XV de France. Patrice Lagisquet livre les dessous de l'équipe de France
XV de France. Patrice Lagisquet défend le projet de jeu des Bleus.

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Le XV de France a une nouvelle fois raté son Tournoi des 6 nations. Patrice Lagisquet, entraîneur des trois-quarts, défend le projet de jeu et les joueurs.
Le XV de France a une nouvelle fois raté son Tournoi des 6 nations. Derniers l'an passé, les Bleus n'ont guère fait mieux avec une quatrième place en 2014. Une progression positive qui a cependant soulevé énormément d'interrogations alors que la Coupe du monde en Angleterre se rapproche à grand pas. La majeure partie d'entre elles concerne le système de jeu tricolore et la capacité qu'ont les joueurs à le mettre en place. Interrogé par l'Equipe, Patrice Lagisquet, entraîneur des trois-quarts français, s'est appliqué à présenter les objectifs du staff tout en expliquant que les joueurs l'ont bien compris, mais qu'ils peinent parfois à s'en sortir pour diverses raisons.

La ligne directrice existe !

Nombreux ont été les supporters des Bleus à se demander, notamment lors du match face à l'Écosse ou bien face au Pays de Galles, à l'Italie et à l'Irlande...bref durant une bonne partie de la compétition, si les joueurs savaient ce qu'ils avaient à faire sur le terrain. Alternant entre un jeu brouillon et des éclats offensifs, les Tricolores ont quelque peu laissé leurs fans dans l'expectative. Mais pas seulement. « On se perd tellement... » note Lagisquet. Il est même arrivé au technicien de se poser la question : « Mais qu'est-ce qu'ils font ? », l'an passé face à I'Italie, cette année contre l'Écosse. Il n'est pas rare en effet de voir le XV de France perdre ses repères au cours d'une partie. « Dans telle ou telle situation, ils oublient les réponses. » Pour l'entraîneur des lignes arrières, cela s'explique par un mélange de plusieurs éléments, à commencer par « l'intensité d'un match international, l'ébullition, le trop de pression » face aux attentes extérieures, à la concurrence, qui fait que les joueurs doutent. « Il faut qu'on aide les joueurs à évacuer cette peur de mal faire, de se tromper. »

Les joueurs adhèrent au projet de jeu

S'il lui arrive parfois de tâtonner, Patrice Lagisquet est certain d'une chose, les internationaux n'ont aucun problème avec le projet de jeu de l'encadrement. « Je ne suis pas inquiet là-dessus. » Si l'intimité du vestiaire est sacrée au rugby, il considère que si les joueurs avaient eu quelque chose à dire, les journalistes en auraient rapidement eu vent. Au sein du XV de France, l'honnêteté et l'échange priment. « On ne se planque pas, on met les trucs sur la table avec les joueurs ». Ces derniers parlent même d'un système qui ressemble à ce qu'ils ont en club et n'hésitent pas à dire qu'ils ne sont pas d'accord, comme ce fut le cas sur « une forme de défense inversée » avant l'Irlande. Une nouvelle fois, c'est le manque de temps qui est mis en avant. Rappelons que cette année, le staff des Bleus a pu disposer des internationaux à plusieurs reprises avant le Tournoi. Ce qui n'était pas possible avant.

Un manque de variété ?

Malgré tout, cela n'empêche pas l'encadrement de s'interroger sur l'efficacité de son projet de jeu. Lagisquet d'évoquer une simplification et la mise en place de « cahiers de jeu plus synthétiques » pour faciliter l'assimilation. Celui-ci aimerait faire des choses plus complexes, mais ne veut pas prendre le risque que les joueurs se prennent « les pieds dans le tapis », tout en parlant une nouvelle fois d'une contrainte de temps. Il défend également l'utilisation systématique de Mathieu Bastareaud en perce muraille, un joueur qui, il en est certain, est capable de « progresser dans sa fluidité ». Il considère que c'est « une arme » qui doit être utilisée en accord avec « ses points forts » donc en pénétration ou en leurre. L'important selon lui, c'est qu'il soit entouré de joueurs capables de proposer autre chose. L'objectif du staff semble être aujourd'hui de maximiser le potentiel des joueurs pour qu'ils soient capables d'être à l'aise dans le jeu. Et non pas de chercher une « adéquation » entre les deux qui pourrait déboucher sur un échec au mondial.

