti à un échec complet.

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