Comme des millions de fans et d'experts, Stuart Lancaster suivra avec une attention toute particulière le France – Irlande en ouverture du 6 Nations 2026, ce jeudi 5 février. Dans les colonnes de L'Équipe, l’ancien sélectionneur de l’Angleterre et ex-manager du Racing n’a pas tari d’éloges sur Antoine Dupont, de retour avec le XV de France.
“Pour moi, il est toujours le meilleur joueur du monde”, tranche l’Anglais, convaincu que l’Irlande mettra en place un plan très précis pour limiter son influence, notamment “autour des regroupements”. Lancaster promet une bataille tactique intense, notamment face à Jamison Gibson-Park, dans une ambiance électrique au Stade de France.
Pourquoi Dupont obsède autant les coachs adverses
Dupont est un joueur qui prospère dans le désordre. Plus le match devient flou, plus les ballons traînent, plus les rucks se délitent… plus il est dangereux. “Minimiser le chaos”, explique Lancaster, c’est d’abord ralentir la vitesse de libération, fermer les portes au ras, et empêcher la France de jouer dans l’avancée. Car quand les Bleus installent leur jeu de puissance dans l’axe, Dupont devient un poison permanent. Il choisit juste, frappe au bon moment, accélère quand tout le monde respire.
L’Irlande le sait mieux que quiconque. Son système ultra-structuré repose sur un tempo maîtrisé et une occupation chirurgicale. Tout l’inverse de ce que recherche Dupont quand il peut flairer les coups à jouer autour des rucks. Ce n’est pas un hasard si Lancaster insiste autant sur la discipline collective et la maîtrise du rythme.
Un vécu précieux face à Toulouse et au Leinster
Lancaster sait de quoi il parle. Il a affronté Dupont avec le Racing contre le Stade Toulousain, mais aussi via le Leinster. Et le constat est toujours le même : désorganisez-vous, et Dupont vous punit.
Même dans une période où Toulouse semblait “un peu moins dominant”, comme face aux Saracens ou aux Glasgow Warriors, l’ancien manager anglais reste persuadé que le demi de mêlée est proche de son meilleur niveau.
Il rappelle aussi une réalité souvent oubliée : après une grosse blessure, le retour au sommet prend du temps. Dupont a déjà montré des fulgurances impressionnantes, parfois comme s’il n’était jamais parti. Mais le très haut niveau réclame de la continuité, surtout à ce poste.
Dupont, ce “Sexton français” qui voit avant les autres
La comparaison est forte, mais elle dit beaucoup. Lancaster n’hésite pas à rapprocher Dupont de Johnny Sexton. Pas dans le style, évidemment, mais dans la lecture du jeu. Voir l’espace avant les autres, sentir le moment exact où la défense hésite, comprendre quand accélérer ou calmer… Ce sont des qualités rares, et Dupont les cumule avec une explosivité hors norme. Ajoutez à cela un jeu au pied précis, une endurance exceptionnelle et un leadership silencieux, et vous obtenez un joueur qui influence tout un collectif.
Lancaster insiste sur ce point : Dupont n’est pas un leader qui parle beaucoup, mais un leader par l’exemple. Quand il hausse le curseur, toute l’équipe suit. Et pour un adversaire, c’est parfois plus dur à contrer qu’un discours.
L'impact (souvent) sous-estimé d'Antoine Dupont : le leadership 'silencieux' du capitaineCe que l’Irlande va tenter pour le contenir
Concrètement, à quoi faut-il s’attendre jeudi soir ? D’abord, une chasse agressive autour des rucks. Des contestations rapides, des gardes collées, et peu d’espaces pour jouer au ras.
Ensuite, un jeu au pied dense pour repousser la France loin des zones favorables. Moins de ballons rapides dans les 40 mètres adverses, moins d’opportunités de désordre. Enfin, une bataille tactique féroce face à Gibson-Park, avec deux demis de mêlée capables de dicter le tempo.
Lancaster le dit clairement : si la France impose son rythme et sa puissance axiale, “la soirée sera difficile pour les Irlandais”, d’autant plus qu’ils arrivent diminués par quelques blessures. Mais s’ils parviennent à brider Dupont, le match peut basculer.
« Pas le même métier » : Dupont met des mots forts sur la réalité brute des avantsLe duel dans le duel
Ce France – Irlande est bien plus qu’un match d’ouverture. C’est un test de cohésion pour les Bleus, avec l’absence de cadres comme Grégory Alldritt ou Gaël Fickou, et plusieurs ajustements dans le XV.
Pour Dupont, c’est aussi un baromètre. Un grand match face à l’Irlande un an après sa blessure face à ce même adversaire confirmerait son retour au sommet et son statut de référence mondiale.
À l’inverse, s’il est muselé, cela donnera des idées à tous les futurs adversaires. Cette rencontre peut déjà dessiner la hiérarchie. Le gagnant prendra un ascendant psychologique énorme.
Lancaster l’a parfaitement résumé : tout le monde connaît l’importance d’Antoine Dupont, et tout le monde le respecte. Reste à savoir si, malgré un plan taillé sur mesure, l’Irlande pourra vraiment empêcher le meilleur joueur du monde de faire ce qu’il fait le mieux… décider d’un match.
J'ai bien une petite idée sur la façon dont les Irlandais pourrait contrer Dupont, Ils pourraient encore péter son genou ? Avec un peu de chance, Ils pourraient même finir le match à 15 ?