À la recherche du leader perdu

Si le XV de France en vient parfois à jouer de manière trop individuelle et à perdre ses repères collectifs, c'est en partie parce que les meneurs de jeu n'ont pas assez de bouteille. « Ils n'ont pas enchaîné quinze ou vingt matches à ce niveau ». Le coach des ¾ n'est pas certain qu'ils puissent y parvenir d'ici au mondial. Et si le turnover opéré par Saint-André, et notamment à la charnière, donne le tournis aux supporters, Lagisquet indique qu'il est nécessaire que le XV de France ait plusieurs options compte tenu de l'état de fatigue des joueurs ou encore du risque de blessures. « Il faut qu'on arrive à avoir trois 9 et trois 10 ». Une question mérite donc d'être posée : y a-t-il six joueurs de classe internationale à ces postes dans le championnat français à l'heure actuelle ? « On se doit d'avoir une conviction forte dans le potentiel de nos joueurs. »

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  • Kadova
    31045 points
  • il y a 6 ans

C'est exact, The Knife, c'est clair qu'il pense que ces joueurs n'ont pas le niveau international. Mais il n'a qu'a prendre FTD, pour commencer (je sais, yapuka, etc..).
Je suis ok sur la pression, les joueurs partent en vrille sur le terrain, et c'est pour ca qu'ils oublient ce qu'ils doivent faire.
Le plan de jeu est complique a mettre en place (dixit Parra en 2013 et Pape cette annee) donc il leur faut du temps, et ca se complique avec les joueurs qui se sont mis la pression des resultats pour le tournoi cette annee.
N'oublions pas Les Kiss qui lui pense avoir compris ce que le staff francais veut mettre en place (il a bien de la chance, je cherche encore a comprendre).
Une solution pour la pression serait de prendre un coach mental. Ils en ont pris un en Irlande en 2013 a la fin du regne de Declan Kidney, et on en voit maintenant les resultats.
Les joueurs francais ne sont pas tous les meilleurs a tous les postes, mais c'est dans le collectif qu'on obtient une grande equipe.
Comme d'habitude, il faut que les joueurs prennent confiance en eux, dans leurs capacites, et qu'ils continuent a travailler sans se prendre la tete, et accesoirement, arreter d'accorder de l'importance aux medias et a ce que pensent Pierre, Paul ou Jacques.

J'adore la dernière réponse, à la question "y a-t-il six joueurs de classe internationale à ces postes dans le championnat français à l'heure actuelle?"
"- On se doit d'avoir une conviction forte dans le potentiel de nos joueurs."
Dans le "😜otentiel" en plus, pas même dans la valeur actuelle de ceux-ci!
Ça veut quand même dire "non, on en est loin mais je ne peux pas le dire."

Tout à fait d'accord avec toi Arountazief
Les mecs ont des calendriers surchargés, donc ont forcément une baisse d'énergie, et c'est là qu'intervient le turn-over, donc les imprécisions. Une équipe a besoin de repères et de stabilité.

En tout cas, j'ai quand même senti un Lagisquet qui se remettait en question (@Bitch Bucannon). Il a compris que son message passait mal, qu'il va falloir le changer non pas sur le fond, mais sur la forme.
On est clairement en face d'une équipe qui n'a pas le mental non? Trop de pression de la part des médias? Des supporters?
Pas illogique vu que le public français semble bel et bien connaisseur, mais n'aime pas que son équipe perde, qui plus est avec cette impression de ne pas mouiller le maillot. Maintenant c'est leur taf, ils doivent aussi faire montre de professionnalisme et penser quand même au principal : tu représentes ton pays. Donc ça implique bonheur, fierté, orgueil, honneur et se mettre torchon sur le pré.
Apparemment on sait combiner à l'entraînement et pas en match. A charge de changer ça, et surtout d'arrêter de sous exploiter nos arrières talentueux. Faut vraiment envoyer du jeu je pense.

Ok j'admets, c'est plus facile de faire un commentaire ici que de l'appliquer, mais moi, je suis amateur, eux, professionnels. Alors au boulot les gars, moi j'y crois !

Quickandtoast marque un bon point et je suis bien d'accord avec lui.
Le gros problème de l'équipe de France depuis Lièvremont est que les staffs essayent de créer une équipe et une stratégie en fonction de ce qu'ils ont en tête idéalement, pas en fonction de ce qu'ils ont sous la main.
Quand je vois par exemple ce que fait Brunel avec l'Italie et ce qu'il a fait avec l'USAP, je me dis que ce mec sait vraiment de quoi il parle. Il construit autour de joueurs clefs et crée un plan de jeu le plus adapté et logique possible.
En cela, quand je lis dans l'article "L'objectif du staff semble être aujourd'hui de maximiser le potentiel des joueurs pour qu'ils soient capables d'être à l'aise dans le jeu", il me semble que c'est un plus par rapport à une époque pas si lointaine où on parlait même d'enrôler de l'ailier fidjien finisseur pour pallier à un pseudo manque à ce poste...

Pour ce qui est de la pression (@Micklr), je ne pense pas que ça soit un argument à négliger. N'oublions pas que nous sommes en France. Le public français, plus que jamais, ne supporte pas. Il félicite.
Qui plus est, Lagisquet ne se cherche pas vraiment d'excuses. Il cherche à comprendre pourquoi ses joueurs n'intègrent pas bien son message, ceci pour pouvoir agir mieux et différemment. Ca me paraît assez sain. Et quand on voit comment Papé a été infantilisé sur le plateau de Stade 2 à la fin du tournoi... critiqué par la judokate qui n'y connait rien, par le chroniqueur foot... Ca m'avait tellement agacé, j'imagine que c'était pas mieux dans la tête de Papé.

Enfin, un dernier truc. Balayer l'argument du manque de temps sous prétexte qu'on a eu une semaine de plus avant le tournoi, je trouve ça idiot. On manque toujours de temps et de fraîcheur physique, c'est un fait. Tant qu'on demandera à nos joueurs de se farcir des saisons blindées, plus longues que pour toutes les autres nations majeures d'au moins un mois, cet argument restera valable.

Bitch tu n'as pas forcément tord mais je poserais une question quand même
ok on a des joueurs avec du talent et de la qualité! mais au niveau "NATIONAL",
est ce que ces joueurs que tu cites ont un niveau suffisant au niveau international????? notre seul baromètre est le top14 et je n'ai pas la réponse
si elle est claire pour Fofana et Huget sur ce Tournoi, en est il de même pour les autres????
la réponse est beaucoup moins évidente
la marche en top 14 et niveau international est juste énorme

Y'a que moi qui suis choqué par la taille de la tête de Patrice Lagisquet sur cette photo ?

Je pense que certains journalistes ont également une bonne part de responsabilités dans le niveau décevant du XV de France.
Si ces imbéciles pouvaient arrêter d'incendier l'équipe à chaque mauvaise prestation, nos bleus évolueraient avec plus de confiance et produirait ainsi un meilleur jeu.
Une remarque également valable pour certains "supporters", qu'on peut retrouver sur le forum lequipe...

  • Zazou
    865 points
  • il y a 6 ans

Tu as bien raison Quickandtoast.

Les coachs s'attachent étrangement à contrer l'adversaire par la reproduction, allant même jusqu'à stigmatiser leur façon de jouer comme tu le souligne avec l'Ecosse.
Ne vaudrait-il pas mieux que ceux-ci s'investissent dans le perfectionnement des atouts de nos joueurs dont les qualités sont indéniables ?
Les équipes internationales reflètent souvent les plans de jeux de leurs clubs, adaptés dans leur disparité.
Pourquoi ne pas faire dans la continuité avec, non plus seulement les joueurs, mais aussi l'utilisation du jeux des clubs réunis en sélection afin que les joueurs puissent continuer de surfer sur la même vague ?

Derrière, on a quand même beaucoup de qualités à tous les postes. Par rapport à la Nouvelle-Zélande, il nous manque juste un Carter mais je crois que toutes les nations sont dans le même cas. Il n'y en a qu'un à ce niveau-là.

Mais franchement, au centre, avec Fritz et Fofana (+ Bastareaud et Fickou en réserve, voir Mermoz), on a de quoi faire peur à de nombreuses équipes, non ? Je me rappelle d'un Nonu plutôt vexé de sa prestation contre les Bleus, ça veut bien dire qu'on a le niveau international voir le meilleur à ce poste (derrière Conrad Smith, la référence).

Sur le trio d'arrières, avec Médard, Dulin, Huget, Bonneval, Clerc et Guitoune (+ Buttin, Connor voir Fall et Palisson), il y a aussi du beau monde. Certaines équipes ont souffert pendant le 6 nations face à eux, dès qu'on a utilisé leurs qualités de vitesse.

Après, en 9, même si je ne l'aime pas, Parra a une sacrée expérience. À son âge, qui fait mieux ? Il a déjà quelques finales à son compteur et l'habitude de piloter un put*** de bon pack. Et avec Doussain et Machenaud (voir Pélissié et Michalak), on a encore de la marge.

Le seul problème reste le poste de 10. Mais là, ce n'est pas les joueurs qui sont en cause mais plutôt la stratégie de jeu. Si on jouait sur nos forces, c'est à dire un jeu de mouvement et de vitesse, Trinh-Duc serait parfait. Et avec Plisson, Talès et Michalak, on a une belle concurrence encore une fois.

Franchement, quand est ce qu'il se remet en cause le père Lagisquet ? Adaptons le système de jeu aux joueurs qui composent cette équipe, comme l'Australie l'a fait avec Cooper, et donnons leur confiance. Mais bon, ça semble trop compliqué pour notre staff !!

  • Micklr
    28847 points
  • il y a 6 ans

"l'intensité d'un match international, l'ébullition, le trop de pression "

Il me semble que si même cet argument est recevable, il est partagé par toutes les équipes de ce niveau.

Ca ressemble fortement à l'argument de la météo défavorable ou de la qualité de la pelouse un soir de défaite.

+ 1000 000 quick

Ce qui me pose problème au niveau du plan de jeu c'est qu'il change à chaque match selon l'adversaire, on ne s'appuie plus sur nos points forts mais on adapte toute notre équipe selon les points forts de l'équipe adverse. J'ai l'impression qu'on ne joue pas pour gagner mais pour ne pas perdre. L'exemple le plus frappant fut contre l'écosse cette année: on était à la limite du "Bon ils sont grands et forts en touche donc on va mettre nos plus grands joueurs sur le terrain ", on a vu le résultat....

Alors d'accord, il faut adapter la stratégie selon l'adversaire du jour mais en tout en gardant une identité de jeu marquée et en se basant sur nos points forts en priorité tout en essayant de contrer l'adversaire et pas l'inverse.

